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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 15:31

FRIGHTSoyons clairs : le seul (petit) intérêt de « FRIGHT » aujourd'hui est uniquement rétrospectif. Tourné au début des seventies par l’inégal anglais Peter Collinson, il est clairement l’ancêtre des ‘slashers’ de la fin de la décennie comme « TERREUR SUR LAFRIGHT (2) LIGNE » ou « LA NUIT DES MASQUES ».

La baby-sitter isolée dans une maison lugubre, un psychopathe qui rôde, un boy friend assassiné, tout y est ou presque. À part qu’ici, nulle trace de fantastique, le scénario est simpliste et scolairement écrit, la photo fait très téléfilm BBC et Collinson FRIGHT (1)ne sait qu’empiler les extrêmes gros-plans de visages et les coups de zoom pour susciter la terreur. C'est évidemment raté. Et comme sa direction d’acteurs – la grosse faille de ce réalisateur – est plus que flottante, il ne reste pas grand-chose à se mettre sous la dent. Il faut voir à quoi en est réduit ce généralement bon acteur qu’est Ian Bannen, jouant ici le croque-mitaine. Les yeux sortant des orbites, grinçant des dents, gloussant et marmonnant, il compose un échappé d’asile entre le débile profond et le monstre de Frankenstein. À mourir de rire !

Susan George, sorte de Brigitte Bardot version ‘swinging London’, en fait elle aussi des tonnes dans la trouille hystérique. On se console comme on peut avec ses minijupes complaisamment filmées. On reconnaît Honor Blackman (qui joua la mère de Susan George dans « L’ANGE ET LE DÉMON ») en maman étouffante.

FRIGHT (3)

Étape dans la naissance d’un sous-genre du film à suspense, « FRIGHT » est difficile à regarder 40 ans plus tard et encore plus à apprécier. La faiblesse du scénario, la nullité presque comique des « coups de théâtre » et la fin d’un grotesque surréaliste, ne laissent aucune chance au film d’acquérir un statut culte, même au dixième degré. Reste Susan donc, bien jolie à voir. Enfin – dans les rares plans où elle ne hurle pas.

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 09:03

À la suite du petit chef-d’œuvre que fut « THE DESCENT », on attendait impatiemment la suite de la carrière de Neil Marshall. « DOOMSDAY » fut une colossale déception, au point qu’on en venait à se dire que le précédent avait dû être un coup de chance. Heureusement, même s’il n’atteint pas les hauteurs de son œuvre de référence, « CENTURION » vientCENTURION rétablir l’équilibre.

Dans la mouvance récente du blockbuster médiéval, régénéré par « GLADIATOR », « CENTURION » surmonte les errances et culs-de-sac d’un scénario trop confus et manifestement trop retripatouillé, pour créer un grand spectacle visuellement magnifique et porté par des personnages forts et ‘bigger than life’. On trouve là-dedans des réminiscences du film de Ridley Scott, mais aussi des « 7 SAMOURAÏS », des ‘survivals’ à la mode ces dernières années et une envie de cinoche tout à fait réjouissante.

Outre quelques « gueules » bienvenues, Marshall a eu la bonne idée de caster Michael Fassbender dans le rôle de l’officier romain. Son comportement discret, loin de tout machisme, son approche délibérément réaliste, anti-hestonienne, apportent un poids de réalité et d’émotion à tout le film. On souffre avec lui, on prend des coups, on résiste et on oublie sans trop de difficultés les faiblesses de l’histoire. À ses côtés, l’excellent Dominic West est un général truculent et haut-en-couleur et Olga Kurylenko crève l’écran dans le rôle en or de la traqueuse picte, une femme-louve muette à la sauvagerie inouïe, qui décapite comme on respire. Les rôles de femmes sont d'ailleurs – et c'est assez rare pour le noter dans ce genre de production – étonnamment bien servis et originaux.

On n’a pas le temps de s’ennuyer, d’autant que le film a l’intelligence d’assumer une durée « normale », et si on doit faire un vrai reproche, ce sera le traitement des séquences de bataille montées de façon épileptique, à l’extrême limite de la lisibilité. Dommage…

Allez ! On enterre définitivement « DOOMSDAY » et on attend le prochain Neil Marshall de pied-ferme.

