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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 07:33

HENNESSY (1)On ne peut pas nier que « DIEU SAUVE LA REINE » ait vieilli : dans son rythme général trop pépère, par l’utilisation gênante d’acteurs américains pour jouer des Irlandais en HENNESSYIrlande, par son image cafardeuse de téléfilm BBC.

Mais malgré tout cela, le suspense fonctionne grâce à l’énormité de son postulat : sa femme et sa fille tuées à Belfast, un ingénieur part pour Londres afin de faire exploser le Parlement avec toute la famille royale dedans ! Il est poursuivi par la police, mais aussi par l’IRA qui ne veut pas qu’on lui mette cela sur le dos.

Le film fait penser à d’autres œuvres contemporaines comme « CHACAL » et « LA GRANDE MENACE » et s’il traîne la patte pendant une bonne partie de son métrage, il devient palpitant lors du dernier quart. Le montage de plans d’actualité montrantHENNESSY (2) Elizabeth II et sa famille mêlés aux protagonistes fictifs est extrêmement bien fichu et crédibilise extraordinairement un scénario tiré par les cheveux.

Dans le rôle central, Rod Steiger – plutôt dans un bon jour – est une masse compacte de désespoir et de détermination. La perversion du film étant qu'il nous oblige à prendre parti pour un assassin qui a sombré dans la démence ! On passe son temps à se ronger les ongles en espérant qu'il ne se fasse pas prendre. À ses côtés, Lee Remick est gaspillée dans un rôle décoratif pratiquement inutile au récit. Eric Porter se taille la part du lion, en leader de l’IRA sous tension permanente. À noter que Richard Johnson qui joue le flic hargneux, a également signé l’histoire originale. Le ‘trekkie » reconnaîtra avec surprise un jeune Patrick Stewart arborant un peu esthétique collier de cheveux.

Désuet dans sa facture, « DIEU SAUVE LA REINE » parvient à créer de jolies poussées d’adrénaline et à tenir en haleine. Un film-culte…

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 14:00

COMEDIENS (2)« LES COMÉDIENS » inspiré d’un roman de Graham Greene et malgré son générique prestigieux et hétéroclite, ne parvient jamais à décoller et s’enlise tout doucement dans l’ennui le plus total.

Pourtant Peter Glenville, auteur du magnifique « BECKET » crée une atmosphère singulière de désolation et d'abandon dans son décor (tourné au Dahomey et en studio en France) COMEDIENShaïtien, digne d'une ville-fantôme. On a constamment la sensation d'une vaste scène de théâtre où s'agitent vainement des personnages dérisoires, voire pathétiques, comme Richard Burton hôtelier pleutre et franchement minable.

Hélas, presque trois heures de ce régime (oui, oui, trois !), c'est tout de même beaucoup demander et le personnage de Liz Taylor, visiblement gonflé au scénario pour faire une belle affiche, finit de plomber le film. Replète et pomponnée, l'actrice a rarement été plus mauvaise. Par contre, Alec Guinness quiCOMEDIENS (1) nage dans le Greene comme un poisson dans l'eau, est formidable en mercenaire ringard et mythomane. Les seconds rôles sont bien campés : Paul Ford et Lillian Gish en charmant vieux couple d'écolos yankee en goguette. Peter Ustinov par contre, très « tenu » (probablement trop !) par son réalisateur, dort littéralement debout.

« LES COMÉDIENS » se perd en séquences répétitives trop dialoguées, mais parvient à trouver de temps à autres le ton juste, comme lors du discours de Burton, face aux troupes dépenaillées de rebelles à la fin : un régal de dérisoire et de cynisme. Ou dans l'inquiétante séquence de l'enterrement interrompu, ou celle des rebelles fusillés en pleine nuit devant la population. Ce n’est pas vraiment un navet, c'est – comme disent justement les anglo-saxons – un ‘misfire’.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 17:42

DARK OF THE SUNRéalisé par le grand chef-opérateur Jack Cardiff, « LE DERNIER TRAIN DU KATANGA » est un film « de mercenaires » tourné en Afrique et auréolé d’une belle réputation de film-DARK OF THE SUN (3)culte, probablement enjolivée par la nostalgie et les souvenirs de jeunesse.

