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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 07:26

Les films Warner avec Bette Davis en tête d’affiche sont pratiquement un genre en soi. Mélodrames intemporels centrés sur la personnalité d'une femme de tête égoïste et capricieuse, ces films souvent très longs (2 H 40, ici) négligent les seconds rôles pour se focaliser sur la star présente dans presque toutes les scènes et qui n'hésite pas à utiliser tous les moyens – dont le cabotinage le plus débridé – pour s’imposer comme le seul et unique centre d'intérêt.

MR SKEFFINGTON (1)

« FEMME AIMÉE EST TOUJOURS JOLIE » (une fois de plus, bravo les traducteurs en MR SKEFFINGTONv.f. !) est une sorte de monument à la reine Bette, même si le postulat de départ est dur à avaler : ‘Fanny’ est censée être la plus belle femme de New York, constamment entourée de prétendants la suivant partout, la langue dehors tels des loups de Tex Avery. Miss Davis avait tous les talents, certes, mais pas un physique à la Vivien Leigh.

Le film décolle dans son dernier tiers, quand Fanny est brusquement vieillie par la maladie et voit le désert se faire autour d'elle. Chapeau bas au maquilleur, car le vieillissement est si réussi, que l’actrice ressemble très exactement à ce qu'elle deviendra dans l'avenir. Certains plans font penser à « L’ARGENT DE LA VIEILLE ». Troublant !

Narcissique, égocentrique, pas très intelligente, mais étonnamment franche, l'héroïne de « FEMME AIMÉE EST TOUJOURS JOLIE » est un parfait véhicule au jeu singulier de Bette Davis et la fin du film (le seul homme qu'elle peut accepter dans sa vie, à présent qu'elle est âgée... c'est un aveugle !) tient carrément de l'humour noir. Le toujours très subtil Claude Rains, dans le rôle du mari patient et lucide, a trouvé la juste parade à l'ouragan dévastateur qu’était sa partenaire : l'effacement volontaire.

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 09:02

GRAND MENSONGE (1)S'il ne fait pas partie des grandes réussites de Bette Davis, alors reine incontestée du mélo flamboyant hollywoodien, « LE GRAND MENSONGE » reste un film à voir, car c'est une des très rares occasions où le « monstre » au regard de rapace est confronté à uneGRAND MENSONGE comédienne qui, non seulement lui tienne tête, mais menace carrément de lui voler la vedette. Ce n’était vraiment pas donné à tout le monde !

Mary Astor inoubliable Birgid O’Shaughnessy dans « LE FAUCON MALTAIS », tient ici un rôle de pianiste snob et égoïste dans un registre étonnamment proche de celui de Davis. Et contrairement à une Olivia de Havilland par exemple qui tourna souvent à l’ombre de la star, elle refuse de s'effacer poliment. De fait le face à face provoque des étincelles.

Le long isolement dans la cabane est surprenant d'intensité, d'hystérie contenue. Partenaire habituel de la star, George Brent est aimablement fade et Hattie McDaniel refait son numéro de « mamie » roulant des yeux, vision paternaliste du « bon noir » un peu crispante aujourd'hui. Quant à la conclusion, elle est étonnamment bâclée en deux répliques, alors que la situation semblait jusque-là inextricable.

« LE GRAND MENSONGE » n'est franchement pas un très bon film, le scénario se traîne, met longtemps à se mettre en place, frise parfois le ridicule. Il vaut tout de même le détour pour le duo Astor-Davis, harpies de haut-vol aussi toxiques l'une que l'autre.

GRAND MENSONGE (2) 

NOTE: dans les biographies de Bette Davis, on peut lire qu'elle avait décidé d’aider Mary Astor à retrouver son statut dans le star system. Quand celle-ci obtint l’Oscar du second rôle, Bette le prit comme une victoire personnelle et lui envoya un mot où était écrit : « We did it ! ».

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 07:33

Avec « ÈVE » et « QU’EST-IL ARRIVÉ À BABY JANE ? », « UNE FEMME CHERCHE SON DESTIN » est LE film de référence de la riche carrière de Bette Davis et tourne entièrement autour d'elle, au point de ressembler fortement à un de ces ‘vanity projects’ dont raffolent les grandes stars.

NOW VOYAGER

Mélodrame décomplexé brassant allègrement de grands thèmes, ne reculant devant aucune énormité ou invraisemblance, le film propose une Bette au physique ingrat, mal fagotée, portant d'affreux sourcils postiches (les mêmes que dans son autre succès « LA VIEILLE NOW VOYAGER (1)FILLE »), se métamorphosant en modèle d'élégance et de sophistication par la seule grâce d'une croisière romantique (et certainement d’une excellente pince à épiler). La star s'en donne à cœur-joie, traversant des situations absurdes avec grâce et aidant à avaler des retournements de situations qui auraient pu être franchement comiques : la dernière confrontation avec sa mère, par exemple. Gladys Cooper fait d'ailleurs un numéro fort distrayant de vieux dragon glacial et sans cœur, traitant tout le monde en domestiques.

Certaines situations sont saugrenues : le chauffeur brésilien qui semble sorti d'un mauvais film de Totó, d'autres amusantes. Les seconds rôles – même Claude Rains en psy bienveillant – peinent à trouver leur place, tant « UNE FEMME CHERCHE SON DESTIN » n'existe que pour et par Bette Davis qui occupe l'espace avec un aplomb forçant le respect, balayant toute réticence. Le scénario retors, lui fait retrouver l'homme de sa vie en adoptant sa fillette mal aimée, qui lui rappelle ce qu'elle fut elle-même dans l'enfance. Et quand son amour impossible lui demande si elle sera heureuse ainsi, elle répond : « Pourquoi demander la lune ? Nous avons déjà les étoiles... ». Réplique devenue mythique de la grande époque hollywoodienne.

À noter que l'actrice, qui fume comme une caserne de pompiers dans tous ses films, se surpasse dans ce film. D'ailleurs, son amant allume deux cigarettes en même temps, avant de lui en donner une. Un geste « érotique » vidé de son sens aujourd'hui, que le tabac a beaucoup perdu de son message ‘glamour’.

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 17:52

FEMMES MARQUEES (1)Sous ses allures de ‘film noir’ façon Warner, ce mélodrame édifiant n'est qu'une apologie de la délation pas très subtile, mais qui soixante ans plus tard, prend des allures de témoignage tout à fait fascinant d'une époque.

La vie des cinq entraîneuses (traduisez « prostituFEMMES MARQUEESées »), vivant ensemble, s'entraidant comme elles peuvent, tient encore le coup et les comédiennes entourant Bette Davis, Lola Lane (qui servit de modèle pour le personnage de BD de Loïs Lane) ou Mayo Methot (alors Mme Bogart), sont remarquables d'authenticité. Leur jeu moderne, désabusé, donne toute sa crédibilité à « FEMMES MARQUÉES », l'empêchant de sombrer dans le pathos. Bette Davis énergique et culottée, crée un personnage attachant, fort mais désillusionné. Et Humphrey Bogart, juvénile, étonnamment lisse, campe un procureur tenace, inhabituel dans sa filmo de l'époque.

« FEMMES MARQUÉES » (titre pluriel en v.f. alors qu'il est au singulier en v.o. !), vaut pour ses décors de boîtes de nuit, sa violence intelligemment filmée (le passage à tabac de Bette Davis hors-champ) et sa belle brochette d'actrices. Sans oublier Eduardo Ciannelli maléfique à souhait, en caïd sans pitié.

Le dernier plan, montrant les cinq amies à la sortie du tribunal, s'enfonçant dans la brume, tandis que le procureur parle aux reporters, est d'une lucidité sans fard.

FEMMES MARQUEES (2)

 

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 15:31

Énorme star de cinéma depuis les années 30, Bette Davis n’a jamais rechigné à tourner des téléfilms. C'est ainsi qu'elle apparut dans trois épisodes de « LA GRANDE CARAVANE ». Le premier d’entre eux, « THE ELLA LINDSTROM STORY » lui offre un contremploi assez surprenant.

WAGON TRAIN bette davis

Réputée pour ses rôles de femmes de tête vipérines et dominatrices, la reine Bette joue ici une véritable sainte qui n’est pas sans évoquer Lillian Gish dans « LA NUIT DU CHASSEUR ». Veuve et mère de famille nombreuse, voyageant avec le convoi de Ward Bond, elle apprend qu'elle est atteinte d’un mal incurable et n’a que quelques semaines pour « caser » ses sept enfants auprès des autres colons. Mais qui voudra du petit dernier sourd-muet ?

C'est du pur mélo, parfois éhontément dégoulinant, mais c'est toujours un plaisir de voir Bette Davis dans ses œuvres, jouant ses scènes à contretemps, désamorçant les larmes par son jeu pète-sec, lâchant l’émotion au moment le plus inattendu. Son duo avec le balourd Ward Bond fonctionne très bien. Au côté des deux vieux de la vieille, on reconnaît le jeune Robert Fuller, futur héros de séries western.

À noter, juste pour rire, les scènes tournées à l’intérieur de la caravane bâchée de Bette Davis : minuscule de l’extérieur et affichant au moins ses 70 mètres carrés à l’intérieur. Un miracle de technologie du Far-West !

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 15:36

STAR (2)Œuvre très peu connue de la filmo de Bette Davis, « LA STAR » fait pourtant partie de ses plus belles réussites. Plus au plan personnel d'ailleurs, car le film lui-même n'est pas un STAR (1)chef-d'œuvre, mais le travail accompli par l'actrice est positivement phénoménal. Comme une sorte de post-sciptum à « ÈVE » de Mankiewicz, quittant New York pour Hollywood.STAR

Jouant délibérément avec le feu, « la » Davis tient un rôle très proche d'elle-même : une star vieillissante, au chômage, ‘has been’, qui se retrouve à la rue, avec comme seul ami, son Oscar qu'elle trimballe partout. Sa tentative d'intégrer une « vie normale » (vendeuse dans un grand magasin) est évidemment vouée à l'échec (« Je suis Margaret Elliott, et j'entends bien le rester ! »), et son comeback avorté est pathétique.

La longue succession de séquences, allant du bout d'essai de la dernière chance à sa projection désastreuse, est d'une acuité terrible. Quand elle (sur)joue, Margaret retrouve instantanément tous ses vieux réflexes de star ingérable (ce qu'on a toujours dit de Bette Davis), n'écoute pas les indications de son STAR (3)réalisateur, se maquille toute seule, fait la belle au lieu d'incarner correctement son rôle et se montre ridicule aux rushes. Énorme tour de force pour Bette Davis n’en doutons pas, que de jouer aussi atrocement mal, pour ensuite se regarder sur l'écran et s'écrouler en larmes, dans un éclair de lucidité devant l'étendue du cataclysme. La mise en abyme est vertigineuse !

Malgré son intelligence aiguë, « LA STAR » est pourtant trop centré sur sa vedette pour fonctionner à 100%. Les seconds rôles sont bâclés : Sterling Hayden en bon samaritain trop beau pour être vrai, n'a aucune épaisseur ou réalité, Natalie Wood ado, qui incarne une fille idéale, avec un jeu appliqué et irritant.

Reste que le film vaut pour le portrait sans complaisance qu'il propose d'une star sur le retour et quelques scènes (la visite de la sœur et du beau-frère charognards, au début) sont d'une cruauté insensée.

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 08:39

TRAUMA (1)« TRAUMA » est sorti un an avant le roman « THE SHINING » de Stephen King, aussi est-il difficile de dire s’il eut une influence quelconque sur l’auteur. La maison « vivante », le père qui devient fou et s’en prend à son fils, les photos finales, tout renvoie au roman et même au film de Kubrick.TRAUMA

Ce qui n’empêche nullement « TRAUMA » d’être une véritable épreuve à revoir aujourd'hui ! Interminable (pratiquement deux heures, où il ne se passe rien avant le dernier quart !), le film est affreusement photographié : les intérieurs font très téléfilm alors que les extérieurs sont noyés dans des filtres antédiluviens qui donnent une sensation de fog bleuâtre fatigante pour l’œil. Le pire demeure la direction d’acteurs : TRAUMA (2)Oliver Reed, mal à l'aise et congestionné passe la plupart de ses scènes à se prendre la tête dans les mains en geignant, Karen Black n’a jamais été plus mal filmée jusqu'à devenir comique par moments. Et que dire de Bette Davis – oui la Bette Davis ! – affublée d’une perruque monstrueuse, qui en fait des mégatonnes en tantine minaudante. Son agonie surjouée jusqu'au délire, confine au burlesque.

Pas très loin du nanar absolu, « TRAUMA » ne provoque aucun frisson, ne crée aucune image-choc capable de hanter les mémoires, pas même une BO mémorable comme dans « AMITYVILLE, LA MAISON DU DIABLE », par exemple. Disons que s’il a influencé la naissance de « SHINING » cela justifie son existence. À part ça…

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 13:25

L'avantage de ces rééditions de vieilles séries venues des U.S.A., est qu'on tombe parfois sur de véritables perles, des raretés absolues. La série "GUNSMOKE" qui dura vingt ans, mais demeure pratiquement inconnue en France, accueillit bon nombre de "guests" au fil des années, mais l'épisode "THE JAILER" réalisé par Vincent McEveety en 1966, offre la vedette à rien moins que Bette Davis. MISS  Bette Davis comme l'indique fièrement le générique.
JAILER suite
L'actrice qui venait de retrouver son statut grâce à deux films de Robert Aldrich, apparaît ici dans le rôle d'Etta Stone, une matriarche inflexible qui kidnappe le shérif James Arness pour venger son mari. Comme celui-ci qui mourut sur la potence, elle pendra haut et court notre héros à l'aube ! Son fameux regard de faucon fixe comme jamais, rehaussé par la couleur criarde du NTSC balbutiant, Bette Davis crève l'écran dans ce rôle pathétique et monstrueux : elle n'hésite pas à abattre froidement un de ses fils qui voulait laisser tomber ! Quand on sait que les rejetons sont incarnés par Bruce Dern, Tom Skerritt et le futur producteur de films érotiques Zalman King, on sait qu'on a affaire à un épisode d'exception.
Si Miss Bette était parfois capable de se laisser aller au plus débridé des cabotinages, elle est ici tout à fait sobre (enfin... Autant qu'elle peut l'être !) et compose une sorte de Ma Dalton terrifiante dans sa folie tranquille. Un vrai "collector", cet épisode...

Et puis, on n'a pas eu si souvent l'occasion de voir la vraie couleur des fameux "Bette Davis eyes" célébrés par Kim Carnes...

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