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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 18:59

CLOAK DAGGER (1)Fritz Lang a beau avoir fui l’Allemagne nazie, son « CAPE ET POIGNARD » n’a rien d’un brulot politique. C'est plutôt une sorte d’aventure de Tintin dans  l’Europe occupée, chargé d’exfiltrer un savant atomiste italien. Le scénario est linéaire et naïf, mais plutôt très bienCLOAK DAGGER CLOAK DAGGER (3)construit et le film ne connaît aucun temps mort hormis ce passage qui n’en finit pas, où notre héros se retrouve seul avec la belle résistante en pull moulant, faisant retomber le suspense.

Gary Cooper un tantinet distrait, semble jouer plusieurs rôles différents : il commence en professeur Nimbus, continue en super-espion maître du déguisement et achève sa trajectoire en séducteur malicieux. Ce n’est pas très rigoureux, mais l’acteur déploie tout son charme et sa présence physique et emporte le morceau. Il a une scène absolument magistrale de bagarre avec l’affreux Marc Lawrence, qui s’achève par la mort de celui-ci : on pense à ce que fera Hitchcock vingt ans plus tard dans son « RIDEAU DÉCHIRÉ » : non, ce n’est pas facile, ni anodin de tuer un homme à mains nues ! Il est bon de le rappeler de temps en temps.

L’Allemande Lilli Palmer est bizarrement castée en… Italienne, mais son personnage CLOAK DAGGER (2)d’héroïne névrosée et flétrie est très intéressant. Vladimir Sokoloff (l’ancien du village dans « LES 7 MERCENAIRES ») est très bien dans le rôle du savant.

« CAPE ET POIGNARD » ne fait certes pas partie des œuvres majeures de Lang, c'est une BD visuellement soignée et bien rythmée, dont quelques morceaux de bravoure portent la griffe du grand réalisateur. La fin fait songer à celle de « CASABLANCA » (sorti trois ans plus tôt) avec nos deux héros se séparant devant un avion prêt à décoller. À part que cette fois, c'est l'homme qui s'en va. Une sympathique façon de passer une centaine de minutes rétro.

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 19:22

8EME FEMME (1)Est-ce le nom de Billy Wilder parmi les auteurs ? Mais on trouve dans « LA HUITIÈME FEMME DE BARBE BLEUE » pas mal d’éléments que celui-ci développera lui-même vingt ans plus tard dans son propre « ARIANE » avec le même Gary Cooper dans un emploi8EME FEMME 8EME FEMME (2)similaire : le protagoniste est un richissime ‘womanizer’ yankee amoureux d’une jeune Française, l’action se passe en France (même si l’équipe n’y a manifestement pas mis les pieds !) et il y a même un détective privé dans l’affaire.

Le film démarre sur les chapeaux de roues par une rencontre inopinée autour d’un pyjama acheté à deux. Lubitsch impose d’emblée un rythme effréné dans les échanges de répliques et ne cède 8EME FEMME (3)jamais au ‘cute’. Ses personnages ont des caractères bien trempés qui ne s’en laissent pas conter. Cooper est vraiment délectable dans son rôle de ‘Ricain’ indélicat et mal embouché, qui épouse n'importe qui comme on achète des actions en bourse. Face à lui, Claudette Colbert tient bien le choc en coquette rusée et ambiguë. Leurs scènes ensemble sont vives et souvent inattendues. Ainsi cette séquence où il la soûle pour la séduire et où elle croque des oignons pour se donner une haleine épouvantable. David Niven est très drôle en soupirant flemmard et pas bien malin, malmené par tout le monde.

Les bonnes répliques fusent, le marivaudage est franchement cynique et la love story est tellement biaisée qu’on s’y perd. On ne sait bientôt plus qui aime qui, qui veut piéger qui et surtout… pourquoi !

« LA HUITIÈME FEMME DE BARBE BLEUE » est un film-champagne, léger et délibérément inconsistant, qu’on suit avec un constant sourire aux lèvres. Difficile de dire de quoi cela parlait réellement, mais le temps de la projection, c'est un régal.

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 17:19

PLAINSMAN (1)Cecil B.DeMille a toujours vu les choses en grand. Aussi, quand il s’attaque à la conquête de l'Ouest, il ne peut se contenter de la bête hagiographie d’un héros légendaire. Non, il en réunit… quatre : ‘Wild’ Bill Hickok, Calamity Jane, Buffalo Bill et – tant qu’à faire – lePLAINSMAN (4) général Custer. Il mélange tout cela sans le moindre complexe, télescope les histoires, les dates, les évènements et signe avec PLAINSMAN« UNE AVENTURE DE BUFFALO BILL », une épopée naïve et foisonnante, tellement riche qu'elle en annihile tout esprit critique.

Le Far-West (re)vu par DeMille est en mouvement perpétuel, les rues grouillent de monde, les séquences de bataille pullulent d’adversaires, les plans larges sont très larges. Bref, malgré le noir & blanc et le format carré, on a la sensation du CinémaScope et du TechniColor !

Contrairement à ce que laisse penser le titre français, Gary Cooper ne joue pas Buffalo Bill, PLAINSMAN (2)mais Hickok. Mais c'est bien lui le héros du film. Et il n’a peut-être jamais été aussi cool et charismatique. C'est un quasi-contremploi, puisque Hickok ne présente aucun des maniérismes habituels de l’acteur. Il n’est pas timide, ni gauche, ni hésitant, c'est un rude gaillard à la fois fruste et élégant, dangereux et délicat. Avec sa chemise noire et son chapeau à larges bords, ‘Coop’ a rarement créé une aussi parfaite silhouette de héros légendaire. Sa relation avec Jean Arthur, jouant Calamity, est un vrai plaisir. La façon qu'il a de s’essuyer la bouche chaque fois qu'elle l’embrasse,PLAINSMAN (3) inverse complètement les clichés habituels du genre : ici c'est lui l’objet de désir inatteignable et elle qui le harcèle ! Du rarement vu. La comédienne sait doser sa composition et ne cède jamais à la caricature. Parmi un bon cast de seconds rôles, Charles Bickford est un excellent ‘bad guy’ à l’œil torve et un jeune Anthony Quinn apparaît dans une séquence en guerrier cheyenne excité, racontant dans une langue extrêmement bizarre la bataille de Little Big Horn.

« THE PLAINSMAN » a résolument décidé « d’imprimer la légende » au détriment de la vérité historique mais au vu du magnifique résultat on serait en peine de lui en faire grief. C'était et c'est toujours du grand cinéma intemporel et vigoureux, auquel on pardonnera une vision des Indiens quelque peu dérangeante par moments.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 17:44

BENGAL LANCER (1)Rares sont les films atteignant l’âge canonique de 75 ans, qui demeurent aussi excitants qu’au moment de leur sortie. Et ce malgré le noir & blanc abimé, le son crachotant, la censure d’époque. « LES TROIS LANCIERS DU BENGALE » fait partie de cette espèce en voie d’extinction.BENGAL LANCER

En à peine 100 minutes, Henry Hathaway parvient à brasser l’Histoire avec un grand ‘H’, l’aventure humaine, à traiter à fond de plusieurs personnages sans jamais les caricaturer et à maintenir un rythme époustouflant. On voit là les racines d’œuvres ultérieures comme « L'HOMME QUI VOULUT ÊTRE ROI » et même les aventures d’Indiana Jones.

Le trio de héros est une grande réussite : le (jeune) vétéran impulsif à la langue trop bien pendue, incarné par un Gary Cooper en pleine forme, parfaitement dirigé. L’officier snob et moqueur joué par Franchot Tone et le fils-à-papa (Richard Cromwell) dont le parcours est assez étonnant : sa lâcheté sera finalement récompensée par une médaille ! Complémentaires et amusants, le charisme des trois lanciers ne laisse pas oublier que les véritables protagonistes du film sont le vieux colonel au bord de la retraite et son fidèle aide de camp au franc-parler.

« LES TROIS LANCIERS DU BENGALE » ménage de superbes scènes de combat, des moments « exotiques » sortis tout droit d’une BD, des morceaux de bravoure inoubliables comme la séance de torture subie par nos amis : les bambous fichés sous les ongles et auxquels ont met le feu ! Traumatisant !

Il y en a à peu près pour tous les publics dans ce petit chef-d’œuvre de concision et de pur cinéma populaire. Et c'est une pierre fondatrice de la mythologie héroïque de ‘Coop’, qui n’avait pas besoin du Far-West pour être le roi des cowboys.

BENGAL LANCER (2)

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 21:08

JOHN DOE (1)Récupération politique, démagogie rampante des hommes de pouvoir, manipulation des médias qui inventent des icônes pour le bon peuple avide d’espoir pour mieux les cornaquer, monde en crise, vulnérable et au bord du gouffre… Non, « L'HOMME DE LAJOHN DOE RUE » n’a pas été tourné l’année dernière. C'est un grand classique du cinéma américain datant de 1941 et probablement le chef-d’œuvre de Frank Capra.

Le film démarre comme une fable caustique mais nimbée de naïveté, semble prendre le chemin d’une love story sucrée, puis bifurque brutalement et devient un pamphlet âpre et sans pitié sur les pleins-pouvoirs des capitalistes qui se jouent de « l'homme de la rue » et avilissent ce qu'il peut avoir de plus pur en lui. « L'HOMME DE LA RUE » est un film politique au sens noble du terme, qui n’a pas pris une ride. La mise en scène passe de l’intimiste à l’universel avec maestria, parvient à décrire des personnages à la fois JOHN DOE (2)symboliques et profondément humains. Du grand art, vraiment.

Dans un des rôles de sa vie, Gary Cooper n’a jamais été aussi émouvant. D’abord grand dadais lent d’esprit et pas bien futé, il évolue, finit par se prendre pour l’image idéalisée qu’une journaliste rouée (Barbara Stanwyck) a fabriquée pour lui. Mieux : il finit par réellement devenir cette image. Magnifiquement dirigé, Cooper n’a jamais été aussi lumineux, comme Stanwyck n’a jamais été aussi féminine et ambiguë. Tous les seconds rôles sont splendides, à commencer par Walter Brennan en SDF ronchon et lucide.

Un grand film dont certains élans peuvent paraître par trop naïfs et explicatifs, mais dont l’utopie mêlée de cynisme touche encore profondément. Oui, aujourd'hui encore, tout le monde aimerait voir surgir un « John Doe », là où on n’a hélas, droit qu’à des… Mais ne citons pas de nom !

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 12:58

Henry Hathaway et Gary Cooper ont tourné quelques bons films ensemble et même un chef-d’œuvre avec « PETER IBBETSON ». On ne peut pas en dire autant de « LA MARINE EST DANS LE LAC », curieuse petite farce militaire située pendant la WW2 et centrée surMARINE LAC2 un moteur expérimental fonctionnant à la vapeur. Cooper joue un officier novice, doté d’un équipage pas beaucoup plus compétent que lui, chargé de tester la chose. On le voit, l’enjeu est maigre. Squelettique, même ! Le film est une succession de saynètes sans aucune construction dramatique, dans lesquelles ‘Coop’ fait son numéro familier de dadais emprunté mais courageux.

L’acteur traverse le film en catimini, comme s’il voulait se faire oublier et laisse ses partenaires tirer la couverture à eux, comme Millard Mitchell seul marin professionnel du navire, Eddie Albert ou Jack Webb. Cela déséquilibre encore plus le film, bien sûr. En fait, « LA MARINE EST DANS LE LAC » ne mérite d’être mentionné que parce qu'il fut le premier film de trois acteurs qui allaient faire leur chemin : Charles Bronson amusant dans un rôle de ‘polack’ benêt mais costaud, qu’on entraîne pour défendre l’honneur du bateau lors d’un match de boxe, Lee Marvin qui semble tenir plusieurs rôles différents au cours d’une longue figuration et Jack Warden en gros bras plutôt trouillard. Les deux premiers surtout, qu’on voit assez souvent au cours du film, en sont à vrai dire le seul intérêt aujourd'hui. Et encore : un intérêt de pure curiosité !

Jamais franchement comique, pas vraiment sérieux, « LA MARINE EST DANS LE LAC » est une œuvrette sans colonne vertébrale, où tout semble plaqué et désincarné, à l’image du seul rôle féminin tenu par Jane Greer qui se demande ce qu'elle est venue faire là. À part embrasser Gary Cooper…

MARINE LAC (1)

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 19:38

CAPT WYATT« LES AVENTURES DU CAPITAINE WYATT » est bâti sur le même schéma que les films de guerre tournés par Raoul Walsh : une action militaire, suivie d’une traque en pays hostile. À part que nous ne sommes pas en Birmanie mais dans les marécages des Everglades et que les croque-mitaines sont des Indiens Seminoles. Le scénario est excessivement simple et linéaire, il ne laisse aucune place à la psychologie ou même à la caractérisation des protagonistes. Chacun remplit sa fonction et se définit plus ou moins par son comportement. C'est un cinéma de mouvement, d’action, de rythme, qui ne s’embarrasse pas de fioritures.

Le véritable intérêt du film réside dans ses décors naturels. On devine que le tournage n’a pas dû être confortable et Walsh tire le maximum de ses extérieurs, malgré quelques scories d’époque, comme de vilaines transparences et des ‘stock-shots’ de la faune moyennement intégrés.

En tête d’un casting assez faible et sans relief, Gary Cooper a fière allure dans ce rôle d’officier retourné à l’état sauvage et vivant comme une sorte de Tarzan sudiste dans sa cabane sur la plage, entouré de sa tribu et de son petit garçon métis. Flegmatique et déterminé, ‘Coop’ n’a qu’une petite séquence où il peut déployer son charme singulier : celle où il se rase à cru, avec son couteau de chasse. Un petit moment probablement improvisé, qui est comme un courant d’air frais dans un film pratiquement sans pause. Son histoire d’amour avec Mari Aldon est plaquée et superflue. Celle-ci passe la moitié de ses scènes à se faire brosser les cheveux par son esclave noire en plein marais !

CAPT WYATT (1)

Sans être un grand film, « LES AVENTURES DU CAPITAINE WYATT » vaut pour sa beauté plastique (les costumes bariolés des Seminoles semblent avoir été créés pour le TechniColor !) et pour Cooper dans un des derniers films où il apparaît en pleine possession de ses moyens physiques.

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 09:59

ARIANE (1)À la sortie de « ARIANE », la plupart des critiques se montrèrent très sévères envers le choix de Gary Cooper pour ce rôle de Casanova mûrissant, tombant sous le charme d’une Audrey Hepburn quasi-lycéenne. Il faut reconnaître que, manifestement en mauvaise santéARIANE et faisant bien plus vieux que ses 56 ans, ‘Coop’ n’est guère à son avantage dans ce personnage qui aurait nécessité un Cary Grant plus fringant, tel qu'il fut dans « LA MORT AUX TROUSSES ». Il est d'ailleurs assez lassant de dénombrer les artifices dont fait preuve le directeur de la photo pour filmer l’acteur en pénombre, en contrejours ou en reflet, pour tenter d’atténuer ses rides.

Ceci mis à part, le film est une sorte d’hommage à Lubitsch par un Billy Wilder aux crocs délibérément limés. On peut s’amuser à voir le Paris recréé par Hollywood : une petite bourgade pittoresque où on fait l’amour à tous les coins de rues dans une ambiance estivale et oisive ! Le problème est que ce marivaudage en intérieurs dure plus de... deux heures. Deux loooongues heures languides et répétitives, pendant lesquelles la fantaisie s’émousse peu à peu, le charme s’évapore et les ARIANE (2)gags se répètent jusqu'à l’exaspération. Ainsi, l’idée de l’orchestre tzigane qui suit Cooper partout, pour créer une ambiance romantique autour de lui, est-elle de moins en moins drôle. Puis devient carrément assommante.

Alors pourquoi aimer « ARIANE » malgré tout ? Certainement pas pour le pénible numéro de Maurice Chevalier dont l’accent fait mal aux oreilles, pas non plus pour les décors de Trauner qui font vraiment trop studio, mais évidemment pour Audrey Hepburn fraîche et gracile, qui a su capter le tempo de son personnage d’amoureuse enfantine et mythomane et sauve presque la mise.

Sans être un désastre (le film a ses fans irréductibles parmi les amateurs de comédies romantiques), « ARIANE » arrive trop tard dans la carrière de Cooper et fait regretter à chaque détour de scène l’habituelle méchanceté de Wilder. Ici, il n’y a guère qu’un pauvre Yorkshire qui morfle !

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 18:37

DALLAS (1)La première apparition de Gary Cooper dans « DALLAS, VILLE FRONTIÈRE » après DALLAS (2)plusieurs minutes de projection, le révèle de dos grattant une allumette juste à côté d’un poster ‘wanted’ à son effigie. Pendant qu'il allume son cigarillo, le regard à l'affût, l’affichette prend feu. Difficile de faire plus mythique ! On dirait un générique de série... 

Le reste du film hélas, est loin d’être à la hauteur de ce petit moment-culte. Cooper joue un ex-colonel Sudiste qui a perdu ses terres (comme dans « VERA CRUZ », quatre ans plus tard, où il était encore colonel) et se fait passer pour un shérif « pied-tendre », afin de retrouverDALLAS ceux qui ont brûlé sa plantation et massacré sa famille et qui règnent aujourd'hui en despotes sur la ville de Dallas.

En fait, le scénario ressemble à ceux que tournait Randolph Scott à la chaîne à cette époque et le rôle de ‘Reb’ lui aurait d'ailleurs parfaitement convenu. Ce manque d’ambition et d’originalité plombe « DALLAS » qui malgré quelques bons moments, demeure une petite série B conventionnelle d’autant plus décevante que Cooper sortait à peine d’un film comme « LE REBELLE » où il avait d'ailleurs le même partenaire : Raymond Massey, jouant ici le saligaud de service.

Les poursuites à cheval, les ‘gunfights’ dans les rochers, la señorita énamourée et les Mexicains roulant des ‘r’ semblent ressurgis des vieux serials des années 30. C'est dommage, car le film commence sur un ton semi-parodique avec le duel bidonné entreDALLAS (3) Cooper et ‘Wild’ Bill Hickok et le personnage de Leif Erickson, marshal inexpérimenté et quelque peu ridicule. Hickok a un petit laïus sur la fin du vieil Ouest et de ses héros légendaires, avant d’aller s’engager dans un show, qui annonce les westerns désenchantés des seventies. Cet humour décalé disparaît complètement à l’arrivée à Dallas et le film se banalise.

On pourra s’étonner de la place proéminente de Steve Cochran au générique, lui qui joue un rôle de ‘bad guy’ imbécile bien moins important que celui de Massey relégué aux petits caractères… Il devait avoir un meilleur agent.

En bref, coincé entre de grands rôles de la fin des années 40 et des westerns plus ambitieux comme « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS », ce « DALLAS, VILLE FRONTIÈRE » fait un peu figure de marche-arrière pour Gary Cooper, qui faisait déjà ce genre de film vingt ans plus tôt. Mais bon... Il a un joli blouson à franges.

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 18:36

REBELLE (1)« LE REBELLE » est un film dont il est facile de se gausser : les personnages REBELLEemblématiques déclamant des répliques définitives à chaque détour de plan, la musique pesamment mélodramatique, les décors conceptuels, les scènes d’amour torride où on se griffe, on se jette parterre, on se déchire… Tout en fait, peut être tourné en dérision. Mais pour peu qu’on tende l’oreille auREBELLE (3) dialogue d’Ayn Rand, véritable plaidoyer pour l’individualisme, on retrouve des échos extrêmement actuels sur les médias, sur le triomphe de la médiocrité, sur l’écrasement systématique des visionnaires, sur la manipulation de l’opinion publique, le nivellement par le bas. Le même genre de discours qu’on retrouvera bien plus tard dans « AMADEUS », par exemple.

La mise en scène de King Vidor est virtuose, les ellipses sont parfaitement maîtrisées et la photo hyper-stylisée épouse le propos. On regrette parfois que les personnages soient taillés dans le roc dont on fait les symboles et manquent singulièrement de chair et d’émotion. Ils ne sont que les porte-étendards d’une plaidoirie passionnée et enflammée, REBELLE (2)qui pousse sa logique jusqu'à justifier l’égoïsme et la morgue des vrais créateurs.

Vidor a toujours déclaré qu'il aurait préféré avoir Bogart dans le rôle de l’architecte Roark. Mais il aurait probablement manqué de cette stature iconique (du moins dans cet emploi-là) qu’apporte Gary Cooper dès qu'il apparaît à l’image. Il représente idéalement l’Américain solitaire et autonome, incorruptible et habité par l’âme des pionniers. Sa relation avec Patricia Neal, malgré quelques excès enfiévrés qui peuvent prêter à sourire, est ce qu'il y a de plus vibrant dans le film.

Envers et contre tout, « LE REBELLE » demeure un grand film américain et quelques séquences font partie des vrais classiques : le coup de foudre entre les deux protagonistes par exemple. Elle le contemple l’air chaviré, pendant que trempé de sueur, il pilonne un bloc de marbre au marteau-piqueur. Faut-il avoir l’esprit mal tourné pour y voir une allusion sexuelle ?

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