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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 18:27

BEAU GESTE (2)Inspiré d’un roman célèbre déjà adapté par Hollywood, « BEAU GESTE » tente manifestement de réitérer le succès des « TROIS LANCIERS DU BENGALE » avec ses extérieurs exotiques, son trio de héros (des frères, cette fois-ci) et bien sûr Gary Cooper enBEAU GESTE tête d’affiche.

Grosse production aux décors magnifiques, « BEAU GESTE » laisse curieusement sur sa faim. D’abord, le gros vice de forme est que ‘Coop’ malgré son rôle-titre, a du mal à vraiment émerger comme le héros du film. Son seul… geste admirable, il le commet hors du champ de la caméra et on n’en comprend la motivation qu’à l’épilogue. Le reste du temps, il demeure en retrait, comme effacé et William Wellman semble peu soucieux de le mettre en valeur. Il filme beaucoup mieux Brian Donlevy, qui s’accapare voracement la vedette dans un rôle de sergent sadique et retors. Même Robert Preston et Ray Milland, jouant les frangins, ont des personnages mieux dessinés. Il faut donc accepter de voir un film de Cooper dans lequel celui-ci apparaît en touriste, l’air détaché, rendossant sa vieille défroque de légionnaire de « CŒURS BRÛLÉS ». À peine peut-on retenir la très anecdotique séquence au début, quand il épargne la souris dans sa chambre au château familial. Du pur Cooper !

Le scénario est adroitement construit en flash-back, les scènes de bataille dans le fort sont réglées au cordeau. On peut même déceler une séquence qui a influencé Sergio Leone dans « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » : celle où Donlevy vient voir son supérieur agonisant dans son lit de souffrance, avant de prendre sa place. Lee Van Cleef fera exactement la même chose avec son capitaine atteint de gangrène. Une référence-hommage de plus dans l’œuvre du signore Leone.

BEAU GESTE (1)

« BEAU GESTE » est un beau film, romanesque à souhait, parsemé de scènes frappantes comme celle où le sergent oblige ses hommes harassés à rire aux éclats, pour tromper l’ennemi. Parmi les seconds rôles, on reconnaît les visages familiers d’Henry Brandon ou Broderick Crawford. La toute jeune Susan Hayward fait acte de présence. À noter qu’une bizarrerie de casting fait jouer à Donald O’Connor le rôle Cooper à l’âge de douze ans…

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 07:54

AMES A LA MER (1)Fidèle à son image, Gary Cooper défend encore et toujours l’opprimé dans « ÂMES À LA MER » : cette fois, il s’attaque aux négriers. Retrouvant son réalisateur-fétiche, Henry Hathaway, ‘Coop’ n’est hélas, pas très bien mis en valeur par un scénario embrouillé et quiAMES A LA MER peine à établir ses enjeux. La construction en flash-back à partir AMES A LA MER (2)d’un procès, l’ambiance maritime, tout semble annoncer un autre film que l’acteur tournera vingt ans plus tard : « CAR-GAISON DANGE-REUSE ».

Mais « ÂMES À LA MER » est bizarrement construit, excessivement bavard, son scénario ellipse d’importants morceaux de bravoure comme la libération des esclaves au début et la capture du ‘Blackbird’ qui ne sont racontés que verbalement. L’action en devient hachée, inconsistante et il s’avère ardu de s’intéresser aux personnages.

Pourtant, Hathaway est à son meilleur dans les séquences d’action pures comme le naufrage assez spectaculaire pour l’époque et les côtés « buddy movie » du film. L’amitié entre Cooper et George Raft, un marin inculte et pas bien malin, en adoration devant lui, est touchante.

Très élégant, détaché, ‘Coop’ crée un intrigant personnage d’homme de la mer poète et AMES A LA MER (3)justicier dans l’âme. Il ressort avec humour ses vieux maniérismes en compagnie de la charmante Frances Dee et se montre implacable lors de la fuite en canot, où il n’hésite pas à abattre des naufragés qui menacent de le faire chavirer. Les décors de navire, l’utilisation des maquettes, les effets spéciaux, tout cela fonctionne parfaitement et laissait espérer un grand film d’aventures. Mais le film s’enlise trop souvent dans des circonvolutions, des illogismes qui épuisent l’intérêt.

Quelques scènes comme celle où Cooper et Raft sont pendus par les pouces, rappellent les tortures des « TROIS LANCIERS DU BENGALE » du même Hathaway décidément féru de sévices.

À noter une très amusante séquence – complètement hors-sujet – où trois des protagonistes sont saisis d’une crise de hoquet quasi-burlesque.

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 17:47

MOROCCO (2)À sa première apparition, Marlène Dietrich est vêtue en homme, chante une chanson dans un cabaret marocain bondé et embrasse une spectatrice sur la bouche. Dans le public, un jeune légionnaire élancé, aux yeux légèrement trop maquillés la fixe envoûté, habituéMOROCCO (1) lui-même à être un objet de désir pour toutes les dames, MOROCCOqu'elles soient prostituées ou femmes du monde.

Dès le départ « CŒURS BRÛLÉS » baigne dans cette ambiance ambiguë et lourdement symbolique, le dialogue est truffé de sous-entendus sexuels (dont la toute première réplique de ‘Coop’) et les rôles homme-femme ne cessent de s’interchanger.

Premier film américain de Dietrich, bien que tourné par son mentor Josef von Sternberg, ce mélo exotique offre une image d'elle qui est encore un « work in progress ». Le personnage n’est pas encore abouti, la silhouette est lourde, le visage poupin, les mouvements manquent singulièrement d’élégance. La photo accomplit des prouesses pour lui donner un mystère et y parvient parfois. Face à elle, le jeune Gary Cooper de 29 ans est quant à lui filmé en « sex toy ». Constamment entouré de femmes prêtes à tuer ou à mourir pour lui, il se promène, indolent et vaguement ironique dans ce Maroc de pacotille dans un rôle de légionnaire beau, grand et sentant manifestement le sable chaud.MOROCCO (3) Un pur fantasme féminin sur pattes ! L’acteur n’a pas grand-chose à faire, mais s’acquitte très bien de sa mission et invente une gestuelle amusante à son personnage, dont une façon de saluer mémorable.

Dommage que le scénario tienne – selon la formule consacrée – sur un ticket de métro, car les cadres sont sublimes, la photo est à couper le souffle et l’ambiance artificielle, frelatée de ce Maroc réinventé parfaitement intoxicante.

On suit donc « CŒURS BRÛLÉS » avec une indifférence polie, fasciné malgré tout par la beauté formelle de l’image. Par chance, le film se clôt sur une séquence échevelée, improbable, mais splendide, montrant cette femme dure et indépendante, abandonnant sécurité et richesse matérielle, pour suivre son homme dans le désert, pieds nus, s’intégrant au cortège de femmes-esclaves arabes, marchant dans les brisées des légionnaires qu'elles aiment aveuglément. Absurde, ridicule peut-être, mais inexplicablement émouvant… La puissance de l’image. 

 

À NOTER : le réalisateur de 2ème équipe, qui a donc tourné les séquences de foule et d’extérieurs, n’est autre que Henry Hathaway qui signera bientôt les plus grands succès commerciaux de Cooper.

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 17:18

GRAND BILL (1)« I’m a poor lonesome cowboy and a long way from home », chante Melody Jones, le GRAND BILL (3)héros de « LE GRAND BILL », établissant ainsi que la mythique chanson de Lucky Luke n’est pas une invention des auteurs de la BD, mais un standard du Far-West. GRAND BILL

Produit par Gary Cooper, ce pastiche de western démarre plutôt bien. Avec un joli sens de l’autodérision, ‘Coop’ joue un dresseur de chevaux itinérant, un grand nigaud plus tout jeune, flanqué d’un acolyte râleur, qui se prend les pieds dans un quiproquo tiré par les cheveux, digne des plus absurdes vaudevilles.

Le scénario de Nunnally Johnson va hélas, de mal en pis. Les personnages sont tellement stupides, les péripéties s’enchaînent avec une telle paresse, que l’amusement laisse place à la lassitude, puis à l’agacement. La seule et unique raison de suivre ce film jusqu'au bout est Cooper lui-même, qui s’amuse avec une visible délectation à jouer les parfaits antihéros : il ne sait pas tirer, fait même systématiquement tomber son revolver en dégainant. Sa façon de jouer les gros durs en entrant au saloon, en fermant un œil et en bombant le torse, est hilarante. L’acteur s’en donne à cœur-joie, jouant de son image mais aussi de celle de tous ses collègues ‘westerners’. Son duo avec la pétillante Loretta Young fonctionne très bien.

« LE GRAND BILL » est assez mal fichu, offrant les plus hideuses et tremblotantes GRAND BILL (2)transparences de mémoire de cinéphile. Malgré le charme des deux vedettes, la présence du ‘bad guy’ Dan Duryea, le film ne prend jamais vie et connaît de terribles plages d’inertie. On a parfois la sensation d’un brouillon de scénario que personne n’a pris la peine de relire.

Alors à qui s’adresse-t-il, ce western ? Aux amoureux de ‘Coop’ qui souriront souvent à son petit numéro en roue-libre. Il faut l’avoir vu ôter son chapeau, s’essuyer la bouche d’un large mouvement de manche et empoigner Loretta pour un baiser d’anthologie qui la laisse – par deux fois ! – complètement pantoise. Rien que pour ça…

 

À NOTER : le titre français royalement incompréhensible : le héros s’appelle Melody Jones et personne ne l’a jamais surnommé ‘Bill’. C'est au-delà du n'importe quoi !

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 09:28

PETER IBBETSON (1)« PETER IBBETSON » est un film qui a fait couler beaucoup d’encre et a marqué des générations de cinéphiles. Œuvre poétique, film « de crise » prônant l’évasion par le rêve, le film apparaît comme une magnifique parabole sur le pouvoir du cinéma. Dans un mondePETER IBBETSON sombre, violent, sans espoir, la seule façon d’être heureux est encore de s’enfermer dans le noir et de vivre « dans ses rêves ». Sans limite d’espace, de temps, dans cet endroit où on est toujours beau et jeune, où l’amour ne s’use jamais.

Cela pourrait être mièvre et fastidieux, c'est plutôt poétique et PETER IBBETSON (2)fiévreux. C'est probablement dû au fait que dans ce genre de film, on s’attend à trouver Leslie Howard en vedette et Douglas Sirk à la réalisation. Au lieu de cela, c'est Gary Cooper qui endosse le rôle de l’ancien enfant mal grandi, mal ajusté à la réalité, jamais remis de ses traumatismes de jeunesse, tandis que Henry Hathaway, spécialiste du film d’action robuste et viril tient la caméra. Le « casting » peut sembler bizarre, mais cela permetPETER IBBETSON (3) au film de ne jamais sombrer dans le mélo lacrymal et de susciter par moment une profonde et authentique émotion.

Physiquement modifié par une pourtant discrète moustache, ‘Coop’ compose un Peter Ibbetson inoubliable. Élégant, aérien, d’une absolue mélancolie, il n’utilise pratiquement aucun de ses ‘gimmicks’ habituels et se montre étonnamment crédible en amoureux romantique ultime. À noter que l’acteur est dans ce film architecte de profession, comme il le sera des années plus tard dans un autre rôle emblématique : « LE REBELLE ». À ses côtés, Ann Harding est plus conventionnelle. La petite comédienne tenant son rôle à l’âge de huit ans était plus intéressante. Dans un petit rôle, on aperçoit Ida Lupino qui disparaît rapidement.

Film sur le rêve, la fuite, le pouvoir de l’imaginaire, l’amour fou et pas mal d’autres choses, « PETER IBBETSON » pourrait parfaitement être visionné en double-programme thématique avec son équivalent contemporain « INCEPTION ». Rien à voir ? Pas si sûr…

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 19:37

Au début de « RETOUR AU PARADIS », Gary Cooper fidèle à sa légende, débarque sur une île idyllique et en sauve les habitants (encore des « petites gens » !) d’un tyranneau local. IlRETURN PARADISE (1) tombe amoureux, mais incapable d’assumer sa future paternité, il s’enfuit quand sa fiancée en paréo donne naissance à sa fille et meurt en couches.

Tourné dans un TechniColor rutilant, c'est une gentille fable, qui parle de liberté, de responsabilité et même de tourisme sexuel. Le scénario coule tranquillement, sans aspérité, mais les paysages sont tellement somptueux et l’humeur si joyeuse, qu’on se laisse prendre progressivement par ce film tendre et sensuel.

Bronzé et buriné, ‘Coop’ compose un personnage attachant mais loin d’être parfait. Morgan est un aventurier endurci, un vrai solitaire qui professe la loi du « chacun pour soi » et agit en héros malgré lui. Égoïste et réfractaire, il finira pourtant par revenir sur l’île, vingt ans plus tard. On espère quelques minutes qu'il va finir par devenir lui-même un despote, mais le film ne prend pas cette route-là et s’achève par une ‘happy end’ improbable et décevante. Quand tout le monde se réconcilie, on aime bien savoir pourquoi !

Malgré son manque évident de colonne vertébrale, « RETOUR AU PARADIS » est un voyage des plus plaisants et une ode naïve et apaisante sur le pardon et l’existence d’un paradis sur terre.

Râlons pour le principe devant l'édition zone 2 qui nous offre une image tout à fait correcte et aucun autre choix que la v.f. C'EST MAL !!!

RETURN PARADISE

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 17:48

FIGHTING CARAVANS (1)Clint Eastwood avait un an, quand « L’ATTAQUE DE LA CARAVANE » est sorti dans les salles de cinéma. Et Gary Cooper devait devenir son acteur préféré et son modèle. Pourquoi FIGHTING CARAVANScette pensée incongrue ? Peut-être parce que ‘Coop’ se prénomme ‘Clint’ dans ce film.

Ce western inspiré d'un roman de Zane Grey qui se veut à la fois comique et épique, évoque une sorte de version riquiqui de « LA PISTE DES GÉANTS » tourné l’année précédente. Il faut faire preuve de pas mal de patience et d’indulgence, pour supporter le son inaudible, la BO omniprésente, les numéros de cabotinage soûlants des deux vieux trappeurs et la mollesse générale du scénario. Le film déroule un véritable catalogue de clichés dont seule se sort à peu près Lili Damita, dans un rôle d’émigrée française partant toute seule vers l'Ouest, bravant tous les dangers. Elle tombera évidemment amoureuse du scout Cooper. Celui-ci vaut vraiment le coup d’œil dans ce film : grand couillon immature, à l’interminableFIGHTING CARAVANS (2) silhouette efflanquée, il ressemble à un cowboy de Tex Avery et joue les benêts avec une certaine grâce naturelle. Mais le rôle n’est pas suffisamment développé pour faire impression et il a du mal à exister face à ses envahissants ‘sidekicks’ qui le couvent tels des mères abusives. À trente ans, Cooper joue un personnage plus jeune que lui et s’en sort par des mimiques naïves et un sourire blagueur de gamin grandi trop vite. Parmi les héroïques pionniers, on reconnaît la fordienne Jane Darwell dans quelques séquences.

« L’ATTAQUE DE LA CARAVANE » ne présente d’intérêt qu’historique. Sa facture est tellement désuète qu’on croirait parfois voir s’animer des daguerréotypes du 19ème siècle. Concernant Cooper, c'est un film qui permet d’évaluer le chemin parcouru en vingt ans, entre ce ‘Clint’ juvénile et le shérif usé du « TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS ».

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 19:09

REAL GLORY (1)On ne change pas une équipe qui gagne. Partant de ce principe, Henry Hathaway retrouve Gary Cooper quatre ans après son chef-d’œuvre « LES TROIS LANCIERS DU BENGALE »,REAL GLORY (3) pour une transposition de la même histoire (ou presque) REAL GLORY (2)resituée dans les Philippines. Ce qui n’empêche d'ailleurs pas d’utiliser le même stratagème pour effrayer les méchants indigènes : les enterrer dans une peau de cochon ! On ne change pas non plus une recette qui marche…

« LA GLORIEUSE AVENTURE » ne retrouve jamais la candeur, la grandeur et les bouffées d’enthousiasme qui portaient le précédent opus, mais fonctionne bien par intermittence et offre à ‘Coop’ un rôle bien dans ses cordes de défenseur des « petites gens » (les ‘filipinos’ cette fois) face à l’oppression et à l’obscurantisme. Mi-soldat mi-médecin, il fait le coup de feu avec son panache habituel, mais trouve le temps d’enfiler sa blouse blanche, d’effectuer desREAL GLORY recherches de vaccins et même de séduire la jeune première. Sacré ‘Coop’ ! À ses côtés, jouant les autres « lanciers des Phillipines », David Niven égal à lui-même et un tout jeune Broderick Crawford en sergent amoureux des orchidées. Vladimir Sokoloff est particulièrement infâme en traître infiltré.

Bon, à voir avec les yeux d’aujourd'hui, cela peut sembler quelque peu raciste et paternaliste, mais pour l’époque, « LA GLORIEUSE AVENTURE » est une jolie réussite, truffée de belles séquences d’action, de batailles parfaitement réglées et de personnages bien dessinés. Son seul vrai tort est d’arriver après son aîné du Bengale…

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 09:35

GENERAL AUBE (2)« LE GÉNÉRAL EST MORT À L’AUBE » est un des plus curieux films qu’ait tourné Gary Cooper dans son âge d’or. D’abord parce que dès la première séquence, il semble signé Josef Von Sternberg, jusqu'au style de la photo, ensuite parce que tout ou presque, se GENERAL AUBE (1)déroule en intérieurs confinés : wagons, cave, chambres d’hôtel, cabines de jonques, etc. et se résume à des échanges dialogués à double-sens, des coups de théâtre frisant le vaudeville.

Dans les meilleurs moments, on se croirait dans une BD d’Hugo Pratt, les décors « chinois » sont aussi artificiels que jolis à regarder et Lewis Milestone filme au plus près des visages de ses comédiens, composant de magnifiques gros-plans dignes des studios Harcourt.

Maintenant, dire que tout cela est palpitant serait exagéré ! Une fois les enjeux posés, on s’ennuie ferme. Le scénario (signé Clifford Odets) ellipse complètement la rencontre des deux protagonistes, ce qui est assezGENERAL AUBE culotté, mais finalement frustrant et dérangeant : on dirait qu'il manque une bobine ! Gary Cooper, vêtu en gravure de mode, est un séduisant aventurier, une version légère de son héros de « POUR QUI SONNE LE GLAS » : le yankee venu aider un peuple lointain à combattre l’oppression. Autrement dit, ‘Coop’ reste fidèle à son image de défenseur des « petites gens ». Il assure le minimum syndical, même s’il paraît s’amuser beaucoup avec son ami singe appelé ‘Sam’. Actrice très oubliée aujourd'hui, Madeleine Carroll est intrigante en femme fatale dépressive, une sorte de version languide de Marlène Dietrich. Son duo avec ‘Coop’ fonctionne très bien. Mais c'est le cabotin Akim Tamiroff qui se taille la part du lion dans le rôle du général chinois Yang. Atrocement maquillé, adipeux et mégalo, il tire éhontément la couverture à lui dans un rôle caricatural et envahissant. Il se débrouille même pour agoniser pendant des heures !

Il faut donc une bonne dose de curiosité, d’affection pour Cooper et surtout de patience, pour voir jusqu'au bout « LE GÉNÉRAL EST MORT À L’AUBE », avec sa Chine de carton-pâte, ses Chinois de pacotille et ses deux stars qui semblent un peu perdues. Peut-être qu’avec le vrai Von Sternberg, la magie aurait pu opérer… Là, c'est un « à la manière de… » franchement pas très passionnant. 

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 12:14

DEEDS (2)« L’EXTRAVAGANT M. DEEDS » fait partie des rares vrais classiques américains, dont l’impact n’a jamais faibli. Œuvre engendrée par la Grande Crise, fable avec le cœur à gauche, utopie christique, comédie pas si naïve qu'elle n’en a l’air, ce film de Frank CapraDEEDS étonne aujourd'hui par le ton ‘hard boiled’ choisi par l’auteur, là où beaucoup auraient opté pour la guimauve sentimentale. Les personnages de Capra sont durs à cuire, pas forcément sympathiques, ils ont appris à se protéger. Même ‘Longfellow’ Deeds, le gentil provincial joueur de tuba, n’est pas un cliché sur pattes : il ne se laisse pas manœuvrer facilement, fait souvent le coup de poing et lors de son procès, révèle des trésors d’éloquence et de manipulation.

D’une crise à l’autre, le film – assez désuet dans sa forme – peut parfaitement avoir de vrais échos aujourd'hui et le personnage joué par Gary Cooper ressemble à cet « homme providentiel », ce messie moderne dont le monde à besoin, mais qu’on ne trouve que dans les (vieux) films hollywoodiens. Comme dans « L'HOMME DE LA RUE » de la même équipe, Capra n’épargne pas les médias, brosse un portrait répugnant des nantis et ne porte un regard chaleureux que sur cette foule de « petites gens » qui ont une fois encore, choisi Cooper comme porte-parole et sauveur.

Dans un casting impeccable, Jean Arthur est parfaite en opportuniste, progressivement DEEDS (1)gagnée par de vieilles valeurs oubliées et on reconnaît un tout jeune Lionel Stander, futur pilier du ‘spaghetti western’ en attaché de presse roublard.

Intéressant de voir à quel point John Wayne symbolisa une certaine Amérique jusqu'à l’incarner totalement. Et à quel point Gary Cooper symbolisa une tout autre Amérique, aussi peu réaliste, mais entièrement opposée dans son discours et ses objectifs. Un contraste qu’on retrouvera dans les scénarios si proches et si différents du « TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » et « RIO BRAVO ».

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