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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 05:51

BROTHERHOOD (1)« LES FRÈRES SICILIENS » n’a pas une excellente réputation et il est souvent défavorablement comparé au « PARRAIN » qu'il précède de trois ans. Ce n’est pas très BROTHERHOODjuste, car les deux films – s’ils se ressemblent par bien des points – n’ont pas la même ambition, ni la même ampleur.

Celui de Martin Ritt est avant tout le portrait d’un homme. Un père de famille bon-vivant et passéiste, qui vit dans l’ombre de son père décédé qu'il idolâtre et refuse le progrès, quitte à toutBROTHERHOOD (2) perdre. Il se trouve que cet homme est un ‘capo’ mafieux, un ex-tueur à gages monté en grade, qui respecte encore les vieilles traditions pittoresques, comme fourrer un poussin dans la bouche d’une « balance » qu'il vient de faire exécuter.

Frank Ginetta est encore jeune, mais il ne fréquente que des vieillards, des morts-vivants confits dans leurs vieilles rancunes, qui se réunissent dans ces caves-catacombes et vont le manipuler, en faire la main de leur vendetta.

Le refus des nouvelles méthodes, l’exil en Sicile, le jeune frère ancien héros de guerre qui entre dans la Cosa Nostra, tout cela on le retrouvera dans la trilogie de Coppola, sous BROTHERHOOD (3)forme de saga. « LES FRÈRES SICILIENS » s’apparente plutôt à une tragédie grecque (la présence d’Irène Papas n’est pas due au hasard), voire à un opéra sanglant à la « Cavalleria Rusticana ».

Producteur du film, Kirk Douglas est absolument remarquable dans ce rôle d’homme encore jeune, englué dans des problématiques qui ne devraient pas être siennes. Sous le rire facile, l’exubérance, le Sicilien sommeille. Dommage qu’Alex Cord jouant son frère ne soit pas vraiment au niveau. Parmi les seconds rôles, quelques tronches comme Eduardo Ciannelli en mafioso à tête de momie, Murray Hamilton glaçant en caïd nouveau style au langage de business man. Papas n’a pas grand-chose à faire, mais elle a une séquence très touchante lorsqu’elle aide son mari Douglas ivre-mort à se déshabiller, en parlant du passé.

Sans être un grand film à cause d’une réalisation parfois télévisuelle de Ritt, « LES FRÈRES SICILIENS » est un peu le chaînon manquant entre « LE PARRAIN » et « L’HONNEUR DES PRIZZI ». Plus proche du second d'ailleurs, car même s’il humanise ses personnages, le film n’essaie jamais de les glorifier. Tueurs ils sont, en tueurs ils mourront. À coups de ‘luparra’ !

BROTHERHOOD (4) 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 09:49

WAY WESTLe premier attrait de « LA ROUTE DE L’OUEST » est évidemment son trio de stars. Des piliers quinquagénaires du genre, qui entamaient tous trois le déclin de leur vedettariat : Kirk Douglas, Robert Mitchum et Richard Widmark. Un peu leur chant du cygne. Comment résister ?

À revoir le film aujourd'hui, ses défauts sautent immédiatement aux yeux : lourdeur WAY WEST (3)générale (la BO et les chansons, envahissantes), clichés des situations : tous les poncifs du western y passent, des attaques d'Indiens à la traversée du désert. Schématisme exagéré des personnages, séquences sentimentales dignes d’un ‘soap’ télévisé.

Et pourtant, le film tient encore la route. La photo du chef-op de John Ford y est pour beaucoup, l'image est cristalline, contrastée, le CinémaScope magnifiquement utilisé et le trio vaut vraiment leWAY WEST (1) détour. Andrew V. Mclaglen n’a pris aucun risque en employant chacun dans son emploi archétypique : c'est Mitchum qui remporte la palme haut-la-main, par son jeu distancié et moqueur dans un rôle de pisteur ultra-cool, menacé de cécité. Douglas est odieux à souhait en leader sado-maso à la garde-robe voyante. Un rôle d’ambitieux tyrannique et mégalo comme il en a tant joué. La scène où, par contrition, il se fait flageller par son « esclave » noir est plutôt incongrue et frise le comique involontaire. Widmark est plus effacé en fermier impulsif et pas bien futé. Sally Field bronzée et joufflue, est amusante en teenager nympho et tête-à-claques. C'est curieusement un totale inconnue Katherine Justice qui crée le personnage le plus intrigant, une fêlée frigide et WAY WEST (2)dangereuse. L’indispensable Jack Elam tient un rôle comique de prêcheur truculent. Et on compte aussi la belle Lola Albright et le vétéran Harry Carey, Jr.

