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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 17:46

CASANOVA (2)Soyons clair : « CASANOVA LE PETIT » n’existe que pour, par et à travers Gary Cooper. Sans lui, le film n’aurait aucune raison d’être et chaque réplique, chaque situation semble avoir été inventée pour lui.

Casanova Brown, c'est le M. Deeds de Capra avec quelques années de plus et un altruisme très émoussé. Un grand benêt séduisant malgré lui, au caractère bien trempé, mais ayant leCASANOVA chic pour se mettre dans des imbroglios inextricables, la plupart du temps dû à des jeunes femmes énamourées.

Le scénario de Nunnally Johnson est extrêmement bien construit en vaudeville, le dialogue est pétillant et le tout est charmant sans jamais être « mignon ». Cooper se retrouve quasiment bigame, père sans le savoir et bientôt pratiquement maman idéale, sans jamais rien maîtriser, jamais rien vouloir. Il faut avoir vu cet enchaînement de séquences inouï où, embêté parce qu'il fume dans une maison sans cendrier, il met littéralement le feu à l’endroit ! C'est du très grand ‘Coop’ à l’état brut. Peu de comédiens arriveraient à en faire autant dans un simple plan large sans dialogue. Le dernier tiers du film le montrant enfermé dans sa chambre d’hôtel avec le bébé qu'il a « kidnappé » et dont il s’occupe comme s’il s’agissait d’un produit inflammable hautement instable, est un délice. À ses côtés, les personnages secondaires comme la femme de ménage de l’hôtel ou le liftier sont formidables, Frank Morgan est irrésistible en vieux ronchon avaricieux. Seule la larmoyante Teresa Wright semble appartenir à un autre univers. Heureusement, on la voit peu.

« CASANOVA LE PETIT » (encore un titre français à pleurer) est un opus méconnu de la filmo éclectique du grand ‘Coop’ et un régal absolu qu'il est urgent de redécouvrir. Pourquoi est-il si rare en DVD ?

Notons pour donner un autre son de cloche, que le film est totalement descendu en flammes dans la bio de Cooper signée Jeffrey Meyers, qui trouve le scénario nul et le film atrocement mal réalisé. Les goûts et les couleurs... 

CASANOVA (1)

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 23:06

LOI DU SEIGNEUR (1)À quoi peut bien tenir le charme persistant de « LA LOI DU SEIGNEUR » ? Un film qui en toute logique devrait irriter, exaspérer même, à cause d’une ambiance à la « PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE », d'une musique de chœurs qui renvoie à ce qu'il y a de plus LOI DU SEIGNEURsirupeux chez Disney et d'un discours pas très clair sur la non-violence.

Il y a fort à parier que si ce film garde un tel attrait aujourd'hui, il le doit en grande partie à la présence de Gary Cooper. C'est indéniablement un de ses rôles les plus sympathiques et il y déploie sans aucun complexe sa vieille panoplie de mimiquesLOI DU SEIGNEUR (2) embarrassées, de gestes ébauchés, de sourires en coin avec un métier achevé. Alors qu'il était lui-même marié à une Quaker dans « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » tourné cinq ans plus tôt, ‘Coop’ se retrouve ici confronté au même dilemme : que faire quand on a fait serment de ne jamais avoir recours à la violence, lorsqu’on vous attaque ? Le scénario étant en grande partie tourné vers la comédie familiale, les enjeux ne vont pas très loin. Il suffit d’un balai pour chasser des pillards affamés et si quelques seconds rôles trouvent la mort, toute la famille s’en sort avec des égratignures. Même l’oie !

« LA LOI DU SEIGNEUR » est un film sur lequel il est facile d’ironiser. Mais force est de LOI DU SEIGNEUR (3)reconnaître qu'il fonctionne toujours, malgré ses redondances et une certaine lourdeur. La mise en scène de William Wyler est comme toujours d’une rigueur irrépro-chable. D'ailleurs, il aligne quelques courses de carrioles qui pourraient annoncer le morceau de bravoure de « BEN-HUR » qu'il tourna deux ans plus tard. Notons aussi un ton parfois égrillard plutôt inattendu avec un sujet pareil, tout particulièrement une séquence dans la ferme d’un quatuor de femmes privées d’hommes, qui frise la pantalonnade.

Dorothy McGuire a bien du mérite de se sortir d’un rôle aussi casse-pied et moralisateur, Anthony Perkins joue les ados tourmentés et Robert Middleton est excellent en voisin hilare.

Un spectacle optimiste et tranquille, qu’on jugerait certainement avec moins d’indulgence, sans la présence de Cooper, dont le timing comique est un plaisir de chaque instant.

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 07:30

DESIGN FOR LIVING (2)Lubitsch adapte une pièce de Noël Coward et signe « SÉRÉNADE À TROIS », sorte d’aïeul primesautier du « JULES ET JIM » de Truffaut qui, près de 80 ans après sa sortie,DESIGN FOR LIVING (1) surprend encore par son culot et son approche assez frontale d’une relation amoureuse à trois.

Car Miriam Hopkins, égérie d’un duo de copains artistes, couche successivement avec le peintre en herbe (Gary Cooper), le dramaturge (Fredric March) sans être mariée avec aucun des deux, et finit par épouser un riche et DESIGN FOR LIVINGennuyeux publicitaire qui lui faisait la cour depuis cinq ans. Pour le moins inhabituel en 1933 ! Le scénario est vif et spirituel, les bonnes répliques fusent dans des décors de studio délibérément théâtraux.

Le film dégouline de charme et d’insolence, à l’image des deux comédiens principaux : ‘Coop’ surtout est irrésistible en grand nigaud ombrageux au poing leste et à la rancune tenace. Un timing parfait pour la comédie de salon, qui ferait presque oublier qu'il était le roi des cowboys. Face à lui, March tout en retenue et en ironie, ne se laisse pas écraser. On aurait peut-être préféré une comédienne plus vive que Hopkins (une Carole Lombard, par exemple ou une Paulette Goddard), pour ce rôle crucial de femme libérée et à l’amoralité joyeuse. D’autant plus qu’on garde en mémoire le duo qu'elle formait déjà avec March deux ans plus tôt dans « DOCTEUR JEKYLL ET MR HYDE », où elle jouait la prostituée martyre et lui le criminelDESIGN FOR LIVING (3) simiesque. Difficile de ne pas y penser quand on les voit ensemble !

« SÉRÉNADE À TROIS » est un plaisir de chaque seconde, désuet dans sa forme mais nullement dans son fond. Le film déborde de joie de vivre et traite finement d’un thème qui aurait pu être grivois en d’autres mains. C'est indéniablement une des plus belles réussites de Cooper dans le domaine de la comédie, car il semble toujours fermement dirigé.

À noter que lors de leur première rencontre dans le wagon, March, Hopkins et Cooper s’expriment dans un excellent Français (en roulant même les ‘r’ !). Car oui, comme de nombreuses comédies libertines hollywoodiennes, « SÉRÉNADE À TROIS » se passe en grande partie à Paris ! La ville aux mœurs légères comme le veut la légende, ce qui aidait probablement à mieux faire passer certains sujets, à l’époque…

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 18:22

SARATOGA (1)« L’INTRIGANTE DE SARATOGA » est un drôle de pot-pourri, commençant comme un gros mélodrame, évoluant en comédie coquine et se transformant subitement en film d’action autour d’une guerre entre propriétaires de lignes de chemins de fer. Difficile de s’y retrouver et de comprendre exactement où voulaient en venir les auteurs.SARATOGA

Reconstitué peu après « POUR QUI SONNE LE GLAS », le couple Ingrid Bergman-Gary Cooper n’est pas utilisé à son plein potentiel. C'est un véhicule pour la belle comédienne suédoise, sans aucun doute. En aventurière venue de France pour venger sa mère déshonorée à New Orleans, elle atterrit à Saratoga, une sorte de ville de cure, et décide d’épouser un milliardaire. Mais elle tombe amoureuse d’un beau Texan sans le sou. Bergman s’amuse beaucoup : friponne, hystérique, naïve, fielleuse, elle passe par tous les états et traîne derrière elle une servante noire (jouée par l’Anglaise tout ce qu'il y a de blanche Flora Robson, sous un maquillage grossier) et un nain sautillant, insupportable de cabotinage.

‘Coop’ lui, ne se fatigue pas énormément. Avec son beau chapeau blanc, ses longues jambes et son sourire entendu, il campe une espèce de sous-Rhett Butler et s’efface derrière sa partenaire qui fond littéralement dès qu'elle le croise. Utilisé en sex symbol, l’acteur traverse le film avec ironie et s’offre le luxe d’une dernière scène où il déploie toute sa panoplie de mimiques coopériennes et de battements de cils. Délectable !

Malgré ses magnifiques décors de studio, son couple de stars au sommet de leur séduction et quelques moments réussis, « L’INTRIGANTE DE SARATOGA » ne va nulle part et pâtit d’un scénario mal construit qui piétine pendant une bonne heure. Dommage…

SARATOGA (2)

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 17:44

BRIGHT LEAFGénéralement, l’enjeu des westerns se résume à l’or, les terres, la vengeance et parfois la femme. Ici, comme l’indique le titre français, c'est le tabac.

En effet « LE ROI DU TABAC » nous fait assister à la naissance (industrielle) de cette merveilleuse invention qu’est la cigarette. Et qui en est responsable ? Gary Cooper ! Ancien fermier éjecté par un magnat tout-puissant du cigare, ‘Coop’ revient des années plus tard dansBRIGHT LEAF (1) sa ville natale du Sud pour prendre sa revanche. En quelques mois, il supplante tout le monde, devient à son tour tout-puissant, épouse la fille de son ennemi et… se mue en un salopard de capitaliste sans âme, sans cœur et sans amis !

C'est bien l’originalité de ce mélodrame un peu trop bavard et statique : l’argent non seulement ne fait pas le bonheur, mais transforme un type bien comme Cooper en machine à fric arrogante qui détruit tout autour de lui. Preuve s’il en fallait qu’à l’approche de la cinquantaine, l’acteur n’a pas eu peur de varier ses emplois et de délaisser son image de benêt naïf et attachant, pour en dévoiler le « côté sombre ». Obsédé par la revanche sociale, Brent Royle ignore et exploite une gentille maquerelle folle-dingue de lui (Lauren Bacall), pour courir derrière une héritière caractérielle et vipérine. Leurs relations sado-maso renvoient instantanément à celle que Cooper entretenait avec la même Patricia Neal dans « LE REBELLE », tourné deux ans plus tôt. Et leurs face à faces sont d’une maturité d’écriture et d’un culot très surprenants vu l’âge du film. Parmi les excellents seconds rôles, Jack Carson sort nettement du rang en bon copain fidèle mais lucide.

BRIGHT LEAF (2)

Michael Curtiz sait raconter une histoire, nul doute là-dessus et « LE ROI DU TABAC » contient quelques séquences épatantes comme la vente aux enchères, l’incendie de ‘Bright Leaf’ ou l’affrontement au saloon entre Royle et son vieil ennemi qui le défie en duel. Mais le scénario patauge trop souvent, accumule les scènes dialoguées et n’offre guère de rédemption à ses personnages.

Quoiqu’il en soit, c'est un film qui mérite d’être vu, car c'est probablement le personnage le plus antipathique et déplaisant qu’ait jamais incarné ‘Coop’, un comédien décidément bien surprenant…

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 16:47

HIGH NOON (2)Se faire tabasser, ça fait mal et ça laisse de vilains hématomes. Frapper quelqu’un, ça abime les phalanges. Abattre tout seul quatre tueurs armés jusqu'aux dents, ça fait peur parce que c'est quasiment impossible. Des vérités premières, des banalités, que « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » tient à rappeler au fan de western.

Car ce qui frappe surtout en revoyant ce classique incontournable, c'est cette détermination insistante à imposer le réalisme, voire la réalité, dans un univers factice créé par Hollywood où tout est généralement beaucoup plus simple. HIGH NOON

Pourquoi Will Kane a-t-il si peur de voir débarquer ces quatre hors-la-loi décidés à avoir sa peau, alors que dans n'importe quel film de série B, John Wayne les aurait descendus sans ciller et sans même avoir besoin de recharger son colt ? Pourquoi toute la ville l’abandonne-t-elle alors qu'elle l’aimait tant au début du film ? Tout simplement parce que « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » ne cherche pas à idéaliser l'homme de l'Ouest, mais préfère appuyer où ça fait mal : dans la lâcheté quotidienne, la mesquinerie, la couardise, l’ingratitude. Quelle stupeur que de voir Gary Cooper, héros infaillible par excellence, passer le film à suer de trouille, à demander de l’aide à des gens qui lui tournent le dos ou se moquent de lui, à rédiger son testament, là où un Clint Eastwood se serait contenté d’allumer un cigarillo sans même regarder sa montre.

Le film est un modèle de réalisation « storyboardée », aux cadrages sophistiqués, un maître-étalon du montage moderne qui parvient à recréer un « temps réel » par mille artifices. La tension ne fait que monter alors que Will Kane ne fait que descendre dans son enfer personnel. Et cet enfer, c'est bien sûr les autres. Sa femme à peine épousée, déjà prête à l’abandonner, son modèle l’ex-shérif Lon Chaney, Jr. qui ne lève même pas les fesses de son fauteuil pour l’aider, Lloyd Bridges son adjoint jaloux et haineux qui ne rêve que de le voir flancher pour mieux exister lui-même. Personne n’est épargné. Les seuls prêts à aider sont l’ivrogne (borgne) du village et un pré-ado agité. Gentils mais inutiles.

À la fin de son parcours, alors qu'il avait tant de mal à se séparer de son étoile dans sa première scène, Kane la jettera avec dégoût dans la grand-rue avant de partir enfin, meurtri, écœuré, amer.

HIGH NOON (1)

On sait que ‘Duke’ Wayne haïssait ce film qu'il jugeait anti-Américain. Et il est vrai qu’en plein McCarthisme, le scénario pouvait aisément être lu à plusieurs niveaux. Il tourna d'ailleurs « RIO BRAVO » en réponse au film de Zinnemann.

Cooper d’une sobriété presque minérale, maigre, ridé, consumé par l’angoisse domine un très beau casting : Grace Kelly et Katy Jurado, deux facettes de la femme de l'Ouest, la Quaker virginale et la femme de mauvaise vie courageuse. Dans sa première apparition à HNOON3l’écran, Lee Van Cleef dans un rôle muet, annonce étonnamment toute sa carrière à venir : tueur aux yeux de rapace, il attend le train en soufflant dans un harmonica !

Le film n’est pas exempt de défauts : la chanson de Tex Ritter agace souvent, comme l’utilisation de la musique, plus crispante qu’angoissante. Et l’arrivée du ‘bad guy’ par le train de midi est quelque peu décevante. Ce n’était donc que ça, Frank Miller ? Mais ces broutilles mises à part, le film a extraordinairement peu vieilli, quand on pense qu'il atteint les soixante ans.

À noter pour l’anecdote que Lloyd Bridges, le père de Jeff, avait vingt ans de moins que son fils quand celui-ci jouera « TRUE GRIT » en 2010. Vertigineux !

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 08:09

ALICEJoseph L. Mankiewicz adaptant l’œuvre de Lewis Carroll. On se dit que la rencontre risque d’être détonante. Elle eut lieu dans les années 30 pour « ALICE AU PAYS DES MERVEILLES », film longtemps invisible qui ressortit récemment des voûtes de la Paramount, profitant du film de Tim Burton.

Hélas ! Pas de divine surprise. Mais une profonde perplexité à la vue d’un film bizarrement (dé)construit en une succession de petits sketches en apesanteur, de masques hideux et de numéros de cabotinage hors-contrôle. Et que dire d’Alice elle-même ? Qui n’a vraiment pas l’air d’avoir douze ans. Et ce, depuis bien longtemps !  (sept ans, pour être précis). Il y avait de l’idée pourtant, même dans les F/X bricolés et rudimentaires, mais il se dégage de ce film une monotonie, une poésie trafiquée qui lassent vite l’attention la plus indulgente.

La plupart des vedettes invitées (souvent méconnaissables) sont oubliées aujourd'hui, hormis W.C. Fields dans un rôle d’œuf râleur, Cary Grant en simili-tortue chantante, enterré sous un costume monstrueux. Seul Gary Cooper crée une jolie surprise vers la fin, dans un rôle de chevalier blanc maladroit, qui ne cesse de tomber de son cheval. Malgré le faux-nez, la moustache, le crâne chauve, on reconnaît immédiatement les battements de cils et les maniérismes de ‘Coop’, le seul à laisser un souvenir amusant.

En tant que pièce de musée, cette version des aventures d’Alice vaut peut-être un coup d’œil curieux. En tant que moment de distraction et d’émerveillement, c'est beaucoup moins sûr.

ALICE (1)

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 17:38

MARCO POLO (2)Marco Polo ressemblait à Gary Cooper. Il vivait dans un Venise en carton-pâte et partit pour la Chine reconstituée dans les studios MGM. À peine arrivé, il découvrit les ‘spaguètes’ (ancêtres des spaghettis) et la poudre à canon et apprit le ‘french kiss’ à la fille de l’empereur de Chine jouée par une actrice prénommée Sigrid dûment grimée. Ce qui n’a rien d’étonnant vu que Chinois, Italiens, Mongols et Arabes parlaient tous un Anglais châtié et n’avaientMARCO POLO apparemment nul besoin d’interprète.

Ceci pour dire qu'il ne faut pas prendre « LES AVENTURES DE MARCO POLO » pour ce qu'il n’est pas : c'est à dire un film sérieux et documenté sur l’épopée de l’explorateur italien. Surtout pas ! Ceci mis à part, c'est un film absolument charmant, d’une ringardise de chaque seconde, parfois même assez coquin. Ainsi l’épisode montrant Marco servant de ‘sex toy’ à la femme d’un gros barbare, pendant que celui-ci s’encanaille avec une servante. Osé !

C'est un film enjoué et idiot, qu’on suit avec un constant sourire aux lèvres. ‘Coop’ coopérise à plein régime dans ce rôle taillé sur mesure de bellâtre beau-parleur et téméraire, flanqué d’un sidekick comique, le nabot Ernest Truex qui se vautre dans la grosse comédie sans complexe. Le méchant (arabe !) est campé par le seul et unique Basil Rathbone, qui jette ses prisonniers à des vautours affamés quand ce n’est pas directement dans une fosse aux lions. Vraiment incorrigible, ce Basil… Dans des petits rôles, on aperçoit une jeune Lana Turner à peine reconnaissable et l’inénarrable Ward Bond en garde mongol.

MARCO POLO (1)

On dit que John Ford signa anonymement quelques séquences du film. Les batailles de la fin, peut-être ? Toujours est-il que ce monument de kitscherie est un petit régal de gourmet, à déguster en connaisseur.

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 18:34

LAME NUE (1)Il n’y aurait aucune raison de consacrer plus de quelques lignes à « LA LAME NUE », petit LAME NUEsuspense briton du début des sixties, s’il n’avait été le dernier film tourné par Gary Cooper.

