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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 18:17

TARZAN (1)Déjà, à la base, il faut s’accoutumer à ce que Tarzan, la géniale invention de E.R. Burroughs est devenue, au fil des adaptations hollywoodiennes. Fini le lord anglais retourné à l’état sauvage des romans, fini l'homme-singe analphabète de Weissmuller. Dans « LA PLUS TARZANGRANDE AVENTURE DE TARZAN », notre héros est un ‘marine’ au cheveu coupé court, portant un pagne-minijupe,TARZAN (3) vivant (en célibataire ! Fini, Jane !) dans une cabane en rondins dans les arbres, avec une guenon en slip de cuir. Il parle un parfait anglais et séduit même les blondes de passage.

Gordon Scott, acteur plus que limité, fait donc un drôle de personnage central. Dans ce film, il traque des assassins qui ont volé de la dynamite, maquillés en indigènes. Inutilement d'ailleurs, tout le monde les a reconnus !

Flanqué d’un boulet, en la personne d’une riche aventurière échouée en avion dans la TARZAN (2)jungle, Tarzan poursuit les méchants en pirogue. Côté scénario, c'est à peu près tout ce qu'il y a à se mettre sous la dent.

C'est du côté des dits-méchants que c'est un peu plus croustillant : leur chef, l’habituellement distingué Anthony Quayle est un psychopathe accro au danger, dont le seul rêve est de tuer Tarzan avec un bâton muni d’un nœud coulant en fil de fer. À chacun ses fantasmes ! En tout cas, cela l’excite visiblement beaucoup. Ses sbires sont un ex-nazi myope et obèse et surtout deux bons à rien croquignolets : un Irlandais imbécile et querelleur campé par un jeune Sean Connery, jouant du sourcil et de ses grandes dents blanches et par Al Mulock, icône du ‘spaghetti western’, en névrosé à la machete sensible. À eux deux, ils valent le détour.

Le film n’est pas totalement dénué d’intérêt. Si on passe avec indulgence sur la bêtise du scénario, les stock-shots d’animaux pas très jolis et les inévitables crocos en plastique, celaTARZAN (4) se laisse voir comme on lisait jadis les vieilles BD petit format style « AKIM » et « ZEMBLA ». L’action est pimentée de détails violents comme l’enlisement de Mulock dans les sables mouvants ou la mort de la maîtresse de Quayle et le tout baigne dans un premier degré très rafraîchissant.

Alors, la plus grande aventure de Tarzan, c'est peut-être un tantinet exagéré, mais c'est de la bonne série B décomplexée.
À noter que dans la scène où il affronte Connery, Tarzan est gêné par une mygale qui lui grimpe dessus. Le même Sean connaîtra exactement la même mésaventure trois ans plus tard dans « DR. NO ».

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 16:01

DUSK3 (1)On ne saura jamais ce qui est réellement arrivé au romancier Ambrose Bierce, parti au Mexique pour combattre aux côtés de Pancho Villa. « OLD GRINGO » avait offert uneDUSK3 hypothèse plausible et académique. « UNE NUIT EN ENFER 3 : LA FILLE DU BOURREAU » s’aventure sur des territoires moins traditionnels.

Produit en même temps que l’affligeant n°2 de la ‘franchise’ initiée par Robert Rodriguez, ce 3ème opus s’avère être une excellente surprise. Tourné dans un style visuel très proche du « MORT OU VIF » de Sam Raimi, avec ses cadrages BD et sa DUSK3 (2)photo ocre, le film ne recule devant aucun effet, n’a jamais peur du « too much » et enchaîne les morceaux de bravoure avec une gloutonnerie qui fait plaisir à voir. Du western gothique du début, le film se mue en jeu de massacre habilement démarqué du premier film, dès l’arrivée dans le saloon grouillant de vampires.

Tous les personnages sont intrigants et (relativement) fouillés : de Bierce lui-même, incarné par Michael Parks plutôt meilleur que d’habitude, à Temeura Morrison avec sa trogne balafrée de ‘spaghetti western’, en passant par Sonia Braga grandiose en grande prêtresse vampire plantureuse. Et bien sûr, Danny Trejo (sans sa moustache, on le DUSK3 (3)reconnaît à peine !) dans son rôle habituel de barman trop serviable pour être honnête.

C'est une véritable fête pour l’œil, un plaisir coupable comme on les aime, un maelström de plans ‘gore’, de F/X plus ou moins réussis, de filles déshabillées comme dans les seventies. L’amateur appréciera les clins d’œil très bien intégrés à Sergio Leone, comme cette scène où Johnny Madrid oblige la jeune tueuse à grimper sur une croix, une corde au cou ou l’évasion du même Madrid, deux séquences sorties tout droit du « BON, LA BRUTE, LE TRUAND ».

Il y a des films qu’on voit par acquis de conscience, sans rien en attendre. Ce n°3 en fait partie et il récompense la témérité du cinéphile sans œillère.

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 08:10

WALL STREET (1)« WALL STREET » a fait couler beaucoup d’encre en son temps. Mais à la lumière de la crise qui a changé la face du monde depuis trois ans, il apparaît aujourd'hui sous un jour nouveau : celui d’un prologue prophétique, d’un avertissement terriblement lucide et pas si excessif que ça.

Construit en fable faustienne classique, le scénario d’Oliver Stone pour efficace et didactique qu'il soit, paraît trop mécanique et manichéen. Ses personnages ne sont que des pantins sans âme n’existant que pour porter le message des auteurs. On a peine à croire au revirement du jeune loup (un joufflu Charlie Sheen), on grince des dents à la vision desWALL STREET quelques rares femmes qui traversent l’action, prostituées de luxe, futiles et coûteuses. Tout comme le personnage de Martin Sheen, sorte de « dernier des justes » sorti d’un film de Capra. Mais tout cela est éclipsé par le plaisir qu’on a à voir Michael Douglas jouer les monstres capitalistes. Imitant les maniérismes de son père Kirk, poussant le mimétisme jusqu'à se coiffer comme lui, Douglas Jr. apparaît d’abord comme un Dieu vivant pour le jeune ‘trader’ pour révéler son vrai visage qui est évidemment celui du Diable. Son discours devenu célèbre s’achevant par le mythique « Greed is good » fait encore froid dans le dos.

« WALL STREET » a plus de 25 ans et il a vieilli. Ce qui passait jadis pour une narration épileptique a largement été dépassé depuis par n'importe quel Tony Scott ou épisode de « 24 HEURES CHRONO » et le film semble bien sage, parfois redondant. Les rôles secondaires (Terence Stamp, Daryl Hannah et surtout Sean Young qui fait de la figuration) sont cavalièrement bâclés. Mais Oliver Stone, même s’il ne peut éviter un ton moralisateur, garde le mérite d’une vision du monde cynique et âpre qui s’est avérée bien au-dessous de la réalité. Encore plus passionnant avec le recul…

WALL STREET 2

Tourné un quart de siècle plus tard, « WALL STREET : L’ARGENT NE DORT JAMAIS » est un des rarissimes exemples de ‘sequel’ nécessaire. Car Oliver Stone ne fait que raconter – au sein d’une fiction structurée autour des vieux thèmes de la vengeance – le crash de 2008 dont il décrivait si lucidement le terreau en 1987.

Si le premier film était faustien, celui-ci prend pour référence la toile de Goya : « SATURNE DÉVORANT UN DE SES ENFANTS » qui trône dans le bureau d’un barracuda de la finance. Qui est Saturne ? Gekko le monstre assoupi qui ourdit un complot sidérant pour se remettre en selle ou le Système lui-même ? Les deux, certainement. WALL STREET 2 (1)

Construit en thriller efficace, cette seconde partie utilise la Crise comme toile de fond et comme révélateur de caractères. Celui de Gekko ne s’est certes pas arrangé ! Blanchi, le visage ravagé, Michael Douglas trouve son meilleur rôle depuis des lustres. Il joue la duplicité et la voracité avec plus de finesse que dans le passé. Il domine vraiment le film, malgré l’omniprésence du gentil mais falot Shia LaBeouf.

Il faut dire que le casting est de tout premier choix : Josh Brolin est superbe en version contemporaine de Gekko, encore plus vorace et inhumain, ne cherchant même plus à donner le change. C'est un monstre sans charisme, sans réelle vision, un charognard point-barre. Carey Mulligan est touchante avec son petit visage à la Gelsomina et Charlie Sheen apparaît dans un ‘caméo’ d’un total cynisme : le Buddy Fox du premier film est finalement devenu un fêtard dépravé et pourri jusqu'à l’os, démontrant qu’au bout du compte, c'est Gekko qui avait gagné. À retardement ! À la fois drôle et terriblement déprimant.

Mais la cerise sur le gâteau, c'est l’hommage rendu à Eli Wallach. Non seulement Stone lui offre un rôle central, celui d’un banquier sénile en apparence, mais toujours aussi redoutable mais en plus la sonnerie du portable du jeune héros joue les premières notes du WALLSTREET wallach« BON, LA BRUTE, LE TRUAND ». Suffisant pour rendre le film éminemment sympathique !

Évitant par son traitement « polar » de n’être qu’une simple « Crise Pour Les Nuls », « WALL STREET : L’ARGENT NE DORT JAMAIS » est donc un film agréable, certainement le meilleur de l’auteur depuis pas mal de temps. À peine pourra-t-on déplorer un épilogue en happy end qui tombe comme un cheveu sur la soupe, qui dessert grandement le personnage de Gekko et l’homogénéité du discours d’Oliver Stone. Dommage… Mais pas fatal.

Reste à espérer qu'il n’y aura jamais de 3ème « WALL STREET », qui serait obligatoirement le signe d’une nouvelle crise.

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 11:35

PREIL JEUNE (3)Ces dernières années, un sous-genre du film de ‘survival’ et de chasse à l'homme hérité des « CHASSES DU COMTE ZAROFF » et « DÉLIVRANCE » a fait florès. Quelques personnes « normales », un couple ou éventuellement une femme seule, se retrouvent confrontés à une bande de psychopathes, très jeunes la plupart du temps, bien décidés à les éradiquer.PREIL JEUNE (2) Comme ça, gratuitement. Pour le fun. Seule façon de survivre : retourner à l’état sauvage et retrouver ses instincts de prédateur.

Le film allemand « FUNNY GAMES » avait ouvert la voie et le remake de « LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE » (déjà chroniqué sur « WWW ») a enfoncé le clou. Mais il existe quelques autres perles…

« FUNNY GAMES U.S. » remake à l’identique du film allemand par le même Michael Haneke est un des plus choquants. Le film joue avec les nerfs des amateurs de films gore, de ‘slashers’ bien saignants, de ‘psycho killers’, mais au lieu de donner la violence en spectacle, en fait un étalage vomitif de bestialité, de perversion et surtout... de réalisme. Et c'est cela qui dérange le plus. Ici, les conventions sont détournées et tout ce qui pouvait faire plaisir au public, lui est vicieusement retiré. Quitte à « rembobiner » (littéralement) au beau milieu de l'action. La démarche est cérébrale, certes, mais au bout du compte il n'est pas sûr qu'on ait envie de revoir un film de ce genre avant un bon moment.

Le casting est impeccable, particulièrement Michael Pitt en démon à tête d'ange et Naomi PREIL JEUNEWatts d'une formidable intensité. « FUNNY GAMES U.S. » est un drôle d'exercice, un film déplaisant et malsain qui confronte à son propre voyeurisme. Le dernier regard, face caméra, fait froid dans le dos.

Il était inévitable que l’immense « THE DESCENT » fasse des petits : « EDEN LAKE » en est un particulièrement réussi, qui reprend plus ou moins la construction de ce film d’horreur, revisite des classiques comme « DÉLIVRANCE » et « SANS RETOUR » pour un suspense remarquable, d'une tension croissante, atteignant par moments des cimes de barbarie effarantes.

La grande idée de « EDEN LAKE » c'est que cette fois, les croque-mitaines ne sont pas des monstres gluants, mais des ados anglais qui pourraient tout à fait être les rejetons des villageois des « CHIENS DE PAILLE » et qui se transforment en bourreaux sanguinaires, en chiens enragés. Le rythme est haletant, la violence filmée crûment mais sans complaisance infantile et les comédiens sont tous tellement bons, qu'on ne s'en rend même pas compte. De plus, le film venant d'Angleterre, on échappe au traditionnel happy end made in U.S.A. Le cinéma d'horreur britannique a glorieusement repris le flambeau d'un genre quelque peu exsangue de l'autre côté dePREIL JEUNE (4) l'Atlantique.

Dans « HUNTED », l'héroïne est une femme battue et constamment humiliée par son affreux mari macho, qui se retrouve prise dans un engrenage de violence face à des loubards. Une nuit d’horreur qui va devenir pour elle une vraie catharsis. Kim Basinger toujours aussi belle et fragile, est l'interprète idéale. Elle parvient à être une victime parfaite tout en demeurant imprévisible et donc, potentiellement dangereuse. L'idée a priori saugrenue de cette boîte à outils qu'elle ne lâche jamais, est finalement payante. À ses côtés, on reconnait (à peine) l'ex-gamin amish de « WITNESS », dans le rôle du voyou en chef.

Produit par Guillermo Del Toro, « HUNTED » est un peu mieux qu'une série B, par sa narration fluide et elliptique, ce long début presque muet, montrant l'héroïne faisant ses courses de Noël, son dialogue jamais informatif et ces instants de pure violence, secs et traumatiques, jamais érigés en spectacle. Après « CELLULAR », Basinger confirme qu'elle excelle en femme traquée. Et le dernier plan du film fera bien plaisir aux défenseurs des droits de la femme !

En débarrassant le scénario de « THE STRANGERS » de tout préliminaire, de toute psychologie ou explication rationnelle, le réalisateur signe une sorte de condensé de film de terreur, développant en quelque sorte sur 1 H 30 le dernier quart-d'heure de « HALLOWEEN ». C'est de la peur viscérale, frontale, brutale, utilisant des ‘gimmicks’ rarement vus dans ce genre de films (les silhouettes floues à l'arrière-plan, que voit le public mais pas l'héroïne) et qui rend impossible le simple fait de détourner les yeux de l'écran une seconde.

Liv Tyler digne héritière de Jamie Lee Curtis, passe le film à hurler, à trembler, à saigner, à ramper et comme elle est fort belle, ce n'est pas désagréable. Et son dernier plan n'est pas sans rappeler celui de « CARRIE AU BAL DU DIABLE ». C'est le bond au plafond assuré !

« THE STRANGERS » est un film modeste, entièrement tourné de nuit, avec un minimum PREIL JEUNE (1)de dialogue et une horreur qui ne cesse de monter en puissance. Dans le genre, pas mal du tout.

Venu d’Espagne – nouvelle terre du cinéma d’horreur – « LES PROIES » est un bon petit film de ‘survival’ qui pâtit un peu de la comparaison avec son contemporain « EDEN LAKE », sur un sujet sensiblement similaire. Ce qui fonctionne ici, c'est la vraisemblance totale des réactions des « gibiers ». Ni McGyver, ni Rambo, ils fuient comme des bêtes traquées, pleurent de trouille, ne savent pas où aller et la terrible réaction de Quim, au moment crucial, force à se poser des questions sur soi-même : qu'aurions-nous fait à sa place ?

« LES PROIES » tient en haleine, mais le manque de psychologie ou de passé des personnages, se fait ressentir lors des pauses, où ce vide se fait pesant. C'est néanmoins bien filmé et monté, les comédiens sont impeccables et la révélation de l'identité des chasseurs est surprenante. Formés à l'école des tueries virtuelles des jeux vidéo, ceux-ci n'ont même pas le sadisme des assassins en herbe de « EDEN LAKE ». C'est pire !

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 08:17

RESIDENT EVIL (2)Démarrée en 2002, la ‘franchise’ « RESIDENT EVIL » compte maintenant quatre films qui sont systématiquement critiqués par les amateurs du jeu vidéo dont ils sont issus. Pour le public lambda (non-joueur), ces films mêlant SF et horreur ont tout du plaisir coupable etRESIDENT EVIL (4) mixent sans aucun complexe diverses mythologies du fantastique comme « ALIEN » ou les films de zombies à la Romero.

Le premier opus réalisé par l’inégal mais dynamique Paul W.S. Anderson est un maelström d’images-choc, de musiques sur-mixées, de fusillades sanguinolentes et de RESIDENT EVIL (5)plans ‘gore’ assez vomitifs. C'est truffé d’idées visuelles comme ces lasers qui découpent les maladroits en cubes ou ce mutant écorché marchant sur les murs. Le scénario même s’il semble plus élaboré que la norme, n’est qu’un prétexte à ménager des bastons au ralenti et des plans de douilles brûlantes qui giclent filmés en macro. Que du bonheur, quoi !

Avec sa petite robe rouge qui la fait ressembler à la grande sœur énervée du Petit Chaperon Rouge, Milla Jovovich est une parfaite héroïne, amnésique découvrant progressivement ses pouvoirs létaux, comme une émule de Jason Bourne. Sa photogénie un peu irréelle se fond idéalement dans l’univers du film. À ses côtés, Michelle Rodriguez fait plus qu’évoquer l’inoubliable ‘Vasquez’ de « ALIENS ». Il faut d’excellents réflexes pour reconnaître Jason Isaacs  à la fin, le visage dissimulé par un masque de chirurgien, le temps d’un très furtif ‘caméo’.

Franchement, comment ne pas aimer un film où des super-soldats flinguent du zombie à la tonne dans des couloirs suintants ? Surtout si ce film s’achève dans un magnifique mouvement de grue apocalyptique…

Tourné deux ans plus tard, mais situé immédiatement après le premier, « RESIDENT EVIL : APOCALYPSE » change de réalisateur et de références par la même occasion. Cette fois-ci, c'est « NEW YORK 1997 » qui est allègrement pillé. La ville Raccoon City (la ville du raton-laveur ?) est envahie par les zombies affamés et notre héroïne doit récupérer une fillette pour pouvoir être exfiltrée. Une petite bande se forme autour d'elle dans la nuitRESIDENT EVIL (3) éclairée par les véhicules qui brûlent. On est en terrain connu, mais il semble que les auteurs aient trop voulu en faire : comme si Milla Jovovich ne se suffisait pas à elle-même, on a rajouté une fliquette en body moulant, sosie de Lara Croft qui fait franchement doublon, un affreux mutant rappelant celui de « ALIEN : RÉSURRECTION » (tout comme Milla, elle-même génétiquement modifiée à l’image de la Ripley de ce 4ème épisode de l’autre saga). La réalisation est moins élégante que dans le premier film, les séquences d’action sont confuses et ressemblent trop aux jeux dont elles s’inspirent, mais – à condition de laisser son esprit critique et une partie de son cerveau au vestiaire – il faut reconnaître qu’on ne s’ennuie pas une seconde, que ça pétarade dans tous les sens et qu’on est bien content de retrouver ces bons vieux morts-vivants claudiquant et voraces et aussi les dobermans écorchés parfaitement répugnants. L’épilogue suivant l’explosion nucléaire va tellement vite qu’on dirait une espèce de bande-annonce du n°3.

« RESIDENT EVIL : EXTINCTION » tourné en 2007 oublie « NEW YORK 1997 » et Romero, pour revenir à une imagerie très années 80. Celle des « MAD MAX » ! Et le nom RESIDENT EVILde Russell ‘Highlander’ Mulcahy à la réalisation participe de ce revival d’un certain cinéma d’action « clipé » et référentiel. Si une bonne partie du film semble vieillotte et dépassée, si l’allure de notre héroïne en cache-poussière de ‘spaghetti western’ prête à sourire, il faut reconnaître que les séquences d’action comme celle à Las Vegas, sont époustouflantes et que l’attaque des corbeaux-zombies (sic !) ressemble fort à du Hitchcock sous acide. C'est surtout la fin du film qui surprend en bien : tout l’épisode dans le bunker sous-terrain de Umbrella, avec les clones d’Alice est si délirant et décomplexé, qu'il ne peut qu’enchanter l’amateur de bizarreries. Là oui, c'est du bon cinoche de samedi soir, de la pure BD post-adolescente, un métissage de film d’horreur, de SF, de western, de film de guerre tellement secoué, qu'il emporte l’adhésion. Malgré tout. Malgré soi…

Milla Jovovich est toujours impeccable en super-héroïne mutante qui s’eastwoodise de film en film. Elle manie la ‘machete’ en experte et parvient à se montrer émouvante dans une situation complètement improbable comme lorsqu’elle découvre une fosse jonchée de son propre cadavre à 80 exemplaires !

Comme dans le film précédent, on lui a adjoint une co-héroïne plutôt redondante en la personne de la jolie Ali Larter. Curieuse idée…

Ah ! N’oublions pas que les affreux dobermans sans peau font un comeback au début du film, en ‘guest stars’. Au fait, les autres races de chiens n’ont pas survécu à l’Holocauste ? Ou alors… Les dobermans-zombies auraient bouffé tous les caniches ?

La réponse peut-être bientôt dans « RESIDENT EVIL : AFTERLIFE » !

Déjà, bonne nouvelle : les dobermans reviennent et ils ne sont pas contents. Ils sont même dans un drôle d’état. À part ça, il faut croire que le n°4 des ‘franchises’ n’est pas un chiffre porte-bonheur : il n’est qu’à se souvenir de « ALIEN », « DIE HARD » ou « INDIANA JONES ».

Pareil pour ce 4ème opus des aventures d’Alice, même s’il démarre sur les chapeaux de roues par une séquence d’action ébouriffante, pleine de clones armés jusqu'aux dents etRESIDENT EVIL4 d’explosions atomiques. À l’arrivée au pénitencier, on s’endort un peu. De bonnes scènes et d’excellents F/X viennent heureusement électriser sporadiquement un ensemble très inégal.

C'est pourtant Paul W.S. Anderson qui a repris les commandes et c'est d'ailleurs fort bien réalisé. Mais le scénario est tellement touffu qu'il finit par s’annuler de lui-même. Trop, c'est trop. Les zombies n’ont plus qu’un rôle de figurants à peine menaçants et les auteurs n’essaient même pas d’expliquer l’origine d’un mutant géant la tête recouverte d’un linge crasseux et maniant une hache monstrueuse. À quoi bon ? La baston est réussie… Alors !

Milla Jovovich qui mûrit avec classe, est entourée d’acteurs de séries télé à la mode comme ceux de « PRISON BREAK » ou « HEROES » et le méchant le plus franchement répugnant du film est un… producteur de cinéma de L.A. ! Pas ce qu'il y a de plus subtil dans le film.

Avec ses clins d’œil à « 2001 », ses emprunts voyants à « MATRIX », « RESIDENT EVIL : AFTERLIFE » flirte joyeusement avec le n'importe quoi, mais vu dans la foulée des trois autres, on peut y trouver son compte. On a même droit à un hommage à Peckinpah avec les fusils d'Alice bourrés de dollars...

La fin ouverte (béante, plutôt !) laisse espérer/redouter un 5ème épisode pour très bientôt.

Mais là… Dans quel état vont donc nous revenir les dobermans ?

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 18:25

DUSK DAWN 2 (1)« UNE NUIT EN ENFER » n’était peut-être pas la 8ème merveille du monde, mais il dégageait une énergie folle, bénéficiait d’un casting décoiffant (Clooney a-t-il été plusDUSK DAWN 2 charismatique ?) et de belles trouvailles visuelles.

Sa sequel, c'est… une autre paire de manches. « UNE NUIT EN ENFER 2 : LE PRIX DU SANG » est affreusement réalisé, collectionnant jusqu'à la migraine les contre-plongées inutiles et les « effets » infantiles : caméra dans la gamelle d’un chien, à l’intérieur de la bouche d’un vampire, en point de vue subjectif d’une mollette de coffre-fort… C'est systématique, irritant et répétitif. Comme tout le reste du film, d'ailleurs.

Les attaques de chauves-souris en plastique mou sont piteuses, les maquillages de vampires moins réussis que dans n'importe quel épisode de « BUFFY » et le scénario se réduit à des meurtres à la chaîne et une grosse fusillade finale. DUSK DAWN 2 (2)Même le sympathique Robert Patrick ne peut faire grand-chose pour limiter la casse. À ses côtés, Bo Hopkins joue un shérif, Bruce Campbell apparaît juste le temps de se faire vider de son sang dans un ascenseur (cet acteur a pratiquement fait toute une carrière en tournant des ‘caméos’ de quelques secondes !) et l’indispensable Danny Trejo disparaît beaucoup trop vite. Pourquoi éliminer une telle « tronche » et imposer au public tant de mauvais acteurs jusqu'au bout ? Mystère…

Plus qu’une sequel, ce film est une resucée complètement vaine et bâclée qui en comparaison, ferait passer l’original pour du D.W. Griffith.

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 17:01

ALIEN (5)« ALIEN – LE HUITIÈME PASSAGER » a révolutionné la SF au cinéma. Tournant le dos au ‘space opera’ ripoliné à la George Lucas, au trip intello de Kubrick, l’ex-publicitaire Ridley Scott a redéfini le genre en le métissant d’horreur et de gore. Épaulé par les créatures ALIEN (1)« designées » par Giger, le réalisateur a fait du très grand spectacle dans le lieu clos d’un vaisseau spatial, a complètement esquivé le danger de la série B en dirigeant son cast d’inconnus comme dans un documentaire. Tout le monde parle en même temps, les réactions des protagonistes sontALIEN (4) constamment crédibles, décuplant le sentiment d’insécurité. La phrase d’accroche « Dans l’espace, personne ne vous entend crier » est devenue un classique en soi et Sigourney Weaver s’est imposée en un seul film comme le modèle des nouvelles héroïnes « couillues » du cinéma d’action, reléguant les mâles au stade de mécanos râleurs ou d’un capitaine inopérant. « ALIEN » a toujours été si parfait que la version « extented cut » sortie quelques années plus tard est superflue, voire irritante.

« ALIENS, LE RETOUR » tourné plus de cinq ans après ne suscita guère d’espoir. Mais ALIEN (6)c'était compter sans James Cameron. Sortant l’artillerie lourde, il a signé un véritable film de guerre dans l’espace, a développé la mythologie des aliens poussant la logique à inventer une « reine » pondeuse monstrueuse.

Le film n’a pas fait oublier celui de Scott mais a instantanément cohabité avec lui, d’égal à égal. Pas évident pour une sequel. Surtout la sequel d’un chef-d’œuvre. Cette fois, le director’s cut est indispensable, motivant les actes de Ripley, étoffant les seconds rôles. Le film est une orgie d’armes à feu, des milliers de douilles brûlantes sont éjectées, le sang acide des monstres perce les cuirasses des ‘marines’.

Au milieu de ce chaos, Sigourney enrichit son personnage de guerrière d’une facette de mère-courage et protectrice d’une fillette. Son duel final avec la reine-mère est sidérant ! Dans une distribution miraculeuse se détache Lance Henriksen en androïde inquiétant mais sympathique. ALIEN

Longtemps annoncé et repoussé, passé en de nombreuse mains, « ALIEN 3 » du débutant David Fincher déçoit. Et pour cause : le film sorti en salles n’est que le fantôme anémié du véritable long-métrage ressuscité des années plus tard par le DVD. Sans atteindre les sommets des deux premiers, ce 3ème opus est tout de même un morceau de choix. Le scénario nihiliste se débarrasse cavalièrement de la fillette du n°2 et de l’androïde réduit en lambeaux. Ripley se rase la tête et porte en son sein un embryon du monstre qui l’a imprégnée pendant son sommeil. D’héroïne guerrière, Sigourney devient martyre de l’espèce humaine, la dernière femme dont « l’enfant » abominable naîtra dans les flammes.

Un film complètement baroque, inégal et sauvage, qui envoûte comme un cauchemar ALIEN (2)poisseux et s’améliore avec le temps qui passe.

Le 4ème et dernier opus, « ALIEN, LA RÉSURRECTION » confié au Français Jean-Pierre Jeunet semble avoir tué la franchise. Ce n’est pas une catastrophe en soi, c'est même plutôt bien fichu, mais le scénario part en tous sens, les thèmes sont si nombreux qu'ils s’annulent et le film laisse une sensation de capharnaüm bruyant et un peu vain.

Ripley est ici un clone d’elle-même, une sorte de mutante bizarroïde dans laquelle on ne retrouve jamais ce personnage qu’on a tant aimé. Sa relation avec l’androïde Winona Ryder semble appartenir à un autre film, tout comme Dominique Pinon.

Quelques séquences sous-marines et une salle de dissection pleine de clones de Ripley mutilées, impriment malgré tout la rétine. Mais pas suffisamment pour dissiper la grosse déception.

Les grands monstres à carapace noire reviendront dans des ‘spin-offs’ comme « ALIENS vs. PREDATOR », du grand n'importe quoi plutôt sympathique, cautionné par la présence de Lance Henriksen et « ALIENS vs. PREDATOR : REQUIEM » navet intersidéralALIEN (3) pratiquement impossible à visionner jusqu'au bout, qui a clos le débat. Pour l’instant.

Tout ceci pour dire que le coffret Blu-ray de la tétralogie « ALIEN » vient de sortir. Et que c'est un évènement ! Nous y reviendrons certainement, d’autant que « ALIENS, LE RETOUR » a reçu un traitement royal de la part de Cameron qui l’a re-étalonné de A à Z.

Ah oui ! On allait oublier un minuscule détail : Ridley Scott est en train de mitonner un 5ème film ! Et cette fois, ce sera une prequel

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 08:54

IRONMANUn des meilleurs films de superhéros sortis des usines Marvel ou DC. Moins rabâché que « SUPERMAN », moins confus que les « BATMAN », moins imbu de lui-même que les « X-MEN » et bien mieux interprété que « DAREDEVIL », « IRON-MAN » est un spectacle réjouissant, tellement invraisemblable et délirant (la fabrication de l'armure dans la grotte IRONMAN (2)afghane est un sommet du genre !), qu'il en devient surréaliste. L'humour ne se fait jamais aux dépends de la mythologie héroïque et les séquences d'action sont sans défaut.

Mais il est clair que le gros, gros avantage qu'a le film sur ses prédécesseurs, c'est le présence de Robert Downey, Jr. Arrogant, insolent, ingérable, il crée un personnage de chair et de sang, drôle et odieux, malin et candide, tout à fait original, donnant tout son sel au film. Au fond, le vrai secret du film de superhéros réussi était tout bête : il suffisait de prendre un bon acteur ! N'est-ce pas, Brandon Routh, Eric Bana et Ben Affleck ?

Jeff Bridges, le crâne rasé, la barbe de prophète, incarne un méchant débonnaire, et les vilains Afghans semblent sortis tout droit d'un pastiche de « 24 HEURES CHRONO ».

« IRON-MAN 2 », c'est une autre paire de manches. L’âge mental visé a baissé de plusieurs années. Passant en vitesse démultipliée, le film adopte dès les premières images un rythme épileptique, enchaîne les plans d’une seconde à peine lisibles, fait se chevaucher les dialogues débités à la mitrailletteIRONMAN (1) par des comédiens survoltés et assomme par une accumulation ininterrompue de F/X.

Tout ce qu’on avait apprécié par le n°1 est ici galvaudé et grossièrement réutilisé.

Downey est déjà passé en mode autocaricature, surchargeant sa composition et réduisant Tony Stark à une tête-à-claques capricieuse. Sam Rockwell n’est pas en reste dans le cabotinage inefficace. Scarlett Johansson reprend les poses de Charlize Theron dans « ÆON FLUX » et Samuel L. Jackson passe de temps en temps en voisin. Seul Mickey Rourke à nouveau « modifié » physiquement, peut amuser dans un rôle de savant russe tatoué et musculeux.

Par moments, on se croirait dans un remake de « GOLDORAK », à d’autres dans une bande-annonce particulièrement longue. Et finalement, malgré le fracas incessant des explosions, des moteurs en surchauffe, il n’est pas interdit de s’assoupir avant le final.

Ah oui ! Comme dans le premier film, on peut voir une petite séquence après le générique-fin qui annonce le thème d’un 3ème film. Mais à ce stade, a-t-on vraiment envie d’un 3ème film ?

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 08:45

CERCLEEnfin ! Un remake U.S. qui au lieu de radoter et affadir, approfondit certaines pistes du film japonais d’origine et crée un mystère qui lui est propre, sans bêtement se calquer sur son CERCLE (1)modèle. C'est de plus, beaucoup plus soigné au niveau visuel que « RING ». Seul problème, malgré toutes ses qualités, ses améliorations, « LE CERCLE » ne fera jamais oublier le choc initial que fut la première vision de la fin du film originel. Et spécialement ce plan traumatisant du fantôme aux cheveux gras émergeant du poste de télé en rampant. Brrrr !CERCLE (3)

La version américaine est un film oppressant du début à la fin, sans la moindre image ensoleillée (tout est gris ardoise), sans une trace d'humour ou d'espoir. On s'enfonce progressivement, jusqu'à ce puits lui-même enterré sous un plancher. Et la réplique du gamin (« Tu n'étais pas censée l'aider ») fait littéralement froid dans le dos. En ne donnant aucune réponse sur la nature de Samara, aucun détail sur ses méfaits, ses pouvoirs, Gore Verbinski ouvre la porte à une nouvelle mythologie d'horreur propice au développement. Naomi Watts joue le jeu avec une énergie rare, en ne s'appuyant sur aucune béquille CERCLE (2)psychologique, ne composant son personnage que dans l'action. À ses côtés, les vétérans Jane Alexander et Brian Cox sont parfaits comme toujours.

Quelques séquences, comme celle du cheval sur le ferry ou la scène du puits sont marquantes, sans le moindre effet bidon. Pour un remake, c'est à tout prendre, un excellent remake.

Bien sûr, la sequel d'un remake n'incite guère à la confiance ni à l'optimisme, et « LE CERCLE 2 » démarre mal, reprenant maladroitement les personnages du premier film, ne leur donnant à dire que des platitudes explicatives. Et puis tout doucement, l'air de rien, le film trouve son style propre, abandonne complètement le gimmick de la K7 mortelle, pour partir sur une histoire de possession diabolique, qui se développe un peu comme « LA MALÉDICTION », jusqu'au sacrifice salvateur de l'enfant. Encore une fois, le film doit beaucoup au jeu impliqué, ultra-sérieux de Naomi Watts, d'une intensité rare dans ce genre de film, qui a l'intelligence de ne jamais jouer sur la séduction. Elle parvient à rendre crédible ce scénario alambiqué et trop étiré. Le temps d'une séquence, on a le plaisir de retrouver Sissy Spacek enfermée en HP, dans un réjouissant numéro de cinglée échevelée. Simon Baker, le « MENTALIST » de la série TV tient un rôle central mais sans substance.

« LE CERCLE 2 » est très bien filmé, soigneusement cadré surtout, la photo retrouve les teintes ardoise du premier film et l'affrontement final entre Rachel et Samara dans le puits, provoque de sympathiques frissons. Sans oublier cette très étrange et angoissante séquence où la mère et le fils sont encerclés par une troupe de cervidés fantômes agressifs. Les effets numériques y sont particulièrement convaincants. L'un dans l'autre, une suite nullement honteuse.

À noter que la réplique finale : « I’m not your fuckin’ mommy ! » sera reprise telle quelle et dans une situation très similaire à la fin de l’excellent « ESTHER ».

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 15:44

La récente (re)sortie en zone 2 de « ALLONS DONC, PAPA ! » (encore un titre français somptueux) chez les excellents « Wild Side », nous rappelle qu'il s’agit d’une sequel. Celle du « PÈRE DE LA MARIÉE » tourné l’année précédente et sorti uniquement en zone 1.

À revision des deux opus signés Vincente Minnelli, quelques réflexions s’imposent : d’abord, pour charmants qu'ils soient, ces deux films ressemblent à des aïeuls des sitcoms télé du genre « I LOVE LUCY » ou plus tard « COSBY SHOW ». Ensuite, malgré l’adulation qui entoure Minnelli parmi les cinéphiles, force est d’admettre qu'ils sont paresseusement filmés et que l’humour a quelque peu vieilli. C'est surtout sensible sur « ALLONS DONC, PAPA ! » qui a déjà perdu pas mal de la fraîcheur du premier opus.

ALLONS DONC

Si ces deux films valent encore un coup d’œil aujourd'hui, ce sera pour deux raisons : d’abord c'est une édifiante radiographie de l’Amérique d’après-guerre, avec ses mentalités un peu rances, son obsession des apparences et de l’argent (une bonne partie des dialogues tourne autour des dépenses occasionnées par le mariage ou la naissance d’un bébé), et sur la façon qu’avait Hollywood d’idéaliser le petit cercle familial. Sans oublier la bonne noire dévouée qu'on sonne à la clochette, sortie tout droit de « AUTANT EN EMPORTE LE VENT ».

Mais ce diptyque est surtout un hommage à l’immense talent de Spencer Tracy, qui surnage avec une grâce prodigieuse, dans un rôle impossible de bon père de famille, emblème de la Middle Class triomphante. Un symbole de médiocrité auto-satisfaite, avaricieux, porté sur le Martini, égocentrique et pleutre. Le naturel de l’acteur, son don inné de sympathie, son timing impeccable pour la comédie, donnent de l’âme à ces deux films et font pardonner les seconds rôles lourdingues, la misogynie rampante du dialogue et la pauvreté de certaines situations. Tracy a eu de bien meilleurs rôles, c'est évident, mais c'est en sauvant celui-ci qu'il prouve son singulier génie d’acteur.

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