Plombé de longueurs, « LA ROUTE DE L’OUEST » connaît des moments mémorables comme cette scène de lynchage. La majesté des paysages vierges finit par déteindre sur le film tout entier. De plus sa vision des Indiens est honnête, en tout cas non manichéenne.

On peut voir le film comme un hommage clinquant et respectueux à « LA PISTE DES GÉANTS » de Raoul Walsh, qui faillit révéler John Wayne, l’acteur-fétiche de McLaglen. Tout se tient !

WAY WEST (4)

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 10:57

ACE IN HOLE (1)Un homme enseveli aux tréfonds d’une mine, les secours s’organisent à l’extérieur. Mais à cause de l’intervention d’un reporter opportuniste, l’évènement se transforme rapidement ACE IN HOLEen obscène cirque médiatique à ciel ouvert, où se déchaînent les passions les plus sordides.

Même si « LE GOUFFRE AUX CHIMÈRES » date de 60 ans, il n'a pas perdu une once de sa cruauté, de son cynisme, de sa misanthropie profonde, de son pouvoir dérangeant. Prenant pour « héros » (plusieurs guillemets seraient nécessaires !) une véritable ordure, un aventurierACE IN HOLE (2) égoïste, vulgaire, qui n'hésite pas à sacrifier une vie pour faire le papier qui le remettra en selle, c'est une charge anti-médias, s’attaquant au passage au monde du showbiz, au voyeurisme malsain du public. Et bien sûr à la pourriture des politiciens (le shérif est particulièrement gratiné).

Au départ, le reporter Tatum part faire un reportage sur une course de serpents à sonnettes et ce n'est pas par hasard : les pires crotales chez Billy Wilder sont humains. De la presque veuve sans foi ni loi (stupéfiante Jan Sterling !), au journaleux novice si vite corrompu, en passant par l'entrepreneur peu téméraire, tout le monde se vaut. À l’exception du rédac-chef du journal d'Albuquerque, ultime honnête homme de ce monde pourri jusqu'à l'os, véritable Jiminy Cricket de Tatum et son dernier refuge.

Le film doit beaucoup à Kirk Douglas, qui pousse loin l'abjection, sans jamais chercher à rendre ACE IN HOLE (3)son Chuck Tatum attachant. Même son sursaut de dignité à la fin ne rachète rien. Il est beaucoup trop tard ! L'acteur se fera ensuite une spécialité des personnages de salauds flamboyants, ce qui est finalement assez rare (et courageux) chez les stars de cette magnitude.

Wilder dirige tout cela de main de maître : les séquences au milieu de la foule réunie autour du trou où gît Minosa, sont extraordinaires et il faudra attendre « DES HOMMES D’INFLUENCE » de Barry Levinson pour retrouver un esprit aussi abrasif, une telle autopsie du monde des médias. À part que « LE GOUFFRE AUX CHIMÈRES » date de 1951 (c'est à dire aux balbutiements de la télé) et devait tout de même être très en avance sur son temps.

Donc chapeau bas, Mr. Wilder, car votre film laisse toujours la même sensation nauséeuse à la fin. Et pourtant depuis, on en a vu d’autres. Et pas seulement en fiction !

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 16:34

MASTER TOUCH (1)« UN HOMME À RESPECTER » aurait parfaitement pu être tourné par Jean-Pierre Melville avec (par exemple) Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo. Le thème s’y prêtait et le MASTER TOUCHscénario – un peu plus subtilement traité – n’aurait pas déparé dans l’œuvre du maître. Hélas, Michele Lupo n’est pas Melville, et même s’il a employé son chef-op et son musicien, il n’est pas Sergio Leone non plus.MASTER TOUCH (2)

Ce polar italo-allemand malgré un sujet plutôt malin et des personnages intrigants, ne décolle jamais du bourbier de la série B européenne de l’époque. Et la présence de Kirk Douglas, alors dans le creux de la vague, n’y peut rien. Un peu décati, pas dirigé, il ressemble à un touriste yankee en villégiature dans les sinistres décors de Hambourg : un poisson hors de l’eau. On ne le retrouve tel qu’en lui-même que lors des scènes finales, où il se laisse aller à sa rage MASTER TOUCH (3)naturelle. Plus habitués à ce genre de produit, Florinda Bolkan promène son beau visage impassible comme une tragédienne antique et Giuliano Gemma, teint en blond, compose un curieux personnage d’acrobate querelleur. Ses relations avec Douglas font d'ailleurs penser au « FLINGUEUR », tourné la même année, mais la présence d’une femme entre eux empêche l’ambiguïté du film de Michael Winner.

Inutilement long (près de deux heures !) « UN HOMME À RESPECTER » s’attarde sur des scènes de bagarres, de poursuites en voiture complètement hors-sujet (le fameux « quart-d’heure Rémy Julienne » de rigueur !) et gaspille ses quelques atouts dans une paresse généralisée.

 

À NOTER : le film est également exploité dans une version de 96 minutes, mais systématiquement dans des transferts affreux en 4/3, quelle que soit l’édition. Vu la qualité du film, on serait évidemment mal venu de lancer une pétition…

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 14:41

« DIALOGUE DE FEU » est un drôle d’objet. Dans un décor de western, une ambiance plutôt fauchée de téléfilm, ce long-métrage de Lamont Johnson n’est rien moins que le premier film sur… la télé-réalité. Ou presque.

Deux vieux pistoleros célèbres se retrouvent dans la même ville, et un boutiquier opportuniste organise carrément un duel payant, dans les arènes de l’endroit, pour que la mort d’un des deux hommes rapporte le maximum de dollars. La mort en direct, autrement dit… Le film datant de 1971, difficile de faire plus précurseur.

On peut regretter que « DIALOGUE DE FEU » soit aussi rudimentaire, au niveau technique, car son scénario est des plus culottés, et l’idée de caster un Kirk Douglas mûrissant et Johnny Cash, avec son look de croque-morts sinistre, des plus heureuses. Opposés à tous points de vue, les deux rivaux ne ressentent aucune haine l’un envers l’autre, aucune animosité, et c'est uniquement pour l’argent – et peut-être un peu, pour être à nouveau le centre d’intérêt – qu'ils vont s’affronter à mort.
C'est dur, cynique, lucide, et personne n’en sort grandi. Le film s’offre même le luxe de proposer les deux fins successivement : une fois c'est Douglas qui dégaine le premier, l’autre fois, c'est le roi de la country. Avec les conséquences que cela entraîne pour leurs proches.

Aux côtés des deux vedettes, d’excellents seconds rôles féminins comme Karen Black, en entraîneuse désabusée, Jane Alexander en épouse patiente mais lucide, et aussi Raf Vallone en tireur de ficelles sans scrupules. On aperçoit le très jeune Keith Carradine, qui apparaît le temps de prendre une balle.

 

À NOTER : le film est tardivement sorti en salles en France sous le titre « DIALOGUE DE FEU », mais c'est en tant que « DUEL DE FEU » qu'il est récemment sorti en DVD zone 2, et c'est également le titre français que lui attribue – à tort – IMDB.

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 13:46

Plusieurs visiteurs de ce blog se sont récemment interrogés sur le téléfilm « DRAW ! », jadis diffusé en France sous le titre « LE DUEL DES HÉROS ». C'était un vieux projet de Kirk Douglas, qui rêvait de le monter au cinéma, pour créer un nouveau face à face avec Burt Lancaster. Mais alors qu'il était prêt à filmer, la maladie de celui-ci annula le tournage. Douglas se tourna donc vers la télé et changea de partenaire.

Récit « crépusculaire » du vieil Ouest finissant, "DRAW ! (« Dégaine ! ») raconte l’ultime affrontement entre un hors-la-loi vieillissant (Douglas) et un shérif devenu alcoolique, qui fut son pire ennemi. C'est James Coburn qui remplaça Lancaster, dans ce rôle. Et il est clair que malgré tout son talent, la magie du duo espéré ne fonctionne pas de la même façon.

Réalisé par Steven H. Stern, routard de la TV, le film se veut vaguement parodique mais semble bien en-deçà de ce qu’en espérait Kirk Douglas. Il parviendra malgré tout à reformer son tandem avec son copain Burt, pour le très drôle « COUP DOUBLE », mais dans l’univers du film noir.

Reste qu'il arrive que ce genre de film vieillisse bien, qu'il profite de la patine du temps et qu’une petite édition DVD serait fort bienvenue…

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 18:28

« SATURN 3 » n’a rien d’un western, absolument rien. C'est un film de science-fiction mâtiné d’horreur, qui chasse sur les terres des premiers « STAR WARS » et « ALIEN », sortis tout récemment. Le scénario en valait bien un autre, même si à bien y regarder, il était si mince qu'il aurait pu être développé en un « TWILIGHT ZONE » de 26 minutes. C'est d’abord la production qui pèche, par ses décors risibles, évoquant ceux de la série « COSMOS 1999 », par les timides séquences « déshabillées », tentant d’exploiter la silhouette de Farrah Fawcett (et d’un Kirk Douglas de 66 ans par la même occasion !), et un dialogue d’une pauvreté décourageante.

Si ce film nous intéresse ici, c'est par le message sous-jacent qu'il tente de faire passer entre les lignes : en 1980, le western, genre populaire par excellence était à l’agonie, et le succès mondial des films de George Lucas avait fait dire à la critique qu'ils étaient « les westerns de l’an 2000 ». Ce n’était d'ailleurs pas totalement erroné.

À la barre de « SATURN 3 », le vétéran Stanley Donen, pas au top de sa forme, engage un vieil acteur de westerns, quelque peu « has been » comme Douglas, le fait traiter de « vieillard obsolète » à tout bout de champ, mais prend bien soin de montrer qu'il est toujours en pleine forme physique. C'est un peu comme si le cinéma « moderne » se moquait de celui de ses aïeux, par la bouche d’Harvey Keitel ! Résultat ? Le vieux cowboy, capable de sacrifice, parvient malgré tout, à vaincre le méchant robot, là où son jeune rival sans cœur avait lamentablement échoué. La revanche des papys, en somme…

Kirk Douglas grimace énormément, se donne du mal, Farrah Fawcett joue les playmates avec une incroyable gaucherie, et Keitel est entièrement post-synchronisé par un autre comédien. Ils donnent tous trois les pires prestations de leurs carrières. Quant à Elmer Bernstein, qui signa jadis la musique des « 7 MERCENAIRES », les grands espaces infinis, ne sont pas non plus faits pour lui.

« SATURN 3 » est donc un navet, mais peut être vu comme la réponse un peu dérisoire du western moribond, à son successeur arrogant.

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 19:19

Le vénérable nom de Joseph L. Mankiewicz au générique d’un western, cela peut surprendre, voire dérouter. Mais on se doute bien que l’auteur du génialissime « ÈVE » ne va pas signer un film commun ou respectueux de la tradition du genre. De fait, dès les premières images, le ton est donné : une servante noire dans une maison bourgeoise s'apprête à servir, le visage fatigué, dégoûté. Au moment de passer la porte avec le poulet frit, elle arbore soudain un bon gros sourire et se met à parler comme la Mamie de « AUTANT EN EMPORTE LE VENT », prête à jouer son rôle pour les patrons blancs ! Le film est déjà résumé dans cette première séquence : tout n’est qu’apparence et celles-ci sont trompeuses.

« LE REPTILE » met face à face deux hommes diamétralement opposés, deux conceptions de l’existence : un ancien shérif humain, non-violent, plus prompt à tendre la main qu’à tirer (ce qui lui vaudra d'ailleurs d’être estropié) et un hors-la-loi escroc et manipulateur enfermé dans le bagne que l’autre dirige. Le directeur – Henry Fonda – veut effectuer des réformes pénitentiaires, prouver que les forçats ne sont pas des animaux, qu'il peut y avoir réhabilitation. La fripouille – Kirk Douglas – ne désire qu’une chose : sortir de là pour récupérer les 500.000 dollars qu'il a cachés dans une fosse à serpents. Et pour cela, il est prêt à tous les mensonges, toutes les trahisons, les ruses les plus viles. La question que pose Mankiewicz est simple : entre le Bien et le Mal, lequel est plus à même de déteindre sur l’autre ?

« LE REPTILE » est un film jubilatoire par sa foncière misanthropie, sa méchanceté grinçante et ricanante, son manque total de foi en l’être humain. Tout fonctionne parfaitement, jusqu'à la musique primesautière et la chanson de Trini López, d’une ironie adéquate. Tous les seconds rôles sont formidablement écrits, du couple de vieux homos, au bagnard à moitié sénile (délectable Burgess Meredith), jusqu'à cette « balance » abrutie jouée par Warren Oates qui croit avoir enfin trouvé un ami en Douglas. Big mistake

C'est probablement un des deux ou trois meilleurs rôles de Kirk Douglas, qui se délecte de ce personnage abject de crapule sans Dieu ni maître, rouquin, portant des lunettes factices. Difficile d’imaginer qui que ce soit d’autre en Paris Pittman, Jr. ! Quant à Fonda, impérial comme d'habitude, il s’est fait une belle tête de Mormon pour camper cet homme de loi sobre comme un chameau, psychorigide, mais croyant en l'homme. Du moins, jusqu'à un certain point…

Les deux comédiens ont des moments exceptionnels ensemble, comme cette première rencontre au mitard où ils font preuve d’une même intelligence, d’une même ruse.

« LE REPTILE » est un petit bijou qui semble se bonifier avec les années (peut-être parce que depuis, le monde s'est généreusement peuplé en Paris Pittman, Jr.?) et qui ne doit rien à aucun courant du western de l’époque. Mankiewicz a touché à presque tous les genres. Il a bien fait…

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 18:33

Quelques vingt ans plus tôt, Kirk Douglas avait produit et interprété son film favori : « SEULS SONT LES INDOMPTÉS », où il jouait un cowboy des temps modernes, traqué par la police, alors qu'il n’avait rien fait de répréhensible, jusqu'à une issue tragique. Dans « UN FLIC AUX TROUSSES », c'est le jeune acteur de télé John Schneider qui s’évade du bagne, pour retrouver sa famille, et Douglas qui endosse le rôle du flic à ses basques.

Le scénario est simple, linéaire, le film correctement réalisé, mais c'est au niveau du ton, que cela pèche un peu. Tout ce qui concerne le rôle de Douglas est maladroit, oscillant entre la grosse comédie (les déguisements de Marzak, son chien, ses mimiques), toutes les scènes du fugitif tendent vers l’émotion et le réalisme. Le mix ne se fait pas aisément. De plus, Schneider n’a aucune présence, et le vieux Kirk – qui arbore la plus hideuse coupe de cheveux de sa carrière ! – cabotine à tout-va, cédant à son péché mignon, en faisant des pompes comme un jeune homme. L’auteur-réalisateur Jeff Kanew saura exploiter plus intelligemment les travers narcissiques de son acteur dans « COUP DOUBLE ».

« UN FLIC AUX TROUSSES » a beaucoup vieilli, mais demeure plaisant, grâce à quelques bonnes scènes, comme ce lynchage improvisé dans le ranch des deux frères dégénérés, ou la relation bizarre entre Eddie Macon et la très belle Lee Purcell, qui l’aide dans sa fuite. Au fil des séquences, on reconnaît des comédiens qui ont fait leur chemin depuis : Dann Florek (futur commissaire de la série « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE ») en dragueur de bar, John Goodman presque mince, Mark Margolis, Tom Noonan.

Bâti comme un de ces westerns des années 70, décrivant la traque d’un fuyard, « UN FLIC AUX TROUSSES » rachète un peu sa banalité, par une conclusion sympathique, jetant une lumière nouvelle sur le personnage de Marzak et sur ses motivations. Ce fut un des derniers rôles d’homme d’action de Kirk Douglas, alors déjà âgé de… 67 ans !

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 11:38

Il y a les bonnes idées, les mauvaises idées, et les fausses bonnes idées. « CACTUS JACK » en est manifestement une. Le projet du cascadeur Hal Needham, était de réaliser un western parodique, sur le modèle des dessins animés de Will Coyote : un méchant imbécile et tenace, à la poursuite de héros insaisissables, qui échoue dans tous ses pièges minables, et embuscades foireuses, qui lui retombent systématiquement sur la figure.

Hélas, ce qui tient la distance sur quatre minutes, a du mal à survivre sur une durée de long-métrage.

C'est Kirk Douglas alors dans la soixantaine, qui joue le villain du titre original : un bandit vêtu de noir, parlant à son cheval, et utilisant un fascicule intitulé « Bad men of the West », comme bible au quotidien. L’acteur se délecte à jouer les crétins vindicatifs, et s’accapare aisément la vedette, d’autant que le héros (qui s’appelle Handsome Stranger !) est joué par Arnold Schwarzenegger, vêtu d’une sorte de survêtement bleu-ciel, et affichant un air benêt de puceau naïf. La preuve ? Il ne comprend rien aux avances pourtant flagrantes que lui fait Ann-Margret, tout décolleté déployé. Celle-ci, fatiguée de la bêtise de son héros, finira d'ailleurs dans les bras du méchant !

Needham a réuni des seconds rôles pittoresques comme Strother Martin, Jack Elam ou Robert Tessier, et les lâche, bride sur le cou. Mais rien n’y fait : « CACTUS JACK » demeure au stade des bonnes intentions, et la farce tourne rapidement court. Un Mel Brooks peut-être, aurait pu en tirer quelque chose…

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