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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 16:36

FUREUR DES HOMMES (1)« LA FUREUR DES HOMMES » est un des westerns les moins connus de la filmo d’Henry Hathaway. C'est probablement dû à l’absence de grosse tête d’affiche au générique, car il FUREUR DES HOMMESfait indiscutablement partie de ses plus belles réussites dans le genre. Et c'est flagrant dès les premières images : une chasse à l'homme qui démarre sur les chapeaux de roues, sans qu’on n’en connaisse encore les tenants et aboutissants mais qui plonge sans préliminaire dans le vif du sujet. On sait d’emblée qu’on est parti pour un vrai film d’action.FUREUR DES HOMMES (4)

Le scénario décrit une traque très basique : un rancher et ses hommes pourchassant un gentil cowboy, l’accusant d’un meurtre qu'il n’a pas commis. À l’inverse des westerns « âpres » des seventies comme « LES COLLINES DE LA TERREUR » ou « LES CHAROGNARDS », le gibier n’est pas ici un Indien implacable ou des hors-la-loi dangereux, mais un brave jeunot bon tireur bien qu'il soit profondément non-violent. Au point qu'il ne sait pas ce qui lui fait le plus peur : être tué ou devoir tuer. Pour le moins inhabituel ! Avec sa silhouette malingre, sa voix fluette, son air timide, Don Murray est attachant et FUREUR DES HOMMES (2)simple, à cent lieux des archétypes du western.

S’il est parfaitement mené, bourré de suspense et de jolis morceaux de bravoure, « LA FUREUR DES HOMMES » nous demande très tôt d’avaler une énorme couleuvre : le fugitif est rattrapé au début du film par le méchant R.G. Armstrong, mais… celui-ci le laisse repartir avec un cheval et de l’avance. Pourquoi ce fair-play hallucinant dont il ne fera plus jamais preuve dans le film ? Même son fiston Dennis Hopper lui dit « Même si je vis cent ans, je ne pourrai jamais te comprendre ! ». Qu'il se rassure : nous non plus. Ce petit vice de forme mis à part, c'est un formidable spectacle en CinémaScope, qui tord le cou à pal mal de clichés en chemin.

FUREUR DES HOMMES (3)

La mignonne Diane Varsi est très bien en garçon manqué, et les trognes de service : Rodolfo Acosta, Chill Wills et Jay C. Flippen font leur boulot en vieux ‘pros’ infaillibles. À noter que le jeune Hopper a déjà le rictus de chien enragé qui sera immortalisé bien plus tard par « BLUE VELVET ».

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 18:46

RAWHIDESuspense en huis clos à l’écriture quasi-théâtrale déguisé en western, « L’ATTAQUE DE LA MALLE-POSTE » garde après 60 ans toute son efficacité sèche et sa tension interne. La façon qu’a Henry Hathaway de présenter ses personnages en quelques secondes, de choisir des acteurs si typés qu’on les identifie en un clin d’œil, que ce soit physiquement ou moralement, est celle d’un grand réalisateur. Il a d'ailleurs adroitement détourné l’intérêt de ses trois vedettes qu’on a vus en meilleure forme, pour se concentrer sur les ‘bad guys’.

RAWHIDE (2)Tyrone Power et Susan Hayward offrent un travail routinier et Hugh Marlowe en hors-la-loi bien éduqué a du mal à imposer sa personnalité un peu terne. En fait, le film appartient tout entier à Jack Elam. Un acteur généralement condamné aux silhouettes furtives et aux rôles d’arrière-plan et qui crève ici l’écran dans un personnage épouvantable de desperado obsédé sexuel et littéralement bestial. Hathaway prend bien soin de filmer son visage inquiétant en gros-plans, de détailler son œil baladeur et lui offre à la fin une des scènes les plus choquantes vues dans un western : Elam en train de tirer sur une petite fille qui pleure, alors que les balles font voler la poussière autour d'elle. Difficile de faire plus méchant ! Il est parfaitement bien entouré par Dean Jagger en vieux grigou à moitié idiot et amateur de beaux vêtements et George Tobias guère plus brillant en lieutenant soumis de Marlowe.

RAWHIDE (1)

Le scénario est bien agencé, les morceaux de bravoure sont bien stressants, le noir & blanc est joliment contrasté. Alors même si ce western est entièrement confiné à un petit relais de diligences et ses alentours immédiats, il fait tout de même partie des grandes réussites de Hathaway dans le genre.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 07:56

QUIGLEY (1)« MR QUIGLEY, L’AUSTRALIEN » fait partie de cette catégorie de film dont on se méfie a priori, que rien dans le sujet ou le casting n’incite vraiment à voir, et qui (parfois) recèle de divines surprises.

QUIGLEYEngagé par un rancher australien, un cowboy américain fait le voyage pour s’apercevoir qu'il a été convoqué pour une seule raison : utiliser ses dons de tireur d’élite sur les aborigènes. Autrement dit – et c'est là que le scénario devient subversif – il est importé comme spécialiste du génocide organisé ! Heureusement, Quigley est le héros du film, il est incarné parQUIGLEY (3) le sympathique Tom Selleck et il prendra la défense des malheureux.

Simon Wincer signe un western extrêmement original dans son fond et même sa forme, dont aucune péripétie n’est attendue et qui mixe allègrement des éléments de pure comédie et des fulgurances tragiques. Tout particulièrement dans le personnage de Laura San Giacomo, une « folle » attachante hantée par la mort de son bébé, ou dans le massacre des indigènes assez choquant.

À la fois très terre-à-terre et héroïque, Selleck fait preuve d’un beau charisme à l’écran et QUIGLEY (2)ses séquences d’action sont tout à fait convaincantes. À se demander s’il n’aurait pas fait un excellent Indiana Jones, finalement ! Et il y a Alan Rickman, haïssable à souhait en propriétaire du cru, fasciné par l’Amérique et sa violence.

Très joliment photographié mais sans chichi inutile, très bien écrit, « QUIGLEY » exporte les recettes du western au bout du monde et les exploite avec intelligence et acuité. Le duel final entre Quigley et Rickman et ses hommes est un régal d’ironie, tout comme l’arrivée des troupes anglaises et l’irruption des « natives » surgis de nulle part comme des spectres issus du désert.

En un mot comme en cent, une très très belle surprise.

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 18:26

TOMBSTONE (4)La sortie en Blu-ray de « TOMBSTONE », accompagnée de la révélation faite par Kurt Russell qu'il avait lui-même assuré l’essentiel de la réalisation du film, ne pouvait que donner envie de jeter un œil neuf à l’objet.

TOMBSTONE (3)Si le montage n’a pas changé (alors que Russell nous apprend l’existence d’un possible director’s cut), ce que nous découvrons n’est pourtant pas exactement le même film.

« TOMBSTONE » a subi le même traitement que « REVENGE » avant lui : le film a été complètement re-étalonné offrant à présent une image beaucoup plus sombre, moins ‘flashy’ et surtout débarrassée de ses infâmes filtres rouges qui lui donnaient un côté kitsch. La différence entre le Russell-Cosmatos est maintenant moins marquée avec le « WYATT EARP » de Lawrence Kasdan.TOMBSTONE (1)

Le film lui-même vieillit très bien. Réaliste et efficace dans ses deux premiers tiers, il change brutalement de ton après le duel à OK-Corral pour devenir plus spectaculaire et « mythologique » un peu à la manière des petits ouvrages bon marché glorifiant les pistoleros de l'Ouest. Alors le style se charge de contrejours esthétisants, de ralentis, de morceaux de bravoure amplifiés par une musique emphatique. C'est très réussi, mais ce n’est pas forcément ce TOMBSTONE (2)qu’on préfère dans « TOMBSTONE ». Ce que le(s) réalisateur(s) a maîtrisé à merveille, ce sont d’abord de nombreuses séquences avec une douzaine d’acteurs à l’image sans créer de confusion. Un exploit ! Et c'est surtout le portait de Earp. L'homme n’a rien d’un héros. C'est un type courageux mais pas bêtement téméraire, il avoue n’avoir tué qu’un seul homme et en être resté traumatisé et son seul but semble être de gagner rapidement de l’argent. Kurt Russell traduit fort bien les contradictions de ce personnage pas toujours sympathique. À ses côtés, Val Kilmer est un ‘Doc’ délectable, le teint cireux, la diction exagérément snob, l’œil éteint. C'est certainement son meilleur travail de comédien. Sam Elliott, Bill Paxton, Stephen Lang (haïssable à souhait en Ike Clanton), Powers Boothe et Michael Biehn jumeau maléfique de Doc, sont parfaits. Charlton Heston apparaît fugitivement et sans le moindre gros-plan en rancher serviable, laissant deviner d’importantes coupes-montage.

TOMBSTONE

« TOMBSTONE » a failli être un grand western, ce qui laisse imaginer qu’une refonte pourrait (peut-être) lui donner la place qu'il mérite dans l’Histoire du genre. Tel quel, c'est une œuvre ambitieuse, très visuelle et légèrement bancale, qui dérape parfois dans un style pompier (la nuit d’orage où les frères Earp sont blessés), mais contient suffisamment de moments forts pour supporter les revisions.

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 18:03

GUNFIGHTER MOON« GUNFIGHTER’S MOON » est un petit western de série B, qui ressemble à s’y méprendre à un téléfilm, jusqu'aux décors qui paraissent sortis d’un épisode de « BONANZA ». Ce manque de lustre, la pauvreté des seconds rôles tous plus indigents les uns que les autres sont (un peu) compensés par la présence de Lance Henriksen qui endosse avec aplomb la vieille panoplie du « pistolero » fatigué, sans cesse provoqué par de jeunes crétins attirés par sa réputation.

Avec sa petite taille, son corps malingre couturé de cicatrices, sa voix d’outre-tombe, Henriksen compose un héros très original. Tout vêtu de noir, portant un inesthétique chapeau cabossé, il se meut comme un danseur de flamenco, adopte des poses de torero au moment d’ouvrir le feu, et prend systématiquement fait et cause pour les faibles contre les forts. « Un homme à genoux est une moitié d’homme » explique-t-il à un Mexicain humilié par son patron.

Appelé par son ex, il arrive dans une petite ville bientôt attaquée par des hors-la-loi. Pour découvrir que cette femme qu'il aime toujours, est à présent mariée au shérif incompétent des lieux et qu'il a une fille dont il ignorait l’existence. De vieilles ficelles du mélo qui fonctionnent toujours et maintiennent un semblant d’intérêt.

GUNFIGHTER MOON (1)

À noter un clin d’œil à « HONDO » avec la présence de ce chien qui suit Henriksen partout, sans lui appartenir. La seule raison valable de jeter un coup d’œil à ce « GUNFIGHTER’S MOON » est donc la présence ombrageuse de l’acteur, pour une fois dans un rôle principal. À ses côtés, Kay Lenz qui fut jadis la gentille hippie du « BREEZY » de Clint Eastwood.

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 18:44

RETOUR RINGO (1)Tout en réutilisant Giuliano Gemma, Hally Hammond,  Nieves Navarro et Fernando Sancho, et malgré son titre « LE RETOUR DE RINGO » n’est pas une sequel de « UN PISTOLET POUR RINGO » sorti la même année. Les comédiens ne jouent pas les mêmes rôles, et RETOUR RINGO (2)Gemma incarne un… autre Ringo.

RETOURRINGO2Duccio Tessari, spécialiste du péplum, signe en fait une adaptation western de « L’ODYSSÉE » d’Homère. Mais si Ulysse revenait à Ithaque pour régler rapidement ses comptes avec les prétendants de Pénélope, Ringo lui, prend son temps. Il picole, pleurniche, se morfond, se fait passer pour un fleuriste mexicain (sic !) et finalement (enfin !) s’énerve et tue tout le monde. Cette lenteur à la détente est un petit problème de scénario qui donne une certaine inertie au film.

RETOUR RINGO (3)Si les décors sont un peu cheap, la figuration est éparse et la BO de Morricone trop répétitive, Tessari cadre soigneusement sans sombrer dans les tics du genre et quand enfin Ringo revient d’entre les morts pour punir les méchants, il fait même preuve d’un joli dynamisme. Un peu tardif, cependant !

Gemma a ses fans et il est plutôt sympathique. Son jeu rudimentaire est ici agrémenté d’un gimmick piqué à Eastwood : le tic à la pommette quand il est contrarié. Heureusement, face à lui les deux vedettes féminines sont aussi belles et bonnes comédiennes que dans le film précédent. Nieves Navarro est même étonnante en prostituée-tireuse de cartes au cœur d’or. Fernando Sancho lui, est plus propre sur lui que d’habitude et arbore même une splendide mise-en-plis.

RETOUR RINGO (4)

Plutôt très bien considéré par les exégètes du ‘spaghetti western’, « LE RETOUR DE RINGO » a vieilli dans son rythme, mais demeure un film plaisant et souvent beau à regarder.

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 16:39

RIO CONCHOS (3)Quatre ans après « LES 7 MERCENAIRES », deux ans avant « LES PROFESSIONNELS », « RIO CONCHOS » apparaît aujourd'hui comme le chaînon manquant entre les deux films. RIO CONCHOSLà encore, quelques aventuriers disparates s’associent de plus ou moins bon cœur et partent en mission-suicide au Mexique. Le prétexte (un ex-officier sudiste montant une armée composée d’Apaches armés jusqu'aux dents) n’a que peu d’importance : seul compte vraiment le trajet et l’évolution des relations entre personnages.RIO CONCHOS (1)

Dès la première séquence, assez choquante, celui qui est censé être le héros du film abat plusieurs Indiens venus pacifiquement enterrer un des leurs. Bien sûr, on avait déjà vu des protagonistes violemment racistes dans le western, ne serait-ce que John Wayne dans « LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT », mais Ethan Edwards gardait une dimension héroïque grâce à la seule présence de la star. Richard Boone ne dégage pas du tout la même chose. Lassiter est un homme détruit, amer et haineux qui ne supporte pas qu’un Indien parvienne à le décrypter en quelques secondes : « Tu es pareil que moi. Dans ton cœur, il n’y a que la haine. L’envie de tuer et de mourir ». C'est probablement cette absence totale de héros positif qui a empêché « RIO CONCHOS » d’être aussi populaire que les deux œuvres citées plus haut : le capitaine Stuart WhitmanRIO CONCHOS (2) n’a aucune personnalité, son sergent noir Jim Brown n’est pas suffisamment développé pour devenir attachant et le Mexicain (sur)joué par Tony Franciosa est une planche pourrie. Ne parlons même pas d’Edmond O’Brien, plus gâteux que véritablement nocif.

Gordon Douglas a habillé ses personnages du même ton ocre-brun que les rochers, les fondant littéralement au paysage et ne cède jamais au sentimentalisme hollywoodien : si un bébé est sauvé in extremis, il succombera quelques heures après, ce que n’aurait jamais permis John Ford. La bataille finale, dans cette caricature de plantation sudiste perdue au milieu de nulle part, finit dans le désordre et la confusion. On ne voit même pas mourir les acteurs principaux !

« RIO CONCHOS » est un drôle de western, curieusement froid et désincarné, à l’image de son antihéros Richard Boone, mort-vivant torché de whisky, ne rêvant qu’à la balle libératrice qui lui fera retrouver sa famille massacrée.

RIO CONCHOS (4) 

À NOTER : la belle copie 16/9 éditée en zone 2, même si le réalisateur se voit rebaptisé Douglas Gordon sur la jaquette !

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:03

MANDINGO (1)Richard Fleischer a vraiment tâté à tous les genres du cinéma commercial, il a tourné autant de grands films populaires que de navets infâmes. « MANDINGO » traîne une sale réputation depuis sa sortie et se situe entre les deux pôles. Tiré d’une série de romans MANDINGOsitués avant la Guerre de Sécession, c'est un parfait anti « AUTANT EN EMPORTE LE VENT » : ici point de joli TechniColor, de gentlemen ou de « belles » courtisées, point d’esclaves pittoresques au charmant franc-parler. La plantation est vétuste et décrépite, les blancs sont des ignorants à moitié dégénérés qui élèvent les noirs comme du bétail ou des chiensMANDINGO (4) de combat et la photo monochrome, en clairs-obscurs ôte tout lustre à ce Sud totalement démythifié.

« MANDINGO » est loin d’être un bon film même si l’accumulation de péripéties sordides, de voyeurisme et de misère humaine, finit par créer une espèce de fascination morbide. Aucun personnage auquel se rattacher, hormis peut-être Cicero, Spartacus africain qu’on voit hélas trop peu. Tous les autres sont des petits tyrans, des sadiques minables, des pleutres. Dans « MANDINGO », on tue les bébés dans leur berceau, on empoisonne l’épouse adultère, on ébouillante le MANDINGO (2)‘nigger’ impudent qu’on finit à la fourche. Dire que le film fut qualifié de raciste à sa sortie : si racisme il y a, c'est bien anti-Sudistes !

Perry King est très bien en faux-gentil, qui trompe son monde jusqu'à la dernière bobine, James Mason est méconnaissable en patron malade, vulgaire, malsain au possible, mais c'est Susan George qui emporte le morceau, dans un rôle de nympho incestueuse et ivrogne tout à fait délectable.

Le réalisateur affirmait avoir d’abord proposé une version de 3 H 45 qui fut complètement remontée par le producteur. On ne saura donc jamais ce qu’aurait été « MANDINGO » dans son intégralité. Tel quel, c'est un réjouissant spectacle « trash » et fétide, comme un épisode mutant de « RACINES ».

MANDINGO (3) 

À NOTER : le film connut une sequel « DRUM », avec Ken Norton (déjà présent ici dans un autre rôle) et Warren Oates. Sylvester Stallone fit une figuration dans « MANDINGO », mais qui fut éliminée au montage. Quelques mois plus tard, il tournait « ROCKY ».

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 18:14

PISTOLET RINGO (2)Tourné au début de la vogue du ‘spaghetti’, « UN PISTOLET POUR RINGO » est un film dynamique et débordant d’idées scénaristiques, qui propose un antihéros âpre au gain mais jovial, annonçant avec quelques années d’avance les personnages de Terence Hill. Ici, c'est PISTOLET RINGOGiuliano Gemma (Montgomery Wood au générique !) qui endosse la défroque de ce pistolero qui apparaît pour la première fois en train de jouer à la marelle avec des gamins, et qui ne boit que du lait.

Duccio Tessari prend sciemment le contrepied des super-héros leoniens, en désacralisant son Ringo, dont le spectateur ne sait lui-même que penser, tant il retourne souvent sa veste.PISTOLET RINGO (3)

Le film tire un peu à la ligne, car une fois la prise d’otages accomplie, tout le monde reste sur ses positions et une sorte d’immobilité s’installe. Un peu trop longtemps pour soutenir l’intérêt jusqu'au bout. Néanmoins, si le cabotinage éructant de Fernando Sancho finit par taper sur les nerfs, les deux femmes : la brune et glacée Nieves Navarro et la blonde piquante Holly Hammond (encore un pseudo) sont excellentes et bénéficient – chose rare dans le genre – de vrais personnages, soigneusement écrits.

Il y a d'amusantes ruptures de ton allant jusqu'au marivaudage, quelques clins d’œil culturels : Shakespeare cité en pleine fusillade, le moulin à vent très peu westernien, sorti tout droit de l’œuvre de Cervantès, des cadrages méticuleusement composés, qui sortent « UN PISTOLET POUR RINGO » du commun du western italien. Sans oublier la BO d’Ennio Morricone, sans doute pas sa plus mémorable, mais dans laquelle on reconnaît des amorces de « COMPAÑEROS » ou « MON NOM EST PERSONNE ».
PISTOLET RINGO (1)

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 15:53

BLANC JAUNE NOIR (1)« LE BLANC, LE JAUNE ET LE NOIR » signé par un des papes du ‘spaghetti’ fait partie de la vague auto-parodique qui a fini par noyer définitivement le genre. Dès le pré-BLANC JAUNE NOIRgénérique, la femme acariâtre du shérif accable celui-ci de reproches, en citant tous les titres possibles et imaginables de westerns italiens. C'est lourd et peu drôle, mais au moins Sergio Corbucci annonce clairement la couleur. D'ailleurs, ce discours disparaît complètement dans la version anglaise du film, pour un texte aussi idiot, mais allégé de toute référence…

Le scénario est un démarquage de « SOLEIL ROUGE » : ici c'est un poney sacré qui est dérobé contre rançon, au lieu d’un sabre et c'est le ramasseur de crottin (sacré aussi, le crottin) qui est chargé de le ramener, et non pas un samouraï. Le train semble être le même que celui qui servit dans le film de Terence Young, on a même droit à un équivalent du gag du moustique coupé en plein vol.

Le pire est peut-être la direction d’acteurs : Eli Wallach joue un shérif intègre et ombrageux qui finit par danser le french cancan en travesti. C'est attristant. Giuliano Gemma fait une piètre imitation de Terence Hill dans un rôle de hors-la-loi sautillant appelé « le Suisse », BLANC JAUNE NOIR (2)mais le fond est atteint par Tomás Milian qui campe le pseudo-samouraï, avec la finesse et la retenue d’un Paul Préboist singeant Michel Leeb imitant un Chinois. À peine descriptible !

« LE BLANC, LE JAUNE ET LE NOIR » est un nanar qu’on peut voir d’un œil plus ou moins indulgent, selon l’humeur du moment. Mais comment ne pas regretter qu’au lieu de cette pantalonnade bâclée, la réunion du réalisateur de « DJANGO » avec le mythique señor Tuco, l’acteur inspiré du « DERNIER FACE A FACE » et celui des « RINGO » n’ait pas donné lieu à un vrai film ?

Il faut croire qu’en 1975, le train du western « all’Italiana » était déjà passé depuis longtemps…
BLANC JAUNE NOIR (3)

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