Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 16:42

REVENGE CREATURE (1)Tourné un an après le petit classique « L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR », « LA REVANCHE DE LA CRÉATURE » n’en est pas vraiment une sequel. Il reprend REVENGE CREATUREsimplement le « personnage » de ce monstre préhistorique mi-homme mi-poisson qu'il fait cette fois capturer par des explorateurs yankees, sur une trame faisant plus qu’évoquer celle de « KING KONG ». La belle finissant là encore, par tuer la bête.

Les mentalités ayant tout de même pas mal évolué en 60 ans, on peut tout à fait voir ce film en s’identifiant au monstre : en effet, il est traqué, dynamité et enchaîné alors qu'il n’embêtait personne dans son marais sud-américain. Il est ensuite enfermé, chaîne à la cheville dans un aquarium, puis torturé à l’aide d’une matraque électrique. Comment s’étonner qu'il finisse par s’énerver, le malheureux ? Aussi,REVENGE CREATURE (2) quand enfin il s’évade, on applaudit des deux mains. Hélas, sensible aux bikinis de la jeune première (ce qui prouve qu'il est plus homme que bête !), il n’ira pas bien loin.

C'est de la série B naïve et joyeuse, écrite avec les pieds (ce dialogue !), mais pleine d’enthousiasme et de mouvement. Les séquences sous-marines sont – pour l’époque – plutôt bien tournées et le ‘gill man’, même s’il n’arrive jamais à faire oublier qu'il est un figurant en costume de caoutchouc, finit par être attachant. Côté acteurs « humains », c'est moins brillant : outre Nestor Paiva jouant un vieux pêcheur et unique revenant du premier film, on a droit au fade John Agar, souvent vu chez John Ford, à la jolie Lori Nelson, au costaud John Bromfield futur héros de la série TV « U.S. MARSHAL » et – last but not least – à Clint Eastwood lui-même ! Alors novice sous contrat à l’Universal, il faisait ses débuts devant une caméra. On l’aperçoit une minute vers le début du film, jouant un laborantin travaillant pour Agar. Il s’inquiète de la disparition d’une souris et soupçonne même un chat censé être « pacifique » de l’avoir bouloté. REVENGE CREATURE (3)

Heureusement, Clint avait simplement oublié le rongeur dans la poche de sa blouse ! Bien malin alors, celui qui aurait pu prédire que six décennies plus tard, le laborantin serait toujours là et qu'il serait devenu une légende vivante…

Bref, une vieillerie sympathique et inoffensive qui confirme bien ce qu’on supputait depuis les déboires du roi Kong : quand on est une bestiole préhistorique, unique survivante de son espèce, on évite de se faire choper par des humains. C'était la morale du jour. Tenez-vous le pour dit.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 18:32

« WWW » doit des excuses à Clint. Clint Eastwood, bien sûr. On se connaît depuis tellement longtemps, qu’on peut bien être un peu familier ! On l’a découvert dans « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND », puis année après année, décennie après décennie, on ne l’a plus perdu de vue. Y a-t-il un seul film de ou avec Eastwood qu’on ait loupé ? Aucun. Pas un seul ! On a même visionné « TARANTULA » ou « BRISANTS HUMAINS » où il n’apparaît que dix secondes. C'est dire si on l’aime, Clint.

Alors voilà… On s’excuse parce que si on avait déjà eu du mal à tenir le choc de « AU-DELÀ », on n’avait jusqu'ici jamais eu le courage de regarder « INVICTUS » son opus précédent qui trônait sur une étagère depuis plus d’un an, comme un reproche, comme un remords. Après tout, c'est un Eastwood ! Ça ne peut pas être COMPLÈTEMENT nul ! Courage, Fred…

INVICTUS

Alors ? Résultat des courses ? Non, ce n’est pas nul. Pas vraiment. On dirait un bon gros téléfilm des familles, propret et bien-pensant, soigné et scolaire. Peinard, quoi. Tellement peinard, que le scénario va jusqu'à éviter les vrais conflits entre personnages. Le président Mandela ? Tout le monde l’aime et l’idolâtre. Le capitaine de l’équipe de rugby ? Un brave garçon qui bée d’admiration devant le grand homme. Ça avance à pas lents, pachydermiques, au rythme de Morgan Freeman qui n’évoque pas réellement Mandela, mais fait penser à un imitateur doué qui ne s’est pas trop foulé. Mandela est sage. Mandela est docte. Mandela a bien du courage. Viva Mandela !

