Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 13:42

10 MIDNIGHT (2)« LE JUSTICIER DE MINUIT » est un polar ‘Cannon’ calqué sur la trame de « L’INSPECTEUR HARRY », dont l’unique originalité est d’avoir fait du serial killer un… 10 MIDNIGHTnudiste convaincu ! C'est dire l’ambition de ce film voyeuriste, alignant les scènes de massacres à l’arme blanche et les plans de jolies filles dénudées totalement10 MIDNIGHT (4) superfétatoires.

Quelques mois après « UN JUSTICIER DANS LA VILLE 2 » où il apparaissait magnifiquement buriné, Charles Bronson très rajeuni, offre un visage lissé et sphérique. Ainsi ravalé, il tient le rôle du lieutenant Kessler, un flic mal embouché sur la piste du tueur qu'il va harceler jusqu'à le pousser à la faute. Si le Harry de Clint Eastwood n’était pétri que de contradictions morales, ce Kessler n’est qu’un flic brutal et déplaisant, n’hésitant pas à falsifier des preuves et déclarant à son jeune et naïf co-équipier : « Oublie ce qui est légal, et fais ce qui est juste ». 10 MIDNIGHT (1)

Il aurait fallu un scénario plus élaboré et pénétrant, pour ouvrir là un débat, car « LE JUSTICIER DE MINUIT » (bravo au passage au bête opportunisme du titre français !) est un pur nanar achevé par un montage « à effets » ridicule et inutile. Bronson s’en sort (à peu près) 10 MIDNIGHT (3)en optant pour la neutralité et en n’apparaissant qu’en pointillés, laissant le plus long temps de présence à l’image aux jeunes Andrew Stevens et Lisa Eilbacher, incarnant sa grande fille. Le tueur naturiste est campé par Gene Davis qui a bien du mérite et aurait sa place dans notre rubrique « IL EST DUR PARFOIS DE GAGNER SA VIE ». On aperçoit quelques seconds rôles sympathiques comme Wilford Brimley, Geoffrey Lewis et même la chanteuse Jeane Manson en prostituée.

Dans la dernière scène (ATTENTION : 10 MIDNIGHTsuiteSPOILER !!!), menotté par la police, le tueur crie à l’adresse de Bronson : « Je suis fou, je ne savais pas ce que je faisais ! On va me soigner et je reviendrai ! Je reviendrai ! ». Bronson lève alors son arme, vise le jeune homme : « Oh, non… Tu ne reviendras pas », dit-il en lui tirant froidement une balle en plein front.

Le message est on ne peut plus clair, la conclusion vaguement nauséabonde, mais le film est tellement mal écrit, qu'il est très difficile de le prendre au sérieux. Ce Kessler n’est qu’une transposition de Paul Kersey (analogie des patronymes) dans les rangs de la police et c'est typiquement le genre de film qui a ruiné la réputation de Bronson dans les années 80, et a commencé à lui aliéner ses fans les plus bienveillants.

Une époque…

Repost 0
22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 18:47

LOI MURPHY (1)Clairement inspiré du film de Clint Eastwood, « L’ÉPREUVE DE FORCE » (pourtant pas son chef-d’œuvre), « LA LOI DE MURPHY », encore et toujours signé de J. Lee-Thompson, LOI MURPHYest un changement de cap plutôt bienvenu dans la sombre routine de fin de carrière de Charles Bronson alors sousLOI MURPHY (2) contrat à l’année avec la firme Cannon.

Sans être un grand polar – loin de là – c'est un suspense distrayant et honnêtement mené, ce qui pour Thompson est déjà beaucoup. Il offre surtout à l’acteur de 64 ans un rôle différent de sa routine, celui de Jack Murphy un flic au bout du rouleau, cocu et alcoolique, se retrouvant la cible d’une vengeance implacable. Un changement de cap notable, vu le passé de vengeur à temps-plein de Bronson.

LOI MURPHY (3)Celui-ci n’assume pas complètement son personnage. Censé être un pochtron à l’allure négligée, Bronson est toujours vêtu de propre et rasé de près, ce qui tend à rendre son Murphy quelque peu abstrait. On l’aurait aimé plus clochardisé. On a de plus, beaucoup de mal à l’accepter en mari largué et geignard d’une strip-teaseuse. Question de look, mais aussi de 40 ans de carrière difficiles à oblitérer. Certains acteurs ne peuvent pas TOUT jouer.

