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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 17:40

OMBRE PROIE (1)Réalisé par l’inégal mais intéressant et versatile Stephen Hopkins, « L’OMBRE ET LA PROIE » est une sorte d’OVNI confrontant la civilisation en marche (autrement dit, la colonisation britannique) au mysticisme primitif de l’Afrique du 19ème siècle. Ou, comment OMBRE PROIEun jeune ingénieur chargé de bâtir un pont à Tsavo va être confronté à deux lions mangeurs d’hommes dont le comportement inouï laisse à penser qu'il s’agit peut-être d’esprit maléfiques chargés de refouler l’envahisseur. La puissance de l’argent et du progrès mis en échec par la magie.

Sujet casse-gueule pour un film très sous-évalué mais à redécouvrir absolument. La reconstitution historique est proprement extraordinaire, les séquences d’attaques sont empreintes d’une terreur quasi-religieuse qu’on n’avait aussi puissamment ressentie que dans « L’EXORCISTE ». La force du film est de ne montrer les fauves que très progressivement. Le plus fort étant que lorsqu’on les voit enfin – alors qu'il ne s’agit tout de même que de gros lions ! – on a toujours aussi peur. OMBRE PROIE (2)

« L’OMBRE ET LA PROIE » est un film intemporel, qui aurait tout à fait pu être produit dans les années 50 avec Tyrone Power et Stewart Granger dans les rôles principaux. Au lieu de cela, on a droit à Val Kilmer, acteur généralement difficile à avaler, qui est ici irréprochable en candide prenant peu à peu une stature de héros. Même son accent britton est acceptable ! À ses côtés, d’excellents seconds rôles comme Tom Wilkinson en patron irascible. Seul bémol : Michael Douglas affublé de vilaines extensions capillaires, qui cabotine éhontément dans un rôle de « chasseur blanc » macho et confit dans son jus de cliché. Eastwood n’était pas libre ?

L’Afrique est magnifiquement filmée, les personnages du cru sont écrits avec finesse sans la OMBRE PROIE (3)moindre connotation raciste, même inconsciente, et l’humour n’est pas totalement absent. Film d’aventures à l’ancienne, flirtant ouvertement avec le fantastique et le film d’horreur, « L’OMBRE ET LA PROIE » est une œuvre unique en son genre, qui gagne à chaque re-vision. Certains moments comme la découverte du charnier dans la grotte des fauves ou le réveil de Kilmer dans le campement dévasté à l’aube, sont de pures merveilles de mise en scène. Petit chef-d’œuvre. Vraiment…

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 06:26

BLACK ROCK (1)« UN HOMME EST PASSÉ » est un film sur les retombées. L’épilogue d’une histoire passée qu’on nous raconte, mais qu’on ne verra jamais. L’amitié entre un officier U.S. qui a BLACK ROCK (4)perdu un bras sur les champs de bataille et un soldat d’origine japonaise qui lui a sauvé la vie… L’odieux lynchage d’un fermier par des ploucs haineux… Ces deux évènements fondateurs se sont déroulés hors du champ de la caméra. Quand le film commence, il règne d’emblée une ambiance mortifère d’après-tempête.BLACK ROCK

L'homme qui débarque du train n’est que l’ombre de lui-même : un presque vieillard handicapé. La bourgade de Black Rock elle-même ressemble à un décor de ville-fantôme où errent quelques individus livrés à eux-mêmes qui semblent attendre Godot. Et un inévitable châtiment divin. Par sa seule présence, le visiteur va jeter un pavé dans la mare et réveiller ce passé si enfoui, qu’on n’en verra jamais la moindre image. Même en flash-back, pas même en photo…

Court et ramassé, d’une sèche brutalité, « UN HOMME EST PASSÉ » est un des deux ou trois chefs-d’œuvre de John Sturges.

Au niveau de l’image, c'est une des plus belles démonstrations de maîtrise du format CinémaScope qu'il soit donné de voir : depuis le train filmé pendant le générique-début, jusqu'aux silhouettes savamment alignées sur fond de ciel, en passant par le long corps de Lee Marvin étendu sur le lit d’hôtel de Spencer Tracy, chaque image semble être conçue en fonction d’un dynamisme horizontal.

BLACK ROCK (2)

Le cast est pour beaucoup dans le plaisir toujours renouvelé de revoir ce film : Tracy est vraiment magnifique dans ce personnage affable, d’apparence fragile et vulnérable. Un petit vieux au bras paralysé, au sourire débonnaire, qu’on verra démolir un homme en quelques passes de karaté, de façon quasi-surnaturelle. Face à lui, Robert Ryan campe un méchant calme et intelligent, qu’on devine capable des pires excès de violence. Un beau rôle de corrupteur tyrannique régnant en maître sur un royaume dérisoire de baraques vides et de poussière. Marvin et Ernest Borgnine sont inénarrables en brutes épaisses. Walter Brennan est un vieux médecin mollement révolté et la piquante Anne Francis tient un rôle ambigu.

« UN HOMME EST PASSÉ » est une œuvre quasi-parfaite, bâtie de façon symétrique. Le train s'arrête pour la première fois à Black Rock depuis des années. Quand il repassera, la ville et ses habitants ne seront plus les mêmes et le passé pourra enfin être enterré avec les péchés générés par la guerre. Une guerre déjà lointaine mais dont les échos résonnent encore dans les belles montagnes d’un Far West qui à présent et par la faute de quelques hommes, n’a plus rien d’innocent ou héroïque.

BLACK ROCK (3)

Si on peut trouver un défaut à ce grand film, ce sera peut-être la BO d’André Prévin dont l’omniprésence et le rythme martial finissent par soûler. Mais c'est un petit prix à payer pour profiter de cette œuvre brassant les grands mythes américains sans complaisance, avec même des accès de lucidité masochiste.

 

À NOTER : l’affiche reproduite ici provient d’une réédition à la fin des années 60 et mettant Lee Marvin en avant, après son succès dans «12 SALOPARDS ». Son portrait est d'ailleurs inspiré d’une photo du film d’Aldrich.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 05:25

PRIZZI HONOR (2)Alors que sont édités en Blu-ray les grands classiques de John Huston : « LE FAUCON MALTAIS », « LE TRÉSOR DE LA SIERRA MADRE » ou « AFRICAN QUEEN », comment ne PRIZZI HONOR (1)pas penser à un de ses chefs-d’œuvre les plus mal-aimés qui attend toujours une édition décente en DVD ?

« L’HONNEUR DES PRIZZI » a toujours été un film incompris, sous-évalué, même des exégètes du réalisateur, alors que chaque vision en révèle les richesses et les divers degrés de son humour abrasif. Si Coppola avait dans « LEPRIZZI HONOR (3) PARRAIN » montré la mafia comme un royaume shakespearien avec un « don » digne de King Lear, Huston lui renvoie la balle avec sa vision beaucoup moins ‘glamour’ mais certainement plus proche de la réalité. La mafia décrite dans « L’HONNEUR DES PRIZZI » est un abominable panier de crabes, grouillant d’êtres avides, uniquement mus par l’appât du gain et prêts à tuer père et mère pour s’enrichir. En les voyant se trahir, s’entredévorer, s’entretuer, le titre prend tout son second degré ironique. Les Prizzi ne parlent que d’honneur et de famille mais n’ont pas la moindre idée du sens de ces mots. En réponse au « capo » mythifié de Coppola, Huston nous propose une sorte de gnome PRIZZI HONORparcheminé, une momie blafarde, qui affiche un gâtisme de façade, alors qu'il n’est qu’un dangereux prédateur prêt à dévorer sa propre progéniture. Énorme prouesse d’acteur de William Hickey qui trouve là le rôle de sa vie.

Ce n’est d'ailleurs pas le seul à éblouir dans ce film : Jack Nicholson bouffi et enlaidi par des prothèses buccales, joue Charley Partanna, un ‘hitman’ abruti mais efficace qui ne parle qu’en lieux communs. Il a quelques saillies immortelles : « If Marxie’s so fuckin’smart, how come he’s so fuckin’dead ? ». Il faut l’avoir vu avec son horrible blazer jaune-canari, couver Kathleen Turner d’un regard de veau énamouré ou s’affoler quand son ex lui propose de faire l’amour sur le tapis : « Mamma mia ! ». Un trèsPRIZZI HONOR (4) grand numéro comique. Face à lui, Anjelica Huston est également fabuleuse en « princesse » mafieuse, véritable tarentule manipulatrice. Tous les comédiens, jusqu'au plus petit rôle, ont quelque chose à défendre.

Visuellement, le film est extrêmement soigné. La photo est subtile, les idées discrètement humoristiques abondent : les allers-retours de Charley entre New York et L.A. sont ponctués de plans d’avions allant de droite à PRIZZI HONOR (5)gauche, puis de gauche à droite !

Pour les scènes où le vieux « don » est entouré de ses fils eux-mêmes déjà presque des vieillards, pour l’accent savoureux de Nicholson, pour l’ambiguïté de Kathleen Turner dans un de ses meilleurs rôles, pour l’écrasante présence d’Anjelica Huston qui progressivement, se révèle comme la seule digne héritière de son affreux grand-père, pour l’utilisation savoureuse de morceaux de musique classique dans la BO, et pour d’innombrables raisons encore, « L’HONNEUR DES PRIZZI » mérite de trouver sa place dans les meilleurs Huston.

À noter que si le film est sorti un peu partout en DVD, c'est dans un antique master 4/3 qui ne lui rend guère justice. À réparer d’urgence !

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 06:23

NAKED PREY (1)Acteur très oublié aujourd'hui, hormis peut-être par ses prestations dans « ASSOCIATION CRIMINELLE » et « SOUS LE PLUS GRAND CHAPITEAU DU MONDE », Cornel Wilde se NAKED PREYrévèle un réalisateur beaucoup plus mémorable. Reprenant le concept d’une séquence cruciale du « JUGEMENT DES FLÈCHES » de Sam Fuller (la course à la flèche du titre original, justement), il la développe en quelque sorte sur 1 H 30, et réduit le scénario de « LA PROIE NUE » à une longue traque africaine pratiquement dénuée de dialogue et allant jusqu'à total épuisement de ses protagonistes.

Il signe un film primitif, épuré, qui ne traite que d'une chose : la survie. À tout prix, par n'importe quel moyen. Plus le « gibier » court, plus il revient à l'état animal et c'est sa seule chance de s'en sortir. Le corps noueux, glabre, torturé deNAKED PREY (2) Wilde, traduit parfaitement la vulnérabilité de cet « homme blanc » replongé malgré lui dans la sauvagerie de ses origines. Mais ses poursuivants noirs, malgré la barbarie dont ils font parfois preuve, sont traités sans manichéisme ni mépris. Par ailleurs les chasseurs blancs décrits au début du film ne sont guère glorifiés !

Tourné il y a plus de 40 ans, le film porte en lui les germes de l'œuvre de Terence Malick et préfigure surtout par sa violence et son mouvement incessant « APOCALYPTO » de Mel Gibson de façon aveuglante.

La technique a certes un peu vieilli (les ‘inserts’ de la vie sauvage plus ou moins bien intégrés), mais « LA PROIE NUE » demeure un film unique, imprévisible, dont la seule musique sont des chants africains. Certaines séquences laissent entrevoir ce qu'auraient dû être les adaptations des romans d’Edgar Rice Burroughs, âpres et sans ‘glamour’ hollywoodien.

 

À NOTER : film-culte mais étonnamment peu connu du grand public, « LA PROIE NUE » est sorti il y a déjà quelque temps en zone 1 chez Criterion, dans une superbe copie.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:41

GUERRIERS ENFER (3)Il y a fort à parier que si John Rambo avait réellement existé, il aurait plus ressemblé à Nick Nolte dans « GUERRIERS DE L’ENFER » qu’à Sly Stallone. Ex-hippie, ex-soldat, GUERRIERS ENFER (2)Hicks ramène sa personnalité schizophrénique aux States où il transporte un gros paquet d’héroïne pour rendre service à un copain journaliste. Mais à peine a-t-il posé le pied au pays, que les ennuis commencent.GUERRIERS ENFER (1)

Pourtant, malgré son personnage central, malgré l’univers dans lequel il évolue, Karel Reisz n’a pas signé un film d’action.

« GUERRIERS DE L’ENFER » (titre français frisant le n'importe quoi) est une sorte de ‘road movie’ teinté de suspense, dont l’intérêt se resserre progressivement sur l’histoire d’amour chaste et pudique entre Nolte et la femme de son ami, jouée par Tuesday Weld. Sous ses dehors de gentille mère de famille GUERRIERS ENFER (4)et bibliothécaire, celle-ci est aussi paumée que le ‘viet-vet’, elle est à la dérive, accro aux antidouleurs. Le couple fonctionne magnifiquement et Nolte trouve d'ailleurs ce qui demeurera son plus beau rôle. Colosse fissuré, tueur aguerri, il émane encore de lui des restes d’enfance et d’innocence. Quant à Weld, elle n’a jamais été plus fragile, comme évoluant dans une dimension parallèle. Michael Moriarty toujours étrange, est parfait dans le rôle du mari et Ray Sharkey et Richard Masur composent un tandem d’hommes de main abrutis et dangereux des plus inquiétants.

Brutal et poétique, le film n’évolue pas « normalement ». Les digressions ont autant d’importance que le fil rouge du scénario, les péripéties servent toujours à révéler des facettes de la personnalité des personnages. Ce qui n’empêche pas l’affrontement final d’être spectaculaire et original et la fin d’être bouleversante.

Intitulé « WHO’LL STOP THE RAIN » (la chanson qu’écoute Hicks dans son 4x4), le film a repris le titre du roman d’origine « DOG SOLDIERS » en Angleterre. C'est d'ailleurs là-bas qu’on trouve l’unique transfert 16/9 de ce très beau film en DVD. À redécouvrir.

GUERRIERS ENFER

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 07:49

HANNIE CAULDER (2)« UN COLT POUR 3 SALOPARDS » est un western des plus singuliers, mixant avec un succès inespéré diverses tendances a priori irréconciliables du genre. Le scénario de Burt Kennedy retrouve l’épure de ceux qu'il signait jadis pour Budd Boetticher, mais il l’abâtarditHANNIE CAULDER (1) d’un ton parodique pas forcément des plus légers, qui a toujours été son péché mignon. Sans compter que les décors espagnols, le traitement des seconds rôles et la violence renvoient directement au ‘spaghetti western’. Et contre toute attente, la mayonnaise prend à 100% !

« HANNIE CAULDER » (titre en v.o. un peu plus adapté) c'est l’histoire inédite d’une gentille « housewife » sans défense dont le mari est assassiné par trois brutes dégénérés qui la violent et brûlent sa maison.

À partir de là, Hannie va se trouver un mentor en la personne d’un chasseur de primes de passage, et entreprend un parcours initiatique qui va faire d'elle… Clint Eastwood. C'est un raccourci, mais l’essentiel HANNIE CAULDERest bien là. Hannie devient progressivement sous nos yeux, une version féminisée, érotisée de ‘l'homme sans nom’, jusqu'au poncho qu'elle porte pendant tout le film et qu'elle a taillé elle-même dans une couverture qui est tout ce qui lui reste de saHANNIE CAULDER (3) vie d’avant. D'ailleurs quand à la fin, elle s'éloigne dans le paysage, suivie par un mystérieux homme en noir, on ne peut s’empêcher de penser à la citation biblique qui ouvre « PALE RIDER » : « Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval blême. Celui qui le montait s’appelle la Mort. Et l’enfer le suivait ».

De fait, Hannie est une des plus extraordinaires héroïnes de l’Histoire du western, une petite femme déterminée et peu causante, qui a su renaître de ses cendres pour devenir un ange de la mort. Raquel Welch – qui n’a jamais été plus belle – y trouve le rôle de sa vie, qu'elle tient avec un sérieux à toute épreuve. Face à elle, Robert Culp qui a assumé son rôle de mentor jusqu'à se faire une allure de professeur avec son épaisse barbe grisonnante et ses petites lunettes rondes, compose un tueur-gentleman-philosophe des plus originaux.

HANNIE CAULDER (4)

Kennedy s’amuse visiblement à dessiner le trio de frangins hors-la-loi, une bande de crétins incompétents (on les voit foirer lamentablement un hold-up et une attaque de diligence), véritable transposition des 3 Stooges dans l'Ouest. Il faut dire qu’en choisissant Ernest HANNIE CAULDER (5)Borgnine et Strother Martin sortis tout droit de « LA HORDE SAUVAGE » et Jack Elam portant son cache-poussière de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », il ne risquait pas de se tromper. Entre gros comique qui tache et vraie menace, les trois vétérans sont déchaînés. Avec leurs bedaines, leurs faciès crasseux et luisants de sueur, ils rendent la séquence du viol particulièrement écœurante. Le film étant une production anglaise, on aperçoit Diana Dors, Christopher Lee en armurier et même Stephen Boyd jouant l’anonyme ‘homme en noir’ sans être mentionné au générique. Avec de bons réflexes, on reconnaît même Aldo Sambrell qui joue un ‘rurale’ pendant dix secondes. Montre en main.

Certaines séquences de « HANNIE CAULDER » comme l’entraînement de l'héroïne au bord de la mer, certaines répliques qui font mouche (« Vous êtes une femme dure, Hannie Caulder », lui dit un shérif. « Vous savez ce qu’on dit, shérif », répond-elle. « Il n’y a pas de femme dure, juste des hommes mous ! »), le look des protagonistes, et un vrai sens du cadre, font de ce film une sorte de petit miracle d’équilibre.

HANNIE CAULDER (6) 

 

À NOTER : le film est sorti en France, en Angleterre et au Japon dans des copies correctes. Mais la récente réédition en zone 1 chez « OliveFilms » est absolument irréprochable et éclipse toutes les autres. Aucun sous-titre, hélas. Mais « HANNIE CAULDER » ne croule pas sous le dialogue…

 

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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 17:29

HUNTED (2)Impossible de ne pas faire le parallèle avec le premier « RAMBO », tant « TRAQUÉ » semble bâti tout entier sur cette fameuse fin originelle jamais montée, montrant le colonel HUNTEDTrautman « achevant » Rambo, le monstre de Frankenstein qu'il avait lui-même créé en temps de guerre et qui est devenu une menace pour la société.

La différence fondamentale entre les deux films, c'est que Benicio Del Toro n’a rien d’un superman anabolisé et que le scénario n’essaie même pas d’excuser ses actes monstrueux.HUNTED (1) Formaté pour tuer, incapable de se remettre en mode « off », il est devenu une sorte de mélange de John J. Rambo et de Hannibal Lecter, capable de s’extasier devant des empreintes d’écureuil et de dépecer deux chasseurs dont il ôte soigneusement les organes. Guère de place pour l’identification ! L’étrangeté naturelle de l’acteur sert magnifiquement ce personnage littéralement revenu à l’état sauvage.

L’autre protagoniste – le pendant de Trautman, donc – est une sorte de coach, un spécialiste du close-combat qui n’a jamais tué lui-même. Tel est le dilemme de cet homme HUNTED (3)bientôt vieux, qui a fui ses responsabilités en se cachant sous des oripeaux d’écolo compassé. À un moment donné, il va falloir qu'il expérimente ses préceptes en personne. Comédien inégal, souvent mal employé, Tommy Lee Jones trouve ici un de ses très bons rôles, qu'il parvient à rendre crédible, sans posture macho.

Mais le vrai plaisir de « TRAQUÉ », c'est de retrouver William Friedkin. Un très grand réalisateur qu’on croyait perdu à jamais, et qui semblait fossilisé dans les seventies. Son film n’a pas un milligramme de trop, il va vite, mais sans frénésie, ne perd pas de temps en discours et dit ce qu'il a à dire dans l’action. Une action extrêmement physique, d’une réalité haletante tout entière tendue vers un seul but : l’affrontement freudien du ‘père’ et de ce ‘fils’ qu'il va devoir sacrifier. On peut admirer au passage la maîtrise de certaines séquences, comme ce prologue au Kossovo d’une barbarie inouïe ou la longue poursuite finale, d’un décor à l’autre, de la ville à la forêt, de la civilisation à la sauvagerie, dans un même et seul mouvement ininterrompu. Du grand art.

HUNTED (4)

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 20:13

AGUIRREFilm à petit budget, initialement conçu pour la télé allemande, « AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU » s’est peu à peu imposé comme un vrai classique du 7ème Art.

AGUIRRE (1)Œuvre hallucinée et cauchemar éveillé, c'est une parabole sur le pouvoir qui transforme les hommes en pantins grotesques, inconscients de leur inanité. Perdus dans la forêt vierge, condamnés à mourir à brève échéance, les « conquistadores » continuent de s’entretuer, de légiférer, ils font des procès, nomment des empereurs, sous l’œil atterré des Indiens devenus leurs esclaves.

On a beaucoup parlé au sujet de « AGUIRRE » d’un parallèle avec l’Allemagne nazie et assimilé Lope de Aguirre lui-même à Hitler. Ce n’est pas faux, mais le propos de Werner Herzog est plus large et son ironie féroce embrasse toute l’Histoire des conquêtes humaines.

Malgré sa courte durée, c'est une épopée à la lenteur hypnotisante, à l’immobilité léthargique. Herzog a tourné son film comme une sorte de reportage dans le passé, ponctué par la voix ‘off’ d’un prêtre lisant son journal, seul témoin de cette aventure. Journal qui n’a évidemment jamais existé. Sous un ciel de craie, au cœur d’une jungle suffocante, dans l’humidité poisseuse d’un fleuve brunâtre qui s’écoule vers nulle part, ces hommes dérisoires, minuscules, s’enfoncent lentement vers la mort et l’oubli.AGUIRRE (3)

La BO signée Popol Vuh, mixée aux cris d’oiseaux et aux hurlements des singes, est pour beaucoup dans l’envoûtement total que provoque « AGUIRRE » et Klaus Kinski fait le reste. L’acteur était né pour incarner ce dictateur absurde, bancal, cruel et narcissique tellement perdu dans ses chimères de gloire, qu'il ignore la catastrophe au-dessus de sa tête. Quand il n’a plus personne à opprimer, il s’empare d’un macaque auquel il déclame ses délires mégalomanes. Jamais Kinski n’a été aussi bien employé, aussi adéquat, aussi parfaitement fou furieux. Son tandem difficile avec Herzog tenta par quatre fois de reproduire le miracle de « AGUIRRE » sans jamais approcher du but. Les comédiens amateurs ou non, sont tous parfaitement à leur place, avec une mention au réalisateur Ruy Guerra jouant le chef déchu au silence mortifère et Helena Rojo dans le rôle de sa femme, qui préfèrera la sauvagerie de la jungle à celle de ses semblables.

N’obéissant à aucune règle du film historique, du cinéma d’aventures, encore moins aux schémas classiques du scénario traditionnel, « AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU » est une expérience indélébile que chaque revision ne fait qu’enrichir.

AGUIRRE (2)

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 09:19

HOURSDéjà huit ans que « THE HOURS » récolta une moisson d’Oscars et de prix divers, qu'il fit une touchante unanimité critique et publique et fut considéré partout comme un « instant HOURS (1)classic ». Le genre de film agaçant donc, qu’on aime à remettre en question. Ce ne sera pas pour cette fois ! À revision, le filmHOURS (2) gagne encore en profondeur et en émotion, révélant des sous-couches de désespérance et de cruauté abyssales.

Bâti autour de la vie et l’œuvre de Virginia Woolf, « MRS DALLOWAY », ce jeu de miroir alterne trois époques, trois femmes, trois destins. Des vies toutes marquées par une inadaptation sociale, une puissante tentation du suicide. L’ombre de la mort plane constamment sur « THE HOURS », si toxique qu'elle frôle un petit garçon qui ne s’en remettra jamais. Le film admirablement filmé et monté, bénéficie d’un cast cinq étoiles, jusqu'aux plus petits rôles (Miranda Richardson, Toni Collette, Jeff Daniels) et offre à Nicole Kidman le rôle de sa vie. Absolument méconnaissable, elle incarne Virginia, une âme HOURS (3)en souffrance, perdue dans son labyrinthe intérieur, dont seule la mort pourra la délivrer. Julianne Moore est extraordinaire en « desperate housewife » rongée par la confortable médiocrité de son existence. Seule Meryl Streep, bien qu'elle soit parfaite dans le rôle de cette Mrs. Dalloway contemporaine, semble plus routinière. Ed Harris est prodigieux en poète ravagé par le SIDA, englué dans le passé.

Les trois niveaux de récit se déroulent harmonieusement, sans le moindre souci de compréhension ou chute d’intérêt. Et quand deux des parcours se croisent soudain, c'est comme si la porte d’un univers parallèle s’ouvrait.

« THE HOURS » passé le phénomène de mode qui entoura sa sortie, est bel et bien un chef-d’œuvre, un film quasi-parfait, subtil et profondément angoissant.

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 20:45

NUOVI MOSTRI« LES NOUVEAUX MONSTRES » de Dino Risi, Mario Monicelli et Ettore Scola est-il le meilleur film à sketches de l’histoire du film à sketches ? En tout cas, c'est un des plus indémodables, des plus cruels, des plus atroces parfois et des plus désopilants du cinéma transalpin. Un concentré de comédie « all’italiana » sans aucun tabou, traitant de terrorisme, de zoophilie, d’abandon de vieille maman à l’hospice, de fou-rire pendant un enterrement, de non-assistance à personne en danger, entre autres réjouissances.

Tout n’est pas du même niveau bien sûr, mais quand c'est bon, c'est vraiment le haut du panier. Et Sordi, Gassman, Tognazzi, Ornella Muti sont positivement extraordinaires.

ALORS POURQUOI N’ARRIVE-T-ON PAS À OBTENIR UN DVD DÉCENT DE CE PETIT CHEF-D’ŒUVRE ?

Le film est d’abord sorti en France dans une bonne copie 16/9 chez « SEVENSEPT » mais… en v.f. uniquement ! Une comédie italienne en Français ! Quasiment un sacrilège. Surtout si on n’a pas le choix.

Alors le fan se rabat la mort dans l’âme sur l’édition italienne. Là aussi, une copie 16/9 mais cette fois uniquement en Italien sous-titré italien. Admettons… Mais le pire n’est pas là : déjà, l’ordre des sketches a été complètement chamboulé ! Ensuite il y en a deux petits en plus, jamais vus en France (ça, c'est plutôt bien). Mais horreur des horreurs : certains ont NUOVI MOSTRI (1)été censurés ! Surtout « PORNODIVA » mutilé de sa chute, et qui n’a donc strictement plus aucun sens. Sans oublier la cerise sur le gâteau : le film est séparé en deux DVD, alors qu'il est d’une durée parfaitement raisonnable !

Voilà que trois ans plus tard, les éditions René Chateau nous ressortent aujourd'hui « LES NOUVEAUX MONSTRES » ! Bonne nouvelle. Surtout qu'il est cette fois en v.f. ET en v.o. Bonheur ! Total, le bonheur ? Euh… Pas tout à fait. Déjà, le film est présenté dans un antédiluvien format 4/3 digne des débuts du support DVD. Et évidemment, les petits sketches inédits de l’édition italienne sont absents. Même en suppléments. Il n'y en a aucun, d'ailleurs. 

Résultat : impossible de trouver le « NOUVEAUX MONSTRES » idéal, qui serait un amalgame des trois !

UOVI MOSTRI2

Reste à attendre la prochaine réédition. Mais quoiqu’il en soit, ce film est une merveille. Cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant… C'est bien pour ça qu'on râle !

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