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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 18:34

« 5 GÂCHETTES D’OR » bénéficie d’une excellente réputation chez les afficionados de westerns italiens, probablement due à la présence au scénario de Dario Argento et au fait qu’un des plus grands comédiens du cinéma japonais est venu l’honorer de sa présence. Force est d’admettre que cette réputation est quelque peu exagérée.

Tourné dans des décors misérables, dans des paysages grisâtres évoquant la forêt de Fontainebleau en hiver, ce film de vengeance plagie le début des « 7 MERCENAIRES », poursuit avec un passage à tabac des deux héros inspiré de Leone, et conclue par une longue (très longue) partie de cache-cache entre les héros et les comancheros dans les bois, s’achevant par un des duels les plus absurdes qu'il soit donné de voir : Bud Spencer armé d’une branche, contre Tatsuya Nakadai utilisant une machete à la façon d’un katana de samouraï. Du pur délire !

« 5 GÂCHETTES D’OR » est pour tout dire, assez ennuyeux, le dialogue est d’une pauvreté risible (« Gare à toi, Kiowa ! »), et le scénario n’offre aucune surprise : sortie de prison du héros, recrutement des mercenaires, vengeance, au-revoir. Aucune chausse-trappe, aucun obstacle sur la route, une sorte de routine tranquille. La réalisation est aussi plate, avec quelques dérives déroutantes, comme ces plans d’arbres en caméra « bougée », censés traduire la folie d’Elfega, et ces éternels gros-plans de visages bronzés.

Bret Halsey, un authentique Américain qui a tout de même pris le pseudo (sic !), Montgomery Ford, est une sorte de clone pâlichon de Franco Nero, et promène sa silhouette calquée sur « DJANGO », Bud Spencer semble encore très mal à l'aise devant une caméra. Seul Tatsuya Nakadai vaut un coup d’œil. Non pas parce qu'il fait une grande prestation, mais parce que sa présence est tellement incongrue, dans ce rôle de hors-la-loi mexicain givré, qu’on ne peut détacher son regard de l’écran. Bien loin de ses chefs-d’œuvre japonais comme « LE SABRE DU MAL » ou « HARAKIRI », où il était prodigieux en samouraï décharné, habité par l’esprit du mal, Nakadai cabotine ici joyeusement, roulant des yeux fiévreux, gloussant comme un chenapan.

« 5 GÂCHETTES D’OR » restera donc comme le film qui a réussi à réunir au même générique Dario Argento, Tatsuya Nakadai et Bud Spencer, ce qui n’est pas rien. Mais c'est à peu près tout…

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 17:40

Ce qui donne tout son caractère à ce western a priori classique, c'est l’angle psychanalytique adopté par les auteurs, pour raconter une bête histoire de vengeance. Tous les éléments des romans « pulp » sont réunis : secret de famille, malédiction, amour fou, haine fratricide, mais Raoul Walsh, épaulé par son grand directeur photo James Wong Howe, filme cela de façon échevelée dans des clairs-obscurs angoissants et s’appuie sur l’amnésie et les souvenirs enfouis, de la même façon qu’Hitchcock dans « LA MAISON DU DR. EDWARDES », c'est à dire naïvement mais avec conviction.

Le film fonctionne bien, les flash-backs sont parfaitement intégrés et Robert Mitchum est idéalement casté en antihéros qui traîne une terrible scoumoune dans son sillage. Tout le monde le hait et veut sa peau, lui-même ne parvient pas à aimer quiconque et quand enfin il épouse celle qui fut sa presque sœur, ce sont les noces les plus sinistres qui se puissent imaginer ! Difficile de trouver un protagoniste plus poissard que ce Jeb Rand et il faut toute la distance naturelle de l’acteur, toute l’ironie de son œil somnolent, que Walsh filme souvent en très gros-plans, pour qu'il ne sombre pas dans le mélodrame.

« LA VALLÉE DE LA PEUR » vaut bien plus par son contenant que par son contenu et certaines chevauchées au milieu des rocheuses sont d’une belle virtuosité. Côté casting, si on déplore un peu le (sur)jeu larmoyant de Teresa Wright, Judith Anderson est magnifique en sainte qui se transforme en marâtre haineuse et le second rôle fordien Harry Carey, Jr. joue comme toujours un brave type sans caractère qui mord bêtement la poussière.

Une belle réussite visuelle, à la conclusion étonnamment bâclée en quelques plans, dont la véritable star n’apparaît jamais à l’image. Il l’a faite : James Wong Howe.

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 15:49

Robert Wise, avec le recul du temps, fut un immense réalisateur, qui toucha à tous les genres, et signa quelques classiques inaltérables, que ce soit dans le fantastique (« LA MAISON DU DIABLE ») ou le film de guerre (« LA CANONNIÈRE DU YANG-TSÉ »), sans parler des grands musicals.

Dans le domaine du western, « CIEL ROUGE » est un de ses premiers films à budget conséquent, et son titre original « BLOOD ON THE MOON », fait penser aux petits films d’horreur qu'il tourna pour se faire connaître. De fait, « CIEL ROUGE » est un drôle de western, se passant essentiellement la nuit, et filmé en puissants clair-obscurs, durcissant les visages, et transformant les extérieurs en noman’s land menaçant. C'est ainsi que l’affrontement final, autour de la cabane de Walter Brennan, évoque par instants « LES CHASSES DU COMTE ZAROFF » !

Le scénario de « CIEL ROUGE » est pourtant tout ce qu'il y a de banal, et suit un « saddle tramp », joué par un jeune Robert Mitchum, enrôlé comme mercenaire, contre un rancher. Comprenant qu'il est dans le mauvais camp, une fois de plus, Mitchum va aider ses anciens ennemis, quitte à essuyer leur méfiance. Calme, costaud, l’air un peu ailleurs, le « grand Bob » possédait déjà une sacrée personnalité, et le film lui doit beaucoup. Il assure avec professionnalisme une bagarre extrêmement réaliste pour l’époque avec Robert Preston, qui laisse les deux hommes bien abîmés, ce qui change du petit filet de sang au coin des lèvres, convention quelque peu irritante des films de cette période. Preston donc, plus connu en France pour son rôle de travesti dans « VICTOR/VICTORIA », est un convaincant salopard intelligent et manipulateur, Barbara Bel Geddes, future matriarche de « DALLAS » est amusante en sauvageonne amoureuse, et Walter Brennan commence le film en figure tragique, pour évoluer peu à peu vers son emploi habituel de vieille carne râleuse et héroïque. Chassez le naturel…

« CIEL ROUGE » pâtit d’un scénario un peu alambiqué, avec quelques digressions distractives (l’enlèvement du responsable de la réserve indienne, qui fait gravement retomber l’intérêt), mais il vaut le coup d’œil pour la « patte » de Wise, qui le tire vers tout à fait autre chose. Sous sa caméra, même les paysages chers à John Ford semblent méconnaissables !

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 15:55

La démarche des producteurs du « KANSAS EN FEU » ressemble énormément à celle des auteurs de « YOUNG GUNS », tourné quelques trente ans plus tard : prendre quelques jeunes « espoirs » masculins du moment et leur faire endosser des noms célèbres pour un western mouvementé, s’amusant à distordre l’Histoire sans complexe.

Ici nous avons Frank et Jesse James, les frères Younger et un des Dalton pour faire bonne mesure, s’enrôlant dans les rangs du pillard Quantrill en pleine guerre de sécession. C'est là qu'ils feront leurs classes, et la fin du film les verra partir, gonflés à bloc, pour entamer leur propre carrière criminelle. « KANSAS EN FEU » est étonnamment bien réalisé par Ray Enright, en particulier pour ce qui est des séquences d’action ou de batailles, qui ne font jamais « cheap »  et sont nerveusement montées. Le scénario avance à toute vitesse, parvient même à laisser filtrer une certaine ambiguïté dans le seul personnage féminin, la maîtresse venimeuse et manipulatrice de Quantrill dont le jeune Jesse tombe amoureux.

Le casting est excellent : si le poupin Audie Murphy ne soulève guère d’enthousiasme et paraît bien dix ans plus jeune que son âge, on reconnaît le quasi débutant Tony Curtis jouant de l'harmonica, dans le rôle de Kit Dalton, Richard Long futur héros de la série TV « LA GRANDE VALLÉE », Dewey Martin l’acteur-fétiche d’Howard Hawks, ainsi que les futures stars de série B que sont Richard Egan ou Scott Brady, excellent en bras-droit sadique du colonel d'opérette. Le vétéran Brian Donlevy brosse en effet un intrigant portrait de Quantrill, sorte de vieille ganache mythomane et illuminée, qui devient une figure du père pervertie pour le naïf Jesse.
Soixante ans après sa réalisation, « KANSAS EN FEU » tient remarquablement bien la distance et parvient à distraire et amuser sans jamais faiblir.

 

À NOTER : le film est sorti en zone 1, dans le double DVD « CLASSIC WESTERN ROUNDUP – VOLUME 1 » en 2007, avec des sous-titres français, et une excellente image.

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 15:45

Il est certain que sans son Randolph Scott et sans son CinémaScope, Budd Boetticher n’est pas tout à fait lui-même. Et s’il demeure un petit western mouvementé et rondement mené, « LE DÉSERTEUR DE FORT ALAMO » ne possède aucune des qualités que le réalisateur développera quelques années plus tard.

Ce qui épate avant tout dans ce film, c'est son manque de complexe : le siège d’Alamo, les personnages de Bowie, Crockett et Travis, que John Wayne mettra plus de trois heures à établir dans son film « ALAMO », sont ici expédiés en dix minutes, pour ensuite partir sur autre chose : le destin du seul survivant du célèbre fort, parti venger les siens. Le scénario est trop alambiqué, et met longtemps à trouver son rythme, mais sa rapidité le sauve.

Dans un rôle peu flatteur de déserteur malgré lui, bourrelé de remords, haï de tous, Glenn Ford trouve un de ses bons rôles, adapté à sa personnalité légèrement fuyante et peu charismatique. Il n’est d'ailleurs pas interdit de penser que ce personnage ait servi de modèle à Chuck Connors pour son excellente série « LE PROSCRIT » basée sur un postulat similaire. Autour de la vedette, de bons seconds rôles comme Neville Brand, toujours bestial à souhait, Victor Jory en chef de gang sans foi ni loi, et cerise sur le gâteau : Zorro en personne ! Guy Williams (la photo ci-dessous) qui apparaît dans une séquence en sergent de l’Armée Républicaine, et sans sa moustache.

« LE DÉSERTEUR DE FORT ALAMO » est une série B sans aucune prétention, mais les séquences d’action sont parfaitement réglées, comme cette poursuite finale, avec ses charriots lancés à fond de train, ou la scène où les villageois veulent lyncher Ford au début lors de laquelle l’acteur est visiblement très bousculé. Il faudra nous l’avons dit, encore quelques années, pour que Boetticher s’impose comme un véritable « auteur », mais ce genre de petit film n’avait déjà rien de déshonorant. Et la photo lumineuse de Russell Metty, le directeur photo de Douglas Sirk, n'y est pas totalement étrangère.

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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 18:03

Yul Brynner, qu’on a vu morose et taciturne dans la plupart de ses films, a subitement été pris d’une envie de prouver qu'il pouvait être drôle et léger. Il a décidé de jouer ce Jed Catlow comme une sorte de clown, de ludion hilare coiffé d’un ridicule chapeau de paille et portant un ensemble de jeans immaculé. L’a-t-il prouvé ? À vrai dire, on le préfère encore dans « LES 7 MERCENAIRES » ! Car son interprétation désastreuse est à l’image de "CATLOW"  tout entier : un naufrage.

Inspiré d’un roman de Louis L’Amour (celui-là même qui nous avait infligé « SHALAKO »), ce western tourné à Almeria par l’acteur Sam Wanamaker est une sorte de resucée de « VERA CRUZ » au scénario complètement décousu, aux morceaux de bravoure interminables. L’humour pachydermique achève le film, d’autant qu'il n’existe aucune espèce d’alchimie entre les deux amis-ennemis Brynner et le brave Richard Crenna, qui n’a rien d’un homme de l'Ouest. Le petit jeu de chat et de souris lasse très vite et la belle chanteuse israélienne Dahlia Lavi ne remonte pas le niveau dans un rôle de passionaria mexicaine bien au-delà de ses capacités. Quant à Leonard Nimoy, il joue un rôle à la Lee Van Cleef, de chasseur de primes implacable. L’amateur de curiosités appréciera sa bagarre entièrement nu avec Brynner. Occasion rare de voir Spock sans son pyjama bleu-ciel…

« CATLOW » n’a pratiquement aucune qualité propre et à vrai dire fait penser au déjà cité « SHALAKO », en peut-être encore pire. Même les décors espagnols ne font pas l’effort minimum pour paraître mexicains. Par instants, on se croirait dans « LA FOLIE DES GRANDEURS », dont on reconnaît certains repérages.

 

À NOTER : le film vient de sortir en zone 1, dans un DVD pas même chapitré, en Anglais uniquement, et sans sous-titres français. Mais franchement, ce n’est pas une grosse perte.

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 16:48

Aujourd'hui encore « SOLDAT BLEU » est la référence du film ultra-violent, et le carnage final, sciemment destiné à choquer est encore dans toutes les mémoires. Sorti en 1970, en pleine guerre du Vietnam (ce qui n’a évidemment rien d’anecdotique), « SOLDAT BLEU » signé par le vieux routier Ralph Nelson, est un film brutalement pro-Indiens, qui défend bien avant « DANSE AVEC LES LOUPS », le droit à la vérité historique. Les « peaux-rouges » n’étaient pas des barbares sanguinaires massacrant les malheureux pionniers, mais un peuple légitime à qui on a volé ses terres, et dont on a méthodiquement éradiqué la culture. 40 ans plus tard, le film de Kevin Costner, mais aussi le documentaire « 500 NATIONS » qu'il produisit, et la minisérie « INTO THE WEST », ont normalisé ce discours, mais « SOLDAT BLEU », s’il n’était pas le premier, fut le plus violemment militant, quitte à dépasser les limites et à sombrer dans le mauvais goût.

Pourtant ce fameux carnage ne survient qu’à la conclusion, et la majorité du métrage est occupée par un road movie drolatique, où s’épanouissent les relations entre un soldat naïf et puceau, et une fille enlevée par les Cheyennes, une dure à cuire à la langue bien pendue. Cette partie du film est pleine de charme, grâce aux deux comédiens en parfaite harmonie : Peter Strauss, future star de TV (« LE RICHE ET LE PAUVRE ») est impeccable, avec un sens idéal du timing, et Candice Bergen n’a jamais été aussi sexy et à son aise, que dans ce personnage désarmant. L’actrice confirmera son aisance dans le genre, avec « LES CHAROGNARDS » et « LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE ». Donald Pleasence, affublé d’un dentier particulièrement affreux, est amusant en trafiquant d’armes qui semble sorti d’un album de Morris & Goscinny.

Le film est un peu abimé par l’emploi du zoom, qui salopa tant de films des années 70, mais sa sincérité ne fait aucun doute, et on pardonne ses faiblesses : les inserts gore un peu insistants, le chef Indien bâti en culturiste, l’ersatz de Custer commandant l’attaque sur le village aussi caricatural que dans « LITTLE BIG MAN ».

Le massacre lui-même est toujours surprenant, même si on a vu bien pire depuis. Quelques giclures de sang bien rouge au ralenti, rappellent que Peckinpah était passé par là, un an plus tôt, mais « SOLDAT BLEU » possède son style propre, et se laisse regarder avec intérêt.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 17:05

Depuis sa sortie en 1968, « SHALAKO » n’a reçu qu’une avalanche de mauvaises critiques, de sarcasmes et de mépris de la critique dite « sérieuse », mais également des autres. Aussi, la sortie DVD du film, 40 ans après, donne-t-elle envie de découvrir quelque chose que nul n’y aurait décelé avant, une réhabilitation inespérée… Hélas ! Tout était mérité. Il y a quelque chose dans « SHALAKO » d’irrémédiablement « bidon », de mal emmanché, de forcé, qui fait que le scénario s’enlise au bout d’une demi-heure, les personnages ne développent aucune psychologie au-delà de leur archétype, et le dialogue est parfaitement grotesque.

À l’origine, Edward Dmytryk voulait tourner son film aux U.S.A., avec en têtes d’affiche Henry Fonda et Senta Berger. Au final, « SHALAKO » fut entièrement filmé à Almeria, en Espagne, dans le triste désert si peu cinégénique des westerns italiens, avec un casting européen, composé de Sean Connery et Brigitte Bardot (jouant une Russe !), pour le box-office, et l’Irlandais Stephen Boyd, l’Allemand Peter Van Eyck. Les seuls Américains du casting sont absurdement distribués : le Noir Woody Strode en guerrier Apache et Valerie French en « latina » ! C'est un tel salmigondis, un tel festival d’accents, que pour une fois, peut-être vaut-il mieux voir « SHALAKO » en v.f. !

Il est arrivé à Connery d’être extraordinaire (« LA ROSE ET LA FLÈCHE »), d’être mauvais comme un cochon (« HIGHLANDER 2 »), mais il n’y a rien de pire, que lorsqu’il ne fait rien. Dans « SHALAKO », c'est un peu comme s’il n’était pas là. Il traverse le film en voisin, l’air distrait, ne salit jamais son joli costume en daim, et roucoule avec BB. Celle-ci est totalement déplacée, son accent est si hallucinant, qu'elle finit par valoir le coup d’œil, au quinzième degré. Le seul à être à peu près crédible est Boyd, rugueux à souhait dans un rôle de voleur opportuniste.

L’histoire de cette « hunting party » pour riches Européens qui tourne à la chasse à l'homme, inspirée d’un roman de Louis L’Amour, aurait pu être intéressante, mais Dmytryk n’est plus tout à fait celui qui signa « L'HOMME AUX COLTS D’OR », et « SHALAKO » ressemble finalement à ce safari absurde, dont on est censé se gausser : de pauvres comédiens hors de leur élément, singeant de façon embarrassante les clichés du western.

Probablement pour coller à la nouvelle mode du « spaghetti », le film contient des plans gore et des détails sadiques aussi inutiles que maladroits.

Fort heureusement, Sean Connery tourna ensuite suffisamment de grands films, pour faire oublier ce faux-pas manifeste.

 

À NOTER : le film vient de sortir en France, dans une copie 16/9, mais assez abimée et peu nette. Qui vaut mieux de toute façon, que le zone 1 sorti plusieurs fois aux U.S.A., mais en 4/3, ce qui est vraiment rédhibitoire, pour un film en format Scope.

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 16:09

  Dans la lignée des westerns psychologiques très en vogue depuis "LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS", ce bon petit film maintient une tension du début à la fin, par la seule force de ses personnages et la complexité des relations qui se nouent entre eux. Ici, c'est le brave marshal qui par son témoignage, fait condamner à mort un jeunot qui a abattu son prédecesseur. On le soupçonne de parti-pris, car sa fille aime l'accusé et peu à peu tout le monde se détourne du marshal, jusqu'à sa propre fiancée.
Le vrai bonus de "GOOD DAY FOR A HANGING", c'est l'interprétation de Robert Vaughn alors quasi débutant, qu'on a visiblement voulu lancer comme un émule de James Dean. Grimaçant, prenant des poses, jouant les teenagers tourmentés, l'acteur est extraordinaire dans la scène du procès et la duplicité dont il fait preuve ensuite, laissait espérer une carrière plus ambitieuse que celle qu'il a connue par la suite. Vaughn porte le film sur les épaules, créant un personnage oscillant sans cesse entre le pathos et l'abjection. Face à lui, Fred McMurray un peu amorti, est un marshal pantouflard sans réel intérêt et dans le rôle du jeune médecin amoureux transi, on reconnaît James Drury, futur "VIRGINIEN" de la série télé.
Bien écrit, bien rythmé, jamais naïf ou simpliste "GOOD DAY FOR A HANGING", pose ses enjeux, ne fait jamais de bon sentiment et ne se laisse jamais aller au manichéisme, si fréquent dans ce genre de production à petit budget. Une bonne surprise, en somme...

A NOTER : Le film est sorti en DVD zone 1, dans une copie 16/9 très correcte, mais hélas avec des sous-titres uniquement anglais, et pas de v.f.

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 17:28

  Un film de cavalerie, qui serait sans doute totalement oublié aujourd'hui, s'il n'avait failli être un film de Sam Peckinpah. Auteur du scénario, celui-ci commença à tourner, avant d'être remplacé par le plus docile "faiseur" de télé, Arnold Laven. Ce qui explique pourquoi on retrouve autant de familiers des castings de Peckinpah dans ce "GLORY GUYS".
On ne saura jamais ce qu'il aurait donné, sous la caméra de l'auteur, mais tel quel, "GLORY GUYS" a pris un méchant coup de vieux, pas tellement dû à sa technique d'ailleurs, mais plutôt à sa vision des Indiens. Car même si le scénario est une dénonciation des généraux ambitieux, prêts à sacrifier leurs hommes pour satisfaire leurs projets personnels, les "hostiles" ne sont pas mieux lotis, et sont traités ici comme de la chair à canon, des sauvages fonçant tête baissée sur l'ennemi mieux armé. Difficile 40 ans plus tard, d'accepter sans broncher cette vision rudimentaire de l'Histoire.
Le film passe trop de temps à décrire la relation à trois entre le futur romancier Tom Tryon ("L'AUTRE"), l'Allemande Senta Berger, et Harve Pressnell. Et comme ils sont tous trois terriblement mauvais, cela n'aide pas vraiment le film. Les seconds rôles sont plus amusants, en particulier Slim Pickens en sergent, et le tout jeune James Caan, en trouffion irlandais insolent et blagueur.
"LES COMPAGNONS DE LA GLOIRE" vaut donc un coup d'oeil curieux, surtout pour l'amateur de Peckinpah, qui y verra des prémices de "MAJOR DUNDEE", tourné la même année, pour de bien meilleurs résultats.
Le film est récemment sorti en Angleterre, dans la collection "WESTERN CLASSICS", et dans une belle copie 16/9, mais sans le moindre sous-titre ou supplément.

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