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 08:21

Le 30 janvier 1972, à l’occasion d’une marche pacifique à Derry en Irlande du nord, les troupes anglaises ouvrent le feu sur les manifestants, occasionnant treize victimes parmi les civils. Ce sont ces évènements déclencheurs que relate « BLOODY SUNDAY », dont le BLOODY SUNDAYprincipal intérêt (cinématographiquement parlant) est l’option prise par son réalisateur Paul Greengrass dans la mise en scène.

Tout est filmé « à l’arrache », en caméra à l’épaule, dans des plans parfois à peine lisibles, le son est souvent inaudible, le « temps réel » est intelligemment recréé, un style que le réalisateur gardera d'ailleurs – en un peu moins radical –  pour ses ‘blockbusters’ U.S. dans l’avenir. On plonge directement dans le feu de l’action, dans un montage parallèle allant de la manif au QG des forces de l’ordre et des paras. Les séquences très courtes sont rythmées par d’incessants fondus au noir. La montée de la violence est parfaitement rendue, on ressent un sentiment d’inéluctable à mesure que la tension augmente et le massacre lui-même est choquant de réalisme, sans jamais céder au spectacle gratuit.

On retrouve par instants le pouvoir d’indignation qu’on pouvait ressentir dans les grands films politiques des années 60 et 70 comme « LA BATAILLE D’ALGER », « Z » ou certains Francesco Rosi. Les comédiens sont tellement fondus dans leurs rôles, qu’on en oublie qu'il s’agit de professionnels. À leur tête, James Nesbitt est parfait en politicien plein de bonne volonté, rapidement débordé, englouti par la violence.

En refusant toute dramatisation factice, toute scénarisation excessive, Greengrass signe une œuvre exigeante et âpre, pas forcément plaisante à regarder, mais dont la puissance émotionnelle est indéniable.

 

À NOTER : un plan au début, montrant le cinéma de Derry, qui joue « SUNDAY, BLOODY SUNDAY », le film presque homonyme de John Schlesinger et… « LES 7 MERCENAIRES » !

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 08:15

Dans la lignée des thrillers minimalistes à la « BOUND », « LA DISPARITION D’ALICE CREED » est encore plus radical dans son approche de la dramaturgie : trois personnages enALICE tout et pour tout, aucune figuration, de longues plages sans dialogue, une psychologie réduite au plus épuré des archétypes, une bonne partie de l’action se déroulant hors du champ de la caméra et une tension allant crescendo.

Si on met un moment à vraiment entrer dans le film à cause de son aspect abrupt et glacé, on est progressivement gagné par la maîtrise de l’auteur, qui ne se détourne pas une seconde de son sujet (un kidnapping qui tourne mal, pour faire simple) et enchaîne les coups de théâtre avec une rigueur sans faille.

Le trio d’acteurs est tout simplement parfait : Eddie Marsan avec sa tête inquiétante de ragondin, est imprévisible, à la fois monstrueux et laissant filtrer des éclairs d’humanité. Martin Compston est d’une totale ambiguïté, tellement retors qu’on se perd dans les méandres de sa traîtrise. Gemma Arterton accepte avec abnégation les côtés humiliants et dégradants de son rôle d’otage, lui apportant une formidable énergie vitale.

Pas une once de gras, pas une séquence en trop, aucune complaisance et surtout – c'était certainement le plus difficile – nulle théâtralité dans ce suspense âpre et cruel, qui en excluant l’humour et le second degré, installe une tension permanente et une sensation de claustrophobie durable. Une bonne surprise, autrement dit…

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 07:46

Adulé par Martin Scorsese qui a présidé à sa restauration récente, considéré comme « Un Des Meilleurs Films Du Monde » par de nombreux éminents critiques, « LES CHAUSSONS ROUGES » fait partie de ces films intouchables entrés dans le panthéon du 7ème Art, auxREDSHOES côtés de « CITIZEN KANE » ou « LA RÈGLE DU JEU ». Ce genre de film en fait, qu’on n’a quasiment pas le droit de ne pas aimer !

Pourtant s’il voulait pinailler et jouer les iconoclastes, « WWW » pourrait insinuer que le monument de Michael Powell met longtemps, très longtemps à démarrer, que certains comédiens comme Marius Goring bien âgé pour jouer un étudiant, sont à la limite du supportable, que le cabotinage strident des seconds rôles tape sur les nerfs et que la personnalité de Moira Shearer est peu attachante. Mais d’un autre côté, il pourrait également reconnaître la magie incontestable des décors – qu'ils soient naturels ou recréés en studio, la beauté fulgurante de la photo de Jack Cardiff dont les compositions rejoignent les grands peintres classiques, et s’avouer vaincu lors du dernier tiers, quand la cruauté lyrique du ballet des ‘chaussons rouges’ déteint sur le monde réel et entraîne l’héroïne vers le gouffre.

Le scénario parle bien sûr du total don de soi-même à son art, du choix qu’un artiste doit faire entre la vie réelle et l’accomplissement de son talent, il parle aussi de manipulation, de possession… Tous ces thèmes seront présents des décennies plus tard dans le magnifique « BLACK SWAN » (un quasi-remake) qu’on reçoit aujourd'hui de façon plus directe et frontale, car ne nécessitant pas l’effort de fermer les yeux sur les côtés kitsch et désuets d’une œuvre comme « LES CHAUSSONS ROUGES ».

Quoiqu’il en soit et quel que soit le taux de réceptivité qu’on peut avoir pour ce genre de film, force est d’admirer le travail de restauration effectué en 2009 sur l’image et dont l’édition Blu-ray permet de totalement profiter. Chapeau bas !

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 08:37

Pas étonnant de trouver le nom de l’auteur de « GOSFORD PARK » au générique de la série « DOWNTON ABBEY », puisque celle-ci ressemble à une variation sur le même thème. À savoir, la vie d’une demeure au début du 20ème siècle en Angleterre et la relation subtile et complexe liant les maîtres des lieux, une famille d’aristocrates avec leurs employés et domestiques.

L’extrême précision de l’écriture, la finesse de l’étude psychologique, les résonnances sur notre monde d’aujourd'hui et la richesse inouïe du casting, font que la série évite le piège du ‘soap’ en costumes et devient un microcosme puissant et foisonnant des relations humaines, qu'elles soient sociales ou familiales. L’anecdote la plus apparemment anodine (le vol de bouteilles de vin) prend des proportions de suspense hitchcockien, le plus banal des malentendus (une femme de chambre qui pense qu'elle va être renvoyée) peut changer en profondeur la destinée de toute la famille. C'est du travail d’orfèvre, jusqu'au plus petit détail et le visuel suit, puisque la photo est continûment ciselée, d’un esthétisme discret mais constant.

ABBEY

Bien sûr, comme souvent dans les productions anglaises, le plaisir vient de la qualité de l’interprétation. Dans « DOWNTON ABBEY », tout le monde devrait être cité : Hugh Bonneville – qui a de faux-airs de Bill Murray – magistral en maître de maison bon-enfant, Jim Carter formidable d’humanité bourrue en ‘butler’ sévère mais juste, Maggie Smith délectable en lady dépassée par son époque mais qui n’a rien perdu de sa capacité à nuire, Brendan Coyle dans le rôle mystérieux du majordome boiteux au passé trouble, et Elizabeth McGovern, très peu changée depuis « IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE » datant d’il y a trois décennies, tout en douceur et en intelligence.

Énorme pouvoir d’addiction donc, pour cette série de prestige, qui ne connaît aucune baisse de régime, demeure toujours lisible malgré la multiplicité de ses protagonistes et des sous-intrigues, et parvient à passionner pour un monde tombé en désuétude et des individus qui pourraient nous sembler lointains et désincarnés. « DOWNTON ABBEY », c'est exactement le contraire. Bel exploit.

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 09:28

En 1979 et 1982, les « aventures » de George Smiley avaient déjà connu une adaptation en miniséries pour la TV anglaise avec Alec Guinness qui avait immortalisé le personnage créé par John LeCarré. « LA TAUPE » revisite le roman, sous la houlette du réalisateur suédois de l'envoûtant « MORSE ».

L’accueil critique a été unanimement positif, au point qu’on se sent presque gêné de ne pas participer à la fête. Cette adaptation fidèle et solennelle de l’œuvre du grand romancier de l’espionnage etTAUPE de la guerre froide, légitimée par la présence de l’auteur lui-même parmi les producteurs, apparaît comme un pensum aussi monochrome que monocorde. La construction en flash-backs pas toujours très lisibles, les partis-pris peu justifiés (ne pas montrer le visage de certains personnages, par exemple), l’absence de gros-plans, la grisaille généralisée de l’image, finissent par assoupir l’attention et à laisser l’esprit vagabonder. Quand les enjeux sont enfin clarifiés, le scénario apparaît comme un ‘whodunit’ confus et poussiéreux qui ne retrouve jamais le pouvoir de fascination morbide que pouvaient exercer des œuvres comme « L’ESPION QUI VENAIT DU FROID », par exemple. Ici, on regarde, on subit, on essaie de suivre et de comprendre (à quoi servent les scènes entre Mark Strong et le garçonnet à lunettes ?) et quand arrive la résolution… on se demande s’il était vraiment nécessaire d’être si embrouillé pour en arriver là.

La distribution est impeccable heureusement, avec en tête un Gary Oldman qu’on est heureux de voir sobre et intérieur comme il l’a rarement été. Tom Hardy, véritable caméléon est complètement méconnaissable, John Hurt égal à lui-même et Colin Firth cultive l’ambiguïté en orfèvre.

Le lecteur assidu du roman de LeCarré trouvera certainement plus de gratification à cette adaptation qu’un spectateur lambda, mais « LA TAUPE » pour sérieux, austère et rigoureux qu'il soit, n’en est pas moins une épreuve de deux longues heures. Mais… ce n’est pas une opinion majoritaire ! Donc à chacun de se faire son idée.

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 16:08

IRONCLAD (1)YES !!! Ça y est ! Ce que Ridley Scott avait à moitié raté avec son « ROBIN DES BOIS », « LE SANG DES TEMPLIERS » le réussit à 100%. Le voilà enfin le grand film sanguinaire et barbare sur le Moyen-Âge qu’on attendait depuis des années.

Manifestement amateurs de westerns, les auteurs démarrent comme un remake médiéval des « 7 MERCENAIRES » (le recrutement des fortes têtes) et développe en une version ‘hardcore’ de « ALAMO » pendant le siège du château. Malgré ses deux heures bourréesIRONCLAD jusqu'à la gueule, le film ne paraît jamais long, bien au contraire : on en aurait bien repris pour une heure ! On retrouve l’ambiance boueuse et ultra-réaliste de « LA CHAIR ET LE SANG » de Verhoeven, pimentée d’une violence absolument épouvantable, qui au lieu de rendre le film trivial, lui envoie des giclées d’adrénaline éprouvantes. Ainsi, le sort réservé à Brian Cox n’est-il pas à mettre devant tous les yeux.

Tous les personnages sont admirablement typés : le héros, un templier rongé par le doute et le remords est campé avec puissance par l’excellent James Purefoy dont l’autorité devient impressionnante. Face à lui, Paul Giamatti, beaucoup moins sobre, est stupéfiant en Roi Jean. Nabot sadique et haineux dans la lignée d’un Caligula, il bouffe l’écran, ne reculant devant rien pour rendre son personnage le plus haïssable possible. Mission accomplie ! Wladimir Kulich (le chef dans « LE TREIZIÈME GUERRIER ») est extraordinaire en mercenaire des pays froids. À se demander pourquoi personne n’a pensé à lui proposer le rôle de Conan le barbare dans le récent remake. Il suffisait d’une perruque brune… Kate Mara est bien jolie et parvient à éviter la mièvrerie dans sa relation avec le templier.

