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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 16:14

Le titre français « MÊME LES ASSASSINS TREMBLENT », malgré sa confondante nullité, a au moins le mérite de bien commenter le propos des auteurs de ce ‘film noir’ mêlant thriller et menace atomique, deux ans avant « EN QUATRIÈME VITESSE ». Oui, ils SPLIT SECOND (1)sont bien dérisoires, les tueurs psychopathes face à la bombe !

L’idée de base est ingénieuse : le scénario est une sorte de remake de « LA FORÊT PÉTRIFIÉE » dans lequel Stephen McNally reprend plus ou moins le rôle de Bogart : un tueur évadé qui retient des quidams en otages dans une cabane isolée au milieu d’une ville-fantôme. À part que par-dessus ce canevas archi-classique, on a droit à un bonus de taille : des essais atomiques ont lieu dans le périmètre et une bombe doit exploser à l’aube.

Si le début et la fin du film fonctionnent très bien et connaissent même quelques moments bien stressants, le milieu – la longue attente nocturne – est une sorte de « ventre mou » qui a du mal à passionner, malgré les menaces du méchant, quelques tentatives avortées des otages et une amorce de love story entre un journaliste et une danseuse égarée. Heureusement, le casting est de premier ordre : Alexis Smith assume courageusement un rôle d’opportuniste prête à tout pour s’en sortir, tellement abjecte que les malfrats semblent presque sympathiques par comparaison. Chose étonnante, elle ne connaîtra aucune rédemption ! Jan Sterling est superbe en « pauvre fille » blasée, revenue de tout, mais qui n’a pas tout à fait renoncé au bonheur. Richard Egan est bien en jeune docteur courageux qui prononce l’excellente dernière réplique (« Allons jeter un coup d’œil au monde de demain ») juste après l’explosion et Arthur Hunicutt qui semble évadé d’un western, joue un prospecteur jacasseur comme d'habitude. On reconnaît aussi Frank DeKova en porte-flingue à moitié demeuré.

SPLIT SECOND

Bizarrement, le réalisateur Dick Powell tournera trois ans plus tard « LE CONQUÉRANT » dans un désert servant à des essais atomiques, provoquant la mort de plusieurs interprètes du film. Ce qui rend la dernière réplique encore plus prémonitoire…

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 16:04

La seule et unique façon de juger un film comme « STRAW DOGS », c'est de n’avoir jamais vu « LES CHIENS DE PAILLE » de Sam Peckinpah, tourné exactement 40 ans plus tôt et dont il est le fidèle (servile ?) remake.

Pourquoi refaire un film qui est devenu un classique ? Qui n’a pas pris une ride ? Qui a influencé des générations de cinéastes ? Qui a un bien meilleur casting ? Pourquoi le refaire STRAWDOGSquasiment à l’identique, si c'est pour l’aseptiser, le priver par exemple de l’ambiguïté du personnage féminin qui donnait tout son prix à l’original ? Il n’y a évidemment aucune réponse à ces questions. Peut-être le film s’adresse-t-il à un public qui n’aime pas voir des œuvres anciennes… Et pourtant le Peckinpah est en couleurs ! Et il est même disponible en Blu-ray.

En s’efforçant d’oublier le premier film – vœu pieux ! – on ne peut pas dire grand-chose de sa photocopie. Le décor de la Louisiane remplace celui bien plus évocateur des Cornouailles, le protagoniste est devenu scénariste de cinéma au lieu de mathématicien, ce qui n’apporte strictement rien à sa personnalité et sa douce moitié est une starlette ‘white trash’ pas bien futée, là où Susan George campait une femme-enfant compliquée et porte-poisse. En bref, on perd sur tous les tableaux. Alors bien sûr, en tant que produit cinématographique, c'est proprement confectionné, la photo est belle, le CinémaScope bien rempli, mais c'est tellement « politiquement correct » et explicatif que les auteurs se croient même obligés d’expliquer le titre qui était resté un vrai mystère pendant des années.

James Marsden se sort à peu près d’un rôle édulcoré, les seconds rôles sont sans relief, hormis ce bon vieux James Woods qui s’éclate en ‘coach’ alcoolisé et violent par qui le malheur arrive. Mais là encore, quand on repense à la bestialité de Peter Vaughan…

Bref ! Il faudrait posséder l’appareil des « MEN IN BLACK » pour effacer le chef-d’œuvre de Peckinpah de sa mémoire avant de visionner cette inutile resucée. Pour ceux qui ne l’ont jamais vu, le film de Rod Lurie aura peut-être une toute autre saveur…

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 15:58

« LE MYSTÈRE DE LA PLAGE PERDUE » est un des premiers films de John Sturges, un polar d’investigation dont le début s’apparente visuellement au ‘film noir’ mais qui évolue M STREET (1)ensuite vers une enquête traditionnelle. Enfin, pas tant que cela en 1950, puisque le scénario – cosigné Richard Brooks – initie le public aux méthodes « modernes » de la médecine légale qui devait aboutir à des séries à succès comme « LES EXPERTS » ou « BONES » six décennies plus tard.

Ici, le meurtre d’une entraîneuse enceinte, voit collaborer un jeune flic (Ricardo Montalban) et un prof de Harvard aux méthodes opposées mais complémentaires. L’histoire est plutôt bien agencée, on retrouve déjà le style sec, efficace, sans chichi inutile de Sturges et son don pour typer ses personnages en quelques traits. Ainsi Elsa Lanchester, l’ex-fiancée de Frankenstein, est-elle délectable en logeuse digne des Thénardier, fielleuse et âpre au gain. Elle vole la vedette à tous ses partenaires avec une rouerie inouïe. On aperçoit aussi Marshall Thompson, futur « DAKTARI » de la TV, en pauvre bougre soupçonné à tort et hélas, la toute jeune Jan Sterling. Pourquoi hélas ? Parce que c'est elle la victime ! Et qu’après quelques minutes où elle crève l’écran en prostituée blasée et endurcie malgré son jeune âge, elle n’apparaît que sous forme de… squelette. Un gâchis…

M STREET

Ce genre de film a beaucoup vieilli par définition, mais Sturges utilise très bien les extérieurs de Boston, offre une visite guidée de Harvard et son talent de conteur fait qu’on suit l’enquête jusqu'à son dénouement, sans s’ennuyer une seconde.

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 09:19

Dès les premières images de « DRIVE », on est catapulté dans les années 80 et le souvenir un peu fané de films comme « LE SOLITAIRE » de Michael Mann (là, on frise l’hommage !) ou « DRIVER » de Walter Hill reviennent en mémoire. Unanimement salué par la critique et le public, « DRIVE » n’a rien d’innovant par rapport à ses précurseurs, mais il retrouve naturellement leur rythme lent et enveloppant et dresse le portrait d’un « homme de nulle DRIVEpart », d’un étranger mystérieux sans attache ni passé, qui semble vraiment sorti d’une lointaine époque révolue.

Brillamment exécuté, parfaitement interprété, le film envoûte sans fasciner. D’abord parce qu'il est et demeure un pur exercice de style, ensuite parce que les personnages sont des clichés sur pattes, ce qui est certainement délibéré de la part des auteurs, mais laisse un peu extérieur. De plus, Ryan Gosling – bien plus intéressant que d’habitude – n’a certes pas le physique et le passé cinématographique pour être tout à fait crédible en héros eastwoodo-mcqueenien. On suit donc « DRIVE » avec un plaisir d’esthète, parfois surpris (réveillé ?) par des fulgurances ‘gore’ assez choquantes et des séquences de violence très bien menées et conçues.

On retrouve avec plaisir l’exquise Carey Mulligan, une drôle d’idée de casting dans ce personnage de ‘waitress’ américaine mariée à un voyou. Mais sa relation à Gosling est crédible et touchante. Des acteurs-stars de séries TV comme Bryan Cranston (« BREAKING BAD ») ou Christina Hendricks (la rousse explosive de « MAD MEN ») campent de bons seconds rôles et on s’amuse des numéros des vétérans Albert Brooks et Ron Perlman en gangsters ignobles et malfaisants.

Alors, faut-il croire le consensus qui crie au chef-d’œuvre en parlant de « DRIVE » ? Oui et non… Oui, parce que c'est indéniablement maîtrisé et confectionné avec un soin maniaque. Non, parce qu’après le mot ‘FIN’, il risque de ne pas en rester grand-chose…

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 22:34

DENVERSorti en pleine mode post-tarantinienne, « DERNIÈRES HEURES À DENVER » en avait agacé plus d’un à sa sortie. C'était la grande mode des polars à la construction éclatée, aux DENVER (2)dialogues ultra-chics et aux castings affriolants. En fait, les années ont été clémentes envers le film de Gary Fleder et il a pris une jolie patine.

Le scénario – même s’il est construit de façon alambiquée et prend de curieux chemins de traverse – est d’une simplicité biblique : cinq malfrats ringards ratent une opération d’intimidation et sont condamnés à mort par leur employeur. Ce qui intéresse ici, ce sont évidemment les personnages et leur interaction. Ainsi, l’épisode « recrutement » du début, à la façon des « 7 MERCENAIRES », permet-il de retrouver avec bonheur de vieilles connaissances comme Christopher Lloyd en projectionniste porno perdant ses doigts et orteils, Treat Williams hallucinant en boxeur déjanté s’entraînant surDENVER (1) des cadavres (« I’m Godzilla, you’re Japan !!! ») ou William Forsythe en ex-caïd tatoué jusqu'aux yeux.

Mais c'est Andy Garcia qu’on suit du début à la fin. Ancien voyou rangé des voitures, il était alors dans sa bonne période et compose un ‘Jimmy the Saint’ très attachant, à la fois frimeur et sincère, généreux et dangereux. Face à lui, Fairuza Balk compose un très joli personnage de petite pute junkie et Christopher Walken « walkénise » en roue-libre en ‘boss’ tétraplégique et malfaisant. Sans oublier l’inénarrable Steve Buscemi en ange de la mort.

Sous ses allures de polar nocturne et jazzy, « DERNIÈRES HEURES À DENVER » est un exercice de style surfant sur plusieurs genres en même temps, sans jamais en choisir un. Entre réalisme et ultra-stylisation, émotion et humour noir, le film finit par se trouver une véritable identité et ne ressemble finalement à aucun autre. Et surtout pas à Tarantino…

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 23:13

À un moment donné dans « JACK LE MAGNIFIQUE », Ben Gazzara raconte l’histoire d’un type qui va voir son médecin parce qu'il a de l’urticaire sur le bras. Le docteur lui demande quel est sonST JACK métier : le patient fait des lavements aux éléphants dans un cirque et doit y mettre tout le bras. Le praticien lui dit alors que s’il change de job, tout rentrera dans l’ordre. « Quoi ? » s'indigne alors le type. « Quitter le show business ? ». La blague n’a aucun rapport avec l’intrigue du film, mais résume assez bien son état d’esprit et son humour singulier.

Signé Peter Bogdanovich – dont c'est probablement le chef-d’œuvre – le film fait penser à une version asiatique et décadente de « CASABLANCA » revisitée par un émule de Cassavetes. Gazzara joue un exilé yankee à Singapour, qui tient un bordel et connaît tout le monde. ‘Jack Flowers’ est un mec cool, sympathique et chaleureux, toujours prêt à rendre service. Il ne juge personne, se fait des amis partout et traîne sa fatigue lors de longues nuits moites. L'homme pourrait être un grenouilleur sordide, un « mac » répugnant, mais Gazzara lui apporte un charisme et une humanité inattendus qui font tout le prix du film. Son amitié naissante avec Denholm Elliott (absolument génial), un comptable anglais cardiaque, est ce qu'il y a de plus touchant dans le scénario. Une fraternité éphémère entre deux hommes totalement différents mais tous deux au bord du gouffre.

La photo très naturaliste et sombre de Robby Müller est pour beaucoup dans l’envoûtement généré par « JACK LE MAGNIFIQUE ». Après les presque deux heures de projection, on jurerait avoir fait le voyage et même senti les odeurs !

Impossible de ne pas faire la relation entre ‘Jack’ et le ‘Cosmo’ de « MEURTRE D’UN BOOKMAKER CHINOIS », l’autre rôle emblématique de Ben Gazzara, d’autant qu'il se retrouve lui aussi face à un dilemme moral à la fin. Au bout de sa nuit, le bonhomme a le choix entre demeurer un brave type envers et contre tout ou devenir un sale type, comme il aurait dû l’être depuis bien longtemps.

ST JACK (1)Oublié et méconnu, ce film produit par Roger Corman est un véritable bijou, finement ciselé, traversé de sensations fortes et diffuses à la fois, d’atmosphères fugaces, de bouffées d’émotion. Et pour le regretté Ben Gazzara, le rôle de sa vie.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 17:56

Et si les films des années 80 étaient ceux qui avaient le plus mal supporté l’outrage des ans ? En revoyant « HAUTE SÉCURITÉ », toutes ses incongruités intrinsèques sautent au visage : LOCKUPla musculature hypertrophiée et absurde de Sylvester Stallone, son brushing impeccable même après six semaines de mitard, la photo très clipée avec ses flots de lumière éclairant des décors enfumés…

Pour ce qui est du scénario, les auteurs ne se sont pas foulés. Ils ont repris celui de « L’ÉVADÉ D’ALCATRAZ » de Don Siegel, qu'ils ont mixé à la sauce « ROCKY » pour un résultat totalement irréaliste et truffé d’énormes invraisemblances. Sly joue un certain ‘Frank Leone’ (clin d’œil à « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » ?) en taule pour une broutille, qui se voit transféré dans le pénitencier de son pire ennemi Donald Sutherland, bien décidé à avoir sa peau. Si Hume Cronyn (« LES DÉMONS DE LA LIBERTÉ ») ou Patrick McGoohan dans le film de Siegel avaient créé des ‘warden’ aussi haïssables qu’inoubliables, Sutherland pas du tout dirigé, se contente du service minimum et connaît quelques dérapages incontrôlés dans le cabotinage. Parmi les seconds rôles, Tom Sizemore amuse en taulard speedé et on aperçoit même très fugitivement notre ami Danny Trejo dans un ou deux plans.

John Flynn a signé plusieurs films intéressants, mais celui-ci porte davantage la griffe de Stallone que du réalisateur en titre. On sourira de la « séquence-montage » où les taulards retapent une voiture, réminiscente des entraînements de Rocky Balboa, on sera gêné par la niaiserie des scènes du début avec Darlanne Fluegel, on pourra se gausser de l’ambiance crypto-gay qui baigne tout le film. Mais hélas, « HAUTE SÉCURITÉ » n’offre aucune surprise dans son déroulement, aucun moment qui rachète sa sympathique ringardise.

 

À NOTER : À ses débuts, Stallone avait fait une figuration – quasiment invisible dans le montage – dans « KLUTE » d’Alan J. Pakula, dont le rôle-titre était tenu par… Donald Sutherland.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 07:48

À sa sortie le film australien « ANIMAL KINGDOM » fut unanimement salué par la critique. Entre drame social et polar, le film est effectivement réussi, possède une vraie homogénéité,ANIMAL K et prend le risque de choisir pour héros un adolescent quasi-autiste, au visage fermé, limite abruti. La description de cette famille de braqueurs à moitié débiles, dirigée par une ‘Ma Dalton’ aussi apparemment chaleureuse qu’intérieurement monstrueuse est souvent fascinante. Alors pourquoi ce léger malaise à la projection ?

Parce que « ANIMAL KINGDOM » rappelle furieusement un chef-d’œuvre des années 80 : « COMME UN CHIEN ENRAGÉ » de James Foley, dont il reprend la trame générale, la plupart des péripéties et même certains personnages. Autant le film U.S. était ultra-stylisé et esthétisant, hanté par toute une mythologie délinquante venue des fifties et proposait une chanson de Madonna au générique, autant son avatar australien opte pour un filmage sobre et réaliste, un rythme lent. Mais les deux œuvres ont un cousinage indéniable et – à notre connaissance – peu ou pas mentionné par la presse ou les auteurs. 

À condition d’entrer dans cet univers glauque, de s’intéresser à ces drogués maniaco-dépressifs, de ressentir de l’empathie pour ce jeune paumé ballotté par les évènements, « ANIMAL KINGDOM » se laisse suivre avec intérêt et la fin, soudaine et brutale est parfaitement adéquate. À noter la présence efficace de Guy Pearce dans un rôle trop ou pas assez développé de flic moustachu, patient et subtil.

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 18:47

LAST RUN« LES COMPLICES DE LA DERNIÈRE CHANCE » fait partie de ces ‘vanity projects’ bâtis pour et autour d’une star à la mode, qui connaissent souvent des histoires mouvementées. C'est John Huston qui commença le tournage avant de se fâcher avec George C. Scott (avecLAST RUN (1) lequel il avait pourtant déjà tourné deux fois par le passé) et d’être remplacé par le plus conciliant Richard Fleischer. L’acteur récemment oscarisé imposa son ex-femme Colleen Dewhurst dans un petit rôle de prostituée et sa future épouse Trish Van Devere en covedette.

Pas d’excellents augures, à dire vrai… Pourtant, le film s’inscrit dans une veine de ‘films noirs’ des seventies, glorifiant les vieux pros neurasthéniques en bout de course, des individualistes solitaires prêts au baroud d’honneur. Le personnage de ‘Harry’, chauffeur de la pègre exilé, est présenté dès le générique comme un amoureux des voitures. D'ailleurs, la longue séquence muette est filmée – et LAST RUN (3)musiquée – comme une scène d’amour. Et l'homme quittera la vie à l’instant précis où quelqu’un coupera le contact de son véhicule accidenté. Jolie idée de montage !

Tout au service de sa star, Fleischer tourne paresseusement ce ‘road movie’, sacrifie à la mode des poursuites de voitures interminables et se débat avec un dialogue assez médiocre et trop explicite. MalgréLAST RUN (2) tout, par son rythme alangui, par les paysages du Portugal et de l’Espagne, par la forte présence physique d’un Scott omniprésent, le film n’est pas dénué de charme et se laisse regarder sans déplaisir, même si on consulte parfois sa montre. Tony Musante est nettement insuffisant dans son rôle de voyou vantard et immature, gâchant un intéressant duo potentiel avec son aîné. Van Devere est jolie mais à fort à faire avec son personnage de femme-objet passive, soumise aux désirs de machos qui l’utilisent à leur gré. On aperçoit Aldo Sambrell dans un tout petit rôle de pêcheur lusitanien barbu.

Ce n’est certes pas un grand Fleischer, ni même un grand polar, mais une sorte de monument érigé à la gloire de George C. Scott, qui occupe tout l’espace avec sa « gueule » tourmentée, son corps massif.

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 22:22

RAFLES (1)« RAFLES SUR LA VILLE » tiré d’un roman d’Auguste Le Breton, est un polar « qualité France » typique des années 50, mais qui mérite qu’on le regarde au-delà de son grand âgeRAFLES et de ses aspects désuets, voire un peu ridicules.

Si on passe sur les accents parigots, l’argot coloré, les femmes qui sont toutes des garces en dessous affriolants, le physique des flics quinquas à costard-cravate, le film de l’efficace Pierre Chenal s’avère tout à fait intéressant.

Les deux protagonistes sont les facettes d’une même pièce : le flic est cynique, blasé, sans Dieu ni maître, le malfrat qu'il poursuit est un tueur sans pitié. Mais tous deux ont le même talon d’Achille : une femme qui les mènera à leur perte. Chacun la sienne. Enfin… Celle du flic est plutôt celle de son co-équipier !

Michel Piccoli tout jeune, est excellent dans le rôle du policier, qui n’est pas sans évoquer Glenn Ford dans « RÈGLEMENT DE COMPTES » ou le Mike Hammer de « EN QUATRIÈME VITESSE ». Face à lui, Charles Vanel est moins convaincant en fou de la gâchette. Trop âgé, peut-être, pour inspirer la moindre inquiétude. On reconnaît avec plaisir tous les seconds couteaux d’époque et quelques jolies comédiennes, pas toujours très douées.

Bien filmé, rapide et allant droit au but, « RAFLES SUR LA VILLE » est donc une heureuse surprise, surtout grâce à sa fin en apothéose, qui donne à ses deux ennemis des airs de héros de tragédie antique.

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