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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 18:07

SPLIT (2)« LE CRIME, C'EST NOTRE BUSINESS » est typiquement le genre de film auquel « WWW » ne peut résister : un pitch de Richard Stark qui est un mélange des « 7 MERCENAIRES » (le recrutement de l’équipe) et de « ULTIME RAZZIA » (le braquage pendant un évènement sportif), la réunion de trois vedettes des « 12 SALOPARDS » et une SPLIT (1)brochette de seconds couteaux à n’en pas croire ses yeux.

On friserait l’extase. Mais le protagoniste est hélas, Jim Brown. Ex-footballeur physiquement impressionnant, mais ne dégageant aucune humanité, pas une once d’humour ou de vrai charisme. Il plombe gravement le film et s’avère incapable d’animer les séquences avec sa SPLIT (3)femme Diahann Carroll, qu’on dirait sorties d’un mauvais ‘soap’ télé. Probablement conscients de ses lacunes, les producteurs l’ont très bien entouré : Julie Harris surprenante en « cerveau » du coup, Ernest Borgnine revenant aux emplois de brute bornée de ses débuts. On le voit tabasser Brown dans une séquence évoquant « TANT QU'IL Y AURA DES HOMMES ». Warren Oates est très bien en génie de l’électronique asthmatique, Donald Sutherland a une sacrée présence en flingueur énigmatique et Gene Hackman apparaît pendant les vingt dernières minutes en flic ripou mais intelligent. Autrement dit, que du très beau linge !

Tourné en CinémaScope, musiqué par Quincy Jones – on a même droit à quelques chansons légèrement hors-sujet – « LE CRIME, C'EST NOTRE BUSINESS » déçoit au bout SPLITdu compte. C'est une mécanique bien huilée, avec son lot de fusillades, de poursuites en voiture, d’érotisme soft et de coups de théâtre, mais à peu près dénuée d’âme et de sous-texte. Tous les personnages sans exception étant antipathiques, voire odieux, on suit cela d’un œil de plus en plus indifférent, sorti de sa torpeur grâce aux numéros de quelques cabotins qu’on aime de toute façon. La preuve par 9 que n’est pas Kubrick qui veut…

À noter – car c'est suffisamment rare pour s’en réjouir – qu’à l’heure où sont écrites ces lignes, la plupart des comédiens de ce film datant de plus de 40 ans, sont toujours de ce monde !

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 08:28

Alors qu'il se passe dans l’Amérique rurale des années 40, on retrouve dans « LA MAISON ROUGE » l’ambiance gothique des romans d’Emily Brontë : secrets de famille, bois hantés, amours fous, nuits d’orage, passions juvéniles, rien ne manque à l’appel et on peut se laisser prendre à l’ambiance étrange  créée par Delmer Daves alors bien loin de ses célèbresREDHOUSE westerns de la décennie suivante.

Le problème du film est qu’on comprend trop rapidement et surtout trop facilement le pourquoi du comment et que le « lourd secret » porté par le fermier Edward G. Robinson et sa sœur, la géniale Judith Anderson, est non seulement vite éventé mais en plus quelque peu décevant. Le jeu lourd et appuyé du premier, ses regards perdus, ses crises de violence semblent sorties d’un vieux mélodrame du Muet et n’aident pas à croire à l’histoire. Parmi les jeunes comédiens, on reconnaît Rory Calhoun, qui jouera dans le premier film de Sergio Leone quinze ans plus tard, en braconnier sexy et surtout Julie London, à peine sortie de l’adolescence, en allumeuse du village. Très jolie !

Par sa construction pataude et répétitive, « LA MAISON ROUGE » paraît beaucoup plus long qu'il n’est réellement et ses poussées de fièvre prêtent aujourd'hui à sourire. Mais quelques moments fonctionnent encore, si on supporte la BO de Miklós Rózsa aussi tonitruante qu’envahissante, qui finit par devenir la seule et vraie vedette du film. Pour le pire et le meilleur.

À noter que la copie qui vient de sortir en zone 2, est probablement une des pires qu’on puisse trouver sur le marché. C'est un festival de scratches, de sautes d’images, de flou, de répliques inaudibles. À certains moments – et c'est franchement comique – on ne voit plus qu’un écran noir avec des sous-titres par-dessus tant le transfert est sombre. À rééditer, évidemment.

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 16:00

OHARAJohn Sturges n’était pas encore très connu quand il a tourné « LE PEUPLE ACCUSE O’HARA », mais son film est d’une impressionnante maîtrise technique, que ce soit dans le rythme ou l’alternance de séquences filmées en extérieurs à New York avec celles faites en studio.

Photographié à la manière d’un ‘film noir’ (ce qu'il n’est pas tout à fait), c'est un polar sec et nerveux, mettant en scène un avocat alcoolique et has-been, qui va jusqu'au bout de lui-même pour sauver un jeune docker piégé dans une affaire de meurtre. Sturges aOHARA (1) grandement bénéficié de la présence de Spencer Tracy, qui apporte son incroyable naturel et son humanité douloureuse à ce personnage qu'il arrache constamment au cliché. Il faut dire que l’acteur n’était – paraît-il – pas étranger aux tourments de son rôle !

C'est donc bien davantage le parcours d’un homme qui passionne ici, que l’enquête somme tout banale et sans surprise. Tracy est tout bonnement parfait, d’une finesse toujours surprenante. Son entente avec le réalisateur mènera les deux hommes à retravailler ensemble, notamment pour le chef-d’œuvre « UN HOMME EST PASSÉ » quatre ans plus tard. La star est très bien entourée : James Arness incarne l’accusé à tort avec ferveur, John Hodiak excelle en procureur pur et dur, Yvette Duguay est la trop jeune femme d’un vieux gangster et on reconnaît quelques « tronches » de l’époque tels que Jay C. Flippen, Emile Meyer et deux débutants nommés Richard Anderson et dans son second film, Charles Bronson qui apparaît dans une séquence en frère du meurtrier. Il mange sa soupe en famille et traite son frangin de « Crétin, tête de con », avant de se faire rembarrer par sa môman. Mais celui qui sort vraiment du lot est William Campbell absolument odieux en voyou de tête-à-claques qui dame le pion à Tracy pendant le procès.

OHARA (2)

Sans être un grand film, à cause d’un scénario trop anecdotique, « LE PEUPLE ACCUSE O’HARA » n’en demeure pas moins un bon film d’atmosphère, très beau à regarder et un des bons rôles de l’âge mûr de Tracy.

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 08:17

Pas mal de choses peuvent attirer dans « LA VÉRITÉ NUE » : un scénario d’investigation dans l’univers du showbiz cher au ‘Rat Pack’, la présence de deux acteurs toujoursTRUTH remarquables que sont Kevin Bacon et Colin Firth. Bien sûr, la signature d’Atom Egoyan peut intriguer/inquiéter, mais le film semble plus abordable que le reste de son œuvre.

De fait, cela démarre plutôt bien. On sent planer les mânes du tandem Dean Martin/Jerry Lewis, le souvenir diffus du ‘Black Dahlia’, on plonge dans l’atmosphère frelatée des palaces clinquants tenus par la mafia. La mise en scène est élégante, d’une belle fluidité, les séquences scabreuses sont bien gérées et la photo est très soignée. C'est hélas, au niveau du scénario que cela pèche. D’abord, cette construction éclatée pas forcément nécessaire, ces allers-retours entre les années 50 et 70 qui lassent rapidement et surtout des complications narratives qui finissent par rendre incompréhensible un sujet somme toute extrêmement simple.

La jeune Alison Lohman manque un peu de densité dans le rôle central de la journaliste enquêtant sur un vieux scandale sexuel, mais elle est photogénique. Firth – qui sait décidément tout faire – est d’une impressionnante ambiguïté en ‘entertainer’ schnouffé jusqu'à l’os, capable de suavité et d’une terrible violence. Bacon nage comme un poisson dans l’eau en bon samaritain dépravé. À noter entre les deux acteurs, une séquence « explicite » qui n’a pas dû être facile à tourner !

Tout n’est donc pas à jeter dans « LA VÉRITÉ NUE », mais on aurait apprécié un traitement plus humble et classique de l’histoire, une plus grande ampleur dans les séquences de Téléthon qui font ici un peu ‘cheap’ et moins de bla-bla. À noter une très enveloppante BO qui fait parfois songer à celle de John Barry pour « LA FI­ÈVRE AU CORPS ».

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 09:28

« ROAD TO NOWHERE » est exactement le type de film qu’on aimerait aimer, qu’on DEVRAIT aimer, mais qui laisse médusé, dépité et un peu tristounet à la fin. Le comeback de l’octogénaire Monte Hellman, figure légendaire du nouvel Hollywood des sixties, après des années de silence, un ‘trip’ dans l’univers des tournages de films, un scénario qui de loin,ROAD paraît évoquer le sublime « MULHOLLAND DR. » de Lynch, oui tout cela est bien alléchant…

Hélas ! Hellman a toujours privilégié dans son œuvre un rythme lent, contemplatif, mais là, il pousse le bouchon très loin : il n’est pas exclu que certains spectateurs « zappent » après seulement dix minutes de projection, tant le film enchaîne les plans-séquences en temps réel, fixes et interminables. Du vernis à ongle passé au sèche-cheveu se retrouve au centre d’une loooongue scène d’ouverture. Et quand enfin cela se met en branle, c'est pour passer d’un niveau de narration à l’autre, du rêve au fantasme, du tournage au flash-back, etc. Dire qu’on n’y comprend goutte serait un doux euphémisme, mais le pire est qu’on s’en fiche royalement. Ce scénario (dé)construit façon puzzle, ces dialogues décalés font bien davantage penser aux scories d’un « premier film » plutôt qu’au testament d’un vieux cinéaste.

Shannyn Sossamon, pour charmante qu'elle soit, ne possède certes pas le mystère et la fragilité nécessités par le rôle. Pour bâtir entièrement un film sur le charisme supposé d’une comédienne, encore faut-il dénicher une Ava Gardner et lui écrire un rôle comme l’aurait fait Mankiewicz. À ses côtés, des partenaires pâlichons, dont un Waydon Payne dans une imitation un brin pénible de James Dean. Notons la courte présence de Fabio Testi (qui tourna jadis un western pour Hellman), en père de l’héroïne.

On pourra s’attendrir de clins d’œil sympathiques à Jack Nicholson, vieux complice du réalisateur, au ‘film noir’, à Barbara Stanwyck, reconnaître la poésie de quelques plans çà et là, deviner le film qu’aurait pu être « ROAD TO NOWHERE », s’il s’était un peu moins pris au sérieux. Rageant…

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 17:48

Wow ! C'est la première chose qu’on peut éventuellement trouver à dire en sortant d’avoir vu « MOTHER’S DAY ». Non pas « Wow » parce qu’on a vu le chef-d’œuvre du siècle, mais « Wow » parce que le film dure près de deux heures, qu’on ne s’ennuie pas une seconde, qu’on a constamment la trouille au ventre, qu’on ne s’attend à aucun développement et qu’on a – c'est si rare ! – la sensation d’en avoir eu pour son argent.

Le thème des « inconnus dans la maison » a souvent fleuri ces dernières années dans la série B made in U.S., mais jamais on n’était arrivé à ce degré de violence, de crédibilité et surtout d’inventivité. Plusieurs couples dans une maison envahie par une famille de psychopathes, menés par la matriarche, une « Ma Dalton » complètement cintrée qui les a volés à la maternité et les a élevés pour en faire des monstres à sa dévotion. Situation potentiellement explosive, qu’un scénario au cordeau explore jusqu'au moindre recoin. Rien n’est laissé de côté et les auteurs développent même, et à plusieurs reprises, la théorie de la survie à tout prix : le monstre sanguinaire sommeille en chacun de nous. Il ne suffit que d’un déclic. La scène avec les deux bimbos forcées de s’entretuer par exemple, laisse sur un vrai malaise.

M DAY

Mené à un train d’enfer dans seulement quelques décors, le film parvient à n’être jamais répétitif et il bénéficie d’un casting de première classe, avec à sa tête une revenante : Rebecca DeMornay, qu’on est bien content de retrouver dans un rôle à la mesure de ce qu'elle fit dans « LA MAIN SUR LE BERCEAU ». Alors que ce personnage monstrueux invitait au cabotinage en roue-libre, elle ne cède à aucune facilité, n’essaie pas le grand numéro et compose une ‘Ma’ absolument terrifiante de crédibilité. Même si elle pousse parfois les punitions un peu loin : eau bouillante dans les oreilles, mains broyées, cheveux en feu, etc. Mais quoi ! Il faut ce qu'il faut…

Bref, voici une excellente surprise, un film sorti de nulle part qui redonne le goût du ‘chiller’ bien sanglant et prouve qu’un bon scénario, une vraie mise en scène et de bons comédiens ne peuvent pas nuire à ce genre de produits. Ça paraît évident, comme ça, mais…

 

À NOTER : le clin d’œil peu charitable – mais drôle tout de même – à la moumoute de notre ami William Shatner.

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 08:55

Lointainement inspirée de la série TV de Bruce Geller, la ‘franchise’ des « MISSION : IMPOSSIBLE » a connu des hauts et des bas. Le premier film était froid et mécanique, sans âme. Le second était une pub (au ralenti) pour le génie et la beauté de Tom Cruise. Alors MI4qu’on allait se décourager, le 3ème surprit tout le monde : un vrai bon film d’action haletant et parfaitement maîtrisé.

« MISSION : IMPOSSIBLE – GHOST PROTOCOL » se situerait plutôt dans cette bonne mouvance. Un scénario qui tient la route, un ‘mcguffin’ cohérent, des seconds rôles bien travaillés (tout particulièrement Jeremy Renner à qui on a donné le droit d’exister face à Cruise) et des séquences d’action étonnantes : que demande le peuple ? Pas grand-chose de plus, en fait. À part peut-être de savoir couper la machine au bon moment. Comme la plupart des ‘blockbusters’ dépassant les deux heures de projection, celui-ci a clairement une demi-heure de trop. La surenchère est telle, qu’à l’arrivée de l’équipe en Inde, on commence à regarder sa montre et à se demander ce qu’on va bien pouvoir encore nous infliger. C'est le risque de ce genre de film basé uniquement sur le mouvement et le spectacle et ne laissant qu’une part minuscule à la psychologie ou (attention, gros mot !) aux sentiments.

Aucune surprise à attendre de la part de Tom, évidemment. Le cheveu au vent, le biceps conquérant, l’œil de velours, il fait son petit numéro bien au point sans insuffler une once d’humanité à son personnage. Simon Pegg apporte un élément nouveau à la série : le ‘comic relief’ en jouant un comparse gaffeur. Il a un peu de mal à s’intégrer. On a également droit à trois ‘caméos’ sympathiques dont l’excellent Tom Wilkinson, Ving Rhames (vétéran des trois autres films) et un autre qu’on ne dévoilera pas, pour ne pas ‘spoiler’.

En bref et pour résumer : un Grand-8 parfaitement huilé, à voir en laissant sa cervelle et son sens critique au vestiaire. Bien plus que les avatars avec Daniel Craig, « MISSION : IMPOSSIBLE » s’impose comme le 007 des années 2000.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 17:58

LEGS (2)« LA CHUTE D’UN CAÏD » peut apparaître aujourd'hui comme l’aïeul d’un film comme le « SCARFACE » de DePalma : l’ascension d’un tueur sans pitié mais opportuniste, puis sa chute vertigineuse dans la paranoïa et la mégalo. Pas mal d’autres détails narratifsLEGS (1) renvoient également au film des années 80.

Réalisé par Budd Boetticher, homme des grands espaces qui paraît ici à l'étroit, le LEGS (3)présent film ressemble à s’y méprendre à un long épisode de la série TV « LES INCORRUPTIBLES », du noir & blanc contrasté aux décors un peu ‘cheap’, en passant par les seconds rôles caricaturaux, tout cela manque d’ambition et de panache. La faiblesse insigne de l’acteur principal Ray Danton, n’aide pas non plus à élever le débat. Dans un personnage à facettes qui nécessitait une personnalité charismatique, Danton ressemble à un danseur mondain brillantiné et s’avère catastrophique dans les scènes paroxystiques. Face à lui, Karen Steele – guère stimulée par ce partenaire – fait ce qu'elle peut d’un rôle de pauvre fille soumise et sans volonté, où sa silhouette (pourtant son point fort) est à peine mise en valeur. Quelques acteurs LEGSde second plan viennent heureusement relever le niveau : Warren Oates en frérot tuberculeux et simplet, la toute jeune Dyan Cannon en poule à gangster décervelée et Simon Oakland en flic ombrageux.

Pas assez incisif dans son écriture pour décrypter l’âme tourmentée de ce monstre qu’était ‘Legs’ Diamond, pas suffisamment violent pour être vraiment ‘trash’, « LA CHUTE D’UN CAÏD » est un petit film assez creux et décevant, surtout parce qu'il porte la signature de Boetticher dont on attend toujours un peu plus. Ça se laisse regarder d’un œil distrait, mais on ne cesse de penser à la série d’Eliot Ness, dont les épisodes avaient l’avantage de durer la moitié tout en en racontant beaucoup plus.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 17:25

FLESHFURY (2)« FLESH AND FURY » n’est pas tout à fait un film de boxe comme les autres, puisque son héros est un pugiliste… sourd-muet ! Campé par un tout jeune Tony Curtis qui est filmé comme un Dieu grec, celui-ci est probablement un des plus « beaux gosses » parmi les boxeurs du cinéma avec Delon dans « ROCCO ET SES FRÈRES ».

Le scénario de ce mélodrame mâtiné de ‘film noir’ est excessivement bizarre, puisqu’au FLESHFURY (1)fond, il présente la surdité non pas comme un handicap, mais presque comme un superpouvoir. Parce qu'il est sourd, Curtis n’entend pas la foule lors des combats et peut se concentrer à 100% sur le match. Après une opération qui lui rend l’ouïe, tout se détraque : déjà, il peut entendre les conversations autour de lui, ce qui l’horrifie totalement, ensuite il n’arrive plus à se focaliser et devient mauvais sur le ring. C'est seulement en prenant trop de coups pendant le dernier combat et en redevenant sourd, qu’un sourire victorieux apparaît sur ses lèvres : ça y est ! Il a retrouvé ses « pouvoirs » et démolit d'ailleurs son adversaire les doigts dans le nez.

Tout cela est bien confus et déconcertant, très certainement bien intentionné, mais écrit avec une confondante maladresse. C'est par contre bien filmé, hormis les séquences de boxe d’une grande platitude, le noir & blanc est magnifique et pour notre plus grande joie, le beau Tony est tiraillé entre deux femmes : la riche et honnête journaliste Mona Freeman et l’abominable ‘bad girl’ platinée : Jan Sterling. Celle-ci fait une fabuleuse composition de garce absolue, qui utilise le naïf garçon comme une vache-à-lait, le traite de ‘dummy’ (sourdingue) et finit même par parier contre lui. L’actrice fait preuve d’une énergie mauvaise et d’une vulgarité roborative qui électrisent tout le film et lui évitent de sombrer dans la guimauve. Ses hurlements quasi-orgasmiques à chaque KO valent vraiment le coup d’œil. Parmi les seconds rôles, on aperçoit brièvement Harry Guardino en frangin jaloux de Curtis.

FLESHFURY

Un film agréable donc, à condition de ne pas trop chercher à comprendre son message. Message par ailleurs contredit par l’épilogue en total contresens.

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 16:31

WOMENPRISON (1)Bien sûr, pour qui a vu la série « OZ », un film comme « FEMMES EN PRISON » peut sembler gentillet et naïf. Oui, c'est vrai, le scénario est excessivement manichéen : le WOMENPRISON (2)directeur de la taule est un gros imbécile insensible, laWOMENPRISON (3) garde-chiourme de l’aile des femmes est une sadique psychopathe et les détenues sont toutes pittoresques et sympathiques. Jusqu'à l’une d'elles qui nous gratifie de quelques imitations – dont une de Bette Davis – légèrement hors-sujet.

Mais à part cela, on peut prendre un vrai plaisir à voir ce petit film noir & blanc, ne serait que pour la présence de quelques icônes du ‘film noir’ des années 40 et 50 réunies pour l’occasion : Jan Sterling, la dodue Cleo Moore, l’excellente Audrey Totter et Ida Lupino, rien que ça ! Elles ont toutes des rôles bien typés et écrits avec verve, surtout Sterling qui bouffe l’écran dans un numéro de blonde-platine rouée et courageuse et Lupino qui s’en donne à cœur-joie en ‘warden’ inhumaine.

Ces dames forment un chœur tout à fait convaincant et si certaines ficelles WOMENPRISONmélodramatiques semblent un peu grosses, le film a un bon rythme et n’ennuie jamais. À peine regrettera-t-on certaines maladresses scénaristiques qui font par exemple, disparaître subitement cette gentille ménagère emprisonnée à la suite d’un accident de la route, et qu’on nous présentait comme l’héroïne et fil-rouge du film. L’épilogue la montrant le jour de sa libération, et alors qu’on l’avait quasiment oubliée, tombe comme un cheveu sur la soupe.

Loin des séries Z voyeuristes suscitées par les prisons de femmes, ce film ne pose jamais un œil graveleux sur la situation (ne pas se fier à l’affiche, par contre !) et tente de brosser un portrait généreux et plein d’empathie sur ces dames. Quitte à tomber dans l’angélisme et à perdre en crédibilité.

WOMENPRISON (4)

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