Ce qui surprend d’emblée en le revoyant aujourd'hui, c'est sa facture un peu cavalière : les transparences sont systématiquement moches, la direction d’acteurs est flottante, les faux-raccords de montage sont innombrables et les coupes dues à la censure trop visibles. De plus, le scénario très linéaire prend sur la fin un drôle de chemin deDARK OF THE SUN (2) traverse, en adoptant un ton moralisateur incongru, voire franchement ridicule : quand le héros Rod Taylor (attention : petit SPOILER !) finit par massacrer l’abominable ex-nazi tueur d’enfants et assassin de son meilleur pote, le voilà subitement pris de remords et plongé dans des abimes de réflexion quant à la contagion de la violence. Après 1 H 40 de fusillades, de bagarres à la tronçonneuse, de carnages à la grenade !

Bref, tout ceci est bancal et manque cruellement du ‘star power’ du plus récent « LES OIES SAUVAGES » par exemple. Rod Taylor est crédible en mercenaire sans foi ni loi (malgré une ressemblance parfois confondante avec…Robin Williams !) mais ne dégage aucun charisme. Même chose pour Jim Brown qu’on a du mal à prendre pour un congolais pure-souche. Yvette Mimieux est bien jolie mais n’a rien à faire dans cette histoire à laquelle elle ne s’intègre jamais. Et comment ne pas sourire quand, lors de son agression DARK OF THE SUN (1)par l’horrible nazi, celui-ci s’évertue à lui arracher ses vêtements alors qu'il cherche à la noyer ?

« LE DERNIER TRAIN DU KATANGA » reste visible par son dynamisme décomplexé, ses clichés assumés (le « toubib » alcoolique présent à l’appel !) et une certaine sauvagerie dans les séquences d’attaques ou de pillage. Mais tant d’années après, sa vision réclame une bonne dose d’indulgence.

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 17:22

KALAHARIQuelques années après leur mythique « ZOULOU », Cy Enfield et l'acteur-producteur Stanley Baker retournent en Afrique pour un film excessivement bizarroïde intitulé « LES SABLES DU KALAHARI », un ‘survival’ philosophant sur le mince vernis de civilisation recouvrant l'homme moderne.

Après le crash d’un petit avion, une demi-douzaine d’individus disparates, dont une femme, se retrouvent perdus dans le désert. Pendant que le pilote va chercher de l’aide à pieds, le chasseur américain (Stuart Whitman) prend l’ascendant sur le groupe, s’accapare la femme et commence à tuer tout ce qui bouge. D’abord pour manger, ensuite pour s’assurer le territoire. Puis n'écoutant que son instinct, il entreprend de se débarrasser des poids morts. Pas de place pour la sentimentalité quand il s’agit de survivre !

Malgré sa longueur – deux heures – pas vraiment justifiée, le film est visuellement frappant, mélangeant adroitement les extérieurs sud-africains et les séquences de grotte tournées en studio. L’univers de ces hommes livrés à eux-mêmes se limite à quelques rochers escarpés, un point d’eau et une armée de babouins qui les entourent, comme une épée de Damoclès permanente.

C'est un scénario intrigant, surtout par le portrait qu'il brosse de Whitman, le plus apte à survivre : sanguinaire et dénué de la plus élémentaire compassion, il retourne rapidement à l’état sauvage. Susannah York aussi, à sa façon,KALAHARI (1) puisqu’elle se soumet au mâle dominant sans hésiter. Stanley Baker joue un ingénieur anglais alcoolique d’abord présenté comme un boulet, mais qui va préserver sa dignité et son humanité. À la fin, alors qu'il reste seul et se fait attaquer par les babouins, Whitman a bouclé la boucle et prouve qu'il est devenu l’un d’eux. Là, on rejoint curieusement l’œuvre d’Edgar Rice Burroughs !

« LES SABLES DU KALAHARI » a plutôt bien vieilli, malgré ses côtés trop proprets dans les vêtements des naufragés du désert et les coiffures vraiment trop impeccables. Ceci mis à part, c'est un film culotté, qui donne à réfléchir et dont la morale fait penser à la célèbre phrase de Leone : « Le monde se divise en deux, mon ami… Ceux qui ont un revolver chargé et ceux qui creusent… ». Les forts et les faibles, les civilisés et les brutes, les tueurs et les tués, etc.

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 08:05

On a gardé un souvenir ému du cultissime « SHAUN OF THE DEAD » et on a souri devant le drôle mais tout de même moins mémorable « HOT FUZZ ». Aussi un nouveau film du tandem d’auteurs-interprètes britons Simon Pegg-Nick Frost est-il accueilli avec une bienveillance teintée d’inquiétude. Vont-ils nous décevoir ? Ont-ils vendu leur âme au colonisateur U.S. ?PAUL « PAUL » nous prouve que… pas du tout !

Hommage aux films d’extra-terrestres, aux comic-books, à l’adolescence, road movie, « PAUL » est une comédie tendre, toujours en mouvement, qui entraîne dans le sillage d’un tandem de ‘geeks’ londoniens venus à une convention de BD aux States et rencontrant un alien fugitif qu'ils vont aider, car il est traqué par des Men in Black dirigés par… Sigourney Weaver ! Autrement dit, rien que du plaisir.

Le personnage (virtuel) de Paul, le « petit gris » sarcastique est si bien intégré dans les images réelles, qu’on ne pense jamais à trouver les F/X réussis. Il est instantanément assimilé à un véritable protagoniste. C'est peut-être l’exploit principal du film, une réussite que peu avaient atteinte avant lui. Les clins d’œil abondent, que ce soit à « RENCONTRE DU TROISIÈME TYPE », à « STAR WARS » et bien sûr à « ALIENS » par la seule présence de l’interprète de Ripley, qui se voit renvoyer à la figure sa légendaire réplique : « Get away from her, you bitch ! ». Et de quelle façon ! Notons aussi le ‘caméo’ vocal de Spielberg, totalement irrésistible.

Drôle, allant à son rythme sans craindre les pauses, « PAUL » n’exclue pas des flashes d’émotion et le ton général est plutôt attendri que mordant. Pegg et Frost créent un couple de potes, deux vieux enfants naïfs et inadaptés, avec verve et des vétérans comme Blythe Danner ou John Carroll Lynch s’en donnent à cœur-joie. Un film éminemment sympathique, à ranger sur la même étagère que l’inoubliable « GALAXY QUEST »… Lui aussi avec Sigourney Weaver, tiens !

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 18:23

Le britannique Lewis Gilbert est surtout connu pour avoir réalisé quelques 007. En 1954, il signa « LES BONS MEURENT JEUNES », un excellent ‘film noir’ aux faux-airs de ‘caper’ (film de braquage), porté par un riche casting anglo-américain. BONS MEURENT JEUNES

Le scénario prend le temps de présenter les quatre protagonistes, dont trois sont de braves types dans la mouise : Stanley Baker est un boxeur sorti tout droit de « NOUS AVONS GAGNÉ CE SOIR », qui perd sa main après un combat de trop, Richard Basehart un ex-G.I. revenu de Corée, dont la femme est asphyxiée par une mère épouvantable et John Ireland est un militaire marié à une starlette nympho. Le quatrième n’a rien d’un brave type. Laurence Harvey joue un gigolo amoral et manipulateur qui va utiliser la détresse des trois autres, rencontrés dans un pub, pour monter le hold-up d’un fourgon postal. Le braquage le plus foireux et mal préparé de l’Histoire du genre au cinéma !

On a tout le temps de s’attacher aux protagonistes, de les connaître intimement et chacun a sa partition à jouer. Le quatuor fonctionne à merveille et ils sont entourés de superbes seconds rôles comme Robert Morley qui joue le père de Harvey dans une unique séquence d’une incroyable âpreté, Joan Collins toute jeune en épouse enceinte de Basehart et Gloria Grahame qui tient son emploi habituel de garce égoïste à la molle sensualité. Mais le personnage le plus terrifiant est encore cette belle-doche des enfers, malade imaginaire passive-agressive et venimeuse : un véritable cauchemar en robe-de-chambre ! Pas vraiment un film féministe, dirons-nous...

BONS MEURENT JEUNES (1)

Film très peu connu, oscillant entre plusieurs genres comme le drame psychologique, le polar et l’étude de mœurs, « LES BONS MEURENT JEUNES » suinte de cette ambiance précaire des années d’après-guerre et organise parfaitement tous les rouages de cet engrenage mortel qui fait de quidams malchanceux des criminels improvisés. Laurence Harvey y compose un des plus abjects personnages de crapule sans Dieu ni maître qu'il soit donné de voir. À découvrir.

 

À NOTER : le film est récemment sorti en UK dans une copie assez moyenne mais visible. Hélas sans le moindre sous-titre.

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 17:17

Pour qui  a aimé « LE DERNIER DES MOHICANS », « LE TREIZIÈME GUERRIER » et « APOCALYPTO », « L’AIGLE DE LA NEUVIÈME LÉGION » sera une fête de chaque instant. Inspiré d’un roman célèbre, le scénario est parfaitement construit et suit le parcours d’initiation rédemptrice d’un jeune centurion romain cherchant à laver le nom de son père disparu vingt ans plus tôt en Bretagne.

EAGLE

Bien loin des péplums kitsch des années 60, le film opte pour un visuel ultra-réaliste : la boue, le sang, la sueur, la barbarie, les chairs tranchées à vif, tout est tangible, cruel, crédible. Et c'est dans ce contexte oppressant et visuellement somptueux que se développe le véritable cœur de l’histoire, l’amitié entre le Romain et son esclave breton qui le guide dans sa quête. Ce n’est que lorsque la relation maître-esclave s’inversera dans la longue séquence dans le village picte, que le film prendra tout son sens. Tout le travail de déco, les repérages, le réglage des scènes de combat frise la perfection et l’interprétation des jeunes Channing Tatum et Jamie Bell mérite toutes les louanges. Ne serait-ce que par leurs exploits physiques qui ne semblent jamais feints. C'est toujours avec plaisir qu’on retrouve ce bon vieux Donald Sutherland, dans un rôle d’oncle chaleureux, pendant le premier tiers.

Sans doute parce qu'il arrive après les films-référence cités plus haut, « L’AIGLE DE LA NEUVIÈME LÉGION » ne s’impose pas tout à fait comme un « classique instantané ». Ce qui n’empêche pas d’y prendre un grand plaisir et d’admirer un réel savoir-faire à tous niveaux. L’arrivée des vieux légionnaires, sortant des brumes du passé, est un grand moment de cinéma comme on l’aime !

 

À NOTER : l’épilogue qui tombe un peu à plat et laisse insatisfait. Il fut apparemment filmé bien après le tournage, comme le prouve la fin « alternative » (visible dans les suppléments du DVD), plus logique mais au fond, pas tellement plus satisfaisante…

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 08:39

DISCOURS ROI (1)Tout le monde aime « LE DISCOURS D’UN ROI ». Qu'il s’agisse des « professionnels de la profession » ou du public lambda, le film a réuni tous les courants d’opinion et créé un rare consensus autour de lui. C'est donc typiquement le genre de film qu’on a envie de démolir par principe ! Mais honnêtement, c'est difficile. D’abord parce que c'est DISCOURS ROIeffectivement un bon film, qu'il est très soigneusement fabriqué et qu’à l’image de l’excellent « QUIZ SHOW » de Redford, par exemple, il parvient à créer un suspense aux enjeux phénoménaux, à partir d’un postulat parfaitement dérisoire : jadis un jeu télévisé, ici un simple discours radiophonique. Enfin – pas si simple, puisqu’il s’agit pour un nouveau monarque handicapé par son bégaiement, d’annoncer l’entrée en guerre de l’Angleterre à son peuple.

L’image est raffinée, les cadrages souvent osés. À peine déplorera-t-on un usage trop systématique des courtes focales déformantes, qui se justifie pour traduire le malaise du roi en public, mais qui devient un effet de style un peu lassant à la longue. Mais les deux heures passent comme un enchantement, on sourit souvent, on compatit et on admire le gratin des comédiens britanniques dans leurs œuvres : Geoffrey Rush se taille la part du lion dans un rôle en or d’acteur raté devenu orthophoniste de génie. Un excentrique culotté et impertinent qui parvient à psychanalyser le futur roi « à la dure ». Dans le rôle beaucoup plus complexe et ingrat du « vilain petit canard » bègue et introverti, Colin Firth est superbe de maîtrise. À leurs côtés, Helena Bonham-Carter, qu’on est content de retrouver loin des délires de Tim Burton et Timothy Spall impeccable en Churchill.

