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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 12:04

SIMON SIMON (1)Dans la série des « raretés de chez raretés », « SIMON SIMON » se pose plutôt là : court-métrage anglais de 32 minutes tourné en 1970, c'est une sorte de film muet burlesque, suivant les pérégrinations de deux ouvriers sur leur grue à roulettes. C'est d’un intérêt très moyen et les ‘guests’ annoncées au générique (David Hemmings, Peter Sellers, Michael Caine) n’apparaissent que quelques secondes. Mais c'est très « culte » au Royaume-Uni.

C'est le rôle le plus court de toute la carrière de Caine. Encore plus furtif que son apparition dans « LE SENS DE LA VIE ».  

SIMON SIMON

Avec sa barbe de « LA VALLÉE PERDUE » qu'il tournait en même temps, il passe en voiture, l’air scandalisé : un des protagonistes vient en effet de recouvrir son nom sur l’affiche de « ENFANTS DE SALAUD » par un des cartons du générique !

Un magnifique ‘caméo’ d’environ… deux secondes.

 

À NOTER : malgré sa courte durée, « SIMON SIMON » a eu droit à une édition DVD chez nos amis britons.

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 19:17

CURTAIN CALLQuel est généralement le seul intérêt d’un film de Hugh Grant ? Hugh Grant lui-même. Alors imaginons un film de Hugh Grant sans Hugh Grant. Qu'est-ce que cela donnerait ? « CURTAIN CALL ».

Comédie sentimentale, film de fantômes, théâtre de boulevard filmé, c'est réalisé par Peter ‘Bullitt’ Yates et (sous)éclairé par Sven Nykvist, le chef-op de Bergman. Et c'est James Spader qui tient lieu de Hugh Grant. En fait, l’appréciation qu’on peut avoir du film tient uniquement à la tolérance qu’on offre au jeu globuleux et gesticulant de Spader. Bégayant, trébuchant, moulinant, il offre une des pires scènes d’ivresse de mémoire de cinéphile et coule définitivement ce qui restait à couler. À se demander si quelqu’un visionnait les rushes, pendant ce tournage…

D’excellents seconds rôles comme Polly Walker, Frances Sternhagen, Marcia Gay Harden ou Frank Whaley ne font que passer, Sam Shepard joue les séducteurs en smoking avec une classe folle et la seule (petite) consolation vient du numéro de duettistes de Michael Caine et Maggie Smith. Reprenant à peu près leurs personnages de « CALIFORNIA HÔTEL », ils jouent des revenants excentriques et querelleurs avec leur classe et leur distance coutumières. Ils partagent hélas, la plupart de leurs scènes avec l’envahissant Spader qui ne les laisse pas en placer une.

CURTAIN CALL (1)

Qualifié « d’atroce » dans le livre « MICHAEL CAINE : A CLASS ACT » de Christopher Bray, « CURTAIN CALL » n’est rien d’autre qu’une perte de temps, un film raté, dont on chercherait en vain la raison d’être. Payer la nouvelle résidence secondaire de Sir Michael, peut-être ?

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 17:11

PULP (1)Un policier de l’île de Malte, parfait sosie de Bogart s'adresse à un vague jumeau de Peter Lorre et lui indique un rapace sur un perchoir : « Quel est cet oiseau ? ». « Un faucon PULPmaltais », répond l’autre. Une des actrices principales est Lizabeth Scott qui fut justement partenaire du même Bogart, tandis que Mickey Rooney campe un clone de James Cagney qui tourna souvent aux côtés de « Bogey ». Le film tout entierPULP (2) lui, semble décalqué sur « PLUS FORT QUE LE DIABLE » de John Huston, avec… Devinez qui en vedette ?

« PULP » semble prometteur, ne serait-ce que parce qu'il permet à Michael Hodges de retrouver Michael Caine, interprète du classique « LA LOI DU MILIEU ». Effectivement, ce nouveau film avait tout pour lui : des géniteurs talentueux, un bon esprit. Tout sauf un scénario.

