Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 07:42

« INDIAN PALACE » s’inscrit dans la tradition de ces comédies anglaises douces-amères, qui partent du postulat de départ le plus déprimant possible, pour laisser progressivement filtrer une lueur d’espoir et de joie de vivre. Lueur le plus souvent générée par la chaleur humaine et l’entraide.

Ici, plusieurs retraités partent en Inde pour finir leurs jours dans un hôtel de luxe pour personnes âgées. Hélas, à l’arrivée, ils débarquent dans un vieux palais décrépit, en ruines et se retrouvent face à leur solitude et leur précarité.

Luxueusement produit, le film réalisé avec efficacité par John Madden, ne s’est privé de rien INDIANcôté casting. C'est la « crème de la crème » de la scène anglaise qui s’est réunie pour l’occasion. Ces immenses comédiens sont pour 90% dans le bonheur que procure ce film un peu trop calibré pour plaire (les anglo-saxons appellent ce genre de films des ‘crowd pleasers’, qu’on pourrait traduire par des ‘flatteurs de foules’), mais parsemé d’instants authentiquement émouvants et/ou jubilatoires. Il faudra fermer les yeux sur certains personnages beaucoup trop caricaturaux comme le jeune directeur du palace et de façon générale sur un scénario tellement vissé et symétrique, qu'il bloque toute possibilité de surprise.

De la magnifique distribution se détachent Judi Dench, bouleversante comme elle l’a rarement été, Tom Wilkinson qui se sort avec les honneurs d’un rôle que seul son métier et sa sensibilité rendent crédible, le toujours délectable Bill Nighy. Mais le bonus du film, c'est la merveilleuse Maggie Smith, extraordinairement drôle, qui maîtrise un cabotinage millimétré, pour créer un joli personnage de vieille fille aigrie et raciste, gagnée peu à peu par les charmes du pays et de son peuple. Un délice !

« INDIAN PALACE », malgré une durée de deux heures quelque peu exagérée, est un produit ‘made in Britain’ dont on aurait tort de se priver par les (tristounets) temps qui courent.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article
31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 16:01

La première saison de « MAD DOGS » nous avait ravis par sa maîtrise et son culot, un an plus tard, la seconde (même s’il est difficile de parler de « saison » quand on n’a droit qu’à 4 épisodes de 43 minutes !) reprend très précisément là où s’achevait la précédente.

C'est la même chose donc, mais pas tout à fait. Visuellement déjà, la réalisation est moinsMAD DOGS 2 chargée, l’image moins bidouillée, plus réaliste. Disons que si la 1ère saison était une sorte d’orgie alcoolisée aux couleurs saturées, la seconde est plutôt la gueule de bois carabinée qui s’ensuit.

Nos quatre copains continuent de s’embourber dans un engrenage de trouille, de violence, dont ils ne voient pas l’issue. D’heure en heure, ils tombent de charybde en scylla. De la vieille femme pratiquant la santeria, jusqu'aux tueurs jumeaux, en passant par le caïd local, ils sont embarqués dans une folle épopée à Ibiza. Quand les touristes s’amusent, eux sont obligés de fabriquer des pilules d’ecstasy, passent leurs journées à cavaler, une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Leur longue quête d’argent pour rembourser leur dette à la pègre, finit par être réellement stressante !

Les quatre acteurs principaux habitent littéralement leurs rôles comme des secondes peaux. On ne se rend même plus compte qu'ils sont excellents, tant on les identifie aux personnages. À leurs côtés, la très ravissante Leticia Dolera tient un rôle ambigu et attachant et on a le bonheur de retrouver David Warner en très grande forme, en narcotrafiquant plus qu’inquiétant, malgré son look de retraité en villégiature.

La fin ouverte nous promet une 3ème saison au Maroc. Espérons que les auteurs sauront maintenir ce niveau de qualité et ne pas céder au systématisme. À suivre…

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article
26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 08:04

Inspiré de faits réels (la liaison-express entre un petit stagiaire mise-en-scène et Marilyn Monroe pendant un tournage à Londres), « MY WEEK WITH MARILYN » surmonte pas mal d’écueils à condition d’enclencher très tôt sa ‘suspension of disbelief’ (suspension d’incrédulité).