Âpre, tendu comme un arc, poussant encore plus loin les pistes explorées par « KING ARTHUR », « BRAVEHEART » et quelques autres, « LE SANG DES TEMPLIERS » malgré son titre français de série B est un vrai bon film à grand spectacle. Et même un peu mieux que cela : presque un grand film, en fait…

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 05:23

Il y a des films qu’on regarde passivement, sans rien y comprendre. Il y a ceux qu’on croit comprendre sans qu’on en voie l’intérêt. Puis il y a ceux – plus rares et précieux – qu’on présume incompréhensibles, mais qui ouvrent l’imaginaire et laissent place à l’interprétation personnelle. On pense à David Lynch, à Kubrick…

PUFFBALL« PUFFBALL » se situe à la croisée de tous ces courants. Le nom de Nicolas Roeg et le souvenir de son génial « NE VOUS RETOURNEZ PAS » incitent à la curiosité. Mais malgré toute la bienveillance et l’indulgence du monde, impossible de ne pas être terrassé par l’ennui. « PUFFBALL » est un pot-pourri de fable sur la fécondité, sur la création, sur la magie noire et la superstition, qui se déroule entièrement dans le décor triste à pleurer d’une campagne irlandaise grisâtre et humide en hiver. Toutes les séquences se ressemblent, les personnages n’ont aucune épaisseur et leurs névroses semblent plaquées, systématiques.

Pourtant, on aime beaucoup Kelly Reilly et Miranda Richardson qui en fait joyeusement des tonnes, en agricultrice givrée. Donald Sutherland apparaît dans deux séquences en architecte rêveur et parle si bas qu’on entend à peine ce qu'il dit. On aurait aimé que l’étrangeté naisse d’elle-même, qu'elle se distille progressivement, comme dans « NE VOUS RETOURNEZ PAS » et que la conclusion soit claire et limpide. Mais il faut se rendre à l’évidence : malgré la présence de Roeg et Sutherland au générique, on est bien loin du chef-d’œuvre des seventies. D'ailleurs, les séquences érotiques sont aussi tristes qu'elles furent perturbantes jadis. Typiquement le genre de film qu’on aurait aimé aimer. Hélas…

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 05:15

« MAD DOGS » est une minisérie anglaise qui connut un gros succès l’année dernière en UK. Et pleinement justifié ! À peine pourra-t-on être dérouté par le format qui découpe le scénario en quatre parties de 45 minutes, alors qu'il s’agit en réalité d’un long film de près de MAD DOGStrois heures, dont rien ne justifie ce saucissonnage arbitraire. À part ce détail pas vraiment gênant, « MAD DOGS » est un véritable bijou, qui manie avec maestria le mélange de genres : cela démarre par l’arrivée de quatre copains de lycée quadragénaires dans la maison d’un ami installé à Majorque. Ce qui devrait être une fiesta alcoolisée et nostalgique devient rapidement un règlement de comptes sordide entre vieux ados en pleine ‘midlife crisis’. Puis alors qu’on s’installe dans ce mood réaliste et cruellement drôle, le film bifurque dans le polar noir et ultra-violent.

On va donc de surprise en surprise, porté par un quatuor de comédiens en état de grâce. Toutes leurs réactions sont parfaitement crédibles, créant une totale empathie et une vraie identification. Ils passent de l’avidité à la terreur, de la haine à l’amour, du découragement à la folie furieuse dans un Grand-8 émotionnel sidérant sans la moindre plage de repos. Des quatre se détachent nettement Marc Warren, qui rappelle un jeune Malcolm McDowell, exceptionnel en irresponsable imprévisible et Philip Glenister qui s’affirme peu à peu comme le véritable protagoniste de l’histoire et prend à la fin, une dimension inattendue.

Très bien filmé à la courte focale, dans des couleurs vives et saturées, maniant l’ellipse en expert et l’humour noir avec parcimonie, « MAD DOGS » est un petit chef-d’œuvre télévisuel dans la mouvance de « VERY BAD TRIP » en beaucoup plus fin et profond. À découvrir.

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