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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 09:47

CRIMSON KIMONO (3)
Deux ans après « LE JUGEMENT DES FLÈCHES », Samuel Fuller maître d’œuvre omniprésent (producteur, auteur, réalisateur), explore à nouveau un de ses grands CRIMSON KIMONO (1)thèmes : les racines et paradoxes du racisme, la difficulté des panachages culturels, la force des préjugés, avec « THE CRIMSON KIMONO », un film noir situé dans le « Little Tokyo » de L.A.CRIMSON KIMONO (2)

Malgré toute l’admiration que l’on doit à « Sam », force est de reconnaître qu'il ne s’agit pas là d’une de ses grandes réussites. Après une intro fulgurante, montrant le meurtre de la strip-teaseuse la plus joviale de l’Histoire du cinéma, le scénario devient terriblement inégal. Fuller déclenche une enquête policière qu'il n’hésite pas à délaisser complètement pendant un bon tiers, avant de la résoudre en deux minutes, par le plus grand des hasards : le témoin-clé croise tout bêtement le tueur dans la rue ! Le film est de plus, handicapé par un casting très faible, James Shigeta et Glenn Corbett se montrant d’une gaucherie et d’un amateurisme invraisemblables. Seule Victoria Shaw, au physique étonnamment moderne, au jeu subtil, parvient à composer un personnage crédible.

« THE CRIMSON KIMONO » demeure néanmoins intéressant, par les univers explorés (temples bouddhistes, cimetière pour soldats americano-japonais, boîtes de strip), et la CRIMSON KIMONOrelation entre ces deux flics, ex-copains de régiment. Le blanc tout d’un bloc, « All American », et le Japonais paranoïaque, complexé, et au fond, profondément raciste, même si c'est lui qui finit avec l’héroïne dans les bras.

Souffrant d’un évident manque de budget, d’un dialogue excessivement « fullerien », à l’emporte-pièce, sans nuance (la séquence avec l’indic semble sortie d’un épisode de « POLICE SQUAD »), et de portraits grossièrement esquissés (la copine artiste pochtronne, le karatéka obèse), « THE CRIMSON KIMONO » est un Fuller mineur, dont le thème aurait mérité un traitement plus soigné.

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 22:31

5 AGAINST HOUSE (1)
Écrit par Stirling Silliphant qui fera ses preuves quelques années plus tard, réalisé par le bon faiseur de séries B Phil Karlson, « ON NE JOUE PAS AVEC LE CRIME » flirte avec le 5 AGAINST HOUSE« caper movie » (film de braquage) et le film noir sans jamais se décider tout à fait et monte un soufflé qui met longtemps à se mettre en place pour décevoir quelque peu à la fin.5 AGAINST HOUSE (3)

L’originalité vient de l’identité des apprentis-braqueurs, une bande d’étudiants infantiles qui organisent le hold-up d’un casino à Reno dans le seul but de s’amuser. En oubliant que l’un d’eux est un vétéran de la guerre de Corée, revenu du front plutôt dérangé et qui emporte un revolver à l’insu de ses copains.

Si le scénario se traîne un peu, le dialogue est vif est souvent amusant, et l'image possède ce look particulier des photos noir & blanc de l’époque. Le casting est faible, tout particulièrement les rôles principaux : Guy Madison, Kerwin Matthews et même Kim Novak aussi gauches et inexpressifs les uns que les autres, qui 5 AGAINST HOUSE (2)empêchent qu’on éprouve la moindre empathie pour leur problèmes. Heureusement, Brian Keith est excellent dans le rôle du psychopathe et ses crises de violence sont impressionnantes, le défigurant complètement. On reconnaît de bons seconds rôles comme William Conrad en employé du casino, John Larch en flic et la sexy Jean Willes, draguée par Keith, au début du film.

« ON NE JOUE PAS AVEC LE CRIME » est une agréable série B bâtie sur pas grand-chose, qui ne laisse guère de souvenir mais annonce les « OCEAN’S ELEVEN » à venir.

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 08:45

AGENT DOUBLE (2)
Un vieil espion vendu à l’Ennemi, qui joue les mentors pour la jeune recrue chargée de le surveiller, une « agent spéciale » obnubilée par l’idée de coincer le traître depuis des années, la recrue dont le couple bat de l’aile… Des éléments familiers, qui font penser que AGENT DOUBLE« AGENT DOUBLE » aurait fait un véhicule exemplaire pour Al Pacino, qu’on aurait entouré de Matt Damon et Meryl Streep. Bien sûr, il aurait alors fallu rajouter quelques séquencesAGENT DOUBLE (3) d’action, une petite poursuite en hélico, une scène de sexe « hot », et une explosion de colère libératrice à la fin.

Mais « AGENT DOUBLE » a décidé de la jouer profil bas, et de traiter son scénario en mode intimiste, feutré, de prendre des comédiens subtils et peu connus du grand public. Ainsi, Chris Cooper, exceptionnel acteur de composition, au visage marqué et tourmenté, endosse-t-il brillamment le rôle paradoxal de ce bigot obsédé sexuel, de traître patriote, d’introverti exhibitionniste, auquel il donne une profondeur, une réalité inouïes. À ses côtés, Ryan Philipe fait étonnamment le AGENT DOUBLE (1)poids, et la scène de l’embouteillage, où il convainc Cooper de remonter dans sa voiture est franchement virtuose. La toujours remarquable Laura Linney, compose un personnage très concret de femme seule, tellement obsédée par son job, qu'elle en a oublié de vivre. Sans jamais céder à l’émotion facile, elle parvient à laisser filtrer un vrai désarroi. De bons seconds rôles comme Dennis Haysbert (le président Palmer de « 24 ») et la toujours sensuelle Kathleen Quinlan, complètent le tableau.

« AGENT DOUBLE » est un film exigeant, sans concession au spectaculaire, qu'il faut voir pour son scénario (tiré de faits réels) pétri d’ambiguïté, et surtout pour Chris Cooper, grand acteur trop rarement tête d’affiche.

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 16:18

Classique mineur du film noir, « THE LINEUP » est un bel exercice de style de Don Siegel, qui – après un début laborieux, suivant un tandem de flics – se concentre sur un autre duo, autrement plus captivant.

Eli Wallach et Robert Keith, deux tueurs à gages, sont chargés de récupérer des sachets d’héroïne, et d’éliminer les transporteurs innocents au passage. Le premier, « Dancer », est selon les termes de son co-équipier, un « psychopathe désinhibé », une sorte de brute sournoise et inculte, adorant donner la mort. Le second est peut-être pire encore : théoricien du crime, il coache son partenaire, l’instruit, le calme, et note soigneusement dans un petit carnet, les derniers mots de ses victimes, avec une gourmandise mal dissimulée. Conduits à travers San Francisco par un chauffeur alcoolique (Richard Jaeckel), ils ont quelques heures pour remplir leur mission, et rendre la drogue à « The Man », un dangereux caïd en fauteuil roulant. Évidemment, rien ne se passe comme prévu…

Si le film est un peu trop touristique, et s’attarde complaisamment sur les sites de San Francisco, si les scènes avec les flics sexagénaires en costard-cravate et chapeau mou, sont franchement ennuyeuses comme c'est fréquemment le cas dans les polars de cette époque, tout ce qui concerne les tueurs est hautement réjouissant. Wallach compose un personnage unique, inflammable et incontrôlable, et son rapport extrêmement malsain à son collègue, oscille entre l’homosexualité quasiment affichée, et la relation gourou-disciple. Quand Robert Keith parle de lui, c'est comme de sa créature, de son « golem » personnel : « Il n’y a jamais eu personne comme Dancer », s’extasie-t-il, l’œil humide.

Écrit par Stirling Silliphant, un des grands scénaristes des seventies, « THE LINEUP » fonce droit devant, ne souffre d’aucun chichi, et s’achève brutalement, en pleine action.

Et le « Dancer » fait partie, avec Tuco, le Don Altobello du « PARRAIN III », des tout meilleurs rôles d’Eli Wallach.

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 09:56

Les deux chocs consécutifs que furent « LE DERNIER DES MOHICANS », puis « HEAT », ont donné à Michael Mann un crédit illimité auprès de ses admirateurs. « RÉVÉLATIONS », excellent film par ailleurs, suscita un engouement démesuré, même s’il n’était pas tout à fait au niveau de ses deux chefs-d’œuvre, « ALI » ressemblait à du Oliver Stone jusque dans ses montages et re-montages, « COLLATERAL » et « MIAMI VICE » étaient brillants stylistiquement parlant, mais froids et trop longs.

Malgré tout, l’annonce d’une vie de Dillinger par l’auteur de « HEAT », fit battre le cœur des cinéphiles pendant des mois. La déception causée par « PUBLIC ENEMIES » est à la hauteur de l’attente. Ce qui frappe avant toute chose, c'est la laideur agressive du rendu de l’image HD, qui ôte toute poésie au film et ne laisse pas profiter du travail de l'excellent chef-opérateur Dante Spinetti, puis l’insignifiance des deux vedettes : Johnny Depp dans son sempiternel numéro taciturne, et Christian Bale falot et inexpressif. N’est pas De Niro et Pacino qui veut ! D'ailleurs, il semblerait que Mann ait du mal à se trouver des vedettes s’intégrant bien à son univers. Ses réussites avec « Bob » et « Al », ou Daniel Day-Lewis, tendent à démontrer qu'il a besoin de vraies « pointures », ce que – malgré leurs qualités – ne sont tout de même pas Depp, Bale, Will Smith ou Colin Farrell.

Souvent réduit à des poursuites en voiture, des fusillades nocturnes interminables, « PUBLIC ENEMIES » ne décolle jamais, et donne envie de revoir le « DILLINGER » de John Milius, certes moins clinquant, mais autrement plus authentique.

Il n’empêche… On a trop aimé « LE DERNIER DES MOHICANS » et « HEAT », pour ne pas continuer à espérer.

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 17:44

« LES BAS-FONDS NEW-YORKAIS » n’aurait pu être signé par nul autre que Sam Fuller. Dans un style visuel agressif, décomplexé, ne reculant devant aucun effet, il signe une autopsie du crime organisé aux U.S.A., par le biais de la vengeance d’un petit malfrat, dont il suit le destin depuis ses 14 ans. Véritable « ver dans le fruit » pour la pègre, Tolly Devlin va faire exploser la mafia, pour venger son pauvre paumé de père, qu'il a vu battre à mort dans une ruelle sordide, un peu à la manière de Bruce Wayne, dans « BATMAN ».

Si le scénario ne s’embarrasse d’aucune subtilité, ne s’attarde jamais sur la psychologie des personnages, et ne cherche aucune justification à leurs actes, il finit par prendre des allures de tragédie noire et inéluctable, et s’achève où il avait commencé : dans une ruelle puante, au milieu des poubelles.

Les trois protagonistes du film sont exceptionnels : Cliff Robertson d’abord, acteur généralement insipide, trouve ici son meilleur rôle, en voyou rusé mais sans cœur. Sa réaction odieuse, quand sa maîtresse lui déclare son amour, est vraiment très inhabituelle dans un film hollywoodien. En « pauvre fille » paumée et instable, Dolores Dorn est également superbe, et Beatrice Kay compose un magnifique personnage de femme seule, vieillissante, seule famille qu’ait jamais connu Tolly. À ce sujet, le jeune acteur choisi pour incarner celui-ci à l’âge de 14 ans, est un hallucinant portrait-craché de Robertson. Jusqu'aux maniérismes.


Œuvre nocturne et réaliste, pourtant excessivement stylisée,  « LES BAS-FONDS NEW-YORKAIS » s’embourbe parfois dans des séquences redondantes entre caïds, témoins de la volonté de Fuller, de décrire par le menu le mode de fonctionnement de la pègre de l’époque, mais c'est un des films les plus aboutis du réalisateur, dont les cadrages toujours singuliers, sont une véritable signature.

 

À NOTER : le film est enfin visible en DVD, dans un coffret sorti récemment en zone 1, doté de sous-titres français.

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 09:23

Tony Scott n’a jamais eu le talent visionnaire de son frère Ridley, mais à force d’enchaîner les tournages, de perfectionner sa technique, il s’est débarrassé de ses tics de clipeur-publiciste, pour imposer une véritable personnalité. Des images tripatouillées en post-production, un tournage à plusieurs caméras, un mouvement incessant, syncopé, une avalanche permanente de sons et d’effets visuels… Cela peut donner d’excellents résultats (« MAN ON FIRE »), comme des quasi-catas qui font mal aux yeux (« DOMINO »). « L’ATTAQUE DU MÉTRO 123 » se situe entre les deux. Remake d’un excellent suspense des années 70, « LES PIRATES DU MÉTRO », où Walter Matthau affrontait Robert Shaw, ce thriller écrit par Brian Helgeland est tout à fait plaisant, même si la maestria de Scott se retourne un peu contre son film. À force d’accumuler les prouesses, son film finit par ressembler à une longue bande-démo, et l’intérêt a parfois du mal à se maintenir. Il y parvient malgré tout, grâce à la formidable interprétation de Denzel Washington, acteur en constante évolution, qui compose un beau personnage de brave type courageux et malin, avec une tâche dans son passé, qu'il retrouve exposée au grand jour. La scène de ses aveux est oscarisable. Face à lui, John Travolta n’est pas du même niveau, et refait son sempiternel numéro de « méchant » hystérique et vociférant, multipliant les artifices (crâne rasé, tatouage) au lieu de composer en profondeur. Deux « écoles » face à face, et… Il n’y a vraiment pas photo !

Parmi les seconds rôles, John Turturro, Luis Guzmán (à peine identifiable) et James Gandolfini, dont la carrière a visiblement du mal à se remettre de l’arrêt des sublimes « SOPRANO », et qui se contente de jouer les utilités, dans un rôle de maire incapable, bien en-deçà de ses compétences.


Le remake du film d’origine se justifie par l’intégration des nouveaux « bad guys » du monde d’aujourd'hui : le preneur d’otages est à présent un ex-trader, qui utilise la prise d’otages pour spéculer en bourse ! La crise est passée par là, et le clin d’œil est amusant.

« L’ATTAQUE DU MÉTRO 123 » témoigne de la bonne forme de Tony Scott, mais on se prend à espérer qu'il s’investisse dans des films au contenu plus émotionnel comme « REVENGE » ou « MAN ON FIRE », que dans une escalade pyrotechnique certes impressionnante, mais qui ne laisse guère d’empreinte.

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 09:02

Énième variation sur le vieux thème de Jack l’Éventreur, « THE LODGER » a tout du premier film : réalisation à effets appuyés, clins d’œil maladroits à Hitchcock, direction d’acteurs flottante, et scénario tellement retourné en tous sens, qu'il en perd toute épaisseur. C'est une succession de fausses pistes, de chausse-trappes, de coups de théâtre, dont certains tellement tirés par les cheveux, qu'ils en deviennent incompréhensibles.

Pourtant, le concept de base, de lâcher un « copycat » du tueur de Londres, dans un quartier de L.A. appelé « Whitechapel » en valait bien un autre, mais il aurait fallu l’aborder de façon plus stylée, plus esthétique. Dans « THE LODGER », tout est extrêmement rudimentaire, frisant même souvent l’amateurisme.

Le casting est inégal : Alfred Molina, bon acteur anglais, est horriblement mal distribué en superflic américain obsessionnel (un peu comme si Peter Lorre avait joué Dirty Harry…), Simon Baker (héros de la série « THE MENTALIST ») est plus intrigant, en possible éventreur, et il faut tout le talent de l’excellente Hope Davis, pour maintenir un semblant d’intérêt jusqu'à la fin. Shane West, Rachael Leigh Cook ou Rebecca Pidgeon, l'égérie de David Mamet, n’ont pas grand-chose à faire.

C'est de la série B, que son évidente ambition de départ rend d’autant plus agaçante. À tout prendre, si l’on tient absolument à voir un film sur Jack l’Éventreur dans l’Amérique moderne, mieux vaut revoir le délicieux quoiqu’un peu désuet « C'ÉTAIT DEMAIN », beaucoup plus ludique.

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 18:24

Classique mineur de la série B et du film noir, « LE VOYAGE DE LA PEUR » a pour singularité d’avoir été tourné par une comédienne connue : Ida Lupino, qui parvint à faire carrière dans un monde alors essentiellement masculin. De fait, pas grand-chose de féminin, dans ce suspense dépouillé et viscéral, qui démarre dans le vif du sujet, sans perdre de temps à décrire la vie des protagonistes, et les confronte rapidement avec leur pire cauchemar : un auto-stoppeur qui s’avère être un dangereux serial killer en cavale.

Vif, nerveux, réduisant les dialogues au strict nécessaire, et s’appliquant à ce que toutes les réactions des deux otages – pas particulièrement sympathiques ou même attachants – soient le plus logiques et plausibles possible, « LE VOYAGE DE LA PEUR » doit énormément à la performance de William Talman, qui crée un tueur effrayant de réalisme, sans la moindre compassion, le plus petit soupçon d’humour. C'est tout simplement une brute sans cervelle, la mort incarnée, et Frank Lovejoy et Edmond O’Brien n’ont aucune clémence à attendre de lui. Donc, exit le syndrome de Stockholm !

Ce qui déçoit aujourd'hui, dans un tel film, c'est la faiblesse de son scénario, qui semble se déliter au fur et à mesure qu'il progresse, perd du temps à décrire les policiers traquant l’assassin, et se conclut d’une façon terriblement plate et déconcertante. Ce refus du sensationnalisme est bien sûr louable, mais laisse sur une impression de banalité dommageable.

Ida Lupino a parfaitement utilisé les décors de désert, vus et revus dans les westerns, sorte de no man’s land sans début ni fin, et presque tenu le pari de maintenir l’intérêt sur une seule et unique situation de départ, sans vrai rebondissement, ou surprise. Mais si la monotonie pointe parfois son nez, le visage grimaçant de William Talman, son œil à moitié clos, sa puanteur qu’on croit percevoir pendant tout le film, jusqu'à ce qu’O’Brien la mentionne, hanteront longtemps les mémoires.

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 08:06

« SLEVIN » fait partie de cette mouvance de polars ultra-violents, teintés d’humour noir, de dialogues cinglants, et construits de façon exagérément compliquée, vers une chute inattendue, dont la source se situe dans l’œuvre de Quentin Tarantino.

À priori donc, rien de palpitant, si ce n’est que « SLEVIN » a également puisé son inspiration dans le western. Le western italien, pour être plus précis. Le thème des deux clans rivaux, enrôlant le même homme qui les dresse l’un contre l’autre provient évidemment de « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS » (lui-même calqué sur « YOJIMBO »), mais le scénario est une adroite transposition du moins connu « LA MORT ÉTAIT AU RENDEZ-VOUS », un « spaghetti » de 1967, réalisé par Giulio Petroni. Josh Hartnett et Bruce Willis reprennent clairement les rôles de John Philip Law et Lee Van Cleef, l’histoire est différemment agencée bien sûr, mais fondamentalement, c'est la même. Et le froid professionnalisme des tueurs, le thème de la vengeance, et même le « gag » final du gilet pare-balles, renvoie au Far West « all’Italiana ».

La bonne surprise de « SLEVIN », c'est le jeune Josh Hartnett déjà étonnant dans « 30 JOURS DE NUIT », qui parvient à rendre presque inquiétant un personnage pourtant présenté comme un naïf, traînant une sérieuse scoumoune dans son sillage. L’indifférence amusée qu'il affiche en permanence, le rend opaque et intrigant. À ses côtés, Willis abonné aux rôles de tueurs à gages (« CHACAL », « MON VOISIN LE TUEUR ») fait son job sans surprise, et les deux vétérans Ben Kingsley et Morgan Freeman, se délectent visiblement, en caïds paranoïaques.

« SLEVIN » est un brin trop chichiteux pour son propre bien, il met un peu trop longtemps à décoller vraiment, mais c'est un film noir sophistiqué et amusant, au dénouement tout à fait satisfaisant.

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