Car il en faut pour gommer le temps de la projection, l’image de stars aussi connues que MY WEEKMonroe, Laurence Olivier ou Vivien Leigh et les accepter sous les traits de Michelle Williams, Kenneth Branagh ou Julia Ormond. Ils font tous un travail remarquable, mais à l’impossible nul n’est tenu. Et malgré quelques instants saisissants, la première ne trouve jamais la profonde instabilité de Marilyn, la complexité volatile de son comportement, la détresse déguisée en exubérance, qui faisaient toute sa singularité. Tout simplement, parce que cela ne se « joue » pas. Cela se paie très cher. Branagh qui fut longtemps surnommé « le nouveau Olivier » donne de ‘Sir Larry’ une interprétation trop ronde et bonhomme, brouillant ainsi sa relation, ou plutôt sa non-relation avec Monroe.

Judi Dench est géniale comme souvent, en vénérable actrice de théâtre aux réactions inattendues et le jeune Eddie Redmayne est tout à fait convaincant dans le rôle du narrateur, car il n’a à se confronter à aucune image iconique du passé.

Le scénario de « MY WEEK WITH MARILYN » est bien rythmé, le film va toujours de l’avant, mais la réalisation paraît parfois étriquée. On a le sentiment que le tournage du « PRINCE ET LA DANSEUSE » se résume à quelques séquences d’intérieur toujours identiques. Quant à ce qui compose le cœur du film, à savoir la relation entre l’étoile et le « ver de terre », c'est tellement ellipsé, qu’on finit par ne plus très bien savoir ce qui s’est passé entre eux.

Un joli film agréable à regarder mais dans lequel il est difficile d’entrer complètement, tant on est constamment poussé au jeu des comparaisons.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article
23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 07:36

ONEGIN (1)Pour être parfaitement honnête, un film réalisé par la sœur de Ralph Fiennes, d'après un roman de Pouchkine, cela peut inciter à la méfiance. Aussi « ONEGIN » (ça se prononce ‘Oniéguine’) a-t-il longtemps – très longtemps ! – sommeillé sur une étagère de « WWW », ONEGINjusqu'à se faire complètement oublier.

Aujourd'hui, il est temps de faire son mea culpa. Haut et fort. Car « ONEGIN » est un très beau film. L’histoire simple et dépouillée d’un mauvais timing amoureux dans la Russie des Tsars. Martha Fiennes vient de la pub, ce qui explique en partie son incroyable maîtrise du cadre, sa maestria dans l’utilisation tant galvaudée du ralenti et son goût infaillible pour les beaux extérieurs et les ambiances fugaces d’aube naissante ou de crépuscule. Car ce qui accroche le plus dans ce film lent et sensuel, c'est l’atmosphère créée avec minutie, depuis la précision des décors, jusqu'au mixage d’une rare subtilité. La séquence du duel par exemple, plongée dans la brume, au pied d’un moulin, est d’une beauté hypnotisante.

Ralph Fiennes est excellent en dandy poseur et blasé, qui laisse passer l’amour de sa vie par aveuglement. Sa métamorphose dans la seconde partie du film, en homme usé, comme desséché, est saisissante. Face à lui, Liv Tyler, d’une rare photogénie, apporte une belle émotion brute à son personnage d’amoureuse candide et entière. Parmi les excellents seconds rôles, on reconnaît Lena Headey, future reine de la série « GAME OF THRONES », en sœur aînée futile.

ONEGIN (2)

« ONEGIN » est un de ces films qu'il faut ressentir, plutôt que regarder. Car si l’anecdote demeure banale, la mise en images fait 90% de l’intérêt du film. Et pour peu qu’on se laisse envoûter, on en ressort ému et troublé. Dommage que Martha Fiennes n’ait pas persisté dans le long-métrage…

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article
8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 09:08

Comme souvent avec un certain cinéma « réaliste » britannique, il faut avoir un moral d’acier pour apprécier un film comme « FISH TANK ». L’univers qu'il décrit est celui d’une misère sociale et affective, générant une sombre désespérance et manque quasi-total de communication entre les êtres. Le film suit une ado de 15 ans, rebelle et mal embouchée, quiFISH vit dans l’espoir fragile de passer un concours de hip-hop et de s’arracher à son milieu et au destin tout tracé qui l’attend.

Mais nous ne sommes pas dans une ‘success story’ hollywoodienne et si Mia finit par passer son fameux concours, ce sera dans une boîte de strip sordide, parmi des danseuses grasses et mûrissantes à moitié nues. No future !

Le film tient la distance – sur deux heures, tout de même ! – et finit même par passionner, grâce à l’exceptionnelle prestation de Katie Jarvis, qu’on voit imperceptiblement évoluer de l’enfant ingrate et violente, à la presque femme désillusionnée et à la dérive. La caméra ne la lâche pas une seconde, sensible au moindre de ses changements d’humeur. Et lors de la longue séquence où elle « kidnappe » la petite fille, on sent peser sur notre « héroïne » le poids d’une fatalité qui finira de toute façon par la broyer un jour ou l’autre.

Aux côtés de la jeune comédienne (qui n’a jusqu'à présent, tourné que ce film), Michael Fassbender est comme toujours, étonnant de justesse, dans un rôle peu sympathique de profiteur séduisant et parasite.

Tourné en format carré bien rare de nos jours, en lumière naturelle, « FISH TANK » est une immersion dans un monde triste et à l’abandon, dont l’espoir est à peu près banni. Quelques bouffées d’émotion viennent heureusement nous « cueillir » comme ces adieux de Mia à sa mère, qui se font à travers une danse improvisée, seul moyen qu'elles ont trouvé pour se dire qu'elles s’aiment quand même, malgré tout, au-delà des mots. Très beau.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article
5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 09:19

« LA MAISON DES OMBRES » est un film de fantômes anglais dans la grande tradition, dont la principale qualité est de réussir à intégrer et à mixer harmonieusement toutes les AWAKENINGinfluences récentes du genre, qu'il s’agisse d’un visuel espagnolisant ou d’une thématique nippone.

Les choix esthétiques peuvent paraître un peu rébarbatifs, avec cette image désaturée, ces extérieurs sinistres, cette musique envahissante, mais une fois entrés dans le vif du sujet, l’angoisse s’installe, savamment distillée et le film ne cède à aucune facilité, que ce soit dans le traitement des séquences « de trouille » ou dans la gestion des ‘twists’ et coups de théâtre. À peine sent-on dans le dernier quart, que les auteurs peinent à boucler leur récit, puisqu’on a le sentiment d’assister à plusieurs fins consécutives.

La grande force de « LA MAISON DES OMBRES », c'est son casting solide et parfaitement dirigé. Rebecca Hall est d’une intelligence sans faille, passant de l’incrédulité la plus fervente à la vulnérabilité avec maestria. Le toujours très intense Dominic West est également parfait en professeur hanté par les tranchées, à moitié fantôme lui-même et on a la joie de revoir l’exceptionnelle Imelda Staunton dans un rôle de gouvernante tellement humaine et douce qu'elle en devient inquiétante.

Le film ne révolutionne en rien le genre dans lequel il évolue, mais le sérieux avec lequel il a été abordé lui donne une belle aura. Ce n’est sans doute pas un chef-d’œuvre, mais quelques frissons dans l’épine dorsale et des cheveux dressés sur la tête sont absolument garantis.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article
28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 08:29

Jolly good news ! « DOWNTON ABBEY » ne connaît aucune baisse de régime pour sa 2ème saison comprenant huit épisodes de 52 minutes et un ‘special’ de 1 H 30 qui clôt l’année.

Cette fois, la guerre 14-18 s’invite dans l’univers déjà fragilisé de la noblesse anglaise et fait des ravages dans ses rangs. Au fil des épisodes, la barrière entre la Haute Société et les prolétaires se fait plus poreuse, les traditions s’effritent, les privilèges fondent comme neige au soleil. Pourtant, tout le monde – maitres et valets – ou presque, résiste au changement à Downton Abbey. Pour combien de temps ?

ABBEY

C'est cette sensation de fragilité, d’incertitude qui donne tout son prix à cette saison. Même quant au sort des personnages principaux, dont on a compris qu'ils ne sont pas invulnérables et qu'ils peuvent subitement quitter la série sans préavis.

C'est une forme de ‘soap’ ultra-sophistiqué, très écrit, qui passionne par la diversité de ses personnages, leur évolution permanente. Ainsi, ‘O’Brien’, la femme de chambre de la comtesse, odieuse parmi les odieuses, se teinte-t-elle d’humanité, bourrelée qu'elle est de remords. Ainsi, ‘Bates’, le mystérieux valet boiteux finit-il par agacer à force de traîner derrière lui toute la misère du monde. Même le comte – magnifique Hugh Bonneville – se voit-il tenté par le démon de midi…

Bien sûr, certaines ficelles sont par trop visibles et prévisibles (la mort de la fiancée encombrante atteinte d’un choléra providentiel, la guérison de l’héritier de la demeure, condamné au fauteuil roulant), mais c'est la règle du genre. Et « DOWNTON ABBEY » est une sorte de chef-d’œuvre télévisuel assez extraordinaire. Vivement la suite !

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article
26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 18:00

Dans la mouvance des films américains sur la délinquance juvénile, les quartiers chauds et le rock’n roll naissant, « VIOLENT PLAYGROUND » en est un pendant anglais, situé à Liverpool qui vaut bien le Bronx.

Réalisé par l’efficace Basil Dearden, ce drame policier et social souffre d’un ton empesé et d’un agaçant prêchi-prêcha, d’un manque de dynamisme dommageable dans les séquencesVIOLENT PLAYGROUND (1) d’action, mais il est sauvé par deux excellents comédiens qui donnent le meilleur d’eux-mêmes : Stanley Baker, sorte de morphing entre Lino Ventura et Sean Connery, qui campe un flic dur-à-cuire muté dans une brigade vouée à la jeunesse et qui apprend la tolérance et l’empathie. Il tire le maximum d’un rôle très aseptisé grâce à la tension interne qu'il ne relâche jamais. Face à lui, le tout jeune David McCallum étonnant en loubard tourmenté et fragile, sorte de version britone de James Dean, un pyromane avide de reconnaissance médiatique. Il est parfait dans le dernier quart du film, alors qu'il retient les enfants d’une école maternelle en otages, mitraillette à la main. En curé lugubre et moralisateur, on reconnaît Peter Cushing, plus habitué à jouer les chasseurs de croque-mitaines pour la Hammer.

Bien sûr, « VIOLENT PLAYGROUND » a beaucoup vieilli, énormément même, et certains moments prêtent à rire : la « danse de sauvages » pendant laquelle les ‘djeuns’ gominés entrent en transe est un grand moment de kitscherie involontaire, par exemple. Mais on sent un vrai refus du manichéisme, une relative finesse dans l’écriture des protagonistes et un réalisme constant dans la description des décors. Une sorte de « GRAINE DE VIOLENCE » anglais en somme, qui annonce aussi « LE TEMPS DU CHÂTIMENT » tourné aux U.S.A. deux ans plus tard.

VIOLENT PLAYGROUND

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article
6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 08:18

En une première saison de 6 épisodes et une seconde de seulement 4, la série BBC « LUTHER » s’efforce de mettre en place un univers policier cohérent, des protagonistes parfaitement typés, des conflits possibles, un style d’enquête qui ne doivent heureusement rien aux séries U.S. du moment.

La 1ère saison est la plus passionnante. Le héros-flic y est décrit dans toute la complexité de LUTHERses névroses : surdoué caractériel, violent et suicidaire (il démarre certaines journées par une petite partie de roulette russe !), ‘John Luther’ est un peu le successeur de ‘Frank Black’ dans la défunte série U.S. « MILLENIUM » qu'on regrette encore. Un homme hanté, attirant les psychopathes comme un aimant, un porte-poisse ingérable. Sa relation ambiguë avec une tueuse particulièrement givrée, qu'il n’a pas réussi à coincer, est au cœur de ces épisodes et en fait tout le sel.

La réalisation est en adéquation : cadrages bizarres qui isolent le personnage dans un environnement flou et imprécis, photo hyper-contrastée, changements brutaux de point-de-vue, etc. On comprend vite que « LUTHER » n’a rien d’un polar classique. D'ailleurs, on sent que ce n’est pas l’aspect policier qui a le plus passionné les auteurs : certains raisonnements du héros sont fumeux, les ellipses sont excessivement raides et la résolution de l’enquête est souvent bâclée. Mais l’intérêt ne se situe vraiment pas là. En fait, ce qui donne son âme à la série, c'est l’interprétation exceptionnelle d’Idris Elba, colosse imprévisible et tourmenté, constamment tenté par le Mal, un antihéros ‘borderline’ qui n’a rien de politiquement correct.

Les serial killers décrits dans les 10 épisodes sont souvent originaux et perturbants, comme ces jumeaux assassinant au hasard, sur un lancer de dés ou cette grosse femme dirigeant un empire pornographique.

Nous l’avons dit, la 1ère saison est la plus mémorable, car elle implique directement le flic et son entourage et touche à la pure tragédie. La seconde est légèrement banalisée et « pasteurisée » et l’écriture semble moins pointue. Cela reste de la grande télévision et la conclusion ouverte laisse sur la frustration de devoir attendre un certain temps (la suite n'est pas tournée alors que ces lignes sont écrites !) avant de voir la suite.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article
23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 15:31

FRIGHTSoyons clairs : le seul (petit) intérêt de « FRIGHT » aujourd'hui est uniquement rétrospectif. Tourné au début des seventies par l’inégal anglais Peter Collinson, il est clairement l’ancêtre des ‘slashers’ de la fin de la décennie comme « TERREUR SUR LAFRIGHT (2) LIGNE » ou « LA NUIT DES MASQUES ».

La baby-sitter isolée dans une maison lugubre, un psychopathe qui rôde, un boy friend assassiné, tout y est ou presque. À part qu’ici, nulle trace de fantastique, le scénario est simpliste et scolairement écrit, la photo fait très téléfilm BBC et Collinson FRIGHT (1)ne sait qu’empiler les extrêmes gros-plans de visages et les coups de zoom pour susciter la terreur. C'est évidemment raté. Et comme sa direction d’acteurs – la grosse faille de ce réalisateur – est plus que flottante, il ne reste pas grand-chose à se mettre sous la dent. Il faut voir à quoi en est réduit ce généralement bon acteur qu’est Ian Bannen, jouant ici le croque-mitaine. Les yeux sortant des orbites, grinçant des dents, gloussant et marmonnant, il compose un échappé d’asile entre le débile profond et le monstre de Frankenstein. À mourir de rire !

Susan George, sorte de Brigitte Bardot version ‘swinging London’, en fait elle aussi des tonnes dans la trouille hystérique. On se console comme on peut avec ses minijupes complaisamment filmées. On reconnaît Honor Blackman (qui joua la mère de Susan George dans « L’ANGE ET LE DÉMON ») en maman étouffante.

FRIGHT (3)

Étape dans la naissance d’un sous-genre du film à suspense, « FRIGHT » est difficile à regarder 40 ans plus tard et encore plus à apprécier. La faiblesse du scénario, la nullité presque comique des « coups de théâtre » et la fin d’un grotesque surréaliste, ne laissent aucune chance au film d’acquérir un statut culte, même au dixième degré. Reste Susan donc, bien jolie à voir. Enfin – dans les rares plans où elle ne hurle pas.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans MADE IN UK
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens