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Réalisé par celui à qui l’on doit « LE CONVOI SAUVAGE », ce western « maudit » (par la faute d’un tournage éprouvant, où éclata un scandale), réunissant un champion du box-office U.S. et une actrice anglaise sophistiquée, avait tout pour plaire. Le scénario est clairement influencé par « L'HOMME DE L’OUEST » : l’attaque du train, le sac plein
d’argent, le strip-tease puis le viol de l’héroïne, la ville-fantôme et même la présence vingt ans après de Lee J. Cobb, tout renvoie au chef-d’œuvre d’Anthony Mann. Mais hélas, nous en sommes loin.
Malgré l’agréable souvenir qu'il a pu laisser à ceux qui l’ont découvert il y a quelques années, « LE FANTÔME DE CAT DANCING » est un western hivernal monotone, manquant terriblement de péripéties pour soutenir l’intérêt. Les scènes montrant les poursuivants sont trop superficielles pour que puisse se développer le moindre suspense et en mari revanchard amoureux des fusils à lunette, George Hamilton est loin d’être aussi inquiétant que Gene Hackman dans « LES CHAROGNARDS » ! Quant à Cobb, il refait son numéro de flic de « L’EXORCISTE » tourné la même année.
La love story, véritable raison d’être du projet, est plombée par le jeu léthargique de Burt Reynolds qui tire une gueule de trois kilomètres pendant tout le film, rendant son personnage complètement opaque. Généralement malicieux voire cabotin, l’acteur s’essaie
ici à un style d’interprétation qui deviendra sa signature sur ses vieux jours et qui ne lui réussit pas forcément. N’est pas Charles Bronson qui veut... Sarah Miles, l’inoubliable « FILLE DE RYAN », est mignonne et compose une Catherine originale et imprévisible. Jack Warden est bestial à souhait en hors-la-loi capable de tuer un homme à coups de poing pour une simple dispute et Bo Hopkins écope du rôle du jeune crétin obsédé sexuel.
« LE FANTÔME DE CAT DANCING » est trop long pour la minceur de son scénario et des scènes comme les retrouvailles sous la tente du vieux chef indien, sont subitement bavardes à l’extrême. Le film est arythmé et finit par désintéresser totalement. C'est dommage car les paysages sont aussi beaux que variés et Reynolds a tout de même une sacrée « gueule » en ex-officier barbu hanté par le passé. Une ou deux séquences, comme la bagarre entre lui et Warden dans le village abandonné, sont parfaitement maîtrisées. Mais l’ensemble laisse une sensation d’uniformité soporifique.
À NOTER : le film vient de sortir dans la collection « WARNER ARCHIVES », disponible uniquement aux U.S.A.