Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 18:18

« LA REVANCHE DE JESSE LEE » partait d’une bonne idée : revisiter le western, en 1993, par le prisme de héros exclusivement noirs, les « bad guys » étant tous joués par des blancs. L’acteur principal, Mario Van Peebles, assura également la mise en scène, en abusant un peu des effets de contre-plongées, et de tics hérités du « spaghetti western » (photo).

Le film ne marqua pas les mémoires, ni le genre qui nous occupe ici, mais il a pour mérite d’avoir offert son dernier rôle à Woody Strode, qui prêta aussi sa voix « off ». Il apparaît à la fin, vieilli et ridé, mais parfaitement reconnaissable, apportant avec lui, le souvenir du « SERGENT NOIR » de Ford, des « PROFESSIONNELS » et de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ».

En réalité, Strode apparut encore dans un western, deux ans plus tard, mais son apparition en croque-mort dans « MORT OU VIF » tient davantage de la figuration. C'est à peine si on a le temps de l’identifier.
Ses vrais adieux au cinéma, il les a faits dans « LA REVANCHE DE JESSE LEE », et pour cela le film mérite notre sympathie.

Repost 0
29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 09:10

LE SHÉRIF : « Regardez-nous… Un vieux shérif et un chasseur de primes. Ici, au milieu de tout ce tumulte moderne… Notre problème, c'est d’être nés un siècle trop tard, M. Thorson ».

THORSON : « Rien n’a changé : les gentils et les méchants… »

LE SHÉRIF : « Peut-être bien ».

Cet échange dans le dernier film tourné par Steve McQueen, avant sa mort, marque de façon étonnamment symétrique, les adieux de Josh Randall. C'est grâce à un rôle de « bounty hunter » que McQueen est devenu une star, et c'est avec son équivalent moderne, qu'il quitte la scène.
Cette séquence du « CHASSEUR » l’oppose à Ben Johnson, cowboy légendaire s’il en fut, dans un moment magique, hors du temps, qui est la meilleure chose de ce petit thriller drolatique sans grand intérêt.

Ah ! Si, tout de même… Pour ses adieux au cinéma, McQueen retrouve aussi Eli Wallach, à qui il disait vingt ans plus tôt : « Notre monnaie, c'est le plomb, ami ». Une belle sortie de scène, finalement…

Repost 0
17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 11:17

Au début de « RÈGLEMENT DE COMPTES À O.K. CORRAL », Wyatt Earp vient prévenir Doc Holliday, qu’un homme l’attend au saloon, et qu'il a un petit Derringer dissimulé dans sa botte.

Tiré à quatre épingles, sourire aux lèvres, Doc se rend au saloon, et commande un whisky. Dans le miroir en face de lui, il aperçoit l'homme qui le cherche, un certain Ed Bailey, accompagné de ses deux frères. Il veut venger son autre frère récemment abattu par Doc. « Il paraît qu’un gentleman cherche à me parler… » commence celui-ci, en goûtant son verre. « À bien y réfléchir », conclut-il, « Ce n’est pas un gentleman, rien que le fils d’une truie au ventre jaune ! ».

Piqué au vif (vu le raffinement extrême de l’insulte, on le comprend !), Bailey saisit son petit revolver, mais Doc s’est déjà retourné, a sorti son cran d’arrêt, et l’a lancé. La lame se plante dans le cœur de Bailey, qui s’écroule sur le plancher.

Cette séquence, toute simple a priori, est une des plus mémorables du film de John Sturges, grâce à son montage hyper-efficace, ses angles de prises de vue multiples, l’ironie glaçante de Kirk Douglas, et l’expression totalement sidérée de Lee Van Cleef, quand il prend le couteau dans la poitrine.

Un petit morceau de bravoure…

A NOTER : l'insulte, pour imagée qu'elle soit, a plus de sens en v.o. : "yellow bellied" signifiant trouillard. Mais enfin... "Le fils d'une truie pétocharde", c'est tout de même singulier !

Repost 0
13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:35

C'est bientôt la fin de « 100 DOLLARS POUR UN SHERIF », et John Wayne se retrouve à découvert, seul face au hors-la-loi Robert Duvall et trois de ses complices, armés jusqu'aux dents.

Une centaine de mètres les sépare. Le « Duke » demande à la fripouille s’il préfère mourir tout de suite, ou être pendu plus tard. Ce à quoi celui-ci rigole, et répond que Wayne « ne manque pas d’air, pour un vieillard obèse et borgne ». Vexé comme un pou, le vieux shérif arme sa winchester et crie « Fill your hand, you son of a bitch ! » (textuellement : « Remplis ta main », autrement dit : « Dégaine ! »), puis il prend ses rênes entre ses dents, éperonne sa monture, et fonce vers les saligauds.

Les autres s’élancent également. Tout le monde tire en même temps, en plein galop. Le vieux Wayne tire au revolver d’une main, et au fusil de l’autre.

Le western d’Henry Hathaway connut un grand succès, et John Wayne ironisa en affirmant qu'il devait son Oscar au bandeau qu'il portait sur l’œil. Mais il est évident que c'est à cette scène magistrale, et à elle seule, qu'il le doit.

Des comme ça, on n’en fait plus…

Repost 0
7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 12:17

Une diligence lancée à fond de train, le shérif assis à côté du cocher.
Une silhouette apparaît sur la piste, et interpelle le convoi, en armant sa winchester d’un seul mouvement du poignet. La caméra s'avance vers l’inconnu dans un travelling complètement flou, filmé sur fond de transparence, pour finir en un gros-plan d’un visage viril et sympathique. Johnny Ringo. Alias John Wayne.

Cette séquence est tirée de « LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE » (1939), et ce seul plan, tout techniquement imparfait qu'il soit, a suffi à faire de John Wayne une star indéboulonnable jusqu'à la fin de ses jours. Il faut dire que John Ford a su filmer son « entrée » dans la Cour des Grands, après des années de galère dans les séries B et les serials à deux cents. Wayne avait pourtant déjà porté un grand film sur les épaules, « LA PISTE DES GÉANTS » de Raoul Walsh, mais Ford a réussi en dix secondes ce que son prédécesseur n’avait su faire en deux heures. Cela s’appelle l’alchimie…

Repost 0
6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 20:05

Qui est ce sympathique et légèrement enrobé gentleman du Far West ? Eh bien, c'est un ancien champion de natation de niveau olympique, nommé Carlo Pedersoli.
Cette image, tirée du western « PAS DE PITIÉ POUR LES SALOPARDS », fait figure de témoignage irréfutable qu’il signore Pedersoli, qui a fait carrière au cinéma sous le pseudonyme de Bud Spencer, n’est pas né barbu, comme tout le monde avait fini par le croire ! Depuis ses premiers succès aux côtés de Mario Girotti-Terence Hill, l’imposant Bud a arboré une épaisse barbe, accentuant son aspect grizzly. Son rôle de banquier dans le présent film, est un des rares (le seul ?) dans lequel il a fait les frais d’un rasoir et probablement d’after-shave.
Un moment à savourer, donc…

Repost 0
29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 13:09

Quand Pat Garrett vient demander au vieux shérif de l’aider à arrêter un hors-la-loi de la bande du kid, celui-ci n’est guère emballé. Mais c'est son job, et il y va quand même, accompagné de sa grosse femme mexicaine, elle-même lourdement armée. Évidemment, ça tourne mal : tout le monde se met à tirer, et le pauvre shérif prend une balle dans le ventre. Quasiment une balle perdue…

Un peu éberlué, réalisant à peine ce qui lui arrive, il s'éloigne du lieu de la fusillade, et va s’asseoir sur un rocher, face à la rivière. Sa femme le rejoint, retenant ses larmes, et le regarde mourir. Pendant ce temps, s’élève doucement la chanson de Bob Dylan « Knockin’on Heaven’s door ». Taper à la porte du Paradis.

Cette sublime séquence de « PAT GARRETT & BILLY THE KID », avec Slim Pickens et Katy Jurado, est peut-être la plus belle du film. Et curieusement, elle concerne deux personnages secondaires, sans réel rapport avec l’histoire principale. Un couple de vieux quidams, rattrapés par le Destin, à cause d’une amitié trahie, d’hommes en fuite, de civilisation en progrès… Que des choses qui ne les concernent pas vraiment.

Tout le génie atypique de Sam Peckinpah se trouve condensé dans cette scène.

Repost 0
27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 12:38

Il est parfois des moments, des images, des répliques qui subsistent alors que les films dont ils proviennent sont oubliés. « QUARANTE TUEURS » de Samuel Fuller, sorti en 1957 n’est certes pas oublié, mais c'est sa dernière séquence qui est entrée dans la légende.

Sorte de relecture des aventures de Wyatt Earp (ici renommé autrement) à Tombstone, « QUARANTE TUEURS » confronte une riche propriétaire terrienne à un homme de loi. À la fin, Barbara Stanwyck est tenue en otage par son propre frère qui s’en sert comme bouclier et menace de la tuer. Impassible, le shérif ouvre d’abord le feu sur Stanwyck – dont il est tout de même censé être amoureux ! – pour ensuite abattre le frérot comme un chien, de plusieurs balles. Puis sans même un coup d’œil pour ses victimes, il s'adresse à un villageois en s’en allant : « Appelez un docteur. Elle vivra ». Dans le scénario, elle était morte. Fuller regretta toute sa vie cette intervention de la censure…

De mémoire de cinéphile, on n’avait jamais vu chose pareille ! C'est ce genre d’idée folle, d’un machisme totalement décomplexé, qui a fait la réputation de Fuller qui réalisa des westerns sans grand moyen, sans grande star, mais qui sut imposer sa « griffe » par ce genre de scène ahurissante.

 

À NOTER : quelques vingt ans plus tard, le dessinateur Gotlib proposa un pastiche de la séquence dans une de ses « RUBRIQUES À BRAC » publiées dans PILOTE, et en citant ses sources.

Repost 0
27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 11:13

Le second western de Sergio Leone « ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » n’est peut-être pas son meilleur, mais il contient suffisamment de moments « culte » pour s’inscrire honorablement dans l’Histoire du genre. Mais il y a dans ce film, une séquence qui surpasse toutes les autres, et qui reste encore dans toutes les mémoires : trois bandits patibulaires, Luigi Pistilli, Mario Brega et Klaus Kinski, s’installent au bar du saloon. Ils doivent faire profil bas, pour ne pas éveiller les soupçons sur l’attaque de banque qu'ils fomentent. Arrive alors le chasseur de primes, Douglas Mortimer, pipe aux lèvres. S’apercevant que Kinski est bossu, il gratte une allumette sur la protubérance. L’autre se retourne, prêt à l’abattre sur place, mais ses complices l’en empêchent. Mortimer continue de provoquer silencieusement le bossu. Échanges de regards, crise de tics nerveux pour le malheureux bandit, et puis tout le monde s'en va. Et Mortimer a compris qu'il se tramait quelque chose, sinon il ne serait pas encore en vie.

Aucun dialogue, un montage hyper-efficace, des gros-plans expressifs, des sons exacerbés, et deux « gueules » invraisemblables comme Lee Van Cleef et Klaus Kinski. Il n’en faut pas plus pour s’inscrire dans les annales.

Repost 0
23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 18:28

 

Il y a un moment très bref, mais tout à fait délectable, dans le pourtant moyen "LA CARAVANE DE FEU". Deux hommes de main (l'un est l'excellent Bruce Dern), tentent de prendre nos deux héros par surprise en pleine rue, mais ceux-ci sont évidemment plus malins et plus rapides, et les descendent en une fraction de seconde.
Comme
Kirk Douglas et John Wayne sont constamment en compétition pendant le film, Kirk déclare fièrement : "Le mien a touché le sol en premier", ce à quoi Wayne répond goguenard : "Le mien était plus grand".
Fin de la scène, et grand moment de plaisir gourmet.

Repost 0

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens