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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 17:33

SGT YORK (3)« Les voies du Seigneur sont impénétrables » déclare Alvin York, héros célébré par le monde entier, dont tous les rêves sont exaucés pour la simple raison qu'il a tué 25 hommes au combat, lui qui prônait le respect des dix commandements et s’était engagé commeSGT YORK (2) SGT YORK (1)objecteur de conscience. C'est toute la morale et la raison d’être de ce ‘biopic’ tiré de faits réels, de cette tranche d’Americana bien juteuse sentant la bonne terre du Tennessee.

« SERGENT YORK » est le genre de film qui aurait dû se démoder à toute allure et n’être plus aujourd'hui qu’une antiquité poussiéreuse et risible. Mais c'est oublier de lire le générique : John Huston compte parmi les scénaristes, Howard Hawks est à la caméra et le rôle-titre est tenu par Gary Cooper qui n’a jamais été aussi… Gary Cooper.

Le film démarre comme les vieilles BD d’Al Capp « LIL’ABNER », jusqu'à la révélation divine que connaît ce brave plouc querelleur de York, puis son départ en France pour la guerre de 14-18 où il fait face à son plus grand dilemme : doit-il suivre la Bible à la lettre ou lire la Constitution de son pays ? C'est parfois naïf et même grandiloquent, certains personnages comme la mère-courage d’Alvin sont des caricatures absolues, mais « SERGENT YORK » est comme touché par la grâce et… tout passe ! Il faut dire que l’omniprésence de Cooper aide énormément. Malgré sa quarantaine, il incarne un brave gars de la campagne d’une vingtaine d’années et s’y montre irrésistible. Faussement gauche, plus ou moins SGT YORKtimide, ignare mais déterminé, il synthétise l’Américain tel qu'il s’est toujours rêvé. Les scènes où il fait preuve de ses talents de tireur d’élite sont des morceaux de bravoure (son cri de dindon est une merveille !) et sa façon d’essuyer la mire de son fusil avant de viser fait partie de la mystique de l’acteur. À ses côtés, Joan Leslie est charmante et Walter Brennan absolument méconnaissable avec ses faux sourcils broussailleux, amusant en pasteur.

Par son ampleur – plus de deux heures, la richesse de ses personnages, le message qu'il fait passer de gré ou de force, « SERGENT YORK » prend des airs de grande saga et de légende américaine. Qu’on adhère ou pas avec ce qu'il professe, qu’on ait le droit de trouver l’épilogue longuet et trop sentimental, il est difficile de résister aux bouffées d’émotion et aux piques d’humour qui lui confèrent tout son charme. Indéniablement un des chefs-d’œuvre de Hawks et un écrin aux diverses facettes du comédien Cooper.

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 19:42

WRECK MARY DEARE (2)« CARGAISON DANGEREUSE » est l’avant-dernier film de Gary Cooper et n’a pas très bonne réputation. C'est pourtant une excellente production anglaise, montée sur unWRECK MARY DEARE (1) WRECK MARY DEARE (3)scénario solide au suspense parfaitement agencé, tournant autour d’une escroquerie à l’assurance perpétrée par un armateur. Les séquences en mer, mélange de studio et de maquettes sont assez convaincantes, même les tempêtes et les plans sous-marins encore loin d’avoir été banalisés par les 007 sont bluffants.

 Le principal intérêt du film est en fait le personnage dévolu à ‘Coop’, très éloigné de son WRECK MARY DEAREarchétype : un capitaine de la marine marchande au passé houleux, un homme faible et confus et manifestement pas très doué pour son métier. C'est par sa seule présence, l’intensité de ses regards, que l’acteur vieillissant (il avait 58 ans mais en paraissait dix de plus) donne de l’épaisseur à ce rôle à première vue pas fait pour lui. Empêtré dans ses mensonges, seul contre tous, il atteint par moments au vrai pathétique. Face à lui Charlton Heston, tout droit sorti du plateau de « BEN-HUR » est très bien en remorqueur d’épaves viril, qui se prend de sympathie pour ce type dont tout le monde veut la mort. Leur tandem fonctionne à plein et porte le film. À leurs côtés quelques bons comédiens anglais et le jeune Richard Harris, qui cabotine sans retenue en officier ripou. Tellement ripou, qu'ilWRECK MARY DEARE (4) va jusqu'à planter un harpon dans l’épaule de Heston. Les deux acteurs devaient se retrouver six ans plus tard dans « MAJOR DUNDEE », sous le ciel mexicain.

« CARGAISON DANGEREUSE » n’est pas un film d’acteurs, mais un thriller mâtiné de ‘courtroom drama’, qui vaut aujourd'hui pour revoir deux légendes hollywoodiennes : l’aîné en toute fin de parcours et le cadet en passe d’entamer sa carrière de superstar. De la belle ouvrage.

 

À NOTER : le film est disponible en zone 1 sous-titré français dans le coffret « GARY COOPER : THE SIGNATURE COLLECTION » avec quatre autres films de ‘Coop’.

 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 20:11

JARDIN DU DIABLE (2)« LE JARDIN DU DIABLE » est avant tout un film d'images inoubliables : les décoiffantes poursuites à flanc de montagne inspireront jusqu'à Michael Mann pour le final du JARDIN DU DIABLE« DERNIER DES MOHICANS », l’utilisation du format CinémaScope est fabuleuse alors qu'il n'avait pourtant qu'un an d'existence. Les personnages sont étonnamment complexes, le dialogue est très inattendu dans un western (« Si la terre était faite d'or, les hommes mourraient pour une poignée de poussière »). JARDIN DU DIABLE (1)

Ce western d'Henry Hathaway, réalisateur solide mais souvent dénué de style, compte parmi ses plus réussis et indémodables.

Susan Hayward campe sans complaisance une femme fatale qui mène les hommes à leur perte, voire au suicide, Richard Widmark – effacé pendant les trois-quarts du film – prend sa dimension tragique à la fin et Gary Cooper impassible, ankylosé, est un avatar de « L'HOMME DE L’OUEST » (il humilie Cameron Mitchell de la même façon qu'il le fera à Jack Lord dans le film d'Anthony Mann quatre ans plus tard) ou du Trane de « VERA CRUZ ». Les Indiens sont réduits à des silhouettes invisibles symbolisant clairement la mort pour ces losers nés au destin scellé d'avance.

JARDIN DU DIABLE (3)

Hathaway filme les paysages comme personne, ne se laisse jamais aller au gros-plan, ce qui accentue l'impression de dérisoire émanant de ses antihéros, minuscules insectes dominés par la nature sauvage qui finira par les engloutir.

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 17:57

« LE CAVALIER DU DÉSERT » (encore un titre français remarquable, puisqu’il n’est nullement question de désert dans le film !) est un drôle de western, se basant sur quelques faits historiques pour traiter d’une multitude de sujets, dont celui des guerres entre éleveurs et fermiers au Texas. 

La figure centrale du film n’est pas le cowboy errant joué par Gary Cooper, mais le juge Roy Bean, ancien soldat confédéré autoproclamé magistrat d’une petite ville qu'il a entièrement dédié à son idole, l’actrice Lily Langtry. C'est le toujours savoureux Walter Brennan qui tient le rôle, et s’en donne à cœur-joie dans le cabotinage joyeux. D'ailleurs, ses face à faces avec Cooper ont un petit parfum d’improvisation entre vieux copains qui est fort sympathique.

Si le film est extrêmement bien réalisé par William Wyler, toujours méticuleux dans ses cadres et son montage, il souffre de trop fréquentes ruptures de ton, qui font passer le film de la comédie légère (le petit manège autour de la mèche de cheveux) à la violence (l’incendie des champs de maïs), voire à l’émotion (l’enterrement du père au milieu des cendres). Le plus réussi est la relation ambiguë entre le juge et l’étranger, une complicité immédiate née de mensonges et de malentendus, mais qui débouche sur une affection réelle, même si l’un des deux n’y survivra pas. L’affrontement final, dans le théâtre déserté, est aussi irréaliste que bien imaginé, et la rencontre entre Bean et son icône vivante est un très beau moment, entre chimère et réalité.

« LE CAVALIER DU DÉSERT » permet de revoir un Gary Cooper encore jeune et au sommet de son art, alignant mimiques et clins d’œil au public, jouant les grands benêts avec un joli sens de l’autodérision et surtout une présence incroyable. Parmi les seconds rôles, on aperçoit deux futures vedettes comme Dana Andrews et Forrest Tucker.

Sans être un chef-d’œuvre, ce western atypique possède sa petite musique, et vaut le coup d’œil pour l’alchimie palpable entre Cooper et Brennan, qui traverse l’écran, des décennies plus tard.

A NOTER : on trouve dans ce film pas mal de "gags" et d'idées (le croque-mort mesurant ses futurs clients, par exemple), qui serviront souvent dans les albums de "LUCKY LUKE", qui traiteront d'ailleurs eux aussi du juge Bean.
 

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 17:47

« Quand ils ont prétendu que Kearny avait trahi sa femme… IL A DÉGAINÉ SON ARME ! »

« UNE ARME… UNE FEMME… DONNENT À UN HOMME LA FORCE DE CINQ ! »

Deux phrases-choc (moyennement traduites, d'ailleurs) qui ornent la jaquette du DVD, et… qui n’ont pratiquement rien à voir avec le scénario de « LA MISSION DU COMMANDANT LEX » !

Film d’espionnage, de contre-espionnage, d’infiltration, situé en pleine guerre de Sécession, il bénéficie du dynamisme d’André de Toth, et de la présence tourmentée de Gary Cooper, qui poursuit sa thématique du courage et de la lâcheté, entamée avec « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS », et aboutie avec « CEUX DE CORDURA ».

Pour démasquer un traître au sein de l’armée, Cooper va accepter de jouer la comédie, de passer pour un lâche, de se faire dégrader – comme le futur héros de la série « LE PROSCRIT » pour arriver à ses fins. Le film est fait de coups de théâtre, de chausse-trappes, d’évasions in extremis, de voltefaces inattendues.

Si les seconds rôles sont bien tenus par des familiers du genre comme Lon Chaney, Jr., David Brian ou Fess Parker (futur « DAVY CROCKETT »), le personnage féminin, l’épouse de Cooper, est écrit avec une terrifiante misogynie : c'est une idiote geignarde qui tourne le dos à son mari sans hésitation, ne lui accorde aucune confiance et lui revient docilement dès que tout s’éclaircit. Pas reluisant…

Bon film d’action, plutôt simpliste du point de vue psychologique, « LA MISSION DU COMMANDANT LEX » se transforme en pub pour les fusils Springfield dans son dernier quart, mais c'est toujours un plaisir de revoir Gary Cooper, un peu ridé et perclus, mais encore égal à lui-même.

 

À NOTER : Fess Parker, qui joue ici un soldat sudiste, qui avoue à Cooper qu'il a failli le tuer, lors d’une bataille, a toujours été inscrit en tant que « Fier Parker », au générique de ses films en France. Un cas unique, mais… on devine aisément pourquoi.

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