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Il fut un des plus grands comédiens italiens de sa génération, un acteur tous-terrains, n’ayant peur d’aucun excès, que ce soit dans le cabotinage débridé ou l’extrême sobriété. Il fut aussi à l’aise dans le péplum que dans le film politique, dans les rôles introspectifs (« LE CHRIST S’EST ARRÊTÉ À EBOLI », peut-être son plus beau rôle) que dans les personnages extravertis (le commissaire illuminé de « ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON »).
Gian Maria Volontè ne tourna que quatre westerns, ce qui est peu mais tout de même énorme compte tenu que tous ont marqué une date dans l’Histoire du western italien. C'est sous le pseudo de « Johnny Wells » qu'il apparaît dans « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS ». Incarnant Ramón Rojo, un chef de clan mexicain sadique et à moitié fou, Volontè créa un parfait nemesis à Clint Eastwood, aussi sobre qu'il était déchaîné. Le duel final (« Au cœur, Ramón ! Au cœur ! ») est resté dans
toutes les mémoires. Admiratif, Sergio Leone le réengage aussitôt dans « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS », où Gian Maria Volontè pousse le bouchon encore plus loin en incarnant El Indio, un hors-la-loi drogué jusqu'à la moelle, exécutant ses victimes au son d’un carillon qui ne le quitte jamais. Par la seule puissance de sa personnalité, l’acteur italien tient la dragée haute à Eastwood et Lee Van Cleef, pourtant au sommet de leur charisme.
Volontè reste dans un même registre pour le rôle-titre de « EL CHUNCHO », où il joue un bandit mexicain pseudo-révolutionnaire, truculent et généreux, manipulé par un « gringo » particulièrement retors. Dans cette allégorie haute en couleur des rapports des États-Unis avec les pays du Tiers-Monde, Volontè joue sur un registre plus subtil que chez Leone,
laissant filtrer sous la couche de bêtise et d’ignorance de Chuncho, une flammèche de conscience.
« LE DERNIER FACE À FACE » est son ultime voyage au Far West et Volontè change complètement de style pour jouer un professeur souffreteux et pusillanime, se transformant peu à peu en machine à tuer, laissant s’exprimer des instincts qu'il avait toujours réprimés. Son duo avec Tómas Milian était magnifique, et Volontè atteignait là des cimes de son art.
Accaparé par un cinéma plus « sérieux », avec Francesco Rosi et autres réalisateurs-auteurs, Gian Maria Volontè aura tout de même fortement marqué un genre qu'il aura trop peu fréquenté.
À NOTER : Sergio Leone envisageait de reprendre Volontè, pour incarner Tuco dans « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND », à l’époque où Charles Bronson devait camper Sentenza.