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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 20:54

Devenu au fil des ans et des rééditions, un indiscutable classique du 7ème Art, « LA SOIF DU MAL » était à l’origine une sorte de concentré de série B, stylisé à l’extrême par Orson Welles, qui a complètement détourné l’intérêt du personnage principal de Vargas, le flic mexicain, pour le recentrer sur lui-même, autrement dit Quinlan, « ripou » obèse et obscène, un pied déjà dans la tombe.

Par la longueur inusité de ses plans-séquence (et pas seulement pendant le célébrissime générique-début), par le noir & blanc glorieux de Russell Metty un des plus grands directeurs photo du monde, son univers frelaté de décors de studio, les contre-plongées systématiques, « LA SOIF DU MAL » évolue dans une logique de cauchemar éveillé, à la fois envoûtant et répulsif.

Ici, tous les comédiens, le visage déformé par les courtes focales, aboient leurs répliques, qui se chevauchent constamment, rendant des échanges incompréhensibles, et les machinations de Quinlan, à la fois alambiquées et tellement simples qu'elles en deviennent absurdes, donnent au scénario une ambiance kafkaïenne.


« LA SOIF DU MAL » est un film frontalier, un film entre deux pays, entre rêve et réalité, légalité et corruption, horreur et burlesque, et la ligne de démarcation est de plus en plus floue à mesure que l’action progresse.

Gargantuesque, d’une laideur fascinante, Welles compose un personnage d’ogre de conte de fées pour adulte, la corruption incarnée. À ses côtés, Charlton Heston rame un peu pour exister, dans un rôle de Mexicain intègre, Janet Leigh se retrouve dans l’exacte situation de « PSYCHOSE », tourné deux ans plus tard : seule dans un motel au milieu de nulle part, tenu par un fou furieux. Le parallèle est vraiment troublant, et fait presque oublier dans quel film on se trouve. Mais le véritable protagoniste est finalement Joseph Calleia, le co-équipier de Quinlan, qui s’éveille in extremis à la conscience.


On peut – sans blasphémer – se montrer plus réticent devant le numéro de cabotinage pénible de Dennis Weaver, la présence flottante de Marlène Dietrich (trop ou pas assez), et le rythme général, qui à force d’étrangeté, laisse parfois percer un certain ennui.

Mais « LA SOIF DU MAL » demeure un monument. Et Russell Metty un pur génie.

 

À NOTER : le film est récemment sorti en zone 1, dans ses trois montages disponibles, dont un quasi director’s cut, effectué à partir des notes de Welles.

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