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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 18:10

ROB ROYSorti la même année que « BRAVEHEART », « ROB ROY » se déroulant également en Écosse et suivant l’épopée d’un héros national, a pâti de la concurrence. Pourtant, ce n’est ROB ROY (1)pas blasphémer qu’affirmer sa supériorité sur bien des points au film de Mel Gibson. Ne serait-ce qu’au niveau du casting, composé d’excellents comédiens plutôt que de stars ‘bankable’.

Bien qu'il se situe dans les Highlands, que les Indiens portent des kilts, les ranchers des perruques poudrées, « ROB ROY » est bien un des plus beaux westerns sorti dans les années 90, comparable au « DERNIER DES MOHICANS » de Michael Mann, de par son lyrisme mêlé de réalisme et sa splendeur esthétique.

Sorte de Robin des Bois qui ressemblerait physiquement à Little John, Liam Neeson trouve un de ses meilleurs rôles, un des mieux adaptés à sa personnalité étrange de colosse fragile, entêté, sans humour, mais suant l’héroïsme par tous les pores de son cuir épais. Face à lui, Jessica Lange – légèrement trop âgée pour son rôle – est magnifique en épouse dévouée mais autonome. Mais il faut bien reconnaître que le vrai plaisir du film vient de ses méchants. Tim Roth, John Hurt et Brian Cox forment le plus abject trio deROB ROY (3) saligauds vus sur un écran depuis bien longtemps. Sans jamais cabotiner, ils se vautrent dans la vilénie et l’immondice tels des pourceaux dans la fange. L’horrible sourire de Roth, dents serrées est une trouvaille de génie. L’acteur anglais est remarquable, parvenant même à donner un semblant d’humanité à l’ordure. Un tout petit semblant…

Si le contexte historique sert vraiment de prétexte, « ROB ROY » déroule son scénario sans accroc, sans jamais laisser présager de l’issue et le duel final est en cela une franche réussite : on ne sait pas réellement si le héros va gagner. C'est assez rare pour le noter.

Le film vient de sortir en Blu-ray, rendant enfin justice au glorieux travail de Karl Walter Lindenlaub, dont la lumière est époustouflante de bout en bout, sans jamais céder aux effets chers à Ridley Scott par exemple.

Alors, un chef-d’œuvre ? Allez… Un chef-d’œuvre !

ROB ROY (2)

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 07:59

DAYS OF HEAVEN (1)Réalisateur peu prolifique, Terrence Malick a tout simplement signé avec « LES MOISSONS DU CIEL » un des films les plus visuellement beaux de l’Histoire du 7ème Art. DAYS OF HEAVENLa photo de Nestor Almendros capture des ambiances d’aube ou de crépuscule, restitue la nature avec une telle minutie, qu’on en sent presque les parfums.DAYS OF HEAVEN (4)

Sur un scénario simple, basique, le film déploie toutes les émotions humaines, leurs grandeurs et leurs mesquineries, à travers quatre personnages réunis par les aléas de l’existence dans un décor extraordinaire de maison perdue au milieu des champs.

Le film progresse par touches subtiles, les sentiments ne s’expriment presque jamais, mais les regards en disent long. Malick se préoccupe toujours de placer son récit sur deux niveaux : les affrontements humains et leur mise en perspective dans une nature d’abord indifférente, puis soudain DAYS OF HEAVEN (3)déchaînée qui explose littéralement, libérant la violence qui couvait.

Bien sûr, on pourra parfois trouver la voix ‘off’ de Linda Manz un peu redondante et parasite, bien sûr au sein d’un cast idéal, Richard Gere – dont c'est pourtant le meilleur travail – n’arrive pas tout à fait à convaincre, mais le duo Brooke Adams-Sam Shepard est magique et le vétéran Robert J. Wilke, « bad guy » de tant de westerns, donne un fabuleux relief à ce contremaître dévoué à son jeune patron.

Sans oublier la sublime BO d’Ennio Morricone qui semble fondue dans l’image, faisant corps avec les sons des insectes, le bruit du vent dans les blés. Une merveille.

Terrence Malick après des années de silence a tourné depuis, mais n’a encore jamais retrouvé cet état de grâce.

DAYS OF HEAVEN (2) 

À NOTER : le film vient de sortir aux U.S.A. dans une édition Blu-ray chez Criterion. S’il est un film qu'il faut absolument voir (ou mieux, découvrir) dans des conditions optimales, c'est bien celui-là.

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 20:20

Depuis le temps maintenant (un semestre), qu’on parle western, qu’on énumère les grands films, les chefs-d’œuvre, les nanars, les impostures, les vraies stars, les fausses valeurs, les bons souvenirs, les arnaques, les mauvaises surprises et les films qu’on n’aurait jamais dû revoir… Il était temps de sacrifier à la mode des listes.
LISTE WWW 

Quels sont – selon WWW – les meilleurs westerns de l’Histoire du cinéma ? En voici déjà une petite trentaine… Liste toute subjective, rappelons-le, et qui en suscitera peut-être d’autres. Car finalement, c'est toujours instructif, une liste.

Alors, à vous, amis visiteurs… Vos listes à vous, entre 30 et 50 films, et en écrémant sévèrement, bien sûr.

 

Voici la nôtre (plus ou moins par ordre de préférence) :

 

1.     « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST »

2.     « LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT »

3.     « PAT GARRETT & BILLY THE KID »

4.     « IMPITOYABLE »

5.     « LA CHEVAUCHÉE DE LA VENGEANCE »

6.     « LE GRAND SILENCE »

7.     « LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL »

8.     « LES 7 MERCENAIRES »

9.     « LES PROFESSIONNELS »

10.    « LA HORDE SAUVAGE »

11.    « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND »

12.    « L'HOMME DE L’OUEST »

13.    « L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE »

14.    « 7 HOMMES À ABATTRE »

15.    « RIO BRAVO »

16.    « LA PORTE DU PARADIS »

17.    « L'HOMME DE LA LOI »

18.    « LA POURSUITE INFERNALE »

19.    « L'HOMME AUX COLTS D’OR »

20.    « L'HOMME DE L’ARIZONA »

21.    « VERA CRUZ »

22.    « BUTCH CASSIDY ET LE KID »

23.    « HOMBRE »

24.    « LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES »

25.    « UN COLT POUR TROIS SALOPARDS »

26.    « MON NOM EST PERSONNE »

27.    « L’APPÂT »

28.    « LES COLLINES DE LA TERREUR »

29.    « JOHNNY GUITARE »

30.    « MONTE WALSH »

31.    « LE REPTILE »

32.    « LES PROIES »

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 15:24

PROPOSITION (3)
Le coin le plus reculé du Far West américain, l'Ouest le plus sordidement réaliste recréé en PROPOSITIONItalie, ont l’air de verdoyantes campagnes normandes, comparés à l’Australie décrite dans « THE PROPOSITION ». Terre désolée, inhabitée, écrasée d’un soleil si puissant qu'il efface couleurs et reliefs, dessèche les hommes, les couvre de poussière et de mouches, cet Ouest-là ressemble fort aux enfers, et lePROPOSITION (1) Diable qui y habite est un hors-la-loi mystique, qui passe ses journées et ses nuits assis face à l’horizon, scrutant les allers et venues du soleil, et en attendant des réponses… Qu'il trouve parfois.

« THE PROPOSITION » est un film visuellement somptueux, d’une poésie fulgurante, d’une violence âpre et atroce, qui entraîne dans un cauchemar d’exil et de barbarie, dont la seule porte de sortie est la mort violente.

Comme une sorte de Clint Eastwood anorexique, Guy Pearce compose une silhouette PROPOSITION (2)évoquant « L'HOMME DES HAUTES PLAINES » à la sauce Jodorowsky, et comme l’officier de « APOCALYPSE NOW », doit remonter jusqu'àPROPOSITION (4) son propre frère, pour le tuer. C'est Danny Huston, comédien généralement transparent, qui incarne le fou furieux, l’assassin sanguinaire, ému aux larmes par une chanson, capable de citer les poètes, et amoureux éperdu de la nature avec laquelle il fusionne. Lui, n’espère que la délivrance, et attend que son frère « l’arrête ». Le fils du grand John est époustouflant ! 

Face à eux Ray Winstone, le capitaine anglais déraciné, dépassé par la sauvagerie de ce pays primitif, qu'il s’était juré de civiliser. Emily Watson très touchante, et John Hurt, déchaîné en chasseur de primes verbeux, complètent un casting magnifique.

Par sa photo ocre et sépia, sa BO hypnotique, sa lenteur entrecoupée d’ellipses foudroyantes, et sa violence joliment escamotée, « THE PROPOSITION » est un pur western, et un grand film, inoubliable comme un cauchemar de fièvre.

 

À NOTER : sorti partout dans le monde en 2005, le film va enfin connaître une sortie salles en France. Mieux vaut tard…

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 23:43

Franchement, que peut-il y avoir de plus cool qu’un western nocturne avec des vampires, écrit par l’auteur de « HITCHER », photographié par le chef-op de « TERMINATOR 2 », musiqué par les Tangerine Dream, et réalisé par une femme ? Rien, n'est-ce pas ?

« AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE » est un film absolument unique en son genre, qui brasse de multiples mythologies, les mixe avec une grâce inespérée, et ose même raconter une belle love story romantique, au milieu du sang qui gicle et des chairs calcinées.

L’univers est celui du Texas profond, comme figé à l’époque du Far West, avec ses cowboys, ses Stetsons, ses shérifs. Et sillonnant les routes, comme des prédateurs noctambules, ce ne sont plus les Indiens d’antan, mais des vampires, un groupe de buveurs de sang dépenaillés et hyper-violents, qui sèment la désolation. Parmi eux, un « petit nouveau », récemment vampirisé, qui va tenter de résister à son nouvel instinct, malgré les pressions du gang.

Kathryn Bigelow a engagé trois acteurs de « ALIENS – LE RETOUR », Lance Henriksen, Bill Paxton et Jenette Goldstein, pour incarner les vampires, et ils sont extraordinaires, se délectant de leurs rôles comme des vampires du sang qu'ils boivent. À leurs côtés, les jeunes Adrian Pasdar (« PROFIT ») et la ravissante Jenny Wright ne se laissent pas éclipser, et parviennent à exister.

Si certains détails datent un peu le film, comme l’image à contre-jour perpétuel, le rythme un peu lent, et bien sûr la musique, « AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE » n’est jamais démodé ou kitsch. C'est son atmosphère de cauchemar éveillé, et des images inoubliables comme ces créatures prenant littéralement feu au contact de la lumière du jour, qui en font un authentique petit chef-d’œuvre.

Un film réellement envoûtant, qui supporte les re-visions sans flancher. Dommage que la carrière de la douée Bigelow n’ait pas vraiment décollé après ce coup de maître.

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 09:33

« APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA » n’est peut-être pas le meilleur film de Sam Peckinpah, mais c'est en tout cas celui qui ressemble le plus à ce qu'il avait au fond de l’inconscient, en tournant tous les autres. Ce n’est pas par hasard si Warren Oates s’est fait la tête et le look général de son réalisateur, pour incarner Benny, sorte de jumeau décavé de « Bloody Sam », englué dans ses chimères mexicaines.

Pianiste de bar, Benny est un « gringo » fauché, qui sort avec une prostituée locale, partage avec elle de bons moments et quelques morpions, ainsi qu’un alcoolisme galopant. Quand il apprend qu’un riche ranchero offre une fortune, pour ramener la tête de l'homme qui a engrossé sa fille, Benny se met en chasse, en même temps qu’une armée de mercenaires et chasseurs de primes.

Ce qui démarrait comme une balade morbide mais plutôt ludique, va peu à peu se transformer en descente aux enfers, et Benny ne va bientôt plus avoir comme compagnon que cette tête coupée, pourrissant au fond d’un sac de toile dégoûtant, autour duquel vrombissent les mouches vertes. Benny devra tuer, pour garder ce trophée, il devra renoncer à ce qu'il était, devenir un assassin, sacrifier la femme qu'il aime. Tout ça pour une poignée de dollars. D'aucuns pourraient y voir un commentaire sur les déboires de Peckinpah avec les grands studios...

Situé dans le Mexique des années 70 « APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA » n’en demeure pas moins un pur western, d’une violence glauque et dérangeante, qui démarre en film d’action, pour se finir en traversée du Styx passablement atroce et dérisoire.

Autour de Benny gravitent des personnages de tueurs homosexuels (extraordinaires Gig Young et Robert Webber !), de « chicanos » à machete, de motards violeurs, qui composent un bestiaire effrayant traduisant la vision de l’Humanité de son auteur.

Warren Oates trouve le rôle de sa vie, un parfait antihéros sombrant dans la pire des folies, une sorte de fièvre mortifère, qui l’entraîne dans un horrible « voyage au bout de la nuit ». Son sursaut final, face au « Jefe », rappelle bien sûr l’ultime combat de « LA HORDE SAUVAGE », dont Oates faisait d'ailleurs déjà partie. À ses cotés, Emilio Fernández est l’incarnation du Mal et de la toute-puissance de l’argent, et Kris Kristofferson apparaît le temps de déshabiller Isela Vega, et de se faire flinguer par Benny, sans autre forme de procès. 

Film-culte qui n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction-répulsion, en plus de trente ans, « APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA » dans les limites de son thème, est la quintessence de l’œuvre de Sam Peckinpah, qui a littéralement vomi tout ce qu'il avait dans le ventre, sans la moindre retenue. Pas un film plaisant, non, mais qu’on ne peut s’empêcher de regarder, comme un accident au bord d’une route.

Le film fut un gros échec commercial (comment aurait-il pu en être autrement ?), mais s’est imposé avec les années comme un cult-movie de tout premier ordre. Le réalisateur ne fera plus jamais mieux…

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