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Grand vainqueur des Oscars 2013, « ARGO » est-il à la hauteur de ces honneurs ? Oui, dans le sens qu'il maîtrise complètement son sujet et sa technique, qu'il se concentre pour créer un suspense qui va crescendo jusqu'à l’insupportable et qu'il parvient à passionner pour une histoire somme toute parfaitement anecdotique, toute à la gloire de la généralement décriée
CIA.
Le scénario – tiré de faits réels légèrement dramatisés – fait penser à un mélange de « MIDNIGHT EXPRESS » pour l’angoisse de l’étranger cerné, seul contre tous en terre inconnue et de « DES HOMMES D’INFLUENCE » pour l’intervention d’Hollywood dans une affaire d’État. Alors que le montage de ce film fictif inventé pour « exfiltrer » des otages en Iran aurait pu générer de l’humour, Ben Affleck a choisi un ton ultra-sérieux, presque monacal pour traiter son récit. Les scènes de rues, d’émeutes, de violence, sont tout à fait angoissantes et d’un réalisme à faire frémir et on sent que John Goodman et Alan Arkin (génial en vieux renard hollywoodien) contiennent leur propension à la comédie.
Tout cela donne un film palpitant et tendu comme une corde à piano, dont le seul défaut est justement de paraître trop « in control ». Pas un dérapage, pas une fausse note, pas vraiment de surprise. Jusque dans le ‘climax’ final à l’aéroport, tellement bien agencé et monté, qu'il en devient un peu artificiel, tout en demeurant efficace à 100%.
En tant qu’acteur, Affleck a rarement été plus charismatique qu’en « exfiltreur » impassible, planqué derrière une pilosité à la Chuck Norris. Tous les seconds rôles sont impeccables, en particulier Bob Gunton et Philip Baker Hall en représentants du gouvernement, décrits comme « les vieux du Muppet Show ».
À noter le bref caméo de la revenante Adrienne Barbeau, en « sorcière galactique ».