« PULP », c'est rigoureusement n'importe quoi. Un hommage au film noir des années 40, PULP (3)un interminable clin d’œil  de 90 minutes qui ne va nulle part, mais y va lentement. Avec son costume blanc immaculé et ses hublots surdimensionnés, Caine n’a rien à jouer hormis une ironie sarcastique et assure mollement une voix ‘off’ soporifique. On croise quelques trognes égarées comme Al Lettieri en flingueur travesti ou Lionel Stander, on a plaisir à regarder la jolie Nadia Cassini. Pour le reste, c'est un voyage touristique à Malte dont le film explore le moindre recoin et une perte de temps pour tout le monde. Le spectateur compris.

L’interaction fiction-réel est un thème toujours fascinant. Encore faut-il le traiter avec rigueur. « PULP » pourtant n’est pas réellement prétentieux. Juste raté.

 

À NOTER : le film est sorti en DVD zone 2 en format 4/3 sous le titre « RETRAITE MORTELLE » (aucun rapport avec rien !) et en zone 1 en 16/9.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 17:00

SHINER (1)Du réalisateur John Irvin on garde un excellent souvenir des « CHIENS DE GUERRE » et « CITY OF CRIME », aussi sa rencontre avec Michael Caine sur le sol anglais laissait-il espérer quelques étincelles. Eh bien, bonne nouvelle : elles ont eu lieu ! « COUP POUR SHINERCOUP » est un authentique film noir teinté de réalisme, dans la veine des classiques de Jules Dassin dans les années 40.

Le film tourne autour de la personnalité d’un organisateur de matches de boxe en disgrâce, qui a tout misé sur un combat dont son propre fils est le challenger.SHINER (2)

Le scénario est relativement banal, mais c'est le portrait de ‘Shiner’ Simpson qui est fascinant : bonimenteur has-been, égocentrique manipulateur, roi du mauvais goût et de la triche minable, il prend dans la seconde partie des accents de King Lear cockney. C'est un des meilleurs rôles de Michael Caine, qui oscille entre ringardise et dangerosité avec un brio époustouflant. La scène où il braque une arme sur le ventre d’une femme enceinte fait réellement froid dans le dos. Quant au moment où il confronte sa fille (magnifique Frances Barber) qui l’a trahi, elle est d’une tension inouïe. On suit sa course SHINER (3) folle qui ne peut s’achever que droit dans un mur, avec dégoût et une pointe d’émotion.

Très bien entouré d’Andy Serkis (le Gollum) et Martin Landau dans un rôle secondaire de manager yankee méprisant, Caine est vraiment l’attraction n°1 de ce film âpre et sans concession, qui ne cherche jamais à magnifier ses personnages, les laissant voir pour ce qu'ils sont : des pantins dérisoires aux mains pleines de sang, aussi minables que leurs limousines sont longues.

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 17:40

4TH PROTOCOLS’il est ici question de vilains cocos cherchant à faire péter une bombe atomique dans une base U.S. en Angleterre, le scénario lui, reprend pratiquement scène par scène la structure 4TH PROTOCOL (2)du remarquable « CHACAL » de Frederick Forsyth, où il était question d’assassiner un président français à casquette. Ceci dit, le romancier-scénariste aurait bien été en mal d’attaquer le vil plagiaire en justice, vu qu'il a également signé « LE QUATRIÈME PROTOCOLE ». Pourquoi changer une recette qui fonctionne ?4TH PROTOCOL (3)

Écrit au cordeau, très bien filmé, parfaitement casté, ce film d’espionnage aux vieux relents de Guerre Froide, bénéficie d’un tandem de choc : Pierce Brosnan tout jeunot, impeccable dans un rôle de tueur du KGB impassible et déshumanisé. Un vrai 007 en négatif. L’acteur insuffle dans son personnage une sensualité malsaine, une cruauté innée avec un minimum d’effort apparent. Face à lui, Michael Caine endosse une fois de plus son uniforme d’espion de sa Majesté, mais cette fois avec une dureté, un professionnalisme qu’on ne lui avait jamais vu. Les deux hommes, comme dans « CHACAL », ne se retrouvent face à face que pour la dernière séquence, après s’être couru après pendant deux heures. À leurs côtés d’excellents comédiens comme Ray McAnally, Ned Beatty (tous deux en apparatchiks calculateurs) et la belle Joanna Cassidy.

L’inégal John Mackenzie, capable du meilleur (« DU SANG SUR LA TAMISE ») comme du pire (une bonne partie de sa filmo) signe un de ses meilleurs films, grandement aidé par la BO de Lalo Schifrin qui évoque celle qu'il signa pour « UN ESPION DE TROP » et donne de l’ampleur aux images.  

4TH PROTOCOL (1)

À noter : une séquence très étonnante parce que totalement gratuite et hors-sujet montrant Caine dans le métro, cassant la gueule à deux horribles skinheads. Une preuve que « HARRY BROWN » couvait dans l’inconscient de notre acteur depuis un certain temps ?

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 17:23

ANGLAISE ROMANTIQUE (1)Dans la première séquence où il apparaît, l’auteur Michael Caine se voit proposer un scénario à écrire par un producteur : « C'est une histoire psychologique sur la femme ANGLAISE ROMANTIQUEnouvelle. Tu me comprends ? », « Oui. Je pense que c'est une idée très ennuyeuse. Et aussi très prétentieuse… Mais surtout ennuyeuse », répond judicieusement Caine.ANGLAISE ROMANTIQUE (2)

Est-ce un clin d’œil d’avertissement de Joseph Losey au public qui s'apprête à voir « UNE ANGLAISE ROMANTIQUE » ? Fort possible. Mais c'est aussi le seul moment d’humour décelable dans ce curieux pensum au scénario languissant, qui tente parfois de retrouver la perversité de « ACCIDENT » ou « THE SERVANT » sans jamais y parvenir. Même de loin. Le sujet évoque parfois celui de « EYES WIDE SHUT », mais le traitement est une sorte de marivaudage bourgeois, entre nantis qui s’ennuient à mourir dans leurs grandes maisons et les restaurants chics.

Les acteurs n’ont pas grand-chose à faire, de Glenda Jackson en épouse fugueuse aux ANGLAISE ROMANTIQUE (3)motivations obscures à Caine, un peu perdu en mari jaloux aux réactions illogiques. Seul Helmut Berger est parfaitement distribué dans son rôle de gigolo dissolu et froid.

« UNE ANGLAISE ROMANTIQUE », c'est un cinéma d’auteur révolu qui ne satisfera même pas les admirateurs de Losey. Sans doute que pour raconter cette histoire nébuleuse où la fiction empiète sur le réel et vice-versa, aurait-il fallu un auteur de la trempe de Pinter… Malgré le talent de Tom Stoppard, on en est loin et l’autocritique (volontaire ou pas) citée plus haut est hélas, tout à fait d’actualité.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 15:59

BEYOND POSEIDONComment imaginer idée de sequel plus stupide que celle de « L’AVENTURE DU POSEIDON » ? Tourné sept ans après le succès de 1972, mais situé quelques minutes après le sauvetage de survivants, « LE DERNIER SECRET DU POSEIDON » voit arriver deux bateaux sur les lieux où le paquebot ventre à l’air, s’enfonce lentement : celui du héros, le capitaine Michael Caine, accompagné de son second Karl Malden et d’une jeune femme embarquée par hasard, Sally Field. Et celui de Telly Savalas, faux docteur portant un magnifique costume blanc, à la recherche d’un chargement de plutonium resté à bord.

Le film durant plus de 1 H 50, on se doute bien qu'il ne va pas couler tout de suite. Et Irwin Allen a beau ponctuer son montage de plans d’explosions sous-marines, rien n’y fait. Il n’y a pas l’ombre d’un début d’esquisse de suspense. Et si d’aventure quelques seconds rôles meurent de temps en temps, ils sont tellement grotesques, qu’on n’est pas plus ému que ça. Le scénario prend le temps de quelques pauses comiques avec les simagrées de Sally Field, des couples se forment, d’autres se défont, on

BEYOND POSEIDON (1)

 se tire dessus à la mitraillette, l’ex-sergent (Peter Boyle perruqué) agonise en bénissant sa fille bien-aimée, Slim Pickens cabotine à mort. Bref, c'est un catalogue de clichés tellement outrés qu’on frôle la parodie.