« LE DISCOURS D’UN ROI » est en réalité un film sur l’amitié entre deux hommes, sur l’entraide, mais aussi sur une enfance gâchée, une existence tout entière hantée par l’échec et la peur de l’échec.

À la fin, on n’a plus du tout envie de lui chercher des poux à ce film si consensuel. C'est un très beau travail d’orfèvre et voilà tout.

Notons l’image saisissante de la famille royale au balcon du palais, saluant la foule. Parmi eux, une fillette d’une dizaine d’année prénommée Elizabeth. Ce qui donne le vertige, c'est qu'elle y est toujours, sur ce balcon !

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 17:33

SQUEEZE (1)« LE PIÈGE INFERNAL » est le premier film de Michael Apted, connu depuis pour quelques films comme « GORILLES DANS LA BRUME » ou « GORKY PARK ». Modeste polar, le film veut se situer dans la mouvance de thrillers anglais réalistes des seventies comme « LA LOI DU MILIEU » ou « DU SANG SUR LA TAMISE » : il en possède le lookSQUEEZE grisâtre et sinistre, une approche dédramatisée du genre et SQUEEZE (2)des personnages complexes et peu attachants.

Mais cette histoire de hold-up et de kidnapping est beaucoup trop anecdotique pour accrocher vraiment et l’approche inesthétique de l’image finit par lasser l’œil. Sans même parler d’une épouvantable BO « pulsante » qui casse littéralement la tête.

Apted insiste sur de lourdingues séquences de nudité : celle où le héros Stacy Keach se retrouve complètement nu en pleine rue ou le strip-tease forcé d’une otage au physique moyennement affriolant. Un des « strips » les plus cafardeux de mémoire de cinéphile !

L’intérêt (sporadique) qu’on peut éprouver à l’égard du film vient du portrait de cet ex-flic alcoolique. Car son addiction n’a rien de ‘glamour’ comme celle d’un Paul Newman dans SQUEEZE (3)« VERDICT » par exemple. Non, Keach n’est qu’un pochetron insalubre et décourageant à la calvitie ébouriffée, saisi de tremblote et de vomissements. Le genre de rôle qu'il avait déjà approché dans le « FAT CITY » de John Huston. Difficile de faire plus antihéros ! L’excellent Edward Fox est gaspillé et Stephen Boyd, amaigri, campe un caïd irlandais plutôt inquiétant.

Sans être une réussite, « LE PIÈGE INFERNAL » n’est pas totalement raté et contient quelques idées intrigantes. Toute la fin est en tout cas très bien orchestrée et l’affrontement final entre Keach et Boyd est dramatique à souhait. Une curiosité…

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 07:08

« DEUX FILLES D’AUJOURD'HUI » raconte en une succession de flash-backs, les retrouvailles de deux anciennes colocs londoniennes, après six ans de séparation. À peu près équilibrées et intégrées à la société, elles se remémorent leur amitié, à l’époque où elles étaient encore des laissés-pour-compte névrosées, défigurées par les tics nerveux et/ou les maladies de peau.2 FILLES

Alors que l’une passe le week-end chez l’autre, elles croisent des personnages de leur passé commun. Mais peut-être cela ne se passe-t-il que dans leur imagination ? Comme d'habitude, Mike Leigh nage entre plusieurs eaux : l’ultra-réalisme documentaire, l’humour tendre ou cruel (ou les deux en même temps !), la joie de vivre et l’infinie tristesse.

Et comme toujours, il pose sa loupe sur des individus singuliers, presque repoussants, dont il dévoile progressivement l’humanité et la tendresse, jusqu'à les rendre proches et presque intimes.

Lynda Steadman et la regrettée Katrin Cartlidge sont formidables, assumant sans aucune vanité ces rôles ingrats et à fleur de peau. Constamment au bord du fou-rire et de la crise de larmes. À leurs côtés, tous les seconds rôles existent totalement. À commencer par ce gros garçon inadapté, les yeux toujours mi-clos, incapable d’achever la moindre de ses phrases : une plaie ambulante ! Andy ‘Gollum’ Serkis est très bien dans une séquence où il fait visiter son appart aux deux filles.

Moins « choral » que les chefs-d’œuvre de Mike Leigh, ce petit film à la structure flottante, pose délicatement le doigt sur un mystère impossible à définir ou expliquer, nommé l’amitié.

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