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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 17:08

 

« EL MERCENARIO » est un des films les plus accomplis de Sergio Corbucci, du pur point de vue technique. Malgré un emploi trop systématique du zoom, sa réalisation est ample, ambitieuse, parfois lyrique, et son montage d’une belle efficacité. Curieusement, et malgré un nombre impressionnant de grands noms au générique, c'est par son scénario que le film pèche. Après un départ fulgurant, les enjeux viennent vite à manquer, les conflits entre protagonistes semblent de plus en plus artificiels, et le personnage de Curly, n’arrive jamais à s’intégrer vraiment au récit. C'est flagrant dans le duel final dans l’arène, copieusement pompé sur celui de « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS », où rien de concret ne justifie la haine de Curly pour le Mexicain, hormis la mort de son « mignon » sur laquelle Corbucci s’attarde si peu qu'elle est déjà pratiquement oubliée, d'autant qu'ils n'avaient eu aucune vraie scène pour expliciter leur relation.


Succession de batailles, d’explosions, d’attaques de villages, « EL MERCENARIO » s’essouffle donc par manque de suspense, ou d’attachement aux héros : Franco Nero ne rend jamais sympathique ou fascinant son mercenaire polonais maniéré, comme avait pu le faire Lou Castel dans « EL CHUNCHO » dans un rôle assez proche, et il n’est guère aidé par l’insipide Tony Musante qui passe tout le film à rire bêtement, mais ne possède rien de la truculence innée d’un Gian Maria Volonté ou d’un Tómas Milian. Giovanna Ralli est très bien en belle révolutionnaire, mauvaise conscience des deux hommes, un rôle étonnamment écrit sans machisme.

Quant à Jack Palance, même s’il n’a pas grand-chose à faire, il compose une belle silhouette de méchant dandy et bouclé (il s’appelle d'ailleurs Curly – « bouclé » – comme dans « LA VIE, L’AMOUR… LES VACHES »), implicitement homosexuel et extrêmement religieux, puisqu’il se signe après chaque meurtre. Le plan où du sang apparaît lentement sur la rose blanche qu'il porte à la boutonnière, est une des belles trouvailles du film.


Western « Zapata », haut en couleurs, et très joli à regarder, « EL MERCENARIO » est sauvé par la musique magnifique d’Ennio Morricone et Bruno Nicolai, qui transcende bien des séquences, et donne à tout le film une énergie communicative. Malgré quelques réticences, nous sommes tout de même dans le haut du panier du genre.

 

À NOTER : le film vient de sortir chez Wild Side, dans une copie impeccable, et en trois langues : Français, Anglais et bien sûr Italien. Il semblerait – vu la présence de Musante et Palance – que le film ait été tourné en Anglais.

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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 11:18

Un western « psychologique » tourné en noir & blanc et centré sur un affrontement entre père et fils. Cela ressemble souvent à de la télévision, les décors sont assez pauvres et le véritable intérêt de « JICOP LE PROSCRIT » vient du portrait que fait le scénario des pistoleros de légende.

Loin d’être fêté en héros, Jacob Wade est carrément viré de toutes les villes où il tente de faire halte, ses anciens complices veulent sa peau, son fils le hait violemment. Rejeté de toutes parts, méprisé ou haï, Wade n’a rien d’un personnage « bigger than life », et pour couronner le tout, il commence à perdre la vue. Avant d’être complètement démuni, il tente de se réconcilier avec ce fils qu'il n’a pas vu depuis l’enfance, et qui le tient responsable – à tort – du suicide de sa mère.

C'est Jack Palance, alors en pleine ascension, qui incarne Wade. À 37 ans, il semble un peu jeune pour jouer ce « has been » lessivé, père d’un garçon d’une vingtaine d’années, mais par sa façon de se tenir, de marcher, par ses expressions douloureuses, il parvient à se montrer crédible de bout en bout. De plus, le choix de ses vêtements, de son chapeau ou même de ses bottes, participe de cette désacralisation du « gunman ». Wade n’a rien d’un héros de magazine, il ressemble plutôt aux vieilles photos d’époque, prises dans l'Ouest, au temps des guerres indiennes. Intéressante démarche…

Anthony Perkins joue le fiston névrosé dans la mouvance très à la mode de James Dean. Et les « villains » sont campés par quelques uns des plus beaux seconds rôles des années 50 : Neville Brand, Claude Akins, Elisha Cook, Jr. et Lee Van Cleef, en tireur d’élite vêtu de noir.

Hormis quelques séquences de capture de mustangs dans la montagne, une ou deux fusillades, « JICOP LE PROSCRIT » est un western « en chambre », concentré sur les conflits de ses protagonistes, et s’il manque certainement de lustre, il permet de voir Palance dans un rôle complexe, qui n’est pas sans évoquer le personnage de Gregory Peck dans « LA CIBLE HUMAINE ».

À noter tout de même, que ce film comprend deux anomalies énormes et incompréhensibles : d’abord le faux-nez dont on a cru bon d’affubler Jack Palance. Ses traits en sont modifiés, son visage perd de sa mobilité. Pourquoi ? Pour tenter de lui donner une apparence plus séduisante ? De le faire entrer dans le moule ? Et ensuite, le titre français extraordinaire : le personnage se nomme en v.o. Jacob Wade. Par quelle magie est-il devenu « Jicop » (un prénom inconnu, qui plus est) ?

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 12:32

Aux U.S.A. vient de sortir en DVD, la première saison de la série « ZANE GREY THEATER », inspirée des romans et nouvelles du romancier spécialisé dans le western. Présentée par Dick Powell – à la façon de Rod Serling dans « TWILIGHT ZONE », cette série présente des petits films de 26 minutes en noir & blanc, sans rapport les uns avec les autres, tournés dans quelques décors minimalistes, mais présentant des mini drames humains souvent intéressants, et des castings de premier choix, comme ici Robert Ryan, Ernest Borgnine, Julie London, Lee J.Cobb, le débutant James Garner, Ralph Bellamy, Sterling Hayden, Jack Elam, etc. Nous y reviendrons…

L’épisode « LARIAT », qui nous intéresse ici, est écrit par le futur producteur Aaron Spelling d'après une nouvelle de Zane Grey, met en vedette Jack Palance. Obsédé du lasso qu'il manie comme une arme fatale (le « lariat » du titre), Palance tue accidentellement un homme, et après cinq ans de bagne, revient se venger du juge qui l’a condamné. Mais plutôt que le tuer, il décide de séduire sa fille, et la lui enlever. Évidemment, rien n’est si simple, et Palance finira par être troublé par la jeune femme.

Un rôle de psychopathe exalté et cruel, comme l’acteur aimait tant les jouer, dans lequel Jack Palance évolue comme un poisson dans l’eau, parvenant malgré la brièveté du film, à insuffler un peu d’ambiguïté et de complexité, sous le cliché. À l’époque, Palance venait de tourner ses meilleurs films avec Robert Aldrich, et n’allait pas tarder à partir pour l’Europe, où sa carrière allait s’enliser dans la série B. Dans « LARIAT », son histoire avec Constance Ford, qui n’a rien d’un pin-up, est touchante, et l’acteur est même filmé torse nu, sous l’œil admiratif de la jeune femme, pour qui il a tout d’un sex symbol.

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