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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 17:59

MAN WITH GUN (2)Déjà, pour commencer et avant toute chose : le titre français « L'HOMME AU FUSIL » est mal traduit ! Le héros du film n’a PAS de fusil, qu’on se le dise ! À part dans un morceau de scène. À peine possède-t-il de petits revolvers. Des ‘guns’ autrement dit, comme l’exprimeMAN WITH GUN pourtant clairement le titre original. Les dicos anglo-français ne devaient pas être très performants, à l’époque…

« L'HOMME AU FUSIL » est un western qui paraît un peu surévalué par les amateurs du genre : les décors, le noir & blanc, les (très petits) moyens, tout fait penser aux séries TV des années 50, du style « AU NOM DE LA LOI » ou « THE DEPUTY » et si originalité il y a, ce sera plutôt dans le portrait du « nettoyeur » joué par Robert Mitchum qu'il faudra chercher. Avec son œil sempiternellement endormi, ‘Mitch’ campe un antihéros amer, névrosé et peu attachant, sans rien afficher du panache d'un autre ‘town tamer’ célèbre : Clay Blaisdell alias Henry Fonda dans « L'HOMME AUX COLTS D’OR ».

Le scénario de « L'HOMME AU FUSIL » est prévisible, sans doute parce qu'il a beaucoup été plagié par la suite, et par le réalisateur lui-même qui plus est, dans son « MERCENAIRE DE MINUIT » dix ans plus tard ou par Eastwood dans « L'HOMME DES HAUTES PLAINES ».

Heureusement, les seconds rôles sont bien campés : l’excellente Jan Sterling joue l’ex-femme du héros, devenue maquerelle en chef, Angie Dickinson apparaît brièvement dans son emploi fétiche d’entraîneuse, et les incontournables mais toujours bienvenus Leo Gordon, Ted De Corsia ou Claude Akins viennent jouer de réjouissants saligauds.

Un petit western flirtant avec le ‘film noir’, dans la lignée de « LA PREMIÈRE BALLE TUE », austère, efficace. L'incendie du « Palace » demeure un assez joli morceau de bravoure.

MAN WITH GUN (1)

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 17:07

GERONIMO (2)L'homme à la carabine, Batman et Artemus Gordon réunis dans un même film ? Est-ce un hallucinant « crossover » de la télé des années 60 ? Non, hélas. C'est tout simplement « GERONIMO ». Et les vedettes en sont Chuck Connors dans le rôle-titre, Adam West etGERONIMO (1) Ross Martin.

Le film d’Arnold Laven ressemble à un pâle remake de « BRONCO APACHE » revu et corrigé par Walt Disney. Le scénario est très similaire, le propos également. Quant à Connors, il calque littéralement son jeu et son apparence sur ceux de Burt Lancaster qui fut son mentor à ses débuts : yeux bleus, fond de teint, perruque noire, dents (très) blanches, il joue un Apache tout à fait improbable, mais sa gueule carrée et sa haute stature lui donnent fière allure à cheval. Ross Martin lui, est involontairement hilarant en guerrier aspirant à une gentille vie de famille. Impossible GERONIMOde ne pas penser qu'il s’agit du fregoli des « MYSTÈRES DE L’OUEST » en train de faire l’imbécile. West est un gentil lieutenant plein de compassion.

« GERONIMO » a tout du téléfilm, excepté le format CinémaScope et certaines séquences frisent l’absurde le plus total. Comme celle où cette brave fermière surprend des guerriers apaches dans sa grange et… les invite à dîner, leur préparant une poule-au-pot et les obligeant à manger proprement. On croit rêver !

Quelques faits historiques mixés avec un grand n'importe quoi, font de ce « GERONIMO » un western de série plutôt affligeant qui ferait passer la version de Walter Hill pour un pur chef-d’œuvre.

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 11:27

HOMME SIERRA (2)La seule et vraie star de ce film et l’unique raison de voir « L'HOMME DE LA SIERRA », c'est le chef-opérateur Russell Metty qui signe une photo absolument somptueuse, d'un HOMME SIERRApiqué et d'une beauté saisissants.

