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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 06:03

Manifestement, l’auteur-réalisateur-producteur de « GOOD DAY FOR IT » a beaucoup aimé « A HISTORY OF VIOLENCE » de Cronenberg, dont on ressent l’influence tout du long. Ce qui ne veut hélas, pas dire, qu'il en a retenu les leçons ! Il a simplement recyclé certains éléments : le fugitif rattrapé par son passé, les relations familiales, le ‘diner’, l’inévitable recours à la violence. Mais le scénario est terriblement faible et sous-écrit, le GOOD DAYdialogue est ce qu'il y a de pire, à la limite de l’amateurisme, la plupart des réactions des protagonistes sont illogiques, voire absurdes.

Alors comment se fait-il que le film ne soit pas complètement nul et qu’on arrive à aller jusqu'au bout sans trop de souffrance ? Le cast, évidemment ! Rameutant quelques vieux acteurs comme Hal Holbrook, Robert ‘Freddy’ Englund, des stakhanovistes du DTV comme Robert Patrick ou Lance Henriksen, des comédiennes qu’on voit peu dans ce genre de série B comme Kathy Baker et Samantha Mathis, l’auteur parvient à donner une certaine texture à son entreprise. D'ailleurs, le film démarre plutôt bien, de façon elliptique, intrigante, jusqu'à l’arrivée au restaurant où tout se fige, s’enlise et où les gens commencent à dire n'importe quoi. Surtout des clichés vieux comme le monde… Quand les ennemis jurés se retrouvent enfin face à face pour un dialogue interminable, on a envie de leur sortir la phrase mythique de Tuco : « Quand on tire on tire, on raconte pas sa vie ! ».

Patrick est excellent en ex-malfrat au grand cœur. Sa première rencontre avec sa fille qu'il n’a jamais vue est même franchement émouvante. Mais c'est Henriksen qui vaut vraiment le détour dans un rôle qu'il a pourtant déjà joué bien des fois. Il incarne un caïd fou à lier, qui adore découper ses débiteurs en morceaux et se déshabille pendant l’opération pour ne pas saloper ses vêtements. On a beau connaître par cœur la moindre de ses mimiques, l’acteur – et c'est un hommage à son génie – parvient tout de même à encore faire peur. Son visage en gros-plan fait penser à un vieux saurien dans son marigot.

De la série B donc, pas meilleure ni pire qu’une autre, que le visiteur de « WWW » se devra pourtant de voir, pour son casting d’enfer. Que n’ont-ils pas été mieux employés !

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 17:27

SECTION (2)« SECTION DE CHOC » est un des quelques polars que Marcel Bozzuffi tourna en vedette en Italie, à la suite de son succès international dans « FRENCH CONNECTION ». Le scénario puise son inspiration dans la ‘franchise’ des aventures de Dirty Harry : comme SECTIONScorpio rançonnait San Francisco en abattant des habitants, le méchant (un français surnommé « le Marseillais » !) pose des bombes dans Turin pour exercer le même chantage. Quant au commissaire Bozzuffi, à laSECTION (3) suite du meurtre de sa femme, il monte une section « spéciale » évoquant plus ou moins l’escadron de la mort de « MAGNUM FORCE ».

Malgré un abus très dommageable de poursuites en voiture, le film fonctionne étonnamment bien, tout en laissant le spectateur complètement extérieur. Impossible en effet, de s’attacher au flic-en-chef, puisque Bozzuffi opte pour une interprétation glaciale et dépourvue de toute humanité. Il ne s’appuie que sur son indéniable présence physique, sans chercher à se rendre attachant. Autour de lui, les seconds rôles ne sont pas aidés par SECTION (1)des coiffures « d’époque » et de petites moustaches d’acteurs porno. Seul sort du rang le malsain Ivan Rassimov, jouant le fameux ‘marsigliese’. À noter la courte présence de Grace Jones, qui chante dans une boîte de nuit, le temps d’une séquence.

Pour la petite histoire, dans une scène, Bozzuffi flic turinois donc, interroge un suspect français à l’hôpital, qui parle dans sa langue natale que semble ne pas comprendre le commissaire. Ce qui prête pour le moins à confusion !

Parsemé de quelques plans ‘gore’, de scènes assez réussies, comme la bombe explosant au marché réalisée comme un reportage d’actualité, « SECTION DE CHOC » est un film très typique des seventies, qui se laisse regarder sans passion, mais sans trop d’ennui non plus. Seul vrai regret, que Massimo Dallamano n’ait utilisé que 30% du potentiel de Bozzuffi, qui malgré sa première place au générique, a du mal à vraiment émerger comme le véritable protagoniste.

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 19:15

Sorti trois ans après « SOUPÇONS » d’Alfred Hitchcock, « ÉTRANGE MARIAGE » reprend exactement le même principe de suspense, en suivant les traces d’une jeune mariée qui BETRAYED (1)découvre peu à peu que son mari – qu'elle connaît à peine – est peut-être un assassin. Tout pousse à le croire, elle penche d’un côté de la balance, puis de l’autre, jusqu'au ‘twist’ final assez imprévisible et fort bien amené.

Réalisé par le pittoresque William Castle, le film pâtit un peu d’un budget de série B, qui oblige à des prouesses amusantes (la visite de New York composée de fondus-enchaînés en surimpression sur les visages ravis des mariés), mais s’il n’a pas du tout l’élégance glacée de ‘Hitch’, Castle fait tout de même preuve d’inventivité, cherchant toujours le petit détail qui frappe, que ce soit dans l’éclairage, l’utilisation des décors ou des mini-coups de théâtre de dernière minute.

Là où Hitchcock aurait casté Cary Grant, on n’a droit qu’à Dean Jagger, certes un solide second rôle, mais manquant du charme et de l’ambiguïté indispensables à ce genre de personnage mystérieux et inquiétant. Beaucoup trop âgé pour ce rôle, il rend incompréhensible la fascination qu'il exerce sur sa jeune épouse. Celle-ci est campée par Kim Hunter, comédienne généralement sobre et fiable, qui minaude beaucoup. La cerise sur le gâteau, c'est la présence du jeune Robert Mitchum, mince et décontracté, campant – du moins pendant les trois-quarts du film – un de ces personnages de « bons copains » souvent alloués à Joseph Cotten. À noter la courte présence à la fin du film de Rhonda Fleming, en jeune mariée excitée comme une puce.

BETRAYED

Emballé sur à peine plus d’une heure, dans quelques décors, « ÉTRANGE MARIAGE » vaut donc le coup d’œil pour les idées visuelles qui le parsèment et certaines ambiances de pénombre qui ne sont pas sans évoquer Jacques Tourneur.

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 16:15

SANS ISSUELes films des années 80 et tout particulièrement les films d’action, sont ceux qui ont le plus mal vieilli, toutes décennies confondues. Question de rythme, de look, de musique, de SANS ISSUE (3)coiffures, de technologie… Rares sont ceux qui aujourd'hui échappent au ridicule et au kitsch.

À tout prendre, « SANS ISSUE » ne s’en sort pas trop mal, même s’il faut une bonne dose d’indulgence pour supporter ses brushings abominables, sa BO de discothèque et le manque évident de travail sur le scénario. Celui-ci estSANS ISSUE (1) pourtant signé de notre cher John Carpenter ! Mais quand on voit le héros, un voleur ultra-qualifié, surveiller un immeuble et prendre des notes, on s’attend à des coordonnées savantes, des calculs compliqués. En fait, il a simplement écrit sur un bloc : « gardes, alarmes, caméras » ! Et tout le reste est à l’avenant. On est loin des orgies informatiques de la ‘franchise’ des « MISSION : IMPOSSIBLE » à laquelle ce film fait penser, en très embryonnaire.

Tommy Lee Jones, très à l’aise, joue un personnage très ‘carpenterien’ de solitaire taiseux SANS ISSUE (2)et venu de nulle part, transposition des pistoleros de westerns cher à l’auteur. Il y ajoute un humour bienvenu, un physique surprenant pour l’époque et une réelle présence à l’image. Face à lui, Linda Hamilton manque un peu de ‘peps’ dans un rôle de voleuse de voitures caractérielle. Robert Vaughn joue le méchant avec la distance nécessaire du vieux pro qui a déjà joué ce rôle-là des dizaines de fois. Et on reconnaît des seconds rôles de l’ancienne génération comme Keenan Wynn et Richard Jaeckel.

La réalisation de Harley Cockliss est au mieux honnêtement télévisuelle, mais il filme ses acteurs avec soin et se sort plutôt bien du morceau de bravoure final, montrant une voiture supersonique – enfin, plus ou moins ! – volant littéralement d’un immeuble à l’autre.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 16:54

COMPULSION (2)Inspiré de faits réels qui furent déjà à l’origine de « LA CORDE » d’Hitchcock, « LE GÉNIE DU MAL » relate le meurtre gratuit d’un jeune garçon perpétré par deux étudiants pervers, juste pour le plaisir d’accomplir un crime parfait.

Dès les premières scènes, la maîtrise de Richard Fleischer est aveuglante : noir & blanc de compétition, fabuleuse utilisation du format Scope, rythme haletant, tout s’accorde pour COMPULSIONcaptiver. Du moins, pendant la première heure. Avec l’arrivée de l’avocat des deux assassins, joué par un Orson Welles trop grimé et affublé d’un faux nez, tout bascule. L’énormeCOMPULSION (1) bonhomme s’accapare subitement le film, vampirise tout et tout le monde, éclipse ses partenaires et même le scénario, pour transformer le film en ‘one man show’. Sa plaidoirie dévie même le récit de sa trajectoire, puisque c'est un (admirable) pamphlet contre la peine de mort. Mais de façon très générale, à peine adaptée à ses clients. D'ailleurs, à partir de là, ceux-ci ne font plus que de la figuration dans la salle d’audience. Ce déséquilibre nuit énormément au « GÉNIE DU MAL », qui jusque-là avait maintenu une formidable tension, une complexité inouïe pour un film de cette époque et posait des questions fondamentales sur la nature du Mal, le sort qu'il faut réserver à des sociopathes a priori irrécupérables et même sur… Nietzsche !

On garde donc – et c'est rageant – un sentiment mitigé sur une œuvre qui s’annonçait COMPULSION (3)comme un chef-d’œuvre du film criminel.

Saluons la direction d’acteurs, tout particulièrement l’emploi fait de Bradford Dillman et Dean Stockwell (qui évoque un Montgomery Clift encore plus torturé), jouant les amis-jumeaux aux relations plus qu’ambiguës avec une authenticité effrayante. Et aussi le toujours fiable E.G. Marshall parfait en procureur roué et intuitif.

Le dernier plan entre l’avocat et ses deux clients odieux, pas même effleurés par le remords, fait encore plus regretter l’absence pratiquement totale d’un dialogue entre eux, avant le procès. Là était vraiment le sujet !

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 07:09

« ON NE MEURT QUE DEUX FOIS » est le dernier film dialogué par Michel Audiard et il clôt la trilogie policière qu'il signa pour Michel Serrault, après « GARDE À VUE » et « MORTELLE RANDONNÉE ». Malgré le talent incontestable de Jacques Deray, ce film-là n’est pas tout à fait du même tonneau pour diverses raisons. Le scénario d’abord, tiré d’une Série Noire de 2 FOISl’Anglais Robin Cook, dont la trame est d’une extrême simplicité : oui, les coupables sont bien ceux qu’on soupçonnait dès la première séquence et les fausses pistes ne se donnent même pas la peine d’être crédibles ! La mise en scène ensuite, très (trop)     académique et finalement l’image trop éclairée, ôtant tout mystère ou ambiguïté à l’atmosphère et aux décors.

Ce qui frappe dans ce polar « vénéneux », c'est à quel point il n’existe que par et pour Audiard, dont quelques saillies sur la mort sont aussi brillantes que désespérées et qui délaisse les « bons mots » qui ont fait sa gloire, pour un ton lugubre, d’une lucidité frisant l’amertume absolue. Il trouve un porte-parole idéal en la personne de Serrault qui se promène de scène en scène avec aisance et facilité, sans jamais toutefois retrouver l’intensité et la folie dont il avait fait preuve chez Claude Miller. Il n’est pas très bien entouré, il faut bien le dire, par un cast sous-employé (Jean-Pierre Darroussin) ou mal à l'aise (Charlotte Rampling) ou bizarrement distribué (Xavier Deluc). Seuls ses face à face avec Jean-Pierre Bacri délectable en barman résigné et chaleureux, sont à la hauteur des espérances et font regretter leur rareté.

On ne sait pas trop ce qui cloche dans « ON NE MEURT QUE DEUX FOIS », une trop grande dichotomie entre la forme et le fond, peut-être, une certaine complaisance dans le ton « décalé »… Toujours est-il que pour un ‘film noir’ basé sur la perversion et l’obsession, il ne possède pas 10% du pouvoir de fascination qu’on pouvait trouver dans le moins ostensible « LA PISCINE » que le même Deray tourna quinze ans plus tôt. Dommage…

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 10:03

LIENSL’œuvre littéraire de Jim Thompson a inspiré des films aussi différents que « GUET-APENS » de Peckinpah, « SÉRIE NOIRE » et « COUP DE TORCHON » en France et plus LIENS (3)récemment « THE KILLER INSIDE ME ». Pape du ‘noir’, l’auteur est également à l’origine du moins connu « LIENS SECRETS ».

C'est un très curieux produit, situé dans les années 50 et tout imprégné d’une vieille mythologie hollywoodienne : Billy Zane ressemble au jeune Brando (c'est même signalé dans leLIENS (2) dialogue !), Gina Gershon évoque Ava Gardner et ils jouent des jumeaux aux relations ambiguës. À vrai dire, avec sa voix ‘off’ ininterrompue, sa musique qui enrobe toutes les scènes, ses plans systématiquement « à effet », son érotisme chic et ses volutes de cigarette, « LIENS SECRETS » fait songer à une très longue pub ou un clip musical en hommage au polar de l’Âge d’Or. Ce n’est pas toujours passionnant, puisqu’il nous est interdit de ressentir la moindre émotion ou intérêt pour les LIENS (1)personnages, mais le soin apporté à l’image, au mixage, aux cadrages, finit par hypnotiser.

Jadis révélé par « CALME BLANC », Zane – également producteur du film – a déçu par la suite. Il trouve ici un de ses meilleurs rôles, au point qu'il est difficile d’imaginer quelqu’un d’autre à sa place. Gershon n’a pas un rôle suffisamment développé pour s’imposer vraiment et se fait un peu éclipser par la toujours sublime Sheryl Lee, jouant un rôle compliqué de fliquette frustrée et accro au sexe « hard ».

« LIENS SECRETS » n’est pas vraiment un ‘film noir’, ni même un néo-polar, c'est une sorte d’hommage visuel au genre tout entier, fait avec goût et un évident sens de l’image. Une curiosité…

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 15:58

PRIVATE HELL 36 (2)« ICI BRIGADE CRIMINELLE » est un polar noir à petit budget, réalisé par Don Siegel, alors réputé pour son efficacité sans état d’âme.

Le scénario – cosigné par Ida Lupino – met du temps à développer sa thématique, mais au PRIVATE HELL 36bout d’un moment, on comprend qu'il s’agit d’opposer deux conceptions du boulot de flic, deux facettes d’un même personnage scindé en deux co-équipiers inséparables. Le premier, Howard Duff, est un bon père de famille intègre et honnête, le second Steve Cochran, est unPRIVATE HELL 36 (1) séducteur amoral et jouisseur. Quand les deux hommes mettent la main sur un butin, Cochran en dérobe une partie et propose à Duff de partager. Mais « l’œil est dans la tombe et regarde Caïn » et celui-ci est littéralement rongé de remords, menace de tout faire capoter. Bien déterminé à ne pas laisser passer sa chance, Cochran décide de se débarrasser du fâcheux.

Tourné sans chichi, sur une photo purement illustrative, « ICI BRIGADE CRIMINELLE » doit beaucoup à ses comédiens, tout particulièrement Cochran, excellent en flic-voyou séduisant auquel on ne peut que s’attacher, le Mal étant toujours bien plus attrayant que le Bien. Car Duff est ennuyeux, pénible et faible de caractère, même s’il est censé représenter le droit chemin. Ida Lupino PRIVATE HELL 36 (3)est très bien en chanteuse fauchée et désabusée, malgré un rôle artificiellement gonflé et Dorothy Malone est inhabituelle en gentille ménagère dévouée et inquiète.

Le film, s’il n’a rien d’extraordinaire, reste intéressant par la description du travail de terrain des enquêteurs, montré ici dans toute sa laborieuse banalité. Puis par la façon imperceptible et pernicieuse avec laquelle il accule ses personnages dans une voie sans issue. Le ‘twist’ final est plutôt bien amené et pas vraiment prévisible.

L’un dans l’autre, un agréable ‘film noir’ dans la grande tradition et l’occasion de redécouvrir le charismatique et très oublié Steve Cochran.

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 18:07

RIFIFIIl y a deux façons de visionner « DU RIFIFI À PANAME ». Soit en y cherchant un polar sérieux sur le gangstérisme et un vrai ‘film noir’ dans la grande tradition et là, dure est la chute ! Le scénario est une enfilade de clichés, de scènes figées et inertes, d’échanges de RIFIFI (3)répliques « ciselées » dans des bureaux, de balades touristiques interminables entre Paris, Tokyo et Londres.

Il n’y a pas vraiment de personnage principal : Jean Gabin n’est qu’un des protagonistes dans un rôle peu sympathique et Claudio Brook jouant le flic infiltré dans sa bande, n’a strictement aucune épaisseur ouRIFIFI (2) présence. Donc, on s’ennuie ferme et on s’endort dans un ronron pantouflard.

L’autre façon, c'est de prendre tout cela à la rigolade et de profiter de ce qu'il y a à prendre çà et là : le face à face inespéré entre « PÉPÉ LE MOKO » et l’ex-gangster de « SCARFACE », George Raft. Ils ne font rien de spectaculaire, à part discuter à n'en plus finir (en anglais), mais la rencontre est amusante. Et Raft finit même par faire sauter une pièce dans sa main, comme il le faisait dans le film de Hawks. On peut aussi rire franchement de certaines répliques en « argot de Saint-Ouen ». Ainsi, Marcel Bozzuffi est-il très drôle en garde-du-corps teigneux mais enjoué de Gabin, qui RIFIFI (1)prévient Brook : « Paulo, c'est pas d’hier que je l’pratique. Et il aime pas beaucoup qu’on vienne lui râper les bonbons ». On se demande à quoi servent les scènes complètement hors-sujet de Mireille Darc, en prostituée candide dans sa vénalité, à part ajouter un nom connu au générique. Claude Brasseur apparaît le temps de se faire « torturer » dans une scène hilarante d’inefficacité et Gert ‘Goldfinger’ Fröbe joue un malfrat finançant... la révolution cubaine ! Sans parler de la séquence à se tordre de rire où Gabin avoue à la toujours belle Nadja Tiller absolument raide-dingue de lui, qu'il « n’a plus le moral pour ces choses-là » et « qu'il leur reste ce qu'il y a de mieux : la tendresse ».

Tout cela est archaïque, poussif, poussiéreux, désuet, et cela devait déjà probablement l’être en 1966. Mais comment détester complètement un film où Gabin s’appelle ‘Paulo-les-Diams’ et ordonne à ses sibres d’aller lui « chercher le calibre dans la tire » ? Impossible…

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 18:38

BIG GUNS (2)« BIG GUNS » est un polar italien des seventies, que rien ne distinguerait du lot commun, s’il n’avait Alain Delon à son générique. Là où on attendrait normalement un Franco Nero au mieux ou un Maurizio Merli ou un Luc Merenda au pire, on a carrément droit au samouraï BIG GUNS (1)en personne, dans un rôle melvillien à souhait. Alors forcément, on se dit qu’on va voir un produit un peu supérieur à la moyenne du genre et que le film vaut peut-être finalement mieux que sa médiocre réputation. Et de fait, le premier quart est très encourageant. BIG GUNS (3)

Bien sûr, la photo est sale, la BO un brin démodée, mais il y a une ambiance série B assez prenante et des seconds rôles venus d’un peu partout comme Richard Conte tout auréolé du « PARRAIN », Roger Hanin, Umberto Orsini échappé de chez Sautet et les belles Carla Gravina, Nicoletta Machiavelli, sans oublier la Loredana Nusciak de « DJANGO » dans une courte séquence.

Mais rapidement, tout se délite. Le scénario commence à tirer à la ligne, s’égare dans BIG GUNSd’interminables scènes de bureau où les mafiosi discourent jusqu'à l’assoupissement complet, les poursuites en voiture s’enchaînent sans aucune raison valable (à part faire du minutage) et on voyage vainement de Milan à Coppenhague, en passant par la Sicile. Mais agitation n’est pas rythme et « BIG GUNS » lasse l’intérêt à notre grand dam. On notera tout de même un goût assez douteux du tabassage de jeunes femmes, dont un passage à tabac de Miss Gravina très brutal.

Malgré tout, Delon est impérial dans ce rôle opaque de flingueur triste et taiseux. Plus fantomatique que monolithique, il campe un antihéros vulnérable et condamné d’avance, dont on suit les déambulations sans douter une seconde de leur issue fatale. Il domine le film sans effort, jouant son rôle de façon détachée, oblique, plutôt originale chez lui.

À noter que le film dans sa version italienne compte 7 minutes supplémentaires, essentiellement consacrées aux mafiosi. Pour le coup, ce ‘direttore’s cut’ ne s’impose pas, même aux maniaques !

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