Pourquoi s’excuser, me direz-vous ? Parce que pour la première fois depuis son premier rendez-vous avec le grand Clint dans une salle obscure, l’ingrat et oublieux Fred Jay Walk – honte sur lui et sur sa descendance – n’a pas eu le courage et l'abnégation de terminer « INVICTUS ». Il s’est arrêté à la moitié, exténué, tombant de sommeil, découragé. Et pire, il s’est juré qu'il ne remettrait jamais ce pensum dans son lecteur de DVD. Ce ‘post’ n’est donc pas une critique du film (il faut toujours avoir vu un film dans son entier), mais une mea culpa.

Pardon, Clint. À la prochaine…

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article
10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 10:36

CLINT TORPILLESPourquoi rigole-t-il Clint ? Parce qu’un tsunami vient d’ébranler la clintosphère depuis CLINT TORPILLES (1)quelques semaines : en effet un nouveau film s’est récemment ajouté à sa filmographie. Et pas des moindres ! En effet IMDB vient d’apprendre à ses hordes de fans du monde entier que Mr Eastwood serait apparu en ‘seaman’ (marin) dans « TORPILLES SOUS L’ATLANTIQUE », le célèbre film de sous-marin de Dick Powell tourné en 1957, avec en vedettes Robert Mitchum et Curd Jürgens.

Ainsi, le Clint aurait figuré dans ce film que tout le monde a vu et revu depuis des décennies sans que personne ne s’en soit rendu compte avant ? Le Web a bruissé de questions, de doutes, de vérifications, de polémiques…

En fait, il semblerait bien qu'il s’agisse d’une erreur venue d’un contributeur trop zélé – et probablement un peu myope – qui pense l’avoir reconnu (à la coiffure) dans deux plans du film et s’est empressé d’inscrire ce crédit. C'est un film Fox et ces années-là, Eastwood était sous contrat avec Universal et les photogrammes visibles çà et là sur Internet isolent un figurant qui n’est très manifestement pas notre ‘No Name’ préféré.

Jusqu'à preuve du contraire donc, Clint Eastwood n’apparaît PAS dans « TORPILLES SOUS L’ATLANTIQUE ».

Quelle aventure !

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article
5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 09:52

« THE BLACK SHEEP » est un curieux épisode de la quatrième saison de « RAWHIDE » dans le sens que, s’il offre un rôle évolutif et intéressant à Clint Eastwood, il nie tout ce que fut jusqu'à présent le personnage d’Eric Fleming, le chef de convoi.

Confronté à un berger (Richard Basehart) et son troupeau, Fleming laisse parler son mépris pour cette « espèce » qu'il exècre et se montre intolérant, borné voire franchement violent à la fin ! Tout l’inverse du ‘boss’ sage et réfléchi que nous a présenté la série depuis tant d’épisodes. Rowdy Yates par contre, tout aussi haineux envers les ‘sheepmen’, se voit obligé d’escorter Basehart blessé et de mener son troupeau. En chemin, les deux ennemis héréditaires finissent par s’estimer et le cowboy, que des villageois prennent pour un berger, comprend même le rejet que subissent ses concurrents. C'est à la dure qu'il va apprendre à revoir ses préjugés.

RAWHIDE basehart

Porté par le duo formé par Eastwood (qui a quelques moments de pure comédie inattendus) et l’excellent Basehart, « THE BLACK SHEEP » sous ses airs de ‘road movie’ drolatique, parle l’air de rien de racisme avec une certaine acuité. Quand Clint revient parmi les siens, il est lui-même traité avec méfiance et agressivité, uniquement parce qu'il a sympathisé avec un berger. Étonnamment lucide, cet épisode ! Mais le personnage de Gil Favor n’en sort pas grandi…

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article
10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 12:19

« INCIDENT ON THE ROAD BACK » est un très curieux épisode de la 3ème saison de « RAWHIDE ». Curieux car il démarre en grosse comédie, avec les cowboys du convoi attendant un train en souffrant d’une splendide gueule de bois. Ils ont perdu leur paie, leurs chevaux, au saloon avec des ‘girls’ et espèrent que leur boss pourra les renflouer. Après un bon quart d’heure de ce ton inhabituel, l’épisode se focalise sur l’arrestation de Gil Favor accusé d’un vol de chevaux et emprisonné par un shérif… aveugle !

RAWHIDE evans

Écrit par l’intéressant Louis Vittes (« SHOWDOWN AT BOOTHILL »), le film vaut pour son cast de ‘guests’ : en tête, l’acteur-fétiche de Sam Fuller, le râblé Gene Evans excellent dans le rôle du shérif. Jeanne Cooper joue sa femme harcelée par un ex-amant comploteur. Et parmi les petits rôles, on aperçoit Brian G. Hutton en adjoint. Le même Hutton qui, passé à la réalisation, dirigera Eastwood dans « QUAND LES AIGLES ATTAQUENT » et « DE L’OR POUR LES BRAVES ».

Clint quant à lui, est très amusant dans ses moments d’embarras et d’amnésie éthylique. À noter que son look de noceur ressemble très exactement à celui qu'il arborera dix ans plus tard au début de « JOE KIDD ». Chapeau melon compris.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article
6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 08:02

Avec son approche candide de « la vie après la mort », ses destins séparés qui finissent par se croiser, sa love story improbable, « AU-DELÀ » fait penser à du Claude Lelouch période « PARTIR, REVENIR ». Mais… c'est du Clint Eastwood ! Et hormis une photo un peu sombre et un rythme exagérément lent, il est quasi-impossible de déceler la patte duAUDELA réalisateur dans ce mélo poussif et terriblement inégal.

Pourtant le tsunami qui ouvre le film est un grand moment de cinéma et promet une œuvre ambitieuse. Mais après la première séquence londonienne elle aussi alléchante, « AU-DELÀ » s’installe dans son rythme pépère pour ne plus en sortir. Alors que le sujet, surtout traité par un (grand) cinéaste octogénaire, est porteur de questionnements profonds, le film reste délibérément en superficie, survole sans vraiment se poser, effleure sans creuser.

L’afterlife ? Quelques images déjà vues ailleurs, aux F/X banals. Tout le parcours de l’héroïne française est terriblement convenu, voire pénible : la séquence chez l’éditeur, le laïus sur Mitterrand, les scènes tournées à France Télévision (ça fait tout de suite rêver), la visite chez Marthe Keller « spécialiste » suisse de l’après-mort, tout cela est maladroit, naïf, filmé par-dessus la jambe.

Heureusement, tout ce qui concerne le personnage du médium joué par Matt Damon est plus intense et l’acteur fait preuve d’une épaisseur et d’une sobriété épatantes. Son embryon de love story avec Bryce Dallas Howard entraîne sur une fausse-piste très bien gérée. Idem pour le jeune Anglais, dont la scène dans le métro est probablement la meilleure du film.

Alors non, « AU-DELÀ » n’est pas un total ratage. Plutôt un opus insignifiant, une esquisse de scénario, une intention inaboutie (volontairement ou pas ?), qui aurait sans doute moins déçu s’il avait porté la signature d’un cinéaste de moindre envergure. Mais tel quel, le scénario ne va pas plus loin qu’un épisode de « MÉDIUM » ou « GHOST WHISPERER » et des répliques comme « Ce n’est pas un don, c'est une malédiction », sont entrées depuis longtemps dans le catalogue des clichés incontournables du genre.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article
25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 11:36

Clint Eastwood est le seul acteur à apparaître dans les cinq films constituant la saga des « DIRTY HARRY ». Quelques seconds rôles comme John Mitchum, Harry Guardino ou Bradford Dillman sont présents dans deux ou trois films. Pas plus.

HARRY popwell

Mais il est un acteur qu’on voit dans QUATRE films de la franchise : Albert Popwell. Grand acteur noir au visage intense, c'est lui qui joue le braqueur gisant sur le trottoir dans « L’INSPECTEUR HARRY », et auquel Clint fait sa grande scène de « Do you feel lucky ? » avec son Magnum .357 braqué sur la tête. Un petit rôle, mais totalement anthologique !

Popwell revient dans « MAGNUM FORCE ». Cette fois, il joue un ‘pimp’ au look extravagant abattu dans sa voiture par un motard-jusiticer. Petit rôle mais là encore, scène marquante.

HARRY popwell (1)

Dans « L’INSPECTEUR NE RENONCE JAMAIS », devenu la mascotte de la série, Albert a une bonne scène avec Clint, en incarnant un activiste injustement soupçonné de meurtre.

HARRY popwell (2)

Et enfin dans « SUDDEN IMPACT », il joue Horace King, un collègue flic d’Harry, qui lui offre… un bulldog pétomane. Pour boucler la boucle, il se retrouve une nouvelle fois du mauvais côté du .357 de Callahan.

HARRY popwell (3)

Popwell est absent de « LA DERNIÈRE CIBLE », confirmant ce qu’on pense de ce dernier opus : ce n’est pas vraiment un ‘Dirty Harry’, juste un produit dérivé !

Albert Popwell avait déjà côtoyé Eastwood dans « UN SHÉRIF À NEW YORK » et re-tourné avec Don Siegel dans « TUEZ CHARLEY VARRICK ».

Il est mort il y a douze ans, à l’âge de 72 ans.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article
22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 20:57

« GRAN TORINO » avait fait l’unanimité. Pas tant pour ses qualités intrinsèques, ni pour un scénario révolutionnaire, mais parce qu'il marquait en quelque sorte les adieux de l’acteur Clint Eastwood à son personnage-fétiche de dur à cuire macho et mal embouché qui de « l'homme sans nom » à Harry Callahan, avait fait sa gloire et sa fortune. Le final bouclait magnifiquement la boucle. Quelle belle sortie de scène…

CLINT

« INVICTUS », tout le monde l’attendait donc avec bienveillance et s'apprêtant à être conquis d’avance : Clint à la caméra et Morgan Freeman en Mandela ? Comment ne pas aimer ? Bon… La critique – même française ! – fut pour la première fois depuis bien longtemps, un peu mitigée. Positive certes, mais rarement enthousiaste et parfois même un brin condescendante. Trop long, un peu ennuyeux, trop de sport, etc. Mais enfin, c'était Clint et Clint a bien le droit de se faire plaisir de temps en temps. Pas vraiment un faux-pas (‘Malpaso’ en espagnol, nom de la production de Clint) mais pratiquement un coup pour rien.

L’indulgence et l’amour aveugle de la critique envers Eastwood, immuables depuis 25 ans, semblent être mis à rude épreuve avec son dernier opus : « AU-DELÀ ». À peu près tout le monde lui tombe dessus et on sent poindre dans l’opinion une espèce de fatigue. Si c'est pour faire un film par an, il va falloir que Clint choisisse mieux ses scénarios ou les chiade un peu plus. C'est le consensus… On sent les fidèles ébranlés dans les fondations-mêmes de leur idolâtrie. Clint serait-il saisi du même mal que Woody Allen ? Tournerait-il trop ? Tournerait-il… pour tourner ?

Voilà qu’en plein questionnement métaphysique, on nous annonce « J. EDGAR » un biopic consacré à J. Edgar Hoover avec Leonardo DiCaprio, un projet qu’on dirait piqué dans les tiroirs de Scorsese et – ça vient de tomber – un remake (un de plus) de « UNE ÉTOILE EST NÉE » avec… Beyoncé.

Où est passé Clint ?

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article
2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 18:54

PALE RIDER (1)« PALE RIDER » apparaît comme une sorte de pot-pourri de toute une mythologie westernienne classique et un condensé des tendances eastwoodiennes. Un film-somme qui clôt la première partie de la carrière de l’acteur-réalisateur, en faisant se télescoper toutes ses influences passées.

Le scénario n’est ni plus ni moins qu’un remake assez fidèle de « L'HOMME DES VALLÉES PALE RIDERPERDUES » habilement transposé dans un univers flirtant avec le fantastique mystique. L’Étranger qui arrive à Lahood, petite ville minière, ressemble à celui de « L'HOMME DES HAUTES PLAINES » avec quelques cheveux blancs en plus. Lui aussi sort de nulle part, il n’a pas de nom et semble même n’avoir pas réellement d’existence physique. Il porte un col blanc et on le surnomme ‘preacher’. À part qu'il n’a rien d’un homme d’Église. Pourquoi porte-t-il un col, dans ce cas ? Ce n’est qu’une des nombreuses questions qu’Eastwood laissera négligemment en suspens. Que dire des traces de balles anciennes qu’on retrouve dans son dos, apparemment toutes mortelles ? Que dire du « Toi ! » effaré que lâche le méchant en le reconnaissant, quand ils se retrouvent face à face dans la grand-rue ? Où se sont-ils connus ? Inutile de se creuser les méninges, nous n’en saurons pas plus. Clint est coutumier du fait.

« PALE RIDER » s’il souffre tout de même un peu de toutes ces pistes inabouties en forme de cul-de-sac, n’en demeure pas moins une œuvre plastiquement somptueuse, qui marque les adieux du « Man with no name » au cinéma. Clint bat le rappel des troupes à sa façon : le tueur engagé pour l’abattre est joué par John Russell qui s’est ouvertement fait la tête de Lee Van Cleef. Ses hommes de main portent les cache-poussières de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » (ceux-là mêmes qu’Eastwood avait refusé de porter en repoussant l'offre d’apparition clin d’œil dans le film de Leone). Quant au départ du ‘preacher’ à la fin, sous les cris de la jeune Sydney Penny, il est un hommage direct à Shane et au petit Joey.

On retrouve la sensation d’inachevé que laisse parfois « L'HOMME DES HAUTES PLAINES », mais « PALE RIDER » est plus soigné et plus frontal par rapport au surnaturel. L’Étranger apparaît en réponse aux prières d’une adolescente opprimée, il émerge du flouPALE RIDER (2) pendant qu’une voix « off » récite une prière célèbre d’où est issu le titre du film. Ce qui laisse encore plus circonspect sur la sexualité de cet ectoplasme qui couche tout de même avec la femme (Carrie Snodgress) de celui dont il est censé être le protecteur. Pourquoi ? Encore une question sans réponse…

Émacié, buriné, le visage souvent dissimulé par l’ombre de son chapeau, plus taiseux que jamais, Eastwood compose une silhouette inoubliable, le fantôme de ‘Blondin’ revenu d’entre les morts. Et qui n’a même plus la compagnie d’un Tuco pour s’arracher un sourire de temps en temps.

PALE RIDER (3)

« PALE RIDER » (exploité en France sous le titre peu connu « LE CAVALIER SOLITAIRE ») n’est au fond, après les deux premiers westerns réalisés par Eastwood qu’une étape de plus vers son western définitif : « IMPITOYABLE » où cette fois ce n’est pas lui qui sera un « spectre blême », mais la légende de l'Ouest en elle-même.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article
9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 12:36

2 MULES (2)Pendant des années, Budd Boetticher tenta de monter « SIERRA TORRIDE » avec Randolph Scott. Sans jamais y parvenir. Aussi, quand 2 MULESil découvrit en projection privée ce que Don Siegel en avait fait, il ressortit furibard de la salle et donna des interviews exprimant tout le mal qu'il pensait du résultat.

Visiblement monté pour capitaliser sur le récent succès de la trilogie italienne de Sergio Leone aux États-Unis (où les trois films étaient sortis en 1967), « SIERRA 2 MULES (1)TORRIDE » est un curieux métissage culturel. Clint Eastwood retrouve plus ou moins son look de « l'homme sans nom », mais s’appelle Hogan (pas de prénom, il ne faut pas non plus exagérer !) et s’il est toujours cynique et âpre au gain, il n’est pas insensible au charme féminin, ce qui est un progrès. Siegel a même demandé à Ennio Morricone une BO semi-humoristique pour donner un petit parfum de ‘spaghetti western’ à l’entreprise.

Tous les éléments semblaient réunis au générique de ce film, pour en faire un western dépaysant et jouissif. La trame du scénario évoque certains John Huston, la réunion d’Eastwood avec une comédienne chevronnée comme Shirley MacLaine (remplaçant Liz Taylor au pied-levé) était alors une expérience inédite et la réunion des noms de Boetticher-Siegel-Morricone avaient un je-ne-sais-quoi de magique.

Mais si « SIERRA TORRIDE » démarre très bien par un générique amusant, centré sur la faune du désert et la rencontre explosive entre Hogan et sœur Sara, tout se délite assez rapidement. Siegel laisse deviner beaucoup trop tôt la véritable identité de la nonne (tout2 MULES (3) du moins au public), laissant Hogan en rade et il dirige Eastwood de façon franchement complaisante : la séquence interminable où celui-ci blessé par flèche, laisse MacLaine l’opérer en se soûlant à mort, est un véritable film dans le film. Tout s'arrête pour permettre à Clint un numéro d’acteur – par ailleurs tout à fait convaincant – au détriment du rythme et de l’histoire. Le film a du mal à s’en remettre. L’absence quasi-totale de seconds rôles confirme cette sensation d’un « pitch » assez maigre, étiré jusqu'à plus-soif.

Reste que l’image et les extérieurs sont magnifiques, que la musique « religieuse » du grand Ennio apporte quelques bouffées de bonne humeur. Et que malgré toutes les réticences, les froncements de sourcils de Clint, ses rictus incrédules, son humour à froid seront toujours un plaisir pour le fan. Même si les films ne sont pas forcément à la hauteur.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens