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Acteur irlandais, au style curieusement très américain, puisque fortement influencé par la « Méthode » de Lee Strasberg, Richard Harris a naturellement trouvé le succès aux U.S.A. dans les années 70, grâce à quelques rôles forts. Acteur puissant, volontiers excessif, sombrant parfois dans un cabotinage tel qu’on ne comprend pratiquement plus ses personnages, Harris a tourné plusieurs westerns, un ou deux chefs-d’œuvre, des films marquants et des nanars innommables. Les jeunes générations le connaissent pour son rôle de Dumbledore dans les premiers « HARRY POTTER », mais Richard Harris malgré ses
dérives, ses tentatives malheureuses, aura tout de même marqué l’Histoire du western.
Son premier film du genre le confronte à Charlton Heston dans « MAJOR DUNDEE », de Sam Peckinpah. En officier sudiste insoumis et cynique, Harris s’intègre parfaitement dans l’univers âpre du réalisateur et dans les décors mexicains du film. Si la facture de « UN HOMME NOMMÉ CHEVAL » a aujourd'hui beaucoup vieilli, le film contient suffisamment de moments forts pour rester un aïeul tout à fait honorable à « DANSE AVEC LES LOUPS ». Dans son rôle de lord anglais adopté par une tribu indienne, Richard Harris donne de sa personne et compose un personnage à facettes. Il reprendra d'ailleurs ce rôle dans l’intéressant « LA REVANCHE D’UN HOMME NOMMÉ CHEVAL », et le banal « LE TRIOMPHE D’UN HOMME NOMMÉ CHEVAL ». Harris finit de s’imposer dans le genre, grâce au formidable « LE CONVOI SAUVAGE », où il incarne un guide de convoi laissé pour mort après une attaque de grizzly et qui se reconstitue peu à peu, par sa seule volonté de vengeance. Le visage expressif de l’acteur, sa rage naturelle, donnent un magnifique relief au film tout entier.
Ça se gâte nettement avec « LE SHÉRIF NE PARDONNE PAS », commencé par Samuel Fuller qui, excédé par le comportement erratique de l’acteur, quittera rapidement le plateau.
Lâché en roue-libre, Harris n’a jamais été aussi mauvais que dans ce western atrocement mal filmé, au scénario décousu, qui lui donne un rôle de shérif rendu fou par l’assassinat de sa femme. Grimaçant, gémissant, comme une imitation ratée de Brando, Richard Harris met à mal son image et ne sort pas grandi de cet échec.
Il revient heureusement au western avec « IMPITOYABLE », dans le rôle secondaire d’un pistolero narcissique, massacré par Gene Hackman qui le ridiculise en l’appelant « The Duck » au lieu de « The Duke », son surnom plus valorisant. Son dernier western sera « LE GARDIEN DES ESPRITS », un ratage signé Sam Shepard, où il est le père du regretté River Phoenix.
Acteur incongru dans le Far West hollywoodien, ce contemporain de Peter O’Toole et Albert Finney a su y laisser sa marque, pour le meilleur mais aussi pour le pire.