Quelque chose à sauver ? Allez… La photo plutôt belle de Joe Biroc et notre ami Caine, qui se sort à peu près bien d’un rôle à la Charlton Heston. Curieux d'ailleurs, que les deux sequels épouvantables qu'il ait tourné (celle-ci et « JAWS 4 ») l’aient obligé à patauger dans l’eau salée. À ses côtés, le débutant Mark Harmon qui trouvera le succès grâce à la mer dans la série TV « NCIS ».

À noter pour l’amateur pervers de nanars : la tempête qui ouvre le film, avec ses F/X pourris et les seaux d’eau balancés par les machinistes, afin d’imiter de grosse vagues déferlantes. À mourir de rire…

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 18:57

WILBY CONSPIRACY (1)Tourné au Kenya, le régime de l’Apartheid étant toujours d’actualité au moment de sa production, « LE VENT DE LA VIOLENCE » démarre sur les chapeaux de roues, trouvant WILBY CONSPIRACYd’emblée un mélange accrocheur d’action, d’humour et de commentaire sociopolitique. Le postulat fait d'ailleurs immédiatement penser à « LA CHAÎNE », un des premiers succès de Sidney Poitier, et le réalisateur Ralph Nelson avait prouvé sonWILBY CONSPIRACY (2) talent avec les westerns « LA BATAILLE DE LA VALLÉE DU DIABLE » et « SOLDAT BLEU ».

Le côté ‘buddy movie’ est très réussi et permet même des parenthèses humoristiques inattendues dans un sujet pareil. Il existe une véritable alchimie entre Poitier et Michael Caine, qui se répondent parfaitement du tac-au-tac, avec un timing impeccable. Jusque là, tout va bien.

Les choses se gâtent un peu dans la seconde partie développant le « complot » des WILBY CONSPIRACY (4)barbouzes afrikaners traquant nos deux fugitifs. En fait de complot machiavélique, il ne s’agit au bout du compte que de les suivre à la trace pour qu'ils les mènent au leader d’un mouvement révolutionnaire. La conclusion, incroyablement décevante, laisse sur un malaise. Tout ça pour ça ?

Reste que le tandem Caine-Poitier est souvent délectable, particulièrement dans leurs engueulades perpétuelles et l’estime mutuelle qu’on sent naître entre eux, en lisant entre les lignes. À leurs côtés, Nicol Williamson est un excellent méchant, suave, clopeur, sadique, odieux à souhait. Rutger Hauer, jeune et mince, apparaît brièvement en pilote macho, ex-mari de l’héroïne.

WILBY CONSPIRACY (3)
« LE VENT DE LA VIOLENCE » a pas mal vieilli par la faute d’un rythme trop relâché et de digressions inutiles (les très longues séquences à Johannesburg), mais en le remettant dans son contexte, c'est un film militant et courageux, donc éminemment sympathique.

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:30

MANDELA DE KLERKDe grands comédiens comme Danny Glover, Dennis Haysbert ou récemment Morgan Freeman ont incarné Nelson Mandela à l’écran. Mais malgré tout leur talent, aucun n’aura été aussi parfaitement adéquat que Sidney Poitier. Acteur emblématique pour avoir été le premier Noir à devenir une star à Hollywood (et à obtenir l’Oscar), il campe un personnage tout aussi emblématique. Et l’osmose est tellement naturelle, qu’on en oublie rapidement que Poitier fait une incroyable composition physique et vocale.

« MANDELA AND DE KLERK » est une superbe leçon d’Histoire moderne, condensant en moins de deux heures, trente années des remous qui secouèrent l’Afrique du Sud. C'est pédagogique, très bien scénarisé, les plans documentaires sont adroitement insérés au montage et tout demeure lisible sans jamais être ennuyeux. Le film est centré sur Mandela, et son face à face avec De Klerk est moins essentiel au récit que ne le laisserait supposer le titre. Dans ce rôle de président intelligent et souple, Michael Caine – doté un faux crâne chauve – fait un beau travail, tout en effacement et en finesse.

MANDELA DE KLERK (1)
Évidemment simplificateur, « MANDELA AND DE KLERK » prend tout de même le temps de traiter la relation entre le leader noir et son gardien de prison blanc (qui donnera lieu à un film tout entier), de donner une image de Winnie Mandela sans concession ni caricature. Mais c'est la stature imposante de Sidney Poitier, qu’on a rarement vu meilleur, qui domine cet excellent téléfilm qui devrait être plus diffusé en DVD.

 

À NOTER : Poitier et Caine avait déjà été partenaires 22 ans plus tôt dans « LE VENT DE LA VIOLENCE ». Curieusement dans ce film également situé en Afrique du Sud, le premier jouait un leader du mouvement anti-apartheid !

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 08:23

HARRY BROWN (2)Une excellente bande-annonce sur le Web a créé un « buzz » considérable autour de « HARRY BROWN » et donc une grosse attente. La bonne nouvelle, c'est que le film ne déçoit aucunement, et même qu'il dépasse les espérances.

On comprend très vite l’origine du projet : en simplifiant, c'est un remake du « JUSTICIER DE NEW YORK » mais tournant le dos au racolage du film d’exploitation, pour un traitement réaliste à l’Anglaise. La presse britannique a d'ailleurs comparé le film à « GRAN HARRY BROWNTORINO ». Ce qui n’est pas tout à fait juste, car Eastwood jouait de sa propre mythologie sans souci de réalisme, alors que Michael Caine compose un personnage à plusieurs dimensions dans un contexte concret et crédible, à portée universelle.

En ces temps où l’insécurité est exploitée comme arme politique, où la violence se banalise de plus en plus, « HARRY BROWN » est un cocktail explosif et quelque peu dangereux. Il est indéniable que le film procure le même plaisir coupable que le premier « DEATH WISH » de Michael Winner, et que suivre ce retraité-flingueur dans sa croisade est tout à fait jouissif. Les flics sont décrits comme indifférents ou pire complètement nuls, à l’image de cette enquêtrice larmoyante jouée par Emily Mortimer, bien gentille mais incompétente. Aussi quand le dernier rempart contre le chaos est un vieillard souffrant d’emphysème, mais ex-commando de sa Majesté, on ne peut qu’applaudir. L’intelligence du réalisateur est de signer une mise en scène invisible, contrairement aux récents films de « vigilantes » comme « À VIF » ou « DEATH SENTENCE » qui se diluaient dans une stylisation excessive.HARRY BROWN (1)

Triste et glauque comme un Ken Loach, « HARRY BROWN » s’achève dans un bain de sang apocalyptique, digne des grands polars des seventies. Quelques séquences comme celle où Harry va acheter une arme dans un bouge infâme, sont proprement terrifiantes et manipulent insidieusement le spectateur à l’âme la plus charitable. Devant de tels cancrelats, comment ne pas souhaiter que ce bon vieil Harry endosse une panoplie d’exterminateur ?

Il a été dit que Caine trouve dans ce film son meilleur rôle. Il en a eu d’autres, mais il est vrai qu'il est extraordinaire de bout en bout. Émouvant, imprévisible, dangereux, vulnérable, un véritable Batman pour 3ème âge. Un personnage qui restera aussi emblématique de sa carrière que le Carter de « LA LOI DU MILIEU ». À ses côtés, tous les jeunes comédiens jouant les loubards et autres dealers dégénérés sont hallucinants. On en oublie qu'ils jouent des rôles.

« HARRY BROWN » n’est certes pas une œuvre à mettre entre toutes les mains, car sa conclusion ne laisse pas grand espoir de solutions pacifistes aux problèmes de violence des grandes cités… Mais c'est un sacré bon film !

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