Le petit « plus » est heureusement offert par la rockeuse Kathleen Wilhoite qui se retrouve enchaînée à lui et forme avec son aîné un tandem détonnant. Coiffée au pétard, ordurière, insolente, elle passe tout le film à bousculer Bronson, à l’injurier. De l’énergie spontanée deLOI MURPHY (4) la jeune comédienne, naît un humour étrangement décalé qui rajeunit l’ensemble et donne tout son sel au film, l’arrachant de temps à autres à l’ornière de la série B routinière.

La serial killeuse est également jouée par une excellente actrice, Carrie Snodgress (en qui on peine à reconnaître la pionnière de « PALE RIDER » !) et on aperçoit le vétéran Lawrence Tierney en ‘privé’ dans une séquence où il finit par avaler du plomb.

Manquant cruellement d’un budget décent ou d’un dialogue suffisamment travaillé, malgré quelques insultes gratinées, « LA LOI DE MURPHY » n’en demeure pas moins une relativement bonne surprise dans la triste filmographie de Bronson des eighties. Précisons bien : relativement !

LOI MURPHY (5) 

À NOTER : l’expression « Murphy’s law » signifie grosso-modo la loi des séries, la poisse. Mais dans la bouche de Bronson, elle se résume à ces quelques mots immortels : « Don’t fuck with Jack Murphy ! ».

Repost 0
21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 10:58

EVIL MEN DO (1)Imaginons deux minutes que Arthur Bishop, le tueur à gages, n’ait pas fini comme… il a fini (ne spoilons pas !) à la fin du « FLINGUEUR ». Qu'il ait tranquillement atteint l’âge de la EVIL MEN DOretraite et qu'il soit parti s’installer sur une île déserte pour jouir de ses vieux jours. Et qu'il en ait profité pour changer de nom (normal) pour s’appeler Holland. Sans prénom, ça fait plus Bronsonien. Car c'est bien de Charles Bronson qu'il s’agit dans « L’ENFER DE LA VIOLENCE », un des navets qu'il tourna avec J. Lee-Thompson dans les années 80. Mais pas un desEVIL MEN DO (2) pires.

Contacté par Amnesty, Holland reprend du service pour éliminer un tortionnaire d’Amérique du Sud, qui a accessoirement tué son meilleur ami. Flanqué de la veuve et de la fille de celui-ci (comme Michel Constantin dans « IL ÉTAIT UNE FOIS… UN FLIC » !), Bronson va faire ce qu'il fait le mieux : rendre sa propre justice. Le scénario est aussi bête qu'il en a l’air, le film caviardé de séquences voyeuristes inutiles (Bronson coincé sous un lit, pendant les ébats de deux lesbiennes), mais il est presque sauvé par son ambiance de film d’aventures exotiques genre « TINTIN CHEZ LES PICAROS » et un épilogue sorti tout droit d’une série B de zombies. Sans compter que les extérieurs mexicains sont très beaux, EVIL MEN DO (4)la photo est soignée et change des tristes avatars de « DEATH WISH » que l’acteur enchaînait alors.

Installé dans son mood modeste et aimable, Bronson n’assure pas moins quelques scènes surprenantes : on le voit inviter (pour le piéger, rassurez-vous !) Raymond Saint-Jacques à partouzer avec sa femme en lui caressant la main (décidément, c'est peut-être bien Bishop, jusque dans son ambiguïté !) ou saisir à pleine main l’entrejambe d’un colosse trop collant, qu'il tord jusqu'à l’évanouissement. Sans compter que – toujours comme Bishop – il est capable de lire sur les lèvres. Clin d’œil volontaire ? À voir…

 « L’ENFER DE LA VIOLENCE » c'est de la pure BD de gare, un brin sadique, vaguement sexy. On a même droit à un embryon de love story entre le flingueur vieillissant et la veuve traumatisée. Cela se laisse donc regarder, avec même çà et là de bons moments, comme ce duel dans une cantina surchauffée entre Bronson et deux ripoux de la CIA qu'il dégomme sans autre forme de procès.

Dans un cast de seconds rôles rapidement brossés, on reconnaît le vétéran José Ferrer et surtout Joseph Maher haïssable à souhait dans le rôle du bourreau adipeux.

EVIL MEN DO (3)

Repost 0
9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 11:21

CHICANOS (1)L’oubli total dans lequel a sombré « CHICANOS : CHASSEUR DE TÊTES », vient très certainement de son catastrophique titre français, bêtement rentre-dedans et série Z, alors que « BORDERLINE » est un film plutôt sérieux et quasi-documentaire dans sa façon d’aborder le problème des clandestins mexicains traversant illégalement la frontière.

Refusant volontairement tout spectaculaire, toute schématisation ou héroïsme bidon, « BORDERLINE » se concentre sur le travail quotidien d’une équipe de flics frontaliers menés par Charles Bronson, que le réalisateur à « débronsonisé » au maximum. Les yeux dissimulés par les larges bords de son chapeau, l’air constamment fatigué, Bronson joue un homme simple, usé par l’ampleur de sa tâche, mais encore capable deCHICANOS compassion. On ne saura rien de la personnalité de ce Jeb Maynard hormis dans le cadre de son job et c'est tout à l’honneur de l’acteur de s’être ainsi fondu dans le cast d’ensemble sans jamais tirer la couverture à lui. Curieusement Jack Nicholson aura à peu près la même démarche dans « POLICE FRONTIÈRE » un film de cette période traitant exactement du même thème. Alors que le meilleur ami de Jeb a été abattu, la vengeance ne sera jamais la motivation première de ce fonctionnaire obstiné mais respectant les règles et les lois.

Dépouillé, filmé « à l’arrache » sans artifice hollywoodien, « BORDERLINE » est une honorable tentative. Bien sûr, l’amateur de polars ‘hard boiled’ et le fan de Bronson en ‘vigilante’ seront cruellement déçus par la platitude (en partie volontaire) du film et la rareté de ses scènes d’action. Il se consolera par contre avec une distribution brillante composée de vétérans croustillants comme Michael Lerner, Bert Remsen ou Wilford Brimley, côtoyant des quasi-débutants comme Bruno Kirby et un jeune Ed Harris inquiétant à souhait en ‘coyote’, un passeur implacable à la gâchette sensible.

« BORDERLINE » est un film mineur mais nullement inintéressant que Bronson traverse avec humilité, de façon presque « oblique ».

CHICANOS (2)

  À NOTER : le film est inédit en zone 1, mais il est trouvable en Angleterre dans une copie correcte mais recadrée en 1.33 :1. Il est sorti en France dans une copie encore moins convaincante, au format respecté mais en 4/3. Un jour, peut-être…

Repost 0
22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 08:11

ACT OF VENGEANCEAu beau milieu de sa période ‘Cannon’, alors qu'il enchaînait les nanars policiers sans plus chercher plus loin que le bout de son chèque, Charles Bronson alors âgé de 64 ans, annonce subitement son retour à la TV pour un film intitulé « ACT OF VENGEANCE ». Titre trompeur s’il en fut, et induisant une énième histoire de vigilante, alors qu'il s’agit en ACT OF VENGEANCE (2)fait de la reconstitution des derniers mois de la vie de Jock Yablonski, syndicaliste des mineurs de Pennsylvanie, assassiné en 1969 en même temps que sa femme et sa fille. Un homme que Bronson – ex-mineur lui-même – admirait depuis des années.

Le scénario fut longtemps un projet de William Friedkin pour le cinéma, mais c'est finalement l’anglais John Mackenzie (« DU SANG SUR LA TAMISE ») qui tourna le téléfilm. Le premier rôle « normal » de Bronson depuis un bon moment, qui pour marquer le coup, rasa sa moustache-accessoire, coupa ses cheveux et endossa un rôle de brave et honnête homme qui finira écrabouillé par la machine de corruption dont il fut un rouage inconscient.

Sujet intéressant, cast de premier ordre, star à contremploi, tout semblait réuni pour un film de qualité. « ACT OF VENGEANCE » ne se hisse pourtant jamais au-dessus de sa condition de biopic scolaire, par la faute d’un scénario bancalACT OF VENGEANCE (1) qui s’attarde de façon anormale sur les tueurs ringards et leurs préparatifs ridicules (l’un d’eux tire accidentellement sur sa fiancée, en jouant avec son flingue !), au lieu de développer la personnalité de Jock. Résultat : Bronson apparaît étonnamment peu dans le montage final et c'est d’autant plus regrettable qu'il offre une prestation inattendue et émouvante, annonçant son travail dans « INDIAN RUNNER ». Il forme un couple crédible et touchant avec Ellen Burstyn et affronte en quelques face à faces virils l’imposant Wilford Brimley jouant le pourri en chef. La jeune Ellen Barkin apparaît en allumeuse pousse-au-crime et – surprise – c'est Keanu Reeves qui finit par tuer Bronson dans son lit !

« ACT OF VENGEANCE » sortit en salles en France, avec une affiche trompeuse et un slogan va-t-en-guerre, mais il demeure inédit en DVD. Il serait pourtant intéressant de le revoir aujourd'hui.

Repost 0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 12:18

TWO twilight zone (1)Bien avant « LA ROUTE » et « LE LIVRE D’ELI », la série TV « THE TWILIGHT ZONE » avait pris pour décor la Terre au lendemain d’une apocalypse atomique. L’épisode « TWO » dure 26 minutes, il a été tourné dans les décors de Hal Roach, promis à la démolition, et ne comprend que deux personnages : un soldat américain (ou tout au moins assimilé comme tel malgré un uniforme étrange) et une combattante russe (le seul mot qu'elle prononce signifie ‘joli’ dans la langue du Dr. Jivago).

Uniques survivants d’un conflit dont on ne sait rien, ils errent dans une ville dévastée, se croisent, s’affrontent, se tolèrent. Alors qu'ils arrivent à presque s’entendre, l’endoctrinement de la fille est si profondément ancré, qu'elle tire sur l'homme. Celui-ci s'éloigne d'elle, mais c'est finalement la jeune femme qui reviendra, portant une robe qu'il lui avait offert. Prêts à devenir – comme le dit Rod Serling lui-même dans la conclusion – de nouveaux Adam et Ève ?

TWO twilight zone

Dépouillé, parfaitement construit, d’une belle économie de moyens, ce court-métrage en noir & blanc en dit aussi long sur la guerre et la hantise de l’Armageddon que n'importe quel grand film de SF.

« TWO » bénéficie de la présence de deux beaux acteurs, à l’aube de leur vedettariat : la jeune Elizabeth Montgomery, qui endosse ce personnage violent et paranoïaque sans la moindre vanité. Crasseuse, le cheveu sale, elle ne décroche pas un sourire jusqu'à la toute fin. Face à elle, Charles Bronson à contremploi, joue un soldat fatigué, écœuré par les combats et la violence en général. Avec un minimum de dialogue (dit par Bronson, une fois n’est pas coutume !), ce petit film quasi-parfait est un des meilleurs épisodes de ce classique de la télévision.

À voir en complément du « SURVIVANT », de son remake « JE SUIS UNE LÉGENDE », de « LA ROUTE », « 2012 » et « LE LIVRE D’ELI », pour un marathon « fin du monde », histoire de se booster le moral.

Repost 0
19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 18:46

CHASSE GANG« CHASSE AU GANG » est un film dont la réputation a grandi au fil des années, grâce entre autres à Martin Scorsese et James Ellroy qui ont fréquemment déclaré qu'il comptait parmi leurs films de chevet. CHASSE GANG (1)

Série B ultra-concise, au magnifique noir & blanc contrasté, à l’écriture serrée et efficace, il a vieilli par certains aspects (la description des méthodes « modernes » de la police), mais garde intacte toute sa fascination par son ambiance de ‘film noir’ à couper au couteau.

CHASSE AU GANG (38)Icône du genre depuis « QUAND LA VILLE DORT », Sterling Hayden a un rôle curieusement en retrait de flic hargneux et injuste, mâchouillant un cure-dent. Il laisse la vedette au couple Gene Nelson-Phyllis Kirk, harcelés par deux taulards évadés de prison : Ted De Corsia et le jeune Charles Bronson. En loubard ricanant aux traits simiesques, les biceps gonflés à bloc, ce dernier trouve un de ses premiers rôles importants et en tire le maximum. Quand il tabasse sauvagement une balance dans son cabinet de vétérinaire, il est comme possédé, une sorte de Mr Hyde en blouson de cuir.

On peut d'ailleurs noter que le scénario de « CHASSE AU GANG » a certainement inspiré le roman de Richard Matheson qui a lui-même servi de base au film « DE LA PART DES COPAINS » où le rôle de Gene Nelson était repris par… Charles Bronson !

CHASSE GANG (2)

Dans l’univers décrit par André de Toth, la ville est une jungle sans pitié, les hommes s’y déchirent et s’y trahissent comme des fauves affamés, la femme n’est qu’une proie autour de laquelle rôdent ces prédateurs et la seule issue est… la délation. Car comme nombre de polars de cette période, « CHASSE AU GANG » est sinon une apologie, du moins une réflexion, parfois une justification du mouchardage. Le sympathique héros est montré sous un jour positif, mais d’un autre point de vue, il aurait pu être qualifié de « balance ». Cette ambiguïté née de l’époque à laquelle le film fut produit (le mccarthisme battait son plein) fait tout le prix de cette œuvre sombre et glacée, dont la happy end ne laisse pourtant pas une sensation optimiste.

Repost 0
10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 13:53

MAJESTYK (1)« Tu émets des sons comme si t’étais un méchant petit dur », dit Bronson à Paul Koslo qui le menace. « Mais je ne suis pas convaincu. Continue de parler et je t’arrache la tête ». Une MAJESTYKréplique-culte du polar des seventies.

« MR. MAJESTYK » est le premier film complètement américain que Charles Bronson tourna après son périple européen entamé en 1967. Dans une tentative de repositionnement de l’acteur, les productions Mirisch en on fait un « working class hero », un petit planteur de pastèques indépendant confronté à la mafia. Une image certainementMAJESTYK (2) plus appropriée que celle de ‘vigilante’ urbain imposée par « DEATH WISH » tourné dans la foulée.

Écrit par Elmore Leonard, le film fut d’abord un projet destiné à Clint Eastwood, mais il semble bien plus adapté à la mystique bronsonienne.

Ancien entraîneur au Vietnam, Vince Majestyk est un solitaire têtu et qui ne s’en laisse pas conter. Des racketteurs viennent lui imposer leur loi ? Majestyk les éjecte à coups de fusil et de crosse dans l’entrejambe. Des travailleurs mexicains sont rejetés ? Il les emploie aussitôt. Un tueur de la mafia fait régner la terreur ? Majestyk l’humilie et tente même de s’en servir comme monnaie d’échange.

Le personnage est assez opaque et parfois contradictoire, aimant à se faire passer pour un MAJESTYK (3)bas-du-front, mais capable de stratégies compliquées et d’un courage quasi-suicidaire.

Dans ses mémoires « JUST TELL ME WHEN TO CRY », le réalisateur Richard Fleischer raconte ses déboires avec Bronson sur le tournage. Pourtant, il tire une excellente prestation de son acteur. Un béret enfoncé jusqu'aux yeux, l’œil plissé d’ironie, Bronson compose un personnage proche de celui de « SOLEIL ROUGE », moins taciturne que d’habitude, moins monolithique et donc, plus humain. Son affrontement avec l’imposant Al Lettieri est un régal, l’insolence tranquille de Majestyk faisant littéralement écumer de rage le mafioso. Au côté des deux machos à moustache, la belle Linda Cristal est parfaite en saisonnière syndiquée mais néanmoins sexy.

MAJESTYK (4)

Polar rural linéaire et dépouillé, dont chaque séquence va droit au but, « MR. MAJESTYK » a bien supporté le passage des ans et tient encore parfaitement la distance. Quelques idées font sourire, comme le « massacre » des pastèques à la mitraillette ou la relation quasi-comique qui s’établit entre Bronson et Paul Koslo jouant un petit voyou arrogant et imbécile. On pourra déplorer un léger déséquilibre dans le montage qui donne peut-être trop d’importance aux méchants, mais ce « little big film » est un vrai plaisir.

Repost 0
3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 16:47

CERCLENOIR (2)« Tu te souviens de chez nous ? » demande son ex-femme au flic Bronson, « La fonderie, les mines, et cette terre morte à des kilomètres à la ronde ? Où tout fanait, dépérissait, CERCLENOIR (1)mourait. C'était novembre toute l’année. Si je veux m’en souvenir, je n’ai qu’à te regarder ».CERCLENOIR

Sous ses apparences de polar banal estampillé seventies, « LE CERCLE NOIR » est truffé de répliques stylisées de ce genre, de ‘one liners’ à l’emporte-pièce et de réflexions corrosives sur le Vietnam qui a créé une génération de psychopathes, de hippies drogués à la sexualité indécise. C'est souvent réac, bourré de répliques racistes et homophobes, mais à bien y regarder – et contrairement à « DEATH WISH » tourné l’année CERCLENOIR (3)suivante – Michael Winner ne donne pas forcément raison à son flic qui n’a rien d’un héros admirable. Dur à cuire sans humour, à la vie privée désertifiée, aux méthodes fascisantes, Charles Bronson n’attire à aucun moment la sympathie. Autour de lui même constat : ses collègues ne pensent qu’à leur retraite ou à leurs notes de frais (délectable Ralph Waite en co-équipier particulièrement inopérant).

Les années ont été étonnamment clémentes envers « LE CERCLE NOIR » qui a pris une belle patine et a capté malgré lui l’atmosphère de ces années-là, y compris dans sa mise en scène putassière et une BO agressive.CERCLENOIR (4)

Le scénario est simplissime : un vieux parrain sicilien de New York organise une vendetta pour éliminer tous ses ennemis et parallèlement, un flic enquête sur un simple meurtre relié à ces évènements et soulève, sans le vouloir, un gros lièvre. Mais c'est raconté de façon si morcelée, le montage est si haché, qu’on garde un sentiment de foisonnement voire de confusion.

On est loin de « BULLITT » ou du « PARRAIN », mais « LE CERCLE NOIR » est un polar âpre et déconnecté de toute émotion, qui marque la mutation d’une l’Amérique qui vient de perdre son innocence.

Bronson pousse tellement loin le non-jeu, qu'il en devient quasi-absent, une sorte d’entité qui traverse le film et son agitation sans avoir l’air d’en faire réellement partie. Autour de lui, de bons seconds rôles comme Martin Balsam, Paul Koslo ou Norman Fell.

Repost 0
27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 13:58

BAGARREUR (3)Premier film en tant que réalisateur d’un scénariste à la mode, Walter Hill, « LE BAGARREUR » a vu sa réputation grandir avec les années et passe communément BAGARREUR (4)aujourd'hui comme le chef-d’œuvre de son auteur et un des meilleurs rôles de Charles Bronson.

Le scénario mixe dès les premières images deux grandes mythologies américaines : l’évocation de la Grande Dépression à la façon des « RAISINS DE LA COLÈRE » et une étude du hérosBAGARREUR (2) westernien, avec l’arrivée à New Orleans d’un étranger taciturne, sans passé ni avenir, campé par Bronson icône du genre. D'ailleurs, comme dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » l’action démarre quand il descend d’un train.

Vaguement inspiré de la vie du boxeur Jack Dempsey, « LE BAGARREUR » suit quelques semaines du parcours de Chaney, mystérieux chômeur entre deux âges qui se révèle un redoutable boxeur à poings nus, assommant ses BAGARREURadversaires en un seul coup de son gros poing. Pris en main par un manager magouilleur (James Coburn en pleine forme), Chaney va gagner beaucoup d’argent en peu de temps. Son amitié avec Coburn sera mise à rude épreuve et Chaney lui sauvera la vie une dernière fois, avant d’être englouti par la nuit, emportant avec lui tous ses secrets. Lonesome cowboy jusqu'au bout.

Soigneusement mis en scène, offrant quelques séquences de combat saisissantes, « LE BAGARREUR » n’a vraiment rien d’un ‘premier film’ et plonge dans l’ambiance des années 30 avec une impressionnante minutie, un goût du détail sans faille. Face à son partenaire des « 7 MERCENAIRES », Bronson trouve un des grands rôles de sa carrière, apparaissant subitement vieilli, sans l’artifice de sa moustache et de ses cheveux longs. Le contraste entre son visage ridé et son corps athlétique en fait un personnage unique et aide à accepter qu’un boxeur démarre une carrière à 50 ans passés. Les scènes où il compte son argent, seul dans sa chambre d’hôtel pouilleuse, l’intense tristesse de son regard qui neBAGARREUR (1) varie jamais de tout le film, comptent parmi les grands moments de sa filmographie. 

Des seconds rôles comme Strother Martin ou Robert Tessier donnent le meilleur d’eux-mêmes et Jill Ireland apparaît en paumée à quelques pas de la misère.

Ajoutons une BO inoubliable de Barry DeVorzon, des décors de New Orleans imprimés sur pellicule pour la postérité, et un numéro haut-en-couleur de Coburn et « LE BAGARREUR » (encore un titre français franchement réducteur et sans classe) s’inscrit progressivement dans les classiques du cinéma U.S. des années 70, alors qu'il passa assez inaperçu lors de sa sortie.

BAGARREUR2

 

À NOTER : le film a récemment été réédité en zone 2, dans une copie tout à fait correcte et à un prix compétitif.

Repost 0

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens