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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 16:41

SGT NOIR (2)Œuvre de la fin de carrière de John Ford, « LE SERGENT NOIR » est un curieux mélange SGT NOIR (1)de film ‘de prétoire’, de whodunit et de western traditionnel. Même s’il est relativement peu connu, très certainement à cause de l’absence de grande star en tête d’affiche, c’est un bon film bien carré et rigoureux. En fermant les yeux sur quelques scories récurrentes des films du réalisateur, comme cesSGT NOIR saynètes « comiques » avec la femme du juge, l'ivrognerie clownesque de celui-ci au tribunal ou la vision certes généreuse, mais exagérément sommaire des fameux ‘buffalo soldiers’ noirs.

Le film doit beaucoup à la présence physique incroyable de Woody Strode, systématiquement filmé en contre-plongée pour accentuer sa taille déjà considérable. Ford a sciemment utilisé tous les artifices possibles et imaginables pour mythifier son SGT NOIR (3)personnage, le rendre emblématique et bigger than life. En faire une sorte de « John Wayne noir », comme l’acteur lui-même le définit dans une interview. Là réside évidemment l’extraordinaire innovation du film, compte tenu de sa date de production.

Dans ce qui reste le rôle de sa vie, celui d'un soldat endurci, statuesque, digne (même si le comportement de son personnage n'est pas toujours très logique) Strode se montre à la hauteur de cette tâche symbolique. Le moment où à la barre des témoins, il s’exprime enfin sur sa condition d'homme libre et d'homme tout court, est poignant. À ses côtés, Constance Towers est bien belle et sesSGT NOIR (5) premières scènes avec Strode, torse nu, blessé, en sueur, suintent d’une implicite ambiguïté sexuelle qui plane ensuite sur toute l’action. Jeffrey Hunter plutôt bon, fait ce qu'il peut d’un rôle sacrifié de faire-valoir un peu terne. Les habituels seconds rôles de l'écurie de Ford en font des tonnes, souvent en contresens avec le sérieux du sujet.

Les paysages sont évidemment somptueux, les séquences d'attaques d'Indiens dignes de la réputation de ‘papy’, et s'il est visiblement moins à l'aise dans les scènes dialoguées (la façon dont craque subitement le coupable à la fin, est hautement invraisemblable), « LE SERGENT NOIR » demeure un excellent moment, alliant un vrai suspense à un discours antiraciste parfois naïf dans ses excès. Un peu comme « LES CHEYENNES » tourné peu de temps après...

SGT NOIR (4) 

À NOTER : même s’il a le rôle central du film, Woody Strode figure en 4ème position sur l’affiche, son nom écrit beaucoup plus petit que les trois comédiens le précédant. Jusqu'où allaient se nicher les préjugés !

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 07:45

CULPEPPER (1)Pour reprendre la célébrissime réplique fordienne, si « LA RIVIÈRE ROUGE » de Hawks ou la série TV « RAWHIDE » (qui s’en est inspirée de plus ou moins loin) représentent la légende, alors « LA POUSSIÈRE, LA SUEUR ET LA POUDRE » pourrait bien ressembler à la réalité. CULPEPPER

Film de cowboys au sens premier du terme, il tend à désacraliser définitivement le garçon-vacher en tant que mythe américain et à le décrire tel qu'il était plus que vraisemblablement : illettré, crasseux, psychopathe, alcoolique, CULPEPPER (3)etc. Mais malgré cette volonté farouche de naturalisme, Dick Richards ne s'interdit pas quelques envolées peckinpiennes – ralentis et giclures sanglantes inclus – lors de fusillades impressionnantes comme celle du saloon, ou de la fin où meurent les protagonistes de la même façon héroïque mais dérisoire que ceux de « LA HORDE SAUVAGE ». D'ailleurs, leur comportement laisse entendre que s'ils sont revenus aider le garçon, c'est plus par goût de tuer que par altruisme.

Gary Grimes l’ado de « UN ÉTÉ 42 » est un jeune héros poignant et les seconds rôles sont épatants, à commencer par Billy ‘Green’ Bush en ‘trail boss’ taciturne au look d'épouvantail, CULPEPPER (2)Geoffrey Lewis et Luke Askew excellent en cowboy à la gâchette facile.

« LA POUSSIÈRE, LA SUEUR ET LA POUDRE » laisse un goût bien amer : même les squatters apparemment angéliques, dont Grimes prend la défense, se révèlent être des pleutres inconséquents, sans la moindre reconnaissance. Rude vision du monde, qui ferait passer l'Ouest rêvé par Hawks ou ‘papy’ Ford pour de jolies images d’Épinal ripolinées.

Un film qu’on peut voir en triptyque avec « DU SANG DANS LA POUSSIÈRE » de Richard Fleischer et « BAD COMPANY » de Robert Benton, deux films très proches thématiquement et visuellement, et partageant même quelques interprètes.

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 06:27

BAD COMPANY (1)L'Ouest de « BAD COMPANY » est plat, jaunâtre, désespérant de solitude, peuplé de tueurs imbéciles, de laiderons fatiguées qui s'offrent pour quelques dollars à même la BAD COMPANYprairie à des brutes crasseuses. Ici, les enfants sont tués d'une balle en pleine tête pour avoir volé une tarte et l'innocence ne se préserve pas bien longtemps.

Avec « LA POUSSIÈRE, LA SUEUR ET LA POUDRE » sorti la même année et « DU SANG DANS LA POUSSIÈRE », « BAD COMPANY » forme unBAD COMPANY (2) parfait triptyque de l’enfance corrompue par la violence. Et de l'Ouest tel qu'il devait être réellement et il a influencé jusqu'aux auteurs du récent « L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES » qui lui empruntera beaucoup. Les jeunes acteurs sont excellents et il est étrange de voir Jeff Bridges ou John Savage aujourd'hui vieux routiers bedonnants, alors quasi-adolescents. Les ‘usual suspects’ de l'époque Geoffrey Lewis, Ed Lauter, John Quade ou David Huddleston sont indispensables comme toujours.

« BAD COMPANY » n’est pas un film agréable et il nécessite d’avoir un moral en acier BAD COMPANY (3)trempé pour en supporter la vision jusqu'au bout. La photo du grand Gordon Willis (« LE PARRAIN ») va dans le sens du film : monochrome, d’une infinie tristesse.

Fallait-il que ce peuple américain en ait marre du mensonge au début des seventies, pour enchaîner ainsi les films désacralisant sans aucune retenue toute leur mythologie, leur culture populaire. Un courant qui finit par aboutir au début de la décennie suivante à « LA PORTE DU PARADIS » (où figurera encore le même Bridges, tiens...) qui lui, commettra l'erreur d'aller un tout petit peu trop loin dans la démarche.

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 18:48

TEXAS... (1)Le western parodique a rarement été drôle, hormis sous la houlette de Mel Brooks. Mais malgré sa mauvaise réputation, « TEXAS, NOUS VOILÀ ! » n’est pourtant pas passé loin de la réussite.

Sur une belle photo mordorée du grand Russell Metty, le film maintient un bon rythme, TEXAS...dégage une vraie joie de vivre et il est truffé de bonnes idées : les sous-titres en signes comanches, les ordres incompréhensibles lancés à tout bout de champ par l’officier Peter Graves (« Ewoouh-eurrrrh ! »), les scènes où les deuxTEXAS... (3) vedettes se balancent des baffes, les mésaventures du fils du chef indien abruti, etc. On sourit donc assez souvent. Le plaisir est hélas en partie gâché par une BO absolument horrible de Frank DeVol, qui surligne chaque effet comme dans un vieux cartoon et par d’interminables numéros de séduction d’une lourdeur pachydermique d’un Dean Martin en pilotage automatique. Celui-ci forme un tandem surréaliste avec Alain Delon qui incarne un noble espagnol naïf et TEXAS... (2)emporté. Pas vraiment son emploi, même s’il semble déjà répéter pour son « ZORRO » italien tourné dix ans plus tard. Par instants, le couple fonctionne et dégage même une vraie complicité.

On aperçoit des seconds rôles familiers comme Richard Farnsworth méconnaissable en ‘medicine man’ maladroit, Michael Ansara en chef mal entouré et Rosemary Forsyth en caricature de ‘Belle’ du Sud, mais c'est le comique Joey Bishop qui se taille la part du lion dans le rôle de ‘Kronk’ l’Indien pince-sans-rire qui ne lâche pas ‘Dino’ d’une semelle.

Il y a donc à prendre et pas mal à jeter dans ce film anachronique et sympathique, mais qui semble ne jamais savoir s'arrêter quand il faut.

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 16:41

COLTS SOLEIL (1)Il faut croire que les romans de Louis L’Amour ne se prêtent pas forcément aux adaptations cinématographiques, comme l’avaient prouvé « SHALAKO », « CATLOW » et maintenant COLTS SOLEIL« LES COLTS AU SOLEIL ».

Production anglo-espagnole tournée à Almeria dans des décors vus et revus dans d’innombrables ‘spaghetti westerns’, c'est une sorte de précurseur de « LA MÉMOIRE DANS LA PEAU », puisque le héros est un pistolero amnésique cherchant à connaître son passé qui s’avère de plus en plus violent à mesure qu'il enquête.COLTS SOLEIL (4)

Mais la comparaison s'arrête là. « LES COLTS AU SOLEIL » pâtit d’un scénario décousu et relâché, qui s’octroie des plages de réflexion, des balades dans le désert, de longues discussions, sans aucun souci de rythme. Le soufflé retombe vite et la star en titre manquant singulièrement de charisme pour soutenir un western sur les épaules, on attend patiemment le dénouement. Richard Crenna (déjà présent dans « CATLOW »), comédien de télévision au jeu ironique et distancié, n’a aucun impact physique et n’est pas crédible une seconde en tueur implacable dont le seul nom fait COLTS SOLEIL (2)trembler les méchants. Il forme un duo sans intérêt avec Stephen Boyd, plus rugueux et crédible en homme de l'Ouest, mais pas beaucoup plus passionnant. Parmi les seconds rôles, on reconnaît Farley Granger en juge ripou et (who else ?) Aldo Sambrell dans une courte apparition en homme de main étonnamment glabre.

Connu pour « L’OR SE BARRE » et « LES BAROUDEURS », Peter Collinson se repose trop sur des tics de mise en scène comme les contreplongées systématiques, les objets placés au premier plan, un peu à la manière de Sidney J. Furie pour « L'HOMME DE LA SIERRA ». C'est amusant à regarder, comme des cases de BD, mais guère efficace à la longue. Des bons points ? Une BO morriconienne de Luis Bacalov, une belle photo et des extérieurs bien choisis et exploités.

COLTS SOLEIL (3) 

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 17:10

TAZA (1)Le principal attrait de « TAZA, FILS DE COCHISE » est la signature inattendue de Douglas Sirk qui réalise là son unique western. Et il a amené avec lui son chef-opérateur, le TAZAgénial Russell Metty. Ceci mis à part, si la mise en scène est honnête et dynamique, les cadres soignés, ce sont les options prises par le scénario qui laissent un peu décontenancé. Comme certains films des années 50 tentaient de justifier le mouchardage, celui-ci essaie de faire passer pour unTAZA (2) héros positif un Apache fraîchement nommé chef qui devient commandant de la police (milice ?) indienne et va jusqu'à endosser la tunique bleue sans le moindre état d’âme !

Par une curieuse vue de l’esprit, le-dit Taza appelle « traîtres » ceux qui refusent de se soumettre et exige de punir lui-même les félons exilés dans une terre inhospitalière et stérile. On a beau faire, s’efforcer de comprendre ce raisonnement, rien n’y fait : Taza passe tout bonnement pour un ‘collabo’ de la plus belle espèce, un vendu d’autant moins sympathique qu'il est le fils du grand chef Cochise. Rock Hudson fait ce qu'il peut pour justifier les actes de son personnage et le rendre attachant, mais à l’impossible nul n’est tenu. Quand il redevient enfin un guerrier, jette son uniforme et se met à pousser des cris stridents, c'est… pour prêter main forte aux visages pâles qui l’ont pourtant trahi. À ce TAZA (3)stade, on a renoncé à comprendre cette logique toute personnelle !

Biaisé par cet étrange axe narratif, « TAZA, FILS DE COCHISE » est donc un drôle d’objet. Sirk mêle dans le même plan d’authentiques « natives » et des comédiens américains enduits de fond de teint et on le sent paradoxalement, plus à l’aise dans les séquences d’action que dans la psychologie. Dans un casting où manquent cruellement quelques « trognes » pittoresques, on aperçoit Jeff Chandler au début, reprenant le rôle de Cochise qu'il avait créé dans « LA FLÈCHE BRISÉE » et « AU MÉPRIS DES LOIS ». Une petite agonie de deux minutes et adios.

À voir donc, pour la beauté de l’image, des extérieurs, et pour les admirateurs exhaustifs de Douglas Sirk.

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:02

SUPPORT LOCAL SHERIFF (1)Le scénario est un évident hommage à de grands classiques comme « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS », « L'HOMME AUX COLTS D’OR » et « RIO BRAVO », que Burt Kennedy a SUPPORT LOCAL SHERIFFlégèrement décalé en comédie, sans aller franchement dans le pastiche. Il s’amuse à tordre les clichés, à jouer de l’attente du spectateur, avec un humour qui n’est pas sans rappeler celuiSUPPORT LOCAL SHERIFF (4) de Morris & Goscinny. D'ailleurs, des idées comme le dollar troué d’une balle ou les selles arrachées pendant l’évasion de la prison ont été vues et revues dans « LUCKY LUKE ».

« NE TIREZ PAS SUR LE SHÉRIF » est un film étonnamment équilibré, qui se regarde avec un constant sourire aux lèvres. Il doit beaucoup à James Garner, irremplaçable dans ce rôle d’aventurier placide et tellement sûr de lui qu'il n’a même pas besoin de frimer. Débonnaire, infaillible, manipulateur, il compose un personnage unique et extrêmement attachant. Joan Hackett est elle aussi un régal en vieille fille gaffeuse et porte-poisse et Jack Elam est hilarant en ex-ramasseur de crottin promu ‘deputy’. Son SUPPORT LOCAL SHERIFF (2)tandem avec Garner qui le réduit en esclavage, est une belle réussite. SUPPORT LOCAL SHERIFF (3)

Dans un cast de vétérans du western, Walter Brennan joue les patriarches atrabilaires comme chez Ford et perd son dentier comme chez Hawks. Bruce Dern vaut le coup d’œil en fiston à moitié débile.

Il n’en fallait pas beaucoup pour que « NE TIREZ PAS SUR LE SHÉRIF » soit un film parfaitement sérieux. C'est le mauvais esprit sarcastique et fin connaisseur de Kennedy qui en fait une comédie légère et plaisante du début à la fin. L’auteur ne retrouvera d'ailleurs jamais cette balance dans l’humour, se laissant trop souvent aller à la pantalonnade.

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 18:20

PILIERS CIEL (2)George Marshall réalisait déjà des westerns à l’époque du Muet et en 1956, le CinémaScope était encore tout neuf. Peut-être est-ce pour cela que « LES PILIERS DU CIEL » semble PILIERS CIELbizarrement cadré. Comme si le format large parfaitement utilisé dans les séquences d’action, devenait un handicap pour les scènes d’intérieur ou les séquences intimistes. Que des plans très larges, quelques rares plans américains et pas l’ombre d’un gros-plan de tout le film !

Ceci mis à part, c'est un drôle de western. On est immédiatement gêné par le personnage de Ward Bond, sorte de missionnaire adoré des Indiens, qu'il rebaptise avec des noms bibliques et convertit au christianisme comme la seule voie possible. Quand les blancs violent ouvertement un traité, les « Natives » insoumis sont montrés comme des sauvages ingrats et barbares. D'ailleurs, confrontant le chef Michael Ansara, notre valeureux héros (quoiqu’unPILIERS CIEL (1) peu alcoolique sur les bords) lui dit que les Indiens devront abandonner leurs noms chrétiens et reprendre leurs « noms d’animaux », parce qu'ils ne valent pas mieux ! Quelques personnages de « bons Indiens » ou de repentis ne rachètent pas ce malaise persistant.

Ce n’est pas le seul problème des « PILIERS DU CIEL », qui devient assommant avec ce triangle amoureux ridicule, manifestement plaqué sur le scénario pour avoir un personnage féminin. En fait, à bien y regarder le film est sauvé par une seule (longue) séquence : celle de l’attaque à découvert très spectaculairement réglée et montée. Du premier choix.

Aux côtés de Jeff Chandler trop monolithique pour faire croire qu'il est un chien fou amateur de whisky et de Dorothy Malone qui joue comme dans un mélo de Sirk, quelques PILIERS CIEL (3)seconds rôles passent rapidement : Lee Marvin en sergent bourru (il a une bonne dernière scène, heureusement), Martin Milner (futur héros de la série « ROUTE 66 ») et l’inévitable Frank DeKova.

La nouvelle vision que l’on peut avoir aujourd'hui des guerres indiennes, rend ce genre de film difficile à regarder d’un œil complètement innocent. Qu'est-ce qu'ils pouvaient raconter comme âneries !

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 18:08

MISSING (3)Dans la droite tradition de « LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT » et surtout de « FUREUR APACHE », ce post-western est une bonne surprise pour plusieurs raisons : d’abord on ne s’attendait à rien de particulièrement bon de la part de Ron Howard. Ensuite, la mise enMISSING (2) MISSINGscène retrouve les racines du western classique, oubliant enfin l’influence stérilisante du ‘spaghetti western’ ou de Peckinpah.

« LES DISPARUES » est un film âpre et cruel, montrant l'Ouest sans aucun romantisme. Ici point de paysages grandioses à la Ford : de la rocaille, des herbes desséchées, l’extrême aridité ponctuée de déluges de proportions bibliques. Ce Far-West là est rude, sans pitié et refuse toute nostalgie. Pour revenir à Ford, c'est plutôt la réalité qu’a imprimé ce film, pas la légende.

MISSING (1)Au-delà des péripéties classiques de la chasse à l'homme, le scénario raconte les retrouvailles entre une fille traumatisée par l’abandon de son père et celui-ci qui a « viré Indien » et qui va trouver sa rédemption, trente ans plus tard.

« Un Apache c'est comme un livre fermé sur des horreurs », disait Jack Palance dans « LES COLLINES DE LA TERREUR ». Howard ne lésine pas sur les tortures atroces (le sort réservé à Aaron Eckardt a de quoi alimenter des nuits de cauchemar !) et a parfaitement filmé son ‘méchant’ : un « brujo », un sorcier au visage bestial, grêlé, hideux. On a peine à reconnaître le séduisant Eric Schweig du « DERNIER DES MOHICANS » !

« LES DISPARUES » doit beaucoup à l’implication de Cate Blanchett, superbe en femme seule, endurcie par les épreuves et la solitude, mais ne lâchant jamais prise. Tommy Lee Jones lui donne une efficace réplique, même si on connaît par cœur la moindre de ses mimiques ou de ses intonations. Il a tout de même un look exceptionnel de vieux guerrier parcheminé.

Dense, prenant, émouvant, jamais lent malgré sa longueur, « LES DISPARUES » peut sembler parfois trop emphatique ou prévisible dans son déroulement, mais c'est un sacré bon film, plein de sève et d’énergie et un retour au western qu’on aime. Sans nostalgie, sans clin d’œil, sans pastiche… Juste une vieille recette dépoussiérée et remise au goût du jour.

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 16:50

CORDOBA (1)« LES CANONS DE CORDOBA » fait partie de ces productions américaines de la fin des sixties, dont on ne sait plus très bien de quelle nationalité elles sont. Empruntant copieusement au ‘spaghetti western’ (la sueur, les cigarillos, les ponchos, les décors), ce CORDOBAfilm est surtout un mélange scénaristique bizarroïde entre « LES CANONS DE NAVARONE » et « LES PROFESSIONNELS ». Du film de guerre de J. Lee-Thompson, on retrouve la mission elle-même, un personnage grec (?), ainsi que l’antagonisme entre le héros et son bras-droit qui a juré d’avoir sa peau quand toutCORDOBA (2) sera fini. Le démarquage est grossier. Du chef-d’œuvre de Richard Brooks on a droit à l’attaque du fort, pratiquement telle quelle, le groupe d'aventuriers.

Il pèse sur « LES CANONS DE CORDOBA » une inertie terrible. Quelque chose qui ne fonctionne pas. À aucun moment. Pendant la première demi-heure on ne comprend même pas qui tire sur qui ni pourquoi. Ensuite, le scénario prend des chemins de traverse, s’égare en actions parallèles. Les personnages étant complètement dénués d’épaisseur ou de motivation, l’ennui s’installe irrémédiablement.

CORDOBA (3)George Peppard singe Eastwood en mâchonnant ses cigares les dents serrées et le sarcasme aux lèvres. Il est transparent. À ses côtés, des acteurs italiens comme Raf Vallone, Gabriele Tinti et Giovanna Ralli jouent des mexicains avec des accents ridicules. Don Gordon, l’habituel ‘sidekick’ de Steve McQueen transpire beaucoup. On aperçoit notre cher Aldo Sambrell en sergent à l’œil mauvais.

La BO d’Elmer Bernstein reprend inexplicablement le thème à peine modifié de « JEUX INTERDITS » et si la photo est plutôt belle, le film s’enlise de séquence en séquence, jusqu'à l’endormissement. « LES CANONS DE CORDOBA » est donc un bon somnifère bio.

CORDOBA (4) 

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