Sidney J. Furie lui, spécialiste des cadrages inutilement biscornus (« IPCRESS : DANGER IMMÉDIAT ») abuse de gros-plans microscopiques, se calquant sur les gimmicks les plus caricaturaux du western européen qui commençait alors à émerger. Il s’obstine à placer n'importe quoi au premier plan (une tête d'âne, un pied botté, des éperons, des sombreros àHOMME SIERRA (1) foison, etc.) et accumule les effets distractifs jusqu'à la torpeur totale.

Il faut dire qu'il n'est pas aidé par Marlon Brando qui campe un des héros les plus déconcertants de l'histoire du western : son Matteo est un ‘gringo’ mollasson, somnolent, assez inopérant dans l'ensemble, incapable de se sortir du moindre pétrin, fonçant tête baissée vers le danger. Luttant déjà visiblement avec ses problèmes de poids, Brando est amoureusement filmé en gros-plans magnifiques (c'est la première fois qu’on remarque qu'il a les yeux bleus !). Chacune de ses apparitions ressemble à une toile de maître. Par sa présence, on a parfois la sensation de voir une sequel de « LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES », réalisé par l’acteur six ans plus tôt. Tout cela hélas, tient davantage de la prouesse photographique que d’une recherche cinématographique.

HOMME SIERRA (3)

À ses côtés, John Saxon en fait des caisses en ranchero sadique et le légendaire Emilio Fernández ressert son éternel numéro de ‘chicano’ ricanant.

« L'HOMME DE LA SIERRA » n'est certes pas un bon film, mais il se laisse regarder pour ses images, pour l'utilisation hors contrôle du format CinémaScope dont il explore toutes les possibilités et pour voir à quel point le ‘spaghetti western’ avait déteint sur le western U.S. dans les années 60. Cocktail pas très heureux...

Ceci établi, le fan de Brando passera pudiquement son chemin, histoire d'éviter les désillusions sur celui qu’Elia Kazan appelait « le plus grand acteur du monde ». Il n'avait pas dû voir ce film-là...

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 16:19

BUFFALO BILL (1)Quand au début du film, le chef Sitting Bull arrive au « Buffalo Bill Wild West Show » accompagné de son interprète, tout le monde pense que le chef légendaire est le géant au BUFFALO BILLvisage impassible. Raté ! C'est le nabot ratatiné qu’on remarque à peine. Quand s’achève « BUFFALO BILL & LES INDIENS », Sitting Bull est mort et c'est l’interprète qui joue son rôle pendant le show. Parce qu’au fond il ressemblait davantage à l’imBUFFALO BILL (2)age qu’on se fait d’un grand chef indien que le vrai chef.

Tout le propos de Robert Altman tient dans ces deux séquences apparemment anodines mais d’une profondeur insondable. Film sur le showbiz, sur le star system, sur les mythes du western, sur les mensonges autour desquels s’est bâtie l’Amérique, « BUFFALO BILL & LES INDIENS » est du pur Altman : scénario déstructuré, dialogues improvisés qui se chevauchent en permanence, personnages qui se croisent sans cesse sans vraiment se rencontrer… Cela peut dérouter, mais en l’occurrence, c'est un film incisif, d’une lucidité implacable. Ainsi, Bill Cody lui-même symbolise toutes les stars du BUFFALO BILL (3)monde. Paul Newman se délecte à composer ce mythomane inepte, égotique et inculte (dès sa première rencontre avec les Indiens, il ne comprend pas le mot « incarcération »), dont tout le charisme tient dans sa perruque. Une courageuse mise en abyme qui écorne cruellement la caste des superstars dont Newman lui-même faisait alors partie.

Autour de lui, Geraldine Chaplin est une Annie Oakley idéale, Harvey Keitel est inattendu en neveu fayot et Burt Lancaster apparaît sporadiquement dans le rôle du reporter qui a « inventé Buffalo Bill ».

Il faut apprécier le style délibérément bordélique d’Altman, le ton bouffon de son dialogue, ses digressions incessantes, ses changements de ton, pour entrer pleinement dans l’univers de ce film. Sans jamais sortir de l’enceinte de ce cirque qui symbolise si bien l’Amérique telle qu'elle aime à se réinventer, « BUFFALO BILL & LES INDIENS » a quelques moments de grandeur, comme cet ultime face à face entre Cody et le fantôme de Sitting Bull, avant que le héros de pacotille n’aille vaincre son avatar emplumé devant son public conquis d’avance. On ne va pas encore une fois citer la fameuse phrase de Ford sur la réalité et la légende, mais… c'est bien de cela qu'il s’agit.

BUFFALO BILL (4)

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 08:30

MERCENAIRE MINUIT (1)Précédé d'une réputation relativement flatteuse et d'une distribution attrayante, ce western « en chambre » réalisé par l’auteur de l’intéressant « L'HOMME AU FUSIL » quelques dix MERCENAIRE MINUITans plus tôt, apparaît comme une déception. On n'y fait que discourir, se menacer, jouer du clavecin (sic !), le thème du ‘marshal’ engagé par une ville puis devenant une nuisance, estMERCENAIRE MINUIT (2) proche de celui de « L'HOMME DES HAUTES PLAINES » ou « L'HOMME AUX COLTS D’OR », mais le problème est que dans « LE MERCENAIRE DE MINUIT », il ne se passe rigoureusement RIEN avant les dernières minutes.

Et voir Yul Brynner (qui joue un Créole endimanché nommé… Jules Gaspard d’Estaing !) se balader en mâchouillant ses cigarillos, l'air d'en savoir plus que tout le monde, ne suffit pas à maintenir la tension ni l’attention. De bons acteurs comme Strother Martin, Pat Hingle, MERCENAIRE MINUIT (3)Brad Dexter et les new-yorkais George Segal et Janice Rule font ce qu'ils peuvent, mais c'est au fond un one man show de Yul dont la personnalité hautaine et opaque finit par lasser. Plus que de véritables traits de caractère, les vêtements, le raffinement ostentatoire de ce « nettoyeur » s’avèrent n’être que des ‘gimmicks’ redondants. Quant à son retournement final, il est aussi prévisible que peu crédible.

Trop bavard, languissant, répétitif dans ses situations, « LE MERCENAIRE DE MINUIT » n'a rien d'un classique du genre et se rapproche du téléfilm lambda, ne serait-ce que par ses décors ‘cheap’ et son rythme assoupi.

 

À NOTER : la présence de Brynner et Dexter et le titre français absurde (pourquoi minuit ?) tendent à capitaliser sur le récent succès des « 7 MERCENAIRES ». Il en manque juste cinq et aussi accessoirement, un Sturges ! Le film est sorti en zone 2 dans une copie assez abimée et surtout en 4/3.

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 11:41

HOMMESAUVAGERobert Mulligan n'est pas un réalisateur qui laisse indifférent, même si sa carrière demeure en demi-teintes. Tous ses films sont très dissemblables, en gardant un air de famille et tous ou HOMMESAUVAGE (3)presque traitent d'une façon ou d'une autre de l'enfance.

« L'HOMME SAUVAGE » est un très curieux western mâtiné de film d'horreur, dont la principale caractéristique est de se passer presque totalement de dialogue. Les personnages ne parlent pas, ne s'expliquent pas, ne se racontent pas : ils vivent le moment présent. Le passé lui, est représenté par Salvaje, cet Indien fantomatique qu'on entrevoit furtivement et dont la silhouette vêtue de peaux de bêtes, évoque une sorteHOMMESAUVAGE (1) de monstre du Gévaudan. Il est d'ailleurs intéressant de noter que le film aurait tout à fait pu être raconté du point de vue de Salvaje (à la manière des « COLLINES DE LA TERREUR », par exemple) : après tout, sa tribu est capturée, sa femme et son fils enlevés. Quoi de plus normal qu'il se montre quelque peu vindicatif, le bougre ? Mais nous ne sommes pas dans « DANSE AVEC LES LOUPS » et ici l'Indien est un monstre sanguinaire, une sorte de spectre assoiffé de vengeance.

Le film est lent, mais pas ennuyeux, il rappelle parfois « WILL PENNY LE SOLITAIRE », HOMMESAUVAGE (2)mais il souffre de la présence de Gregory Peck, peu crédible en homme de l'Ouest fruste. Au point d'ailleurs, que ses tenues sont toujours immaculées et son visage parfaitement rasé. Comme si les auteurs voulaient marquer leur différence avec le western italien, qui faisait alors rage. Robert Forster tout jeune, est excellent en métis bourru et Eva Marie Saint, un peu âgée pour son rôle, parvient à tout faire passer sans presque jamais parler.

Le tout est vu à travers les yeux de l'enfant indien, muet et imprévisible, personnage récurrent de l'œuvre du réalisateur depuis « L’AUTRE », jusqu'à « UN ÉTÉ EN LOUISIANE », en passant par « DU SILENCE ET DES OMBRES » où Peck était beaucoup plus à sa place.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 08:47

1000 HILLS (1)« DUEL DANS LA BOUE » bénéficie d'un excellent scénario sur l'ambition, la revanche sociale, l'ingratitude et survole cinq ans de la vie d'un personnage parti de rien, pour arriver à presque tout. Comme plus tard, dans la minisérie TV « LE RICHE ET LE PAUVRE », le 1000 HILLSparcours de Lat Evans est mis en parallèle avec celui de son vieux copain qui lui, s'enfonce dans la délinquance.

Richard Fleischer en artisan méticuleux, gère parfaitement le passage du temps, sans jamais rien perdre de sa lisibilité, ni de la fluidité du récit. Il parvient à diriger le fade Don Murray, qui évolue du puceau naïf,1000 HILLS (2) au politicard roué avec crédibilité. À ses côtés, la toujours ravissante Lee Remick est parfaite en prostituée au grand cœur et Stuart Whitman est bien distribué en loser né.

Mais ce qui manque clairement à cet honorable western, pour s'inscrire dans les vrais classiques du genre, c'est un cast de premier ordre.

Malgré les superbes images en CinémaScope, les décors somptueux et quelques scènes 1000 HILLS (3)fortes (le lynchage, la fameuse bagarre entre Murray et le méchant Richard Egan), il manque quelque chose, un réel attachement aux personnages, une empathie. Même si Lat connaît in extremis une forme de rédemption morale, son retour chez bobonne laisse une impression mitigée, la sensation d'un personnage qu'on n'a pas osé pousser jusqu'au bout de sa logique.

À noter le très curieux titre français, alors que le fameux « duel dans la boue » (qui est d'ailleurs une bagarre, plutôt) n'occupe que quelques maigres minutes à la fin du film. Le titre en v.o. « CES MILLIERS DE COLLINES » n’est pas, admettons-le, beaucoup plus explicite.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 06:28

YOUNG BILLY (1)Avec « LA VENGEANCE DU SHÉRIF », Burt Kennedy auteur-réalisateur attachant mais excessivement inégal, est allé puiser son inspiration dans l'œuvre d’Howard Hawks : Angie Dickinson avec ses bas noirs joue une ‘Feathers’ mûrissante, le shérif est assiégé dans son ‘office’ avec un prisonnier, un jeune pistolero lui prête main-forte et on voit même unYOUNG BILLY conducteur de diligence imitant ouvertement Walter Brennan. On nage en pleine mythologie « RIO BRAVO ». Mais malgré ces belles références, YOUNG BILLY (2)ce pastiche-hommage-plagiat s’avère assez catas-trophique...

On a l’étrange sensation que les producteurs ont tenté après-coup, de donner des airs de comédie à un western tout ce qu'il y avait de sérieux, en lui collant une musique « cartoonesque », dissonante qui fausse complètement l'ambiance. Les décors sont franchement laids, à peine dignes d'un « BONANZA », et l'action se traîne de cliché en cliché. Robert Mitchum fait son vieux numéro routinier, bedaine en avant, en soupirant (un peu trop souvent) de lassitude. On peut le comprendre ! Le jeune Robert Walker, Jr. est YOUNG BILLY (3)quasiment invisible tant il est transparent et David Carradine se débat mollement avec un rôle imprécis de faux-gentil-méchant-traître-copain.

On ne comprend pas très bien la nécessité de produire un tel film, surtout que Hawks venait lui-même de signer un quasi-remake de « RIO BRAVO », avec son « EL DORADO », autrement plus réussi. Et dans lequel apparaissait également Mitchum ! Oui, décidément, il y avait vraiment de quoi être las…

Un western qui n'honore ni la filmo de l’acteur alors au plus bas à cette époque, ni même celle plus erratique de Kennedy. Et pour le coup, la patine du temps n’a même pas joué en sa faveur.

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 16:40

SADDLE WIND (2)« LIBRE COMME LE VENT » est un drôle d'objet. Écrit par Rod Serling (l'homme derrière la série « TWILIGHT ZONE »), peu accoutumé aux grandes plaines de l'Ouest, le film SADDLE WINDparticipe clairement de la veine « psychologique » du western des fifties et se focalise sur la relation entre deux frères : un ex-pistolero repenti et son jeune frère idolâtre etSADDLE WIND (3) hors contrôle. La différence d'âge considérable entre Robert Taylor et John Cassavetes en fait plus une relation père-fils, rendue encore plus complexe par le fait que Taylor a lui-même un père de substitution, en la personne du riche propriétaire terrien qui lui a donné son ranch. Donald Crisp compose d'ailleurs un curieux personnage, quasi « biblique », régnant en maître sur ses terres, tel un Dieu sévère mais juste.

C'est Cassavetes qui donne sa tension permanente à « LIBRE COMME LE VENT ». SADDLE WIND (4)Complètement habité (déformé ?) par la ‘Méthode’ de Lee Strasberg, il crée un malaise dès ses premières scènes, laisse planer une menace diffuse par sa façon de rire, ses regards obliques, sa nervosité à fleur de peau. On le sent prêt à exploser à chaque instant et c'est ce qui donne tout son intérêt au film. À ses côtés, Taylor semble un peu roide et figé et Julie London ressemble beaucoup à ce qu'elle fut dans « L'HOMME DE L’OUEST », sorti la même année (avant ou après, that is the question). Sa scène de chanson par contre, estSADDLE WIND (1) totalement incongrue et frise la faute de goût.

John Sturges a participé à la réalisation, sans être mentionné au générique. Il est donc ardu de repérer son travail, même si certains cadrages en CinémaScope (le duel avec Royal Dano, certains choix d’extérieurs) portent manifestement sa griffe.

« LIBRE COMME LE VENT » est un western, mais il aurait tout aussi bien pu se dérouler dans le Bronx, dans les années 50. Le personnage de Tony, névrosé, rebelle sans aucune cause, semble sorti de « GRAINE DE VIOLENCE » et sa fin est aussi abrupte que surprenante.

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 18:43

HIRED HAND (3)Le fils d’Henry Fonda n’avait jamais vraiment convaincu en tant que comédien et sa carrière demeurait en demi-teintes entre les séries B de Roger Corman et son rôle emblématique mais sans lendemain dans « EASY RIDER ». Aussi, « L'HOMME SANS FRONTIÈRE » HIRED HAND (1)qu'il a réalisé et interprété fait-il figure de divine surprise.

La photo de Vilmos Zsigmond est splendide et fait 50% de l’envoûtement généré par le film : les contrejours, les ralentis, les arrêts sur image, les filtres sur l’objectif de la caméra, autant d'artifices usés jusqu'à la corde, qui trouvent ici une vraie raison d'être. HIRED HAND

Dans cet Ouest rural et désertifié, les gens parlent peu, ne sourient jamais, s'entretuent pour un cheval. L'amitié entre Fonda et Warren Oates extraordinaire de fruste humanité, est au cœur du film et ira jusqu'au sacrifice ultime. Quant au personnage de l'épouse, il est d'une incroyable modernité : un physique quelconque, un visage durci par les épreuves, un aveu sans fausse pudeur de ses désirs et frustrations de femme délaissée. On n'a pas l'habitude HIRED HAND (2)de voir cela dans un western, à part peut-être – et de façon plus timide – Geraldine Page dans « HONDO, L'HOMME DU DÉSERT ». Comment oublier cette scène sur le porche de la maison entre Verna Bloom et Oates, d’une infinie délicatesse ?

Le tempo lent est rompu par une fusillade finale d'une brutalité sans chichi et le film laisse une sensation curieuse, comme une balade ‘country’ nostalgique et âpre.

Peter Fonda se révèle donc un bon réalisateur et comme comédien, il a rarement été plus probant qu'ici, évoquant non pas son prestigieux géniteur, mais plutôt le Clint Eastwood de « JOSEY WALES, HORS-LA-LOI » en plus famélique.

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