Curieux d'ailleurs, que ce symbole de l’Amérique victorieuse ait achevé sa longue carrière en apparaissant dans deux films anglais réalisés par le même Michael Anderson. Autant « CARGAISON DANGEREUSE » demeure intéressant aujourd'hui, autant celui-ci paraît poussif et tiré par les cheveux, malgré la signature duLAME NUE (2) scénariste de « PSYCHOSE ». Car outre un scénario rudimentaire et truffé d’invraisemblances, d’ellipses narrativement malhonnêtes, « LA LAME NUE » est filmé avec de gros sabots : chaque effet est surligné par une musique tonitruante, des gros-plans en contreplongée, des fondus-enchaînés tirés en négatif. Bref, tout un folklore « hitchcockien » en diable, sans la patte du maître.

‘Coop’, malgré l’émotion à le revoir pour un ultime tour de piste, est une grossière erreur LAME NUE (3)de casting. Alors qu’on est censé le soupçonner pendant tout le film d’être un assassin, il est impossible d’y croire un instant. Comment l’acteur le moins ambigu du monde pourrait-il jouer l’ambiguïté ? À cause de cette goutte de sueur qui coule le long de sa tempe ? Il n’en faut pas beaucoup plus à Deborah Kerr pour s’imaginer que son cher époux est un meurtrier. Véritable héroïne du film, celle-ci déambule dans Londres en roulant des yeux effrayés, dans un rôle mal écrit. Parmi les seconds rôles : Diane Cilento (alors Mrs Sean Connery) en épouse d’un homme condamné à tort, Ray McAnally et un jeune Peter Cushing en avocat à perruque de laine.

« LA LAME NUE » ne laissera donc pas de grand souvenir, pas même un dénouement grand-guignolesque qui a probablement influencé celui, resté célèbre de « LIAISON FATALE », rasoir et baignoire inclus.

Adios, ‘Coop’ !

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 16:14

AGENT 13« L’AGENT N°13 » se voudrait un mélo d’espionnage situé pendant la guerre de sécession, il se voudrait aussi une love story entre une actrice de music hall devenueAGENT 13 (2) AGENT 13 (1)espionne nordiste et un officier sudiste. Commencé par Raoul Walsh et achevé par un réalisateur moins prestigieux, c'est en fait et rigoureusement… n'importe quoi.

Pendant la première moitié, Marion Davies est grimée en Créole et imite l’accent des esclaves noires du vieux Sud en roulant des yeux ahuris. C'est grossier et terriblement raciste (« Une fille de couleur avec rien dans le crâne, à part les hommes », la décrit un Gary Cooper grugé). Pendant cette partie, l’action est caviardée de chansons d’un quatuor de chanteurs noirs qui n’ont rien à voir avec le scénario et squattent l'écran pendant trois ou quatre numéros d'affilée. Ensuite, Davies devient une « belle » du Sud, elle vit une passion enfiévrée avecAGENT 13 2 ‘Coop’ et… se met à chanter elle aussi, en faisant de la balançoire. Et puis après quelques trahisons et fusillades, la guerre est expédiée en quelques dates inscrites en surimpression et nos tourtereaux sont réunis le temps d’un fondu au noir de trois secondes. THE END !

On a peine à croire ce qu’on voit. On dirait un mauvais collage de morceaux de plusieurs films différents, tous à la gloire de la cabotine Marion Davies (célèbre pour sa liaison avec Randolph Hearst). Comme souvent, quand il n’a rien à jouer, Cooper traverse le film en voisin, l’air absent et distrait. Il n’apparaît pas énormément et remplit son contrat sans faire de vagues.

Si on veut vraiment s’efforcer de trouver des bonnes choses à dire sur « L’AGENT N°13 », disons que la photo est parfois jolie, que les scènes de bataille sont montées de façon dynamique, très moderne. Peut-être ce qu'il subsiste du passage de Walsh ? Mais c'est tout.

 

À NOTER : le film est sorti dans la collection « Warner Archives », dans une copie extrêmement abimée.

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