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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 18:29

HARDER (1)Surtout connu pour être l’ultime film d’Humphrey Bogart, « PLUS DURE SERA LA CHUTE » revu aujourd'hui, semble être une œuvre grandement sous-évaluée. Passant pour un film sur la boxe, c'est en fait beaucoup plus que cela. Et si les séquences sur le ring HARDERsont admirablement filmées (elles ont clairement influencé Martin Scorsese, jusqu'aux giclures de sueur à chaque coup porté à la face), le propos desHARDER (4) auteurs va bien au-delà de la dénonciation des magouilles des gangsters et profiteurs faisant leur beurre autour de pauvres pugilistes-esclaves.

Le film parle d’un homme à l’automne de sa vie, qui vend son âme au Diable, après avoir résisté pendant plusieurs décennies à la tentation. Se retrouvant chômeur, sans un sou, rejeté par son milieu, il va plonger tête la première dans la corruption et la saloperie humaine, jusqu'à ce qu'elles le submergent.

Le film est lourd de symboles, chaque personnage est ‘bigger than life’ : le bon géant venu d’Argentine, incapable de se battre mais propulsé champion représente l’innocence et la jeunesse envolées de Bogie, le manager n’est autre qu’un Satan rondouillard et vorace HARDER (2)étranger à tout sentiment humain. L’épouse du héros est bien sûr sa mauvaise conscience qu'il fera taire jusqu'au bout. Enfin – pas tout à fait.

C'est un film âpre, brutal, sans faux-fuyants ni folklore, au moins aussi dur que le fut « NOUS AVONS GAGNÉ CE SOIR » avant lui, mais encore plus incisif et désabusé. C'est avec stupeur que nous voyons Bogart s’enferrer dans la fange et le déni de lui-même et avec un réel soulagement qu’on le verra racheter son âme pour 26.000 $. On n’aime pas voir les légendes foulées au pied ! L’acteur visiblement fatigué et usé, offre une prestation sobre, dénuée de tics, très émouvante. Face à lui, Rod Steiger dans un de ses meilleurs rôles, crève l’écran en pourri d’anthologie. Enjôleur, gueulard, cannibale, il compose un méchant qu’on n’est pas près d’oublier. Jan Sterling apparaît assez peu, mais se montre très crédible en épouse stoïque et digne. Tous les seconds rôles sont parfaitement à leur place.

HARDER (3)

Le démontage manifestement très documenté des rouages du milieu de la boxe est déjà fascinant en soi, et suffirait à faire de « PLUS DURE SERA LA CHUTE » un grand film. Mais c'est le portrait d’un homme au bord du gouffre qui touche le plus. Le fait que ce soit la dernière apparition de Bogart n’est pas pour rien dans l’émotion que génère cet ultime plan devant sa machine à écrire rédemptrice. Très beau film.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 16:45

KONALe visiteur de « WWW » sait en quelle haute estime le blog tient l’acteur Richard Boone. Grande vedette de séries télé aux U.S.A., second rôle de prestige au cinéma, Boone a toujours fait preuve d’une présence intimidante, d’une finesse de jeu contrastant avec sa KONA (2)« gueule » ravinée. Enfin, toujours… C'était avant d’avoir vu « KONA COAST » !

Ce polar a tout d’un pilote de série, mais il a bel et bien été tourné pour le grand écran. Dans un rôle de ‘yank’ exilé patron d’un bateau comme Bogart dans « LE PORT DE L’ANGOISSE », Boone enquête sur le meurtre de sa fille à Honolulu.  Enquête est un bien grand mot… Disons qu'il déambule en short et en blouson jaune-canari, arborant un ravissant balayage blond, dans tous les hauts-lieux touristiques de l’île, en grimaçant, en plissant les yeux et en faisant tomber en pâmoison toutes les femmes qu'il croise, quel que soit leur âge.

C'est typiquement ce qu’on appelle un « vanity project » : l’acteur vivait à Hawaii, il a donc tourné à côté de chez lui avec ses copains. Il ne se passe rigoureusement rien dans leKONA (1) scénario, l’agonie de l'ersatz de Walter Brennan de service dure des heures, on a droit à tous les détails de ses funérailles en mer, avec la participation des « locaux ». Ça pourrait – pourquoi pas – être reposant et dépaysant, mais la BO est soûlante, les effets de montage « modernes » sont grotesques et on s’afflige de voir une bonne comédienne comme Vera Miles, jouer les amoureuses éconduites.

En un mot comme en cent, « KONA COAST » est un désastre, un nanar atomique, aussi passionnant qu’un dépliant touristique et un flagrant délit d’autocomplaisance et d’égocentrisme pour Richard Boone, qui a suffisamment prouvé son talent pour qu’on oublie cette chose. Du moins, qu’on essaie de l’oublier…

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 09:00

RECOURSUn quart de siècle plus tôt, « RECOURS EN GRÂCE » aurait sans doute été dialogué par Prévert, interprété par Gabin (les rôles de déserteurs, il en avait déjà joué quelques-uns), Morgan et Arletty, et ce serait certainement un classique du cinéma français à l’heure qu'il est.

Mais réalisé en 1960 par le versatile Laslo Benedek, qui signait six ans auparavant « L’ÉQUIPÉE SAUVAGE » à Hollywood, le film est un objet bizarroïde, inclassable et pour tout dire… pas très réussi. Le cast hétéroclite n’est pas pour rien dans la sensation deRECOURS (1) confusion et d’irréalité laissée par le film. Emmanuelle Riva semble s’être trompée de scénario, Raf Vallone a un drôle de look avec son pantalon de cuir. Ils se débattent tous les deux avec des rôles impossibles, pas faits pour eux, aussi stupides et illogiques l’un que l’autre. Comment croire une seconde que la cérébrale et hypersensible Riva vienne d’un milieu sordide que n’aurait pas renié Zola ? Comment croire qu'elle puisse avoir ce bellâtre italien pas très futé « dans la peau » ?

Benedek accentue ce décalage par un tournage exclusivement en studio qui permet certes, une photo en noir & blanc somptueuse et très « américaine », mais laisse aussi à penser que toute l’action se déroule dans deux ou trois rues identiques, jusqu'au pavé humide.

Alors, pourquoi s'infliger ce « RECOURS EN GRÂCE » ? Pour Annie Girardot, qui est la seule à apporter de la vie et de la réalité au film, en incarnant l’ex-petite amie de Vallone, qui ne s’est jamais remise de leur séparation, mais l’aide à se cacher après son évasion. Écorchée, endurcie, étonnamment concrète et moderne dans ce contexte poussiéreux, elle justifie qu’on aille jusqu'au mot « FIN ».

Le mélange de « réalisme poétique » à la Carné et de ‘film noir’ made-in-America n’a pas pris. Est-ce si étonnant ?

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 18:18

Un bien drôle de film que « BROTHER ORCHID » qui sous ses allures de film de gangster estampillé Warner Bros, s’avère être aussi une comédie vaguement débile et bien BROTHER Osympathique. Edward G. Robinson, dans une version ‘light’ du Little Caesar qui fit sa gloire, est un caïd qui rêve de découvrir ce qu’est la « vraie classe ». Pour cela, il parcourt le monde, dilapide sa fortune et de retour aux States, s’aperçoit qu'il s’est fait supplanter par son ex-bras droit Humphrey Bogart. Réfugié dans un monastère, Robinson devient « frère Orchidée », un gentil moine. Ce qui n’est d’abord qu’un déguisement, commence à le gagner. Et si la vraie classe était là ?

C'est idiot mais distrayant. Robinson assure le spectacle dans ce rôle de faux-dur inculte, malin comme un singe. Ses relations avec les moines sont délectables. À ses côtés, Ann Sothern est amusante en poule à gangster très bête mais gentille, Ralph Bellamy pas très bien distribué en grand cowboy benêt. Quant à Bogart, à quelques mois seulement de son accès au vedettariat, il n’apparaît que très peu, en malfrat vicieux et félon, un emploi qu'il devait connaître par cœur et joue ici les yeux fermés.

Nul n’ira prétendre que « BROTHER ORCHID » est un bon film. Ça n’en est pas un. Mais il est toujours plaisant de voir un genre aussi balisé que le film de gangster se moquer de lui-même et une star tourner en ridicule sa propre image. Donc, si on a 1 H 30 à tuer, voilà une agréable façon de le faire.

BROTHER O (1)

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 09:23

On devine rapidement les ambitions de départ de « UNITÉS D’ÉLITE » (titre français qui n’a strictement rien à voir avec le contenu) : s’inscrire dans la lignée de polars tournant autour de la corruption policière comme « TRAINING DAY » ou « DARK BLUE ». Avec en bonus – pourquoi se gêner ? – une petite touche scorsesienne. Ça pourrait être alléchant…

Mais le final frôle de très près la cata. Si le pitch est intrigant : trois amis ex-voyous FREELANCERSdeviennent flics et se retrouvent la proie de ripoux de grande envergure, le scénario est d’une platitude et d’une naïveté confondantes. Sans même parler du dialogue atrocement mal écrit. La mise en scène constamment tape-à-l’œil paraît déjà démodée, bien des séries télé ont usé et abusé de ce style qui n’a plus aucun sens. Alors que reste-t-il ? Les acteurs, pour lesquels on s’est intéressé en premier lieu à ce DTV ? Hélas, c'est le vrai gros point faible du film ! Tout particulièrement le « héros », le rappeur ’50 Cent’, inexpressif, gauche et dénué de toute présence physique. Il est censé porter le film sur les épaules et ne fait que le plomber. Mais il n’est pas pire que Forest Whitaker, en pleine crise de sur-cabotinage aigu, qui incarne un ripou cocaïné avec la finesse d’un Quasimodo lobotomisé.

Et Robert De Niro, alors ? Comment dire… C'est Robert De Niro, quoi. La grimace affleurant, il s’appuie sur ses tics habituels (répéter deux fois la même chose, entre autres) et compose un flic corrompu et quasi-mafieux, qui est un cousin de son rôle dans « LES AFFRANCHIS ». D'ailleurs, il adresse un clin d’œil à la célèbre scène de Joe Pesci (« You think I’m funny ? ») dans une pauvre séquence avec 50 Cent.

« UNITÉS D’ÉLITE » ne serait probablement pas une telle déconvenue s’il n’avait pas De Niro à son générique. Ce serait une série B de plus, qu’on aurait sans doute remis dans son boîtier au bout de 20 minutes. Mais malgré les années qui passent, les nanars, les déceptions, les horreurs du genre « LA LOI ET L’ORDRE » (des mêmes producteurs, on aurait dû se méfier !), on continue d’espérer un vrai ‘comeback’ du grand Bob. Ce ne sera pas pour ce coup-là.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 18:42

CITTADINO (1)Tourné la même année que « UN JUSTICIER DANS LA VILLE », « IL CITTADINO SI RIBELLA » en est un ersatz mal écrit, mais plutôt décemment filmé et monté par le dynamique Enzo G. Castellari. Bien sûr, il faut subir la vilaine photo des seventies, la BO crispante des frères De Angelis, les poursuites en voiture obligatoires et les hideusesCITTADINO coupes de cheveux d’époque, mais le rythme général est efficace et on n’en regrette que davantage l’insigne faiblesse du scénario.

Dès le début, le jeu est faussé et impossible à rattraper : généralement et par tradition (et logique !), une histoire de ‘vigilante’  commence par un meurtre impuni : un quidam perd sa femme, sa fille, son fils, son pote, n'importe qui, mais il perd quelqu’un et devant l’impuissance de la police, décide de rendre justice lui-même. Ici, Franco Nero est pris en otage dans un hold-up CITTADINO (2)et se fait casser la gueule par les braqueurs qui prennent la fuite. À partir de là, il devient obsédé et jure de les retrouver pour leur faire payer l’humiliation. Insuffisant, dites-vous ? Et comment ! Les motivations du « héros » étant aussi faiblardes, on suit son enquête parallèle avec indifférence. Nero, qui écarquille un peu trop souvent ses yeux turquoise, campe le justicier le plus idiot et incompétent de l’Histoire du sous-genre. Il passe tout le film à se faire gruger, trahir, bousculer et quand enfin il retrouve ses tabasseurs, c'est… pour se faire à nouveau passer à tabac !

Tout cela frise l’absurde et la croisade aberrante du beau Franco prête à sourire. On a envie de lui dire de rentrer chez lui, de prendre une bonne biture et d’oublier tout ça… Les seconds rôles sont inexistants et la jolie Barbara Bach est purement décorative en fiancée de notre crétin de ‘vigilante’.

Notons pour le clin d’œil, une des scènes où Nero se fait rosser, où il finit dans une mare de boue, qui n’est pas sans évoquer la fin de « DJANGO ».

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 18:22

HOMME COLERE (2)Le massif Lino Ventura et le sage et académique Claude Pinoteau ont tourné quatre films ensemble. Deux très bons (« LE SILENCIEUX » et « LA GIFLE »), un moyen (« LA SEPTIÈME CIBLE ») et un… très moyen : « L'HOMME EN COLÈRE », filmé à Montréal.

On a déjà souvent vu notre bon Lino en homme seul contre tous, lancé dans une quête de HOMME COLERE (1)vérité au péril de sa vie. Ce fut une thématique récurrente de sa fin de carrière, que ce soit chez Deray ou Rosi. Ici, il recherche son fils au Canada, lui-même traqué par des malfrats et par la police. Le scénario n’a rien d’original, mais en vaut un autre.

Le problème vient des options prises par les auteurs au départ : visuellement, le film n’a rien de la patine habituelle de la « Qualité France ». C'est torché au zoom, charbonneux, monté à la tronçonneuse et la musique fait mal aux ouïes. De plus, le choix de tout doubler en français sans accent, rend le film presque abstrait. Aucun « local » n’a l’accent si caractéristique de nos amis Canadiens, on reconnaît les voix des doubleurs stakhanovistes de films U.S. (et même Marcel Bozzuffi, au passage !), Angie Dickinson jouant une serveuse américaine exilée, parle un français châtié et Ventura lui-même s’est postsynchronisé ! Cette bouillie sonore fait ressortir les invraisemblances du scénario, ses naïvetés et ôte toute crédibilité au film, en le privant d’une facette « poisson hors de l’eau »HOMME COLERE qui en aurait certainement fait tout le prix.

Reste un suspense pantouflard et languissant, dont on saisit mal les tenants et aboutissants. On prend le temps de se raconter, de s’expliquer, des flash-backs affreusement mal intégrés viennent rompre régulièrement le rythme et le film s’achève abruptement en queue de poisson.

Reste la « gueule » burinée et tourmentée d’un Ventura en service minimum, qui a déjà joué ce rôle bien des fois et a ici juste changé la couleur de son imper. Angie Dickinson, belle bien sûr, sert essentiellement de chauffeur à son partenaire. Quant à Donald Pleasence, il passe en voisin, pour jouer les entremetteurs ambigus et gloussants.

Notons enfin – c'est trop ancien pour être un ‘spoiler’ ! – que l’ami Lino écope à la fin, de la célèbre « Balle-Dans-L’épaule-Sans-Gravité-Qui-Cicatrise-Rapidement », qui lui permettra de retrouver Angie après le mot « FIN » !

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 17:04

30 MN (3)« 30 MINUTES DE SURSIS » est le premier long-métrage de Sydney Pollack, sur un solide scénario de Stirling Silliphant. Tout le film est un suspense psychologique hyper-tendu : une femme qui a avalé des barbituriques appelle SOS-Suicides et tombe sur un étudiant inexpérimenté. Celui-ci va tout faire pour l’empêcher de sombrer et laisser à la 30 MN (1)police le temps de la localiser. Une relation forte et instable naît entre les deux protagonistes qui ne se rencontreront jamais de visu.

On sent par moments la maladresse du jeune réalisateur par le mauvais goût hallucinant de certaines séquences (la discothèque entièrement filmée au zoom30 MN (2) nauséeux), par le choix d’extérieurs très ‘arty’ à la Antonioni, mais dans l’ensemble, on reste accroché à son fauteuil par la force du scénario qui alterne temps présent et flash-backs sur les derniers jours de la vie de la suicidée et ce qui l’a poussée à commettre son geste désespéré. Il faut dire que Pollack a choisi des « pointures » : Anne Bancroft, géniale comme toujours, bouffe littéralement la pellicule et transmet son mal-être, son déséquilibre avec brio. La scène sur la plage avec l’oiseau mourant est magnifique. À ses côtés – même s’ils n’ont aucune scène ensemble – Sidney Poitier parvient, à 38 ans, à être crédible en étudiant. Sa scène de fou-rire nerveux est une des meilleures choses qu'il ait faites à l’écran. C'est un bonheur de voir deux comédiens de cette envergure se donner la réplique. Même à distance. Autour d’eux, Telly Savalas est très bien en psy fumeur de cigares et Steven Hill est curieusement casté en… marin-pêcheur. Mais ses scènes avec sa femme (Bancroft) sont superbes.

30 MN

Le côté « temps réel », décors confinés, l’abondance de gros-plans, la photo noir & blanc très réaliste donnent à « 30 MINUTES DE SURSIS » un petit aspect téléfilm de luxe, mais la BO de Quincy Jones et le tempo des deux vedettes balaient les réticences.

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 16:01

ROMA (2)« L’AUTRE CÔTÉ DE LA VIOLENCE » est un de ces polars urbains comme il s’en produisait beaucoup en Italie dans les seventies. Marcel Bozzuffi en tourna quelques-uns parfois en truand, parfois en flic affrontant les narcotrafiquants. Ici, il y a une variante : les méchants braqueurs-violeurs-assassins poursuivis par notre cher commissaire franco-romain, ne sont pas de vulgaires malfrats de bas-étage, mais font partie de la « jeunesseROMA (1) dorée » italienne ! Quatre gosses de riches ultra-protégés qui font régner la terreur, sûrs de leur impunité.

Alors que Bozzuffi, flic sympathique mais un peu mou du genou, peine à trouver les coupables, le père d’une victime, l’ex-acteur de ‘spaghetti western’ Anthony Steffen (qui ressemble dans ce film à un chanteur pour thé dansant), s’improvise ‘vigilante’ et prend les choses en main.

Le scénario en vaut un autre et aurait pu donner lieu à un bon thriller et pouvait même développer une thématique intéressante. Hélas ! C'est atrocement mal filmé au zoom (un par plan, à peu près), la photo pique les yeux, la BO de film porno écorche les oreilles ROMAet au lieu de fouiller les personnages, les auteurs préfèrent se vautrer dans d’antédiluviennes poursuites en voiture. C'est truffé de ralentis hideux, les bagarres sont « dynamisées » à coups d’accélérés involontairement hilarants. Bref, c'est visuellement à peine digne d’un épisode de « DERRICK » et on a même droit à une séquence de viol inutilement détaillée et bêtement voyeuriste, dans une serre.

Dans un cast désolant, Bozzuffi règne évidemment en maître. Même si on ne sait strictement rien de la vie personnelle de ce commissaire, il lui donne une certaine chaleur humaine et son étrange relation avec un jeune bon-à-rien lui servant d’indic, laisse deviner une générosité peu utilisée par le scénario.

La confrontation entre un flic intègre mais ligoté par le système et un justicier jusqu'auboutiste n’a jamais été sérieusement traitée au cinéma. Ce n’est pas « L’AUTRE CÔTÉ DE LA VIOLENCE » qui fera exception.

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 17:20

MIAMI B (2)Inspiré d’une série de romans de Charles Willeford, « LE FLIC DE MIAMI » (bien pauvre MIAMI Btitre français !) est un des polars les plus atypiques et originaux des années 80-90. Délaissant complètement une enquête réduite à sa plus simple expression, le scénario se focalise sur ses trois protagonistes aussi excentriques, inhabituels et imprévisibles les uns que les autres.

Ainsi, le flic est-il bien éloigné des clichés duMIAMI B (3) genre : Fred Ward – également producteur – trouve un de ses meilleurs rôles en sergent au look de clodo, à la bedaine de buveur de bière, obsédé par… son dentier. Un dentier qu'il ôte et remet sans arrêt, sans le moindre complexe. Face à lui, le jeune et mince Alec Baldwin a rarement été meilleur qu’en sociopathe bronzé, souriant, véritable prédateur urbain. Les scènes où, se faisant passer pour un flic, il braque n'importe qui dans la rue, sont très étonnantes.

Jennifer Jason Leigh illumine l’écran en prostituée idiote et touchante, rêvant d’une vie « normale » de petite ménagère de sitcom.

Le film démarre sur les chapeaux de roues, par la mort d’un ‘Krishna’ à l’aéroport, se MIAMI B (1)poursuit au fil des hasards et des rencontres et s’attache à ces monstres ordinaires, avatars bizarroïdes de l’American Dream.

Les extérieurs de Miami sont très bien exploités, la BO est idéalement adaptée aux images et les scènes de violence sont aussi inattendues que fulgurantes. Ainsi la dernière attaque d’une receleuse qui s’achève par des doigts tranchés à la machette, est-elle absolument sidérante.

« MIAMI BLUES » ne se rattache à aucun courant du polar, n’a pas fait école. Il apparaît aujourd'hui comme un cult-movie discret et extrêmement attachant, baignant dans un humour singulier qui pourrait à la rigueur faire penser à celui des frères Coen. À redécouvrir, très certainement.

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