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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 07:12

« TWO RINGS FOR EDDIE » est un épisode de la série « THE JOE PALOOKA STORY », réalisé par l’estimable Arnold Laven. ‘Guest star’ principale de l’épisode, Charles Bronson – Buchinsky au générique – y crée le rôle d’Eddie Crane qu'il reprendra quelques semaines plus tard dans l’épisode « NEUTRAL CORNER ».

EDDIE

Eddie est un jeune pugiliste tanné par sa fiancée Doris qui exige qu'il renonce à sa carrière. Le frère de la jeune femme a fini en prison à cause de ce milieu et elle refuse de voir Eddie suivre la même voie. Notre héros, Joe Palooka, boxeur renommé tente d’inviter Doris chez lui, pour lui montrer qu’un boxeur peut parfaitement vivre paisiblement, en famille, mais pas de chance : un manager véreux et son poulain (Lou Nova, un colosse affichant un charme délicat à la Shrek) font intrusion, semant la zizanie. Bronson s’écrase, mais le lendemain retourne au gymnase de Joe, pour provoquer Nova. Il se prend une raclée (il faut dire que l’autre a une bonne tête de plus que lui !), mais Joe viendra remettre de l’ordre dans tout cela. Résultat : Doris sans qu’on sache très bien pourquoi, accepte qu’Eddie devienne boxeur. Comprenne qui pourra…

Un petit film simpliste et un peu couillon, dans lequel le jeune Bronson joue un brave garçon hésitant et malléable. On le voit dans deux combats dans lesquels il ne se montre pas particulièrement brillant, d'ailleurs. Le film s’achève heureusement par un fougueux baiser de ‘Charley’ à sa fiancée, sous l’œil ému de l’assistance qui se retire pudiquement.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 16:45

Quoi ? Comment ? Où ? Pourquoi ? s’affole le visiteur de « WWW » en apprenant l’incroyable nouvelle : Charles Bronson (oui, « notre » Charley !), James Coburn, Gene Hackman, James Garner, Robert Mitchum et le jeunot Kurt Russell auraient tourné un western ensemble en 1994 ??? Et personne ne serait au courant ?

« 100 YEARS OF THE HOLLYWOOD WESTERN » existe bel et bien. c'est une sorte de « Le Western Pour Les Nuls », il dure à peu près 1 H 30 et fut diffusé sur la chaîne NBC. Conçu et réalisé par Jack Haley, Jr. l’auteur de « IL ÉTAIT UNE FOIS À HOLLYWOOD » pour le cinéma, c'est une compilation d’extraits de films entrecoupés de présentations de quelques piliers du genre, une sorte de balade rétrospective depuis les premiers courts-métrages muets jusqu'aux post-westerns comme « MORT OU VIF » ou « DEAD MAN ». Le tout sur une musique du grand Henry Mancini.

100 YEARS OF HOLLYWOOD WESTERN

Bronson apparaît dans une ravissante veste à franges et à motifs indiens pour faire l’hôte dans une section du documentaire, côtoyant des partenaires du passé (hormis Hackman avec lequel il n’a jamais tourné).

Le film fut diffusé en France sous le titre « 100 ANS DE WESTERN À HOLLYWOOD » et on aimerait bien le revoir un jour. Même en supplément d’une réédition de film en Blu-ray, tiens…

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 10:55

Si Charles Bronson a essentiellement joué des personnages monolithiques au grand écran, la télévision lui a permis de s’essayer aux rôles de névrosés de tous poils, que ce soit dans « LE VIRGINIEN » ou dans divers tueurs psychopathes.

SURVIVAL

La série « AVENTURES DANS LES ÎLES » l’accueillit en ‘guest star’ dans l’épisode « SURVIVAL » dans lequel le héros Gardner McKay n’apparaît quasiment pas. C'est aux côtés de Guy Stockwell, autre personnage récurrent, que Bronson incarne ‘Dan Morton’, un planteur tahitien qui se retrouve embarqué dans une croisière qui tourne mal. Après le naufrage, il échoue sur une île déserte avec les autres passagers. Tourmenté par d’atroces migraines, tenaillé par une jalousie irraisonnée, Bronson va devenir un danger pour ses compagnons d’infortune. Il s’est persuadé que l’un d’eux est l’amant de sa femme ! Fort heureusement, tout rentrera dans l’ordre et notre ami Charley retrouvera sa douce moitié ainsi que sa santé mentale.

Aux côtés de bons comédiens comme Pippa Scott et Werner Klemperer, Bronson roule des yeux fous, se frotte le front et sue abondamment et fait office de grenade dégoupillée dans ce petit suspense exotique inoffensif.

 

À NOTER : l’épisode fut diffusé en France sous le titre « SURVIVRE ».

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 19:24

Déjà, Nobby Bullaid a un nom idiot. Ensuite, lui-même n’a pas inventé l’eau tiède ni même le fil à couper le beurre. C'est un boxeur en liberté conditionnelle, qui s’est mis hors-la-loi en allant se battre clandestinement hors de l’État. Quand il décide de se rendre en appelant son avocat commis d’office, son manager véreux le menace. Alors Nobby panique, s’enfuit, prend des otages et… finit avec une balle dans la jambe.

CORNERED

Cet abruti est pourtant le héros du téléfilm « CORNERED », un épisode de la série « THE PUBLIC DEFENDER » dans laquelle Reed Hadley incarne cet avocat dévoué écopant de cas difficiles. L’épisode vaut le coup d’œil pour la prestation de Charles Bronson, qui campe un de ses rares personnages de benêt. Costaud mais naïf et crédule, il a quelques accès de parano et laisse par instants deviner qu'il peut être dangereux. C'est une sorte de petit frère de Lenny dans « DES SOURIS ET DES HOMMES », auquel Bronson apporte une certaine candeur. On voit également le vétéran Kenneth Tobey dans un rôle de flic. 

À noter qu’on a droit dans ce téléfilm à la poursuite de voiture la plus minable de l’Histoire du cinéma et de la TV : Bronson oblige ses otages à démarrer, aussitôt pris en chasse par un véhicule de police. Après deux mètres, il ordonne au conducteur de piler et le flic lui rentre dedans. Fin de la ‘car chase’ ! Hilarant…

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 08:03

MASTER WORLD (5)Produit par l’AIP, firme où œuvrait généralement Roger Corman, « LE MAÎTRE DU MONDE » est une adaptation de deux romans de Jules Verne signée par Richard MASTER WORLD (1)Matheson, grand nom de la littérature fantastique populaire. Le film n’a certes pas le budget du « 20.000 LIEUX SOUS LES MERS » auquel il fait souvent penser, mais la réalisationMASTER WORLD (3) dynamique de William Witney, un des rois du ‘serial’ des années 40, lui apporte charme, naïveté et énergie. À condition de fermer les yeux sur d’affligeantes tentatives d’humour, comme ce personnage de cuistot français volubile, (sur)joué par le cabotin Vito Scotti ou sur les grimaces exaspérantes de Henry Hull.

Le rôle de Robur, savant fou survolant le monde à bord de son dirigeable, pour en détruire les armées, échoit à Vincent Price acteur fétiche de Corman et le héros est campé par Charles MASTER WORLDBronson. John Strock est un agent du gouvernement U.S., qui est fait prisonnier par Robur en compagnie d'un vieux marchand de canons, de sa fille et du fiancé de celle-ci. Malin et sans scrupule, Strock n’hésite pas à trahir sa parole donnée (« C'est le monde dans lequel nous vivons ! »), à séduire sournoisement la jeune femme et à jouer les manipulateurs. Amoral et déterminé, Bronson annonce les antihéros des sixties à venir (Bond n’apparut sur les écrans que l’année suivante) et trouve un des meilleurs rôles des années d'avant son accès au vedettariat. Avec ses favoris, son tricot rayé, il se crée une silhouette qui semble sortie tout droit d’une BD d’aventures et sort étonnammentMASTER WORLD (4) vainqueur de ses face à faces avec Price, qui cabotine à outrance. Les deux hommes s’étaient rappelons-le, déjà côtoyés huit ans plus tôt dans le classique « L'HOMME AU MASQUE DE CIRE ».

Bronson livre donc une excellente prestation toute en retenue et en mystère, brouillant un peu plus encore le message déjà ambigu du film. Qui en est le héros positif ? Ce doux rêveur prônant la paix et la fraternité entre les hommes ou ce fabricant d’armes sans état d’âme et cet enquêteur sans foi ni loi ? Strock est surtout mémorable dans la filmo de Bronson, car c'est un de ses rares personnages, dont la qualité première est… l’intelligence !

 « LE MAÎTRE DU MONDE » est un film éminemment sympathique par ses aspects fauchés. Les séquences de bataille sont piquées dans d’anciens films à gros budget, les décors évoquent une opérette, mais tout cela participe du charme indéniable de cette œuvrette colorée et foisonnante.

MASTER WORLD (2)

Il fut un moment question qu’AIP mette en chantier une suite aux aventures de Strock, mais le projet fut abandonné après quelques semaines de préparation. Dommage ?

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 10:57

FBI bronson (1)Outre son personnage-fétiche de justicier/vengeur impassible, Charles Bronson a toujours eu une facilité innée à jouer les voyous froids et psychopathes, aussi brusques et sans état d’âme que des bêtes fauves dans la savane. Ce fut même son fonds de commerce dans les années 50 et 60.

L’épisode « THE ANIMAL » de la série « SUR LA PISTE DU CRIME » lui offre un rôle de tueur évadé à la veille de son exécution, qui est une sorte de somme de ces emplois de ‘tough guys’ sans Dieu ni maître. ‘Earl Clayton’ n’hésite pas à tuer un vieux copain dans le dos, parce qu'il risque de parler s’il est capturé. Du moins, le pense-t-il ! Une bourgeoise lui FBI bronsonrésiste quand il veut lui piquer sa bague ? Il la baffe sans ciller (et la baffe ne semble pas feinte, d'ailleurs !), une jeune fille lui plaît ? Il la viole de bon cœur sur la table de la cuisine et ensuite flingue son papa à bout-portant. Bronson joue cette animalité, ce manque total de sentiment humain, avec une aisance déconcertante et une crédibilité totale. Le dialogue lui offre plusieurs répliques-choc : quand il vient d’abattre son complice : « C'est moche, de vieillir. Les fausses dents… Crever entre quatre murs, tout ça… Regarde-le ! Ça n’arrivera plus au vieux doc, maintenant ». Ou quand il demande à son jeune acolyte si la fille qu'ils tiennent en otage lui plaît. Celui-ci lui répond qu'elle n’est qu’une gamine. Bronson l'encourage : « Profites-en, parce qu'elle ne risque pas de devenir beaucoup plus vieille ».

Réalisé par Christian Nyby, l’épisode n’est pas spécialement meilleur que la moyenne de la série et se résume à une alternance entre les séquences dans un chalet où se sont réfugiés les fugitifs et la soporifique enquête du FBI. On reconnaît le futur chanteur ‘country’ Tim McIntire, la débutante Mimsy Farmer.

FBI bronson (2)

À voir pour le fan pur et dur de Bronson période « salopard » et pour cette scène en voiture où son complice l’observe du coin de l’œil, après avoir parlé du couguar, le seul animal qui tue pour le plaisir. Le plan de profil de ‘Charley’ parfaitement mutique, vaut toutes les explications du monde !

 

À NOTER : l’épisode fut diffusé en France sous le titre « LE FAUVE ».

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 07:46

PAT MIKE (3)« MADEMOISELLE GAGNE-TOUT » (saluons une fois de plus l’exquise subtilité du titre PAT MIKE (1)français !) est une comédie située dans le monde du sport. Signé George Cukor ce film est essentiellement monté pour reformer le couple Katharine Hepburn-Spencer Tracy à l’écran.PAT MIKE (2)

Bien sûr, il faut accepter le fait qu'elle se lance dans une carrière multisports à l’âge où les athlètes prennent généralement leur retraite, mais une fois le postulat « avalé », le film ne manque pas de charme ni de fantaisie, Cukor se permettant même de petits dérapages burlesques très amusants, comme cette séquence où Tracy croit voir le visage de sa protégée sur la tête d’un cheval qu'il câline tendrement ! Les deux stars s’en donnent visiblement à cœur-joie, elle en célibataire candide mais déterminée, lui en manager grenouilleur, plus ou moins honnête (plutôt moins, d'ailleurs), qui va se réformer par amour pour elle. Le petit sous-texte féministe est PAT MIKE (4)bienvenu : à plusieurs reprises, c'est la femme qui sort l'homme du pétrin, s’avérant beaucoup plus forte que lui. Même physiquement !

« MADEMOISELLE GAGNE-TOUT » est donc un festival du duo mythique, mais laisse exister les comparses : Aldo Ray très drôle en boxeur demeuré mais enthousiaste et le jeune Charles Bronson qui apparaît tard, mais marque les scènes où il apparaît de son empreinte en campant Hank Tasling, un des deux racketteurs qui font affaire avec Tracy. Cukor joue de la petite taille de Bronson  (Hepburn l’appelle « the little fellow »), et lui fait PAT MIKEjouer ce vaurien adepte du passage à tabac avec un sens inné de la parodie : « On se fiche de celui qui va gagner, du moment qu’on le sait à l’avance », dit Tasling avec une franchise qui frise l’honnêteté. Bronson se fait démolir par Katharine Hepburn en quelques prises de judo et embarqué au commissariat, se refait taper dessus lors de la reconstitution des faits. Il faut l’avoir vu avec son borsalino, ses jarretières à chaussettes et son air scandalisé, terrorisé par la championne. À ses côtés débute l’ex-footballeur Chuck Connors, qui connaîtra lui aussi une longue carrière dans le film d’action et les séries télé (« L'HOMME À LA CARABINE »).

Bien ancrée dans les fifties, cette petite comédie où apparaissent de véritables stars du sport dans leur propre rôle, ne fait pas partie des œuvres de référence du long parcours de Cukor, mais sa bonne humeur contagieuse et l’œil ironique qu'il porte sur les rapports homme-femme peuvent encore séduire aujourd'hui.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 10:27

FLINGUEUR (2)« Cela parlait à l’origine de deux homosexuels, un tueur de la mafia et un jeune apprenti qui devient son ami intime, apprend tout de lui et finit par le tuer. L’élément homosexuel fut éliminé. Si Charlie avait su qu'il y en avait un, il n’aurait pas fait le film. Ce n’était pas un FLINGUEURlibéral », écrit le réalisateur Michael Winner dans ses mémoires « WINNER TAKES ALL ».

« LE FLINGUEUR » demeure un des meilleurs films de Charles Bronson en tête d’affiche. Un thriller cérébral et pervers, situé dans un univers totalement irréaliste de mafiosi esthètes, d’assassins amateurs de musique classique, collectionneurs de gravures de Jérôme Bosch et pratiquant le FLINGUEUR (3)karaté. Arthur Bishop est un des rôles les plus archétypiques de l’acteur : un tueur à gages affilié à la mafia de L.A., un vieux ‘pro’ méticuleux et solitaire, vivant en marge de la société et qui exécute sans ciller jusqu'à son plus vieil ami incarné par Keenan Wynn. L’autre facette de cet ange de la mort affûté comme une lame, c'est qu'il est insomniaque, se bourre de pilules et stresse parfois tellement, qu'il perd connaissance dans des lieux publics.

L’intérêt du film vient de la relation bizarre s’établissant entre Bishop et un jeune homme sans scrupule qu'il va former pour en faire son assistant. Malgré ce que disait Winner, le FLINGUEUR (1) sous-texte gay n’a pas totalement disparu et demeure bien présent en filigrane, même s’il est implicite. Le choix même de Jan-Michael Vincent sorte de top model blond et musculeux laisse planer une flagrante ambiguïté. Surtout quand le jeune homme vient s’installer sous le même toit que son mentor.

Le film est une succession de morceaux de bravoure, de  « contrats » spectaculaires avec poursuites et fusillades ad hoc, mais l’ambiance crépusculaire, la musique sourde et stressante, finissent par créer un style très singulier, à la limite de l’onirisme.

Jill Ireland n’apparaît que dans une séquence, en prostituée qui écrit des lettres d’amour enflammées à Bishop afin de l’exciter et demande un bonus financier, pour la difficulté de l’exercice ! Un moment d’un total cynisme, qui fait d’abord sourire avant de laisser sur un vrai malaise. Malaise que l’on retrouve dans la comparaison entre les deux générations d’assassins : si Bishop est un homme cultivé et s’efforçant de justifier son choix de vie par de grandes théories (« Tout le monde tue… L’Armée, le Gouvernement… »), Steve ne prend pas cette peine. Il adore tuer et voir souffrir, point final. Signe des temps qui changent. Pas forcément pour le mieux...

FLINGUEUR (4)

« LE FLINGUEUR » est une œuvre à part, à peine abîmée par le manque de rigueur de Winner, qui une fois encore abuse du zoom et d’effets de montage épileptiques. Mais le matériau est tellement original, que le film n’a pratiquement pas vieilli et se laisse encore regarder avec la même fascination qu'il y a quarante ans.

 

SECONDE VISION :

 

L’avantage de certains remakes calamiteux comme « LE FLINGUEUR » avec Jason Statham, c'est qu'ils donnent envie de vérifier qu’on n’avait pas enjolivé l’original dans nos souvenirs. FLINGUEURbis (2)Bonne nouvelle : concernant « LE FLINGUEUR » de Michael Winner, ce n’est pas le cas du tout ! Il s’est même bonifié avec les années. Le style voyant du réalisateur, son montage ultra-cut, sont plus d’actualité que jamais. « Vivre en dehors », c'est le credo d’Arthur Bishop, un tueur à gages au service de la mafia de L.A. En dehors de la société, du système et même du Milieu. Avoir ses propres Tables de la Loi et être seul. Jusqu'à la névrose, jusqu'à la neurasthénie. Jusqu'à tomber dans les pommes au moindre stress.

Car pour être une machine à tuer, Bishop n’en est pas moins un être humain et le scénario de Lewis John Carlino laisse filtrer de petites indications sur son passé. Ainsi l’anecdote racontée par Keenan Wynn en dit long sur l’enfance malmenée du futur tueur. Et sa non-relation avec les femmes fait froidFLINGUEURbis (1) dans le dos : il paie une call-girl non pas pour des gâteries perverses, mais pour lui écrire des lettres d’amour !

D'ailleurs, le sujet du film est malgré tout une love story. Un peu déviée bien sûr, un tantinet sous-terraine, mais la rencontre entre Bishop et le jeune Steve est filmée comme un coup de foudre. La première chose qu’on voie du garçon sont… ses fesses moulées dans un jeans. Et le premier regard que Bishop pose sur lui est plus qu’ambigu. Le fait que ce soit Charles Bronson qui tienne le rôle rend les choses encore plus confuses et perturbantes. Winner utilise magnifiquement le physique particulier de l’acteur, son visage ridé de vieil Apache et son corps d’athlète, sa voix monocorde dénuée de sentiment, son sourire triste. Comme Walker dans « LE POINT DE NON-RETOUR », Bishop est un mort-vivant, un technicien qui a perdu son âme depuis longtemps et qui n’existe plus qu’à travers son art. Car tuer est bel et bien un art pour lui. Il l’exerce en orfèvre, goûtant davantage le processus que l’acte lui-même. En ce sens, le premier quart-d’heure du film est éblouissant : quinze minutes complètement muettes décrivant l’exécution d’un « contrat » par le menu. À faire réviser le jugement de ceux qui persistent à considérer que toute l’œuvre de Winner est à jeter à la poubelle.

FLINGUEURbis

Parfaitement rythmé – excepté une poursuite à moto infernalement longue et ennuyeuse (héritage de « BULLITT ? »), dialogué à minima, d’un cynisme glaçant, « LE FLINGUEUR » reste ludique, intrigant, captivant de bout en bout. Et l’approche « existentielle » adoptée par l’auteur et accentuée par la BO exceptionnelle en font quarante ans après, un véritable classique du polar noir. Merci donc aux copistes de nous avoir poussés à revoir ce petit chef-d’œuvre qu’on peut redécouvrir en Blu-ray dans une belle édition allemande.

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 06:02

« THE WITNESS » est un épisode de la série « FOUR STAR PLAYHOUSE », produite par l’acteur-réalisateur Dick Powell. Il y incarne un avocat suave et mondain chargé de défendre WITNESS (1)Frank Dana (Charles Bronson) un jeune garagiste accusé d’avoir braqué un fourgon et volé 65.000 $. Mais Bronson jure qu'il est innocent et qu’une jeune femme lui a remis l’argent sans lui dire d’où il provenait. Alors que le procès bat son plein, Powell retrouve la fille et la fait témoigner : elle s’est enfuie à cause d’un impossible dilemme. C'est son propre frère qui a dérobé l’argent.

Ce petit ‘courtroom drama’ de 26 minutes est réalisé par Robert Aldrich avec un certain dynamisme et quelques axes de prises de vues osés (plongée dans la cellule de Bronson, contre-plongées pendant le procès). On y retrouve des acteurs familiers de ses films comme Bronson, mais aussi Strother Martin ou Nick ‘Va-va Voom’ Dennis. William Talman joue le procureur, un emploi qu'il tiendra pendant des années dans la série « PERRY MASON ».

WITNESS

Bronson apparaît relativement peu dans le film et ne dit pas grand-chose. On le voit en cellule, plaidant son innocence et révélant son amour pour la belle fugitive, puis déposant devant le juge. Mais c'est un de ses rares rôles sympathiques et non-physiques de l’époque, donc à marquer d’une pierre blanche. L’acteur retrouvera Aldrich au cinéma pour quatre longs-métrages.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 10:29

MANWITHCAMERA (2)Tournée dans les studios de Lucille Ball entre 1958 et 1959, diffusée sur la chaîne ABC jusqu'à l’année suivante, « MAN WITH A CAMERA  est une assez jolie réussite inspirée de loin de la vie du célèbre reporter surnommé Wee-Gee, écrite avec vigueur, bien rythmée malgré un budget visiblement serré et tenue à bout de bras par Charles Bronson encore peu connu, dans un rôle taillé sur mesure. Fils d’émigrés, Mike Kovac est un dur à cuire prompt à la bagarre, pratiquant volontiers l’ironie mordante et n’ayant pour seul ami que son père (en tout cas pendant la première saison) qui tient une boutique de photographe à New York. Les relations entre ce fils respectueux et ce vieux bonhomme à l’accent coloré sont bien observées, le vieil homme reprochant toujours à son fils de trop sous-exposer ses clichés. Ce personnage disparaît la seconde année, remplacé par un commissaire de police presque aussi âgé, avec lequel Kovac est souvent amené à collaborer. 

Kovac n’est pas un héros traditionnel : il renâcle devant le danger (« J’aime bien être en vie », dit-il pour justifier ses dérobades), n’a pas de fiancée officielle et prend pas mal de coups sur la tête. Portant des chemises à manches courtes, trimballant partout son énorme appareil photo, Kovac voyage de Lisbonne à Rome (même si tout est évidemment tourné en studio à L.A. !) et connaîtMANWITHCAMERA (1) quelques histoires d’amour éphémères (« LADY ON THE LOOSE », avec une héritière capricieuse). Il boxe parfois, est impliqué dans des meurtres, doit empêcher une femme de se suicider (« ANOTHER BARRIER »), va sauver un homme enseveli au fond d’une mine (« THE MAN BELOW », épisode inspiré du « GOUFFRE AUX CHIMÈRES » de Billy Wilder), mais n’oublie jamais de prendre le « cliché magique ». Il utilise des gadgets amusants comme cet appareil photo en forme de briquet, ou dissimulé dans un poste de radio portable.

Un épisode, particulièrement remarquable, utilise parfaitement la profession de Kovac : dans « 6 FACES OF SATAN » réalisé par Boris Sagal, Kovac fait honte à une bande de MANWITHCAMERAlyncheurs du samedi soir, en leur exhibant des portraits qu'il a pris d’eux, le visage déformé par la haine. Mike Kovac est ici un justicier dont l’arme est son appareil photo, et qui s’exprime par l’image. L’épisode « THE LAST PORTRAIT » l’oblige à faire équipe avec l’excellente Virginia Field, jouant une actrice sur le retour qui l’aide à se disculper. Leur tandem fait regretter que Kovac n’ait pas eu une co-équipière régulière avec laquelle il aurait pu établir ce genre de relations drolatiques et quelque peu ambiguës. Le rôle n’est pas réellement fouillé, aussi Charles Bronson l’habite-t-il de sa propre personnalité et de ses maniérismes. Dans « THE BRIDE » par exemple, ilMANWITHCAMERA2 prend un accent d’Europe de l’Est et se fait passer pour un émigré jovial, à la recherche d’une femme. Il semble très à l’aise dans ce rôle et la série reste constamment centrée autour de lui et de ses réactions, au lieu de faire la part belle aux ‘guest stars’, comme c'est souvent le cas à la TV.

« MAN WITH A CAMERA » ne connut que 29 épisodes de 26 minutes, pour la plupart réalisés par Gerald Mayer et Paul Landres, mais Bronson invita aussi Gene Fowler, Jr. à en tourner quelques-uns, ainsi que Gilbert Kay ancien assistant de ses amis. Parmi les ‘guests’, on peut noter la présence d’Angie Dickinson, Harry Dean Stanton, Don Gordon ou Sebastian Cabot. Bronson retrouve des partenaires féminines comme Norma Crane et Audrey Dalton avec lesquelles il avait déjà travaillé.

« MAN WITH A CAMERA » demeura longtemps une rareté invisible et quasi-mythique, avant d’être enfin exhumée en 2007 dans son intégralité en DVD aux U.S.A.

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