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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 06:58

BIG VALLEY stanton« BY FORCE AND VIOLENCE » est un épisode étrangement œdipien de la première saison de « LA GRANDE VALLÉE ». Barbara Stanwyck part en charriot avec son fils Lee Majors. Enfin – plutôt, le fils bâtard de son défunt mari. Le jeune homme la complimente, flirtouille aimablement avec elle. Le charriot s’embourbe et Majors se retrouve coincé dessous. Barbara part chercher du secours et tombe sur Bruce Dern, un forçat évadé, traqué par deux chasseurs de primes. L'homme refuse de l’aider, aussi doit-elle le menacer de son fusil pour le ramener à la mare de boue où son (faux) fils risque de mourir. Pendant le trajet, Miss Stanwyck apprend à connaître Dern, un ‘gambler’ professionnel, qui ne s’est jamais remis d’avoir été abandonné par sa mère dans son enfance et une trouble relation s’instaure entre eux.

C'est donc un drôle d’épisode, chargé d’ambiguïté (en le quittant, Stanwyck embrasse Majors sur la bouche) et d’un discours très psychanalytique sur les relations mère-fils. Habitué aux rôles de psychopathes, Dern tient un personnage plus fouillé que d’habitude. Les ‘bounty hunters’ sont incarnés par L.Q. Jones et Harry Dean Stanton, qui semblent tout droit sortis d’un western de Peckinpah. D'ailleurs, ils feront partie de la bande du Kid dans « PAT GARRETT & BILLY THE KID », huit ans plus tard. À noter quelques bons moments d’angoisse : particulièrement cette séquence nocturne où Lee Majors, à moitié enseveli dans la gadoue, voit arriver un loup affamé.

BIG VALLEY LQJONES2

« COURT MARTIAL » est un excellent épisode de la seconde saison de « LA GRANDE VALLÉE », dont le scénario alambiqué et à tiroirs recèle de nombreux coups de théâtre. La famille Barkley s'apprête à recevoir un général venu acheter du bétail. À peine a-t-il posé le pied dans la demeure, que celle-ci est investie par une bande armée venue lyncher l’officier : en effet ils sont les survivants d’un raid pendant la guerre de sécession, où des civils furent massacrés. Richard Long l’avocat de la famille assure la défense du général (Henry Jones), d’autant que son frère Peter Breck servit sous ses ordres et risque également la corde. Mais alors que ce « procès » à huis clos se déroule, de choquantes révélations vont se faire jour. Et si le général n’était pas le héros que tout le monde s’imagine ? S’il était un espion sudiste ? S’il avait comploté un attentat contre Lincoln ? Et si toute cette prise d’otages n’était qu’une mascarade pour confondre le traître ?

On se rapproche un peu du concept de « MISSION : IMPOSSIBLE » ! C'est très bien écrit et interprété. Barbara Stanwyck et Linda Evans passent tout l’épisode ligotées au grenier sous la surveillance de L.Q. Jones, jouant un photographe boiteux mais plutôt sympathique. Et cette vieille série western a décidément bien passé le cap des années.

BIG VALLEY strasberg

« NIGHT IN A SMALL TOWN » fait partie des meilleurs épisodes de la série « LA GRANDE VALLÉE ». Issu de la troisième saison, réalisé par Virgil Vogel, ce film excellemment scénarisé commence par le voyage en diligence de Barbara Stanwyck, Lee Majors et Linda Evans en route pour Tucson. Pendant le trajet, ils rencontrent Susan Strasberg, fille de « mauvaise vie » éjectée par une bande de bigotes. Alors que la diligence s'arrête dans une petite ville, Majors y retrouve son vieux pote James Whitmore. Mais celui-ci a changé : devenu marshal de l’endroit, c'est un despote brutal et inflexible. Il fait une fixette sur Strasberg qu'il tente de violer. Témoin de la folie de son ex-ami, Majors va devoir se dresser contre lui.

L’épisode est tendu, étouffant, parfaitement mené. Whitmore à contremploi, est très inquiétant en ‘town tamer’ enivré de pouvoir. Et Susan Strasberg, fille du créateur de l’Actors Studio, est superbe en pauvre fille avide de rédemption. Son sacrifice final (elle s’offre à l’immonde marshal, pour sauver Majors) est assez inattendu dans une série familiale de cette époque, mais d’une logique implacable. Vraiment, de la très bonne télé.

BIG VALLEY hopper

Épisode de la 3ème saison de « LA GRANDE VALLÉE », « NIGHT OF THE EXECUTIONER » est bâti sur un scénario tout empreint de la paranoïa du complot politique, directement issu de l’assassinat de JFK à Dallas. Un gouverneur est abattu alors qu'il se rend dans sa ville natale. C'est son plus vieil ami qui a organisé l’affaire, en laissant sortir un jeune tireur d’élite (Dennis Hopper) de prison et en faisant accuser l’ivrogne du village (Dabbs Greer), qui avait proféré des menaces inconsidérées. Présent sur place, Lee Majors a vu Hopper sur les lieux du crime, mais il se met évidemment les comploteurs à dos et se voit bientôt accusé lui-même du meurtre.

Le mécanisme du complot avec ses boucs-émissaires, ses shérifs corrompus et ses faux-témoins et ses suicides tombant à pic est très bien décortiqué et le film fonctionne sur un suspense bien agencé. Hopper arbore un look proche de celui qui fera bientôt son succès dans « EASY RIDER », dans un rôle de voyou imbécile et Greer est excellent en pauvre type suant l’alcool. Peter Breck est le seul autre personnage récurrent de la série à apparaît brièvement à la fin, tous les autres étant complètement absents.

BIG VALLEY dern

Épisode de la 3ème saison de « LA GRANDE VALLÉE », « FOUR DAYS TO FURNACE HILL » réalisé par Virgil Vogel, est un épisode assez prenant : Barbara Stanwyck est kidnappée par des transporteurs de prisonniers qui l’emmènent vers un bagne horrible, afin de remplacer une captive qu'ils viennent de tuer par accident. Notre héroïne s’associe tant bien que mal avec Fritz Weaver qui partage le wagon avec elle.

Ce qui étonne encore une fois dans ce film, c'est à quel point la sexagénaire Stanwyck assure TOUTES ses cascades elle-même : cognée à coups de poing, capturée au lasso, traînée derrière un cheval, la « grande dame » prend visiblement plaisir à malmener son image. Sacrée forme physique et bel investissement personnel ! On notera aussi dans cet épisode le numéro de Bruce Dern, haïssable à souhait dans le rôle du transporteur bestial et sans pitié. Étonnamment, il tournera la même année « PENDEZ-LES HAUT ET COURT » où il sera cette fois de l’autre côté du wagon à prisonniers ! Richard Long et Lee Majors apparaissent tardivement, juste à temps pour tirer leur môman de ce mauvais pas. Mais franchement… Elle se débrouillait très bien sans eux !

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 17:33

LADY GAMBLES (1)« THE LADY GAMBLES » commence plutôt bien, par la description clinique d’une addiction. Barbara Stanwyck, gentille journaliste, vient à Las Vegas avec son mari Robert Preston, pour écrire un article. Mais elle aussitôt est happée par les tables de jeux et en quelques jours devient complètement obsédée, au point d’en perdre toute mesure et toute dignité.

Raconté en flash-back, le film tient bien la distance jusqu'au moment où il se transforme en mélodrame freudien : la pauvre Barbara a agi ainsi parce qu'elle pense depuis l’enfance, être responsable du décès de sa mère, morte en la mettant au monde. Mentalement harcelée par sa sœur vieille fille acariâtre qui l’a élevée, la malheureuse n’a cessé de vouloir s’autodétruire depuis. Le problème est que cette justification larmoyante fiche pratiquement par terre la première moitié du film, qui semblait plus honnête et franche. Nul besoin de justifier la déchéance de l’héroïne au-delà de son addiction qui fait d’une adorable ‘housewife’, une quasi-prostituée. Teinte en blonde, qui plus est !

Le film a donc beaucoup vieilli et paraît souvent ridicule dans ses explications psychologisantes. De plus, le personnage du mari est complètement illogique par ses réactions ou plutôt son manque de réactions. Et le pauvre Preston rame visiblement pour lui donner un semblant de consistance. Parmi de bons seconds rôles comme Stephen McNally excellent en mauvais génie et John Hoyt en médecin cynique, on aperçoit fugitivement le jeune Tony Curtis en groom d’hôtel. Il a même droit à une réplique !

LADY GAMBLES

À voir malgré tout pour Miss Stanwyck, d’une intensité et d’une implication totales et aussi pour la photo ciselée du grand Russell Metty, un des rois du noir & blanc. Les séquences où l’actrice sombre dans la frénésie sont encore assez impressionnantes.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 07:26

CAROLYNOn met un petit moment à saisir le sens exact de « CAROLYN VEUT DIVORCER », une comédie de mœurs située pendant la Grande Dépression et suivant les mésaventures d’un couple de jeunes mariés.

Barbara Stanwyck est mannequin et gagne correctement sa vie. Quand elle épouse Gene Raymond, celui-ci l’oblige à démissionner. Incapable d’entrer dans la peau d’une femme au foyer, la jeune femme devient dépensière, irresponsable et se laisse draguer par un milliardaire alcoolique et fou d'elle. Jusque-là, on se dit que le propos est plutôt féministe et que l’époux est un crétin borné. Mais progressivement, le message se fait plus clair : c'est JUSTEMENT en voulant être indépendante et s’émanciper, que Stanwyck fiche son mariage en l’air et humilie son pauvre mari. Celui-ci devra aller jusqu'au divorce pour récupérer sa femme et lui faire jurer que dorénavant elle restera tranquillement derrière ses fourneaux, en attendant son retour. Non mais !

Tout cela est heureusement amusant grâce à un dialogue du tac-au-tac bien vu, des seconds rôles savoureux (comme l’inévitable Hattie McDaniel en cuisinière et même Ward Bond, figurant en flic). Stanwyck jeune et pétulante est irrésistible sans jamais forcer le trait, Robert Young est drôle en ivrogne mondain. Seul le dénommé Gene Raymond gâche la fête par son jeu outrancier, là où on aurait vraiment eu besoin d’un Cary Grant ou d’un James Stewart. On est loin des comédies de Capra ou Preston Sturges, mais c'est enlevé, tellement daté que ça en devient pratiquement un document historique.

CAROLYN (1)

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 16:23

CRIME PASSION (1)«  MEURTRIÈRE AMBITION » (ou comment résumer tout le scénario d’un film en deux mots !) est un curieux produit, mixant allègrement le mélodrame à la « PEYTON PLACE » avec le ‘film noir’.

Nous suivons le parcours d’une journaliste ambitieuse et cynique (Barbara Stanwyck) qui CRIME PASSIONépouse un flic de L.A. (Sterling Hayden). Elle s’aperçoit vite que son homme n’a aucune ambition et se contente d’être un CRIME PASSION (2)sous-fifre négligé par sa hiérarchie. Engluée dans la médiocrité de sa vie quotidienne, notre héroïne va faire en sorte de pousser son mollasson mari vers les sommets. Elle intrigue, grenouille et finit même par coucher avec son commