Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 18:24

MAN STRING (2)« À partir de maintenant, tu dois oublier tout sentiment humain, à part l’amour de ton pays », ordonne-t-on au héros-malgré-lui de ce film de Guerre Froide. Ça ne rigole pas !

André De Toth a touché à tous les genres, du western au ‘film noir’, en passant par le film MAN STRINGd’horreur en 3-D. Quand il s’attaque au film de propagandeMAN STRING (1) anticommuniste, c'est avec la même énergie et le même savoir-faire.

« CONTRE-ESPIONNAGE », inspiré d’évènements réels, conte l’aventure d’un ‘mogul’ hollywoodien d’origines russes, obligé de collaborer avec le Kremlin, mais acceptant de jouer les agents-doubles par la CIA. Envoyé à Berlin, il va gagner la confiance du KGB et récolter les renseignements qui feront de lui un héros de retour aux U.S.A. Tout ceci n’étant évidemment pas sans danger.

Comme c'est Ernest Borgnine qui tient le rôle principal, il est impossible de ne pas s’attacher à ce brave homme à la fois simple et habile menteur, chaleureux et naïf, même si MAN STRING (3)on devine que les choses devaient être un peu plus complexes dans la réalité. L’acteur porte le film sur les épaules et sa voix ‘off’ aide même à faire passer un long passage purement documentaire, montage de plans d’actualité, montrant le quotidien des jeunes Russes endoctrinés, au cerveau lavé. La scène où Borgnine se rend dans une école pour futurs espions destinés à infiltrer l’Amérique, est presque drôle de paranoïa rampante.

Tout ceci est lourd et convenu, les personnages ne sont que de vagues silhouettes à peine esquissées et de bons comédiens comme Colleen Dewhurst, ce vieux Vladimir Sokoloff (qui jouera la même année le vieux sage du village dans « LES 7 MERCENAIRES ») ou un tout jeune Seymour Cassel, sont gaspillés dans des rôles de pure convention.

À voir seulement pour ceux à qui ce brave ‘Ernie’ manque tellement qu'ils sont prêts à voir n'importe quoi pour retrouver sa bonne bouille ronde et sympathique.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 16:34

C'est l’inconnu Bretaigne Windust qui démarra le tournage de « LA FEMME À ABATTRE » et tomba malade après quelques jours. Il fut remplacé par Raoul Walsh à la demande de l’acteur principal, mais Walsh demanda à n’être pas mentionné au générique. C'est doncENFORCER (1) bien un film de Walsh mais à 90%.

Ce qui distingue « LA FEMME À ABATTRE » des habituels ‘films noirs’ de l’époque, c'est d’abord sa construction en poupées-gigognes : nous allons de flash-back en flash-back, retournant dans le passé parfois à l’intérieur de séquences déjà en flash-back. C'est complexe, maîtrisé, parfois légèrement confusionnant, mais cela maintient l’intérêt malgré un scénario qui mise tout sur l’action et l’enquête, délaissant totalement la psychologie de ses protagonistes. Ensuite, c'est la première fois que sont employés au cinéma les termes « contrat » et « hit » pour désigner un meurtre commandité et une cible, des mots qui deviendront partie intégrante du polar, jusqu'à aujourd'hui.

En tête d’un excellent casting de « tronches » parmi lesquelles on reconnaît Ted De Corsia, Jack Lambert et l’inquiétant Bob Steele, Humphrey Bogart joue un procureur nerveux et obstiné. Il disparaît souvent, par la faute justement des retours en arrière, et s’efface dans un rôle assez passif de témoin. Sa présence iconique cimente néanmoins le film. Et il est le seul acteur à pouvoir inspirer le respect en portant des nœuds-pap’ ridicules.

ENFORCER

Sans être un grand Walsh, c'est tout de même un polar haletant, qui met en scène une organisation criminelle inédite à l’époque, une véritable agence de tueurs à gages opérant un peu à la façon de « call girls ». Intrigant concept. Regrettons que la sécheresse délibérée de la mise en scène et de l’écriture nous prive de personnages plus développés auxquels on aurait pu s’attacher un tant soit peu.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article
28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 07:55

JENNIFER 8 (1)Ce qui frappe avant tout, en revoyant « JENNIFER 8 » c'est à quel point il annonce avec JENNIFER 8 (2)trois ans d’avance, les partis-pris esthétiques de « SE7EN ». La photo sombre, parfois à la limite de la visibilité, l’ambiance froide, pluvieuse, le tandem de flics, le serial killer, etc. Sans avoir l’espèce de perfection du classique de Fincher, ce polar glauque a tout de même ouvert pas mal de portes.

La vraie star de « JENNIFER 8 », c'est son chef-opérateur, le grand Conrad Hall. Sa photo est à la fois la grande force et le talon d’Achille du film. Si on admire le culot d’avoir adopté cet éclairage minimal, charbonneux, épousant parfaitement le sujet (les victimes du tueur en série sontJENNIFER 8 des aveugles), il faut admettre que l’œil fatigue au bout d’un moment, que monochromie entraîne monotonie et que – malgré un scénario en béton et un cast d’enfer – l’attention se relâche parfois.

Certaines ambiances s’impriment pourtant durablement : la décharge sous la pluie battante, les couloirs démesurés de l’Institut, certaines séquences sont authentiquement dérangeantes : le voyeur photographiant Uma Thurman au flash dans son bain, profitant de sa cécité, d’autres sont JENNIFER 8 (3)brillamment menées : l’interrogatoire d’Andy Garcia par John Malkovich (qu’on a rarement vu meilleur et plus juste), agent du FBI fielleux et enrhumé.

Garcia trouve un de ses meilleurs rôles en flic dépressif et soupe-au-lait. Il forme un excellent tandem avec Lance Henriksen en co-équipier porté sur la bouteille. Tous les seconds rôles sont très bien dessinés.

On pourra déplorer quelques « tricheries » scénaristiques, deux ou trois petites facilités, des fausses-pistes mal exploitées et des longueurs un peu dures à avaler aujourd'hui, mais « JENNIFER 8 » a suffisamment de qualités propres pour qu’on passe sur ses scories. C'est du bon, du très bon ‘film noir’ au climat étouffant et malsain, dont on se souvient comme d’un cauchemar où on se laisse sombrer comme dans un puits sans fond.

JENNIFER 8 (4)

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 09:30

Avec « KILLER JOE », le vétéran William Friedkin garde le cap de son film précédent « BUG » tourné il y a cinq ans, en adaptant une pièce de théâtre dont l’essentiel se déroule à huis clos. Il « aère » comme il peut (cette poursuite à moto hors-sujet, qui s'étire au-delà du raisonnable), mais ne parvient pas à masquer les origines de son scénario.

Film noir ‘redneck’ dans la grande tradition de « SANG POUR SANG » ou « RED ROCK WEST », ce « KILLER JOE » met longtemps à décoller, s’enlise dans des tunnels dialogués, des situations répétitives et adopte des partis-pris pour le moins déconcertants, comme le fait de ne jamais filmer deux des protagonistes les plus importants. On parle d’euxKILLER JOE constamment, ils sont à la base de toute l’histoire, mais on ne fait que les entrevoir fugitivement de dos ou déjà morts. C'est un choix, mais il faut s’y faire !

Si on ne reconnaît jamais la « griffe » de Friedkin, on a parfois la sensation de se trouver dans un univers para-lynchien, mais l’ennui pointe trop souvent le bout de son nez. Heureusement, dans son dernier quart, tout s’accélère, la violence vire à la barbarie pure et simple et la longue séquence où ‘Joe’ s’en prend à la famille est d’une sauvagerie insensée.

Malgré son rôle en or, Matthew McConaughey reste toujours ce même acteur lisse, transparent, ennuyeux. Mais cela sert finalement le propos du film et ce manque d’humanité apparent rend ce personnage de flic-tueur encore plus glauque et inquiétant. Gina Gershon surprend en souillon nympho atrocement vulgaire. Sa première apparition est un chef-d’œuvre de mauvais goût, mais définit complètement son personnage. Mais tous le cast est éclipsé par l’exceptionnelle Juno Temple, sorte de Baby Doll à moitié demeurée, sexy, innocente et imprévisible. Elle crève l’écran.

Malgré une critique unanimement dithyrambique, « KILLER JOE » pour intrigant qu'il soit, ne marque pas le ‘comeback’ tant espéré du réalisateur-star des seventies, mais on a tout de même plaisir à avoir de ses nouvelles de temps en temps.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article
18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 19:04

PUSHOVER (2)En dépit d’un titre français à l’inaltérable ringardise, « DU PLOMB POUR L’INSPECTEUR » est un super petit polar/film noir, au scénario diaboliquement tricoté, qui entraîne dans une spirale étouffante de mensonges, de faux-semblants, de voltefaces à PUSHOVER (4)la complexité vertigineuse. Le ‘pitch’ est d'ailleurs si malin, qu'il inspira plusieurs films comme « L’ANTIGANG » de Burt Reynolds ou « ÉTROITEPUSHOVER (3) SURVEILLANCE » de John Badham (proche du remake).

Porté par un dialogue sec, efficace, tranchant, des personnages crédibles et une photo contrastée absolument magnifique, le film offre un des protagonistes les plus ambigus qu'il soit donné de voir, puisque Fred MacMurray incarne à la fois le héros et le méchant de l’histoire, sans qu’on n’arrive jamais à savoir si on prend parti pour l’un ou pour l’autre. Les auteurs jouent sur son passé dans le ‘film noir’ en le jetant dans les griffes d’une manipulatrice, comme dans « ASSURANCE SUR LA MORT ». Mais cette fois, MacMurray est flic et pour une femme, il franchira la ligne, tombant dans un PUSHOVERengrenage infernal.

C'est un film de voyeur, pétri de mensonges et de trahisons permanentes, qui finit par hypnotiser par sa logique implacable et le suspense qui va crescendo. Un suspense essentiellement psychologique d'ailleurs, puisque basé sur la corruption morale du héros, dont on se demande jusqu'où elle pourra aller.

Aux côtés d’un MacMurray impressionnant de présence et d’autorité, deux ‘girls’ habituées au genre : la toute jeune Kim Novak en séductrice vulnérable et Dorothy Malone jouant pour une fois la « bonne fille » positive au cœur pur. On aperçoit des seconds rôles qu’on aime comme E.G. Marshall en commissaire, Paul Picerni en dragueur insistant ou Paul Richards en braqueur glauque comme lui seul sait l’être.

Un remarquable exemple de polar parfaitement calibré, maîtrisé de bout en bout, qui ne trahit jamais son postulat en béton armé.

PUSHOVER (1)

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article
15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 09:35

HOMME MORT (1)Considéré aujourd'hui comme un des meilleurs polars de Jacques Deray, « UN HOMME EST MORT » est un bien curieux film. En fait, il semble en contenir deux dans le même métrage : d’abord un passionnant qui se veut une épure « melvillienne » au scénario HOMME MORTdélibérément linéaire, au dialogue rare, aux personnages uniquement définis par leurs actions. Et un second qui l’est beaucoup moins et qui tente d’insérer au forceps une guerre des gangs mafieuse à la narration télévisuelle d’une navrante banalité. De plus, exploitéHOMME MORT (2) en v.f. en France, le film en perd une grande partie de son intérêt. Tout le monde s’exprime dans un parfait français et on perd le côté « poisson hors de l’eau » de ce personnage d'étranger perdu dans un L.A. inconnu et menaçant. Un peu le même problème que rencontrera « FRENCH CONNECTION 2 » trois ans plus tard, mais dans l’autre sens. 

Ceci établi, il y a pas mal de bonnes choses à apprécier dans « UN HOMME EST MORT » : l’aspect documentaire de la réalisation, l’utilisation de lumières naturelles plutôt rare à l’époque, la présence de Jean-Louis Trintignant dans sa grande période. Il est fascinant en petit « frenchie » impassible, opaque, voire carrément antipathique, devenu le bouc-HOMME MORT (4)émissaire d’une embrouille entre gangsters américains. C'est son mystère, son visage fermé, qui cimentent tout le film et lui donnent sa cohésion. À ses côtés, des vétérans U.S. qui refont consciencieusement ce qu'ils ont déjà fait cent fois ailleurs : Ann-Margret en bonne fille à forte poitrine, Angie Dickinson en veuve manipulatrice et l’irremplaçable Roy Scheider en ‘hitman’ élégant et opiniâtre. On peut se montrer plus circonspect sur l’arrivée vers la fin de… Michel Constantin, qui semble débarquer d’un Lautner. À noter qu’on aperçoit Alex Rocco et Talia Shire, qui feront la même année, partie du casting du « PARRAIN ».

Malgré des défauts qui sautent aux yeux, « UN HOMME EST MORT » vaut le détour pour son utilisation de Los Angeles filmé sans folklore ni réelle fascination, pour son regard parfois acerbe (la femme que Trintignant prend en otage, qui prend goût aux médias) et pour sa fin nihiliste et son dernier plan déconcertant. Mais – répétons-le – c'est certainement un film qu'il faut voir en Anglais, pour en goûter toutes les nuances.

HOMME MORT (3)

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article
8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 17:22

BLACK LEGION (1)Humphrey Bogart retrouve le réalisateur Archie Mayo qui l’avait révélé la même année dans « LA FORÊT PÉTRIFIÉE », pour « LA LÉGION NOIRE » un édifiant pamphlet contre les organisations secrètes inspirées du KKK.

On connaît ‘Bogie’ pour ses rôles de gangsters implacables ou d’antihéros cyniques, mais ici il s’essaie à un contremploi plutôt déroutant : il BLACK LEGIONjoue un pauvre type. Un ouvrier jaloux et influençable, un individu mesquin et pas bien malin, qui à la suite d’une déconvenue professionnelle s’engage dans la fameuse ‘Black Legion’ pour chasser les étrangers du pays. Le scénario dénonce franchement ce genre d’organisation en montrant les meneurs comme des business men uniquement intéressés par l’argent que leur rapportent les cotisations et l’achat obligatoire de tenues et d’armes à feu et les adhérents comme des lyncheurs abrutis d’alcool et de haine.

Bogart est l’un d’eux et c'est tout à son honneur d’avoir embrassé le personnage sans chercher à le rendre sympathique ou attachant. À peine peut-on se raccrocher à son revirement final au procès, mais il reste un minable sans caractère, ruminant ses rancœurs. Dans un casting de bons comédiens de l’époque, on reconnaît Henry Brandon futur spécialiste des rôles d’Indiens, en contremaître « polack » chassé manu militari de la ville par les imbéciles encagoulés.

BLACK LEGION (2)

Désuet dans sa forme, trop linéaire, le film tient néanmoins assez bien le coup et se laisse regarder, ne serait-ce que pour un Bogart peu soucieux de son image. Il retomba d'ailleurs dans les seconds rôles par la suite, pendant encore quelques années.

À noter une petite séquence très instructive, montrant l’envers du décor d’une émission de radio : des présentateurs et comédiens « bidonnant » un reportage sur le procès avec de fausses interviews et des commentaires emphatiques. Un vrai document !

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 16:31

KING UINDERWORLD (1)Deux ans avant son accès « officiel » au vedettariat, « HOMMES SANS LOI » est le premier film présentant Humphrey Bogart en vedette avec son nom et son nom seul au-dessus du titre. Et cela, même s’il n’a pas véritablement le premier rôle, qui est dévolu à la charmante Kay Francis !

Celle-ci joue une femme-médecin (pas si courant en 1939 !) qui cherche à laver son nom, suite à la mort de son mari qui frayait avec le gang du caïd KING UINDERWORLD (2)Bogart. Pistant le malfrat jusqu'en province, elle se débrouille pour le faire coincer par la police. Le scénario est d’une banalité absolue et ne dure qu’une petite heure. C'est le ton adopté qui est plutôt original : on sent quelques emprunts au premier succès de ‘Bogie’ : « LA FORÊT PÉTRIFIÉE ». Cet écrivain anglais plus ou moins vagabond est calqué sur le personnage que joua Leslie Howard, à part que cette fois, Bogart lui demande d’écrire sa bio. Il faut dire que l’acteur incarne un curieux gangster, un abruti souriant et charismatique, obsédé par Napoléon, plus malin qu’intelligent. Le talent de Bogart est de ne jamais sombrer dans la caricature et de rester crédible, voire menaçant, alors même que son rôle frise par moment le pastiche pur et simple. En agonisant, il demande juste à son biographe de ne pas dire qu'il fut arnaqué par une « gonzesse » !

KING UINDERWORLD

On passera sur la tantine vieille fille qui en fait des tonnes, sur les seconds rôles grotesques, sur cette longue séquence où l’héroïne aveugle tout le gang avec ses gouttes pour les yeux, pour garder en mémoire la relation étrange et pas inintéressante qui se noue entre le ‘tough guy’ illettré et parano et la doctoresse qui n’a pas froid aux yeux. Inoffensif, mais assez rigolo.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article
2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 16:06

STRIPES (2)« INVISIBLE STRIPES » est un de ces bons vieux films de gangsters de la Warner, au casting « maison », tellement bien manufacturé qu'il supporte l’outrage des ans, malgré un scénario linéaire et moralisateur. Enfin, pas tant que cela, d'ailleurs… Ce que raconte le film en définitive, c'est qu’un ex-taulard ne peut s’en sortir qu’en plongeant tête baissée dans laSTRIPES récidive, ce qui lui permet de nourrir sa famille et d’oublier les humiliations que lui font subir les honnêtes gens !

Bien sûr, on regrette que le rôle principal soit tenu par le pénible George Raft, acteur gauche et raide comme une bûche et à peu près aussi expressif. Heureusement, il a autour de lui des acteurs qu’on aime : William Holden en jeune frérot impulsif mais brave garçon, la géniale Flora Robson plutôt bien vieillie pour jouer la mère des deux gaillards et Humphrey Bogart dans un personnage assez intéressant de pâle crapule pas tout à fait aussi antipathique qu'il n’en a l’air.

Le film est bien rythmé, Lloyd Bacon maîtrise les séquences d’action : la poursuite en voiture est encore épatante aujourd'hui et la fusillade finale est joliment troussée. À noter la très étrange relation entre Raft et sa môman, qu'il appelle « my girl » et qu'il embrasse constamment sur la bouche. Les prémices de « L’ENFER EST À LUI » ?

S’inscrivant parfaitement dans la production du studio des années 30, « INVISIBLE STRIPES » est un bon film dans son genre et un rôle de transition pour ‘Bogie’ qui a ici le pied entre ses deux emplois : le salopard cynique et le héros désabusé et sentimental.

STRIPES (1)

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article
26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 08:12

Inspiré de l’histoire vraie d’une famille de ‘bootleggers’ de Virginie, « DES HOMMES SANS LOI » est un peu le « backstage » de la série « LES INCORRUPTIBLES » : au lieu de s’intéresser à Al Capone, le scénario se concentre sur ses fournisseurs en alcool de contrebande et à la guerre qui les oppose aux autorités.

C'est un bon film, carré et efficace, un brin monocorde, sensation renforcée par une photo tristounette évoquant certains films des années 70 et au casting manquant lui aussi un peu de relief. L’irritant Shia LaBeouf joue juste, mais ne parvient toujours pas à imprimer la rétine etLAWLESS semble figé dans une adolescence qui a pourtant tendance à s'éloigner à force. Tom Hardy, méconnaissable d’un film à l’autre, est très bien en chef de famille taiseux et increvable, mais ne parvient pas à passionner vraiment. L’excellent Jason Clarke joue le frère pochtron avec son intensité coutumière. Quant à Jessica Chastain, son personnage est trop ou pas suffisamment développé et ne parvient pas à trouver sa place dans le déroulement de l’histoire.

Heureusement, comme le préconisait Hitchcock dans une citation célèbre, un film est réussi quand son méchant est réussi. Et là, pas de doute, Guy Pearce crée un ‘bad guy’ absolument horrible ! Ce flic émacié au sourcil épilé, un sadique dégénéré sans Dieu ni maître, est un extraordinaire Némésis pour nos trois frangins. S’ils sont les trois petits cochons de la fable, il est un loup de première grandeur. Il y a longtemps qu’on n’avait pas vu un personnage aussi haïssable !

« DES HOMMES SANS LOI » se suit sans passion et sans ennui, les séquences d’action – et tout particulièrement la dernière – sont parfaitement exécutées, la violence est crue et peu ragoûtante, mais on reste sur une sensation étrange d’inutilité et de déjà-vu. Et comble de la désolation : Jessica Chastain apparaît nue, mais… dans la pénombre ! Décidément, une petite déception, ce film.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens