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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 17:37

UNDERWORLD (2)Il y a bientôt dix ans, « UNDERWORLD » démarra une ‘franchise’ qui dure encore aujourd'hui et en est à son 4ème film. À l’époque, l’influence majeure – du point de vue visuel, en tout cas – était « MATRIX », mais le cinéphile repèrera sans difficulté des UNDERWORLD (1)réminiscences de « HIGHLANDER » et « HELLRAISER », que ce soit dans la thématique ou l’esthétique.

Intégralement situé de nuit et sous la pluie, ce film narre la guerre ancestrale entre les loups garous et les vampires. On voit très peu d’humains au cours de l’action, si ce n’est ce sympathique et séduisant docteur, qui finira en « sang mêlé » des deux espèces. Ponctué de fusillades dantesques, inspirées des polars de Hongkong, « UNDERWORLD » parvient à imposer sa logique interne, à rendre ses absurdités relativement plausibles et même à intéresser à ses improbables protagonistes. La meilleure idée du scénario étant de nous faire naturellement prendre parti pour les vampires pendant la première moitié, avant de modifier notre perspective par un flash-back bien placé. Une subtile façon de mettre le public face à son propre racisme instinctif, en somme. Pas idiot.

On ne s’ennuie pas une seconde, même dans la version ‘director’s cut’ de deux heures et quelques, on ressent fugitivement une certaine monotonie due aux couleurs bleuâtres et à la bande-son systématiquement survoltée, mais c'est suffisamment bien fichu pour qu’on reste accroché envers et contre tout. Le charme de KateUNDERWORLD Beckinsale n’est certes pas étranger à l’intérêt qu’on porte à ce film passablement délirant. Flingueuse vampire ombrageuse et acrobate, elle crée une silhouette d’héroïne de BD des plus fulgurantes. Parmi les seconds rôles (qui ressemblent tous à des top models un peu ‘grunge’ sur les bords), Bill Nighy épate en roi-vampire émacié et impérieux.

Sans être un classique du fantastique, « UNDERWORLD » a bien passé le cap des années, grâce à des F/X bien intégrés, pas trop envahissants, un scénario pas totalement crétin et un sous-texte qu’on ne s’attendait pas à trouver là.

La suite est-elle à la hauteur ? À suivre…

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 16:02

Quelle bonne surprise quand on a aimé un film comme « THE WOMAN », que de découvrir subitement qu'il n’était en fait que la suite d’un autre film sorti deux ans plus tôt et dont on OFFSPRINGn’avait jamais entendu parler : « OFFSPRING » avec déjà au générique l’incroyable Pollyanna McIntosh, qui créait l'iconique personnage de ‘la femme’.

Écrit par Jack Ketchum d'après son propre roman, le scénario s’inspire ouvertement du « SEIGNEUR DES MOUCHES » et de « LA COLLINE A DES YEUX ». Autrement dit, c'est parti pour 80 minutes d’enfants sauvages, de grottes infestées de dégénérés cannibales, d’éviscérations, d’énucléations et de sévices divers en mode ‘gore’. Contrairement au film de Lucky McKee qui allait un peu au-delà de son postulat, « OFFSPRING » est une série B tout ce qu'il y a de basique, comme on en produisait beaucoup dans les années 80. On retrouve d'ailleurs Art Hindle – également producteur – figure familière des copros canadiennes de l’époque, jouant ici un ex-flic qui boit pour oublier.

C'est du cinéma primitif et techniquement mal fichu (nombre incalculable de plans flous ou mal cadrés), dont les dialogues ne sont que fonctionnels et la psychologie des personnages est grossièrement brossée. Alors pourquoi prendre tout de même du plaisir (coupable) à voir « OFFSPRING » ? D’abord par l’ambiance complètement démentielle qui règne dans cette grotte de cauchemar, qui rappelle les séries Z cannibales italiennes, mais surtout pour Pollyanna qui se déchaîne complètement en matriarche troglodyte éructante et bestiale. Il faut avoir vu sa version de l’œuf à la coque : on coupe d’un coup de hache le haut de la tête d’un homme (vivant, bien sûr) et on dévore la cervelle toute fraîche ! Et quand elle s'en va à la fin du film, blessée et titubante, on sait que c'est pour se retrouver dans… « THE WOMAN » ! Donc, joie. Oui, joie coupable, bien évidemment.

Alors, un film à conseiller ? Tout seul, sans doute pas. Mais en double-programme avec le petit bijou malsain de McKee, sans la moindre hésitation.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 08:45

« MON BEAU-PÈRE ET MOI » était une petite comédie à ‘high concept’ dont la seule surprise était d’y trouver Robert De Niro. Son succès engendra « MON BEAU-PÈRE, MES PARENTS ET MOI », une sequel tirée par les cheveux, au casting surqualifié et aux gags navrants (De Niro y « allaitait » son petit-fils).

« MON BEAU-PÈRE ET NOUS », c'est… n'importe quoi. Cette fois, personne n’a songé à FOCKERSs’encombrer d’un scénario ou même d’un concept, on a réuni tout le monde et on s’est payé une bonne tranche de rigolade entre copains, certainement très bien rémunérée. Tant mieux pour eux ! Pourtant, entre consternation et incrédulité, on n’arrive pas à complètement détester ce film. Il y règne une bonne humeur, un laisser-aller, une sensation d’improvisation qui le rendent sinon passionnant du moins sympathique et enjoué.

La trame semble cette fois s’être concentrée sur un éventuel adultère, sur les infarctus du beau-père et sur des flatulences à répétition. Pourquoi pas ? Cela donne l’occasion non-négligeable de contempler la plastique de Jessica Alba en sous-vêtements noirs, de retrouver un Harvey Keitel bien vieilli, en entrepreneur flemmard dans un ‘caméo’ absurde et de sourire aux grimaces permanentes du grand Bob qui paraît s’amuser beaucoup. Sans parler de Barbra Streisand et Dustin Hoffman (en mode ‘overdrive’) venus en voisins.

Alors bien sûr, certaines comédiennes sont trop liftées, Ben Stiller est bizarrement maquillé et semble échappé du musée Grévin, le moindre gag ou « mot d’esprit » (façon de parler…) est répété ad nauseam et il faut endurer le cabotinage épouvantable de l’abominable Owen Wilson. Mais bon… « MON BEAU-PÈRE ET NOUS » offre exactement ce qu'il promet d’offrir. Ce n’est pas le genre de produit à filer la migraine et certaines situations bêtes et téléphonées des heures à l'avance, arrachent malgré tout un sourire. Même si on en a un peu honte.

Seule vraie question – toujours la même : Mr Robert De Niro a-t-il vraiment besoin de tourner dans des machins pareils pour gagner sa vie ?

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 17:59

« THE WOMAN » s’installe d’emblée dans le club très fermé des films d’horreur culte, dans la droite lignée du « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE » d’origine. Le scénario commence plutôt comme « L’ENFANT SAUVAGE » : un père de famille capture une étrange femme-animal dans la forêt, l’enferme dans sa cave et entreprend de la « civiliser », quitte à la torturer et à la violer un peu en passant. Oui, évidemment, on est un peu loin de Truffaut, là…

WOMAN

Plus on avance dans le film, plus celui-ci perd de son réalisme pour devenir une sorte de fable macabre, totalement délirante. La caricature de la famille ‘middle class’ du début se mue progressivement en portrait touchant d’un nid de serial killers, de sociopathes, de monstres difformes et cannibales et autre réjouissances. C'est le style sobre et détaché de Lucky McKee, l’élégance de sa mise en scène qui ne cède jamais au ‘gore’ infantile, qui rendent le spectacle regardable et même souvent hypnotisant. Comme le fut son « MAY », d'ailleurs aussi placide dans sa monstruosité. Il fallait bien cela pour rendre à peu près digeste cette avalanche d’horreurs, de dépravations.

Malgré ses côtés nettement « malades », « THE WOMAN » ne manque pas d’humour. Enfin – d’une certaine forme d’humour, disons. Et le final entraîne dans une folie furieuse tout à fait réjouissante.

On retrouve Angela Bettis, l’héroïne de « MAY » dans un rôle de femme battue, mais c'est Pollyana McIntosh qui s’abroge la part du lion dans le rôle de ‘la femme’, grande bringue au corps de rêve mais aux dents pourries et à l’œil vitreux.

Un film à ne pas mettre entre toutes les mains, cela va sans dire, mais pour l’amateur de bizarreries jusqu'auboutistes, c'est un vrai plaisir.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 15:55

Voilà typiquement le genre de sequel dont le cinéphile averti a appris à se méfier. À tort, en l’occurrence, puisque « JURASSIC PARK III » est une heureuse surprise. Pourtant, JP3 (1)Spielberg n’est plus aux commandes, le métrage est plus court d’une demi-heure (souvent signe de problèmes de montage) et le postulat est extrêmement léger.

Comme pour le 2ème film, la mise en train/justification prend un certain temps et semble tirée par les cheveux. Mais le film prend le parti du mouvement incessant et de la course-poursuite quasi-ininterrompue et le spectacle est total. Moins voyante que celle de Spielberg, la réalisation est fonctionnelle et efficace et intègre parfaitement les F/X qui sont tellement parfaits dans les scènes de ptérodactyles en vol… qu’on n’y prête même pas attention.

Après le personnage irritant de Goldblum dans le film précédent, on est content de retrouver Sam Neill dans son rôle d’aventurier malgré lui, qui s’est fait un look très Indiana Jones. Et l’introduction du personnage de Laura Dern, qui étonnamment n’est pas devenue sa femme, est des plus judicieuses. William H. Macy est comme toujours excellent en « beauf » sympathique qui affronte les monstres géants pour sauver son fils. Téa Leoni hérite d’un rôle un tantinet crispant de mère-poule qui passe la moitié du film à brailler le prénom de son fils « Eric ! » sur tous les tons.

JP3

Le premier opus était basé sur l’émerveillement, le second sur la surenchère. Le 3ème entre de plain-pied dans cette mythologie nouvelle et en utilise pleinement les possibilités et les acquis. Quelques images comme la première apparition du ptérodactyle émergeant des brumes ou le téléphone portable sonnant à l’intérieur d’un prédateur géant, font partie de l’Histoire du cinéma populaire.

Une des très rares ‘franchises’ récentes qu’on espère voir se perpétuer…

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 16:15

JPARK 2 (1)« LE MONDE PERDU : JURASSIC PARK », c'est exactement la même chose que le n°1, la découverte en moins. Dès le départ, on sent que le scénario rame un peu pour remettre la ‘franchise’ sur les rails : pourquoi être allé rechercher le personnage de Jeff Goldblum pour le renvoyer là-bas ? Pour le justifier, il a fallu lui coller une fiancée coincée sur l’île aux dinosaures et même modifier radicalement sa personnalité, changeant JPARK 2l’excentrique déjanté du premier film en un papa poule rabat-joie très pénible.

N’empêche… Une fois lancé – et même si cela prend trop de temps – le film retrouve l’énergie des origines et le vent de la grande aventure se remet à souffler. On passe de « HATARI ! » pour les scènes de chasse à « KING KONG » pour la dernière partie avec une jubilation totale. Les F/X sont encore plus fignolés, les attaques de T-Rex sont des modèles de mise en scène et de montage. Ce n’est évidemment pas un film « d’acteurs » et cela se sent : Goldblum roule des yeux et abuse de son étrange diction dans ce personnage mal défini. Julianne Moore est réduite à jouer les ‘scream queens’, ce qu'elle fait d'ailleurs très bien. La scène sur la vitre fendillée est un chef-d’œuvre en soi. Pete Postlethwaite joue les « chasseurs blancs » avec un bel humour pince-sans-rire et Arliss Howard est un méchant tout à fait crédible. À noter que Richard Attenborough et ses petits-enfants apparaissent au début dans des ‘caméos’.

C'est du cinéma pop-corn à l’état brut, mais du pop-corn haut-de-gamme, soigné jusque dans les moindres détails. Quelques petits tours de vis au scénario en plus et un épilogue moins bâclé auraient été bienvenus, mais après deux heures de ce régime-là, après ce véritable flash-back dans l’enfance, qui va songer à critiquer ?

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 18:13

« JURASSIC PARK » vient de sortir en Blu-ray et la bonne nouvelle, c'est qu'il n’a pas pris une ride malgré ses presque vingt années d’existence. Que dire de ce film qui transcende le genre qu'il illustre et échappe par on ne sait quel miracle à l’agacement que devrait susciter un JURASSIC PARK‘blockbuster’ réalisé par le réalisateur le plus consensuel du monde ?

Avec « JURASSIC PARK », on revient aux bases du cinéma qu’on aime. Le « cinoche » à l’état pur. Le monde de l’enfance, de l’émerveillement, de la BD, des monstres et de la jungle. Le seul véritable héritier du « KING KONG » originel. Le scénario, s’il perd un peu de temps au début, à crédibiliser son postulat énorme, devient assez vite un ‘survival’ dépouillé et linéaire, une succession de scènes qui sont autant de morceaux de bravoure enchaînés, un Grand-8 où se mêlent la grande aventure, la fable moralisatrice, de grands sentiments pour « toute la famille », un humour assez caca-prout et des F/X absolument bluffants.

Impossible de n’être pas happé par le mouvement infernal que Spielberg impose à son film, même si l’extrême minceur du scénario engendre automatiquement de petites baisses de régime vers le milieu. Dans un cast trié sur le volet, Sam Neill se détache en savant bourru qui retrouve son regard de petit garçon en découvrant ces dinosaures dont il a toujours rêvé et dont il n’avait vu jusqu'ici que des ossements fossiles. Jeff Goldblum est amusant en matheux excentrique, mais se voit trop tôt cloué par une fracture. Laura Dern n’est pas à son top, mais Wayne Knight est hilarant en ‘hacker’ ripou et tête-à-claques.

Des séquences comme la première attaque du T-Rex en pleine tempête ou l’apparition des ‘raptors’ sont depuis longtemps entrées dans l’anthologie du 7ème Art. C'est effectivement du grand cinéma populaire qui anesthésie tout sens critique.

 

À NOTER : dans cette nouvelle édition, les images les plus « sanglantes » ont été soigneusement expurgées de leur débordement d’hémoglobine. Agaçant, tout de même, cette manie de retoucher des films à volonté en bafouant l’œuvre telle qu'elle avait été conçue…

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 06:44

On pensait en avoir fini avec la ‘franchise’ des « SCREAM » et ce, depuis une bonne décade. La sortie d’un « SCREAM 4 » a donc plutôt les allures d’une réunion d’anciens combattants que d’un comeback flamboyant.

De fait, les trois-quarts du film sont tristounets : construit en SCREAM4poupée-gigogne, c'est une avalanche ininterrompue de références, de clins d’œil, de réflexions masturbatoires, une mise en abyme trop élaborée pour être surprenante. Cela sent l’autosatisfaction à plein nez. Quant au discours lourdement insistant sur les ravages de la technologie sur la jeunesse, il semble plaqué et fait figure d’alibi pour justifier l’existence même de ce n°4.

On rentre dans le film sans passion, avec un brin de nostalgie, on constate les outrages du temps sur le trio de vétérans de la série que sont Neve Campbell, Courteney Cox (surtout) et David Arquette et on s’ennuie gentiment, en suivant ce scénario trop mécanique et dépourvu de la moindre étincelle de vie. Du moins, jusqu'à sa dernière partie, où la jeune Emma Roberts émerge enfin et s’empare du film avec une énergie vorace. Dans un rôle à facettes, elle crève l’écran et apporte enfin les frissons et l’inattendu qu’on espérait depuis le début. À suivre, cette jeune dame ! Le cast féminin dans son ensemble, est d'ailleurs la force principale du film.

« SCREAM 4 » ressemble plus à un post-scriptum qu’à une ‘sequel’ à proprement parler et s’appuie beaucoup trop sur ses propres codes et la connivence d’un public conquis d’avance, pour tenir sur ses propres jambes. Le film doit certainement mieux trouver sa place dans l’œuvre de Wes Craven, si on s’inflige un marathon de la tétralogie dans la foulée.

Tel quel, c'est une succession de meurtres à l’arme blanche, de sursauts calibrés et de coups de théâtre sans réelle logique, si ce n’est celle d’un plaisir immédiat pour l’amateur. Un film peu nécessaire, disons…

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 16:42

SPIT GRAVE (1)Le début des années 70 avait vu fleurir des films comme « DÉLIVRANCE », « LES CHIENS DE PAILLE » ou « LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE », qui entretenaient un lien de parenté évident quant à leur exploration de la violence gratuite et surtout de sa contagion.

« I SPIT ON YOUR GRAVE » creuse encore le sillon en confrontant une jeune new-yorkaise qui loue une maison de campagne au bord d’un lac, pour écrire un roman, et se fait violer par quatre « locaux » qui la laissent pour morte. Elle décide de rendre sa propre justice. Rien de très original, mais en appréhendant son sujet de façon totalement linéaire, frontale, directe, sans aucune stylisation que ce soit scénaristique ou visuelle, l’auteur évite tout sensationnalisme et voyeurisme. Ainsi, la séquence du quadruple viol semble n’en jamais finir. Dans la boue, le sang et les hurlements, les râles, le spectacle devient insupportable, nauséabond et en dit finalement plus long que tous les discours sur les agressions sexuelles et leur impact sur les victimes. La vision de Camille Keaton, souvent dénudée, dégradée, avilie, n’a jamais rien d’excitant ou même d’ambigu. Et c'est la grande réussite de ce film fauché et apparemment tout simple : contourner l’approche toujours un peu malsaine de ce genre de sujet, par un filmage le plus « objectif » possible.

Alors bien sûr, c'est un film qui n’a rien d’agréable ou de distrayant, mais il force peu à peu le respect par son honnêteté et sa façon d’exprimer ses idées sans les asséner. Le ‘payback’ de la dernière partie est lui aussi abordé intelligemment. Devenue vengeuse, l’héroïne n’en devient pas pour autant une tueuse invincible et les meurtres sont tellement violents et hideux, qu’on n’a pas envie d’applaudir. On a beaucoup reproché aux « CHIENS DE PAILLE », par exemple, son ambivalence et son machisme sous-jacent. On pourra faire des reproches à « I SPIT ON YOUR GRAVE », qui n’a pas la même valeur cinématographique, mais pas ceux-là. À voir donc, mais en sachant à quoi on s’expose.

À noter que le film fut jadis exploité en France sous le titre « ŒIL POUR ŒIL ».

SPIT GRAVE

Édifiant de voir le remake de « I SPIT ON YOUR GRAVE », tourné trois décades plus tard, quelques jours après l’original. Et étonnant de voir l’évolution de la censure et des limites qu’on se fixe selon les époques : ainsi si la violence était maîtrisée en ’78, elle est aujourd'hui complètement débridée, lorgnant avec gourmandise vers le ‘gore’ façon « HOSTEL » ou « SAW ». Par contre les « nus frontaux » d’antan ont complètement disparu. Adieu les poils pubiens de l’héroïne. À peine ose-t-on filmer quelques plans de fessiers en caméra bougée ! Où va se nicher la pudeur en 2011…

Les deux films se ressemblent énormément pendant la première moitié, malgré l’ajout du personnage du shérif violeur (formidable Andrew Howard !), puis la narration bifurque radicalement. Autant l’original était toujours relaté du point de vue de la victime, autant le remake fait le choix de l’oublier après le viol pour se concentrer sur les brutes. La jeune femme devient alors une sorte de morte-vivante dont le look rappelle les fantômes à cheveux gras des films japonais et sa vengeance oublie toute crédibilité, toute velléité de vraisemblance, pour foncer tête baissée dans la série B horrifique : le visage fondu à la soude, les yeux bouffés par les corbeaux, la castration au sécateur, le fusil à pompe enfoncé dans… Enfin, vous imaginez ! La gentille et frêle new-yorkaise s’est transformée en quelques jours en McGyver de l’ultra-violence.

C'est plus rythmé, plus drôle au énième degré, mais évidemment moins marquant puisque résolument crétin et même un peu « ado » sur les bords. Ça reste du cinéma crapoteux et distrayant, dont on profite certainement mieux si on n’a pas vu l’original d’abord. Et il faut dire que la double « punition » finale du shérif et du débile mental est tellement dégueu, qu'elle provoque un éclat de rire de surprise. Évidemment, cela nécessite une certaine forme d’humour, convenons-en…

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 09:32

On pourra penser ce qu’on veut des deux premiers « X-MEN », Bryan Singer avait réussi à signer les films de superhéros les plus sombres, les plus adultes et les plus « crédibles » du genre. On préfèrera oublier le troisième et garder une affection indulgente pourXMEN « WOLVERINE ».

Auréolé du récent et mérité succès de son « KICK-ASS », Matthew Vaughn s’attaque à la prequel avec « X-MEN : LE COMMENCEMENT ». C'est un produit parfaitement manufacturé, joliment emballé au luxe affiché, mais quelque part et assez vite s’installe une certaine déception. D’abord parce qu’on retombe dans le film pour teenagers, le blockbuster impersonnel et bourré jusqu'à la gueule de F/X tous plus époustouflants les uns que les autres. Ensuite, parce que le scénario situé pendant l’épisode nucléaire de « la Baie des Cochons » n’est qu’une succession de bagarres, d’explosions et de métamorphoses spectaculaires. L’intrusion des camps nazis et de l’Holocauste dans cet univers infantile est quelque peu gênante, à la longue. Il y a des mélanges qui ne prennent pas forcément et frisent même le mauvais goût… Et puis le discours sur le droit à la différence, très balourd et insistant, finit par avoir l’air d’un alibi plutôt que d’un thème de réflexion. Sans compter l’inutile longueur du film, défaut récurrent de ce type de production, qui amène toujours à la même sensation d’écœurement à la fin.

Côté positif, on peut dire que les effets numériques sont extraordinairement bien intégrés au point d’en être indécelables, que les femmes sont belles (on retrouve des stars de séries télé à la mode comme January Jones et Rose Byrne) et que Kevin Bacon paraît s’amuser en nazi désinvolte. À noter que Hugh Jackman apparaît quelques secondes dans son rôle de ‘Wolverine’, le temps d’un caméo amusant.

« X-MEN : LE COMMENCEMENT » n’a rien d’une catastrophe et évite les pièges dans lesquels était tombé le n°3 de la franchise. On demeure malgré tout sur une déception diffuse, l’envie de retrouver l’univers cohérent, glacé et ambitieux des premiers opus et un peu moins de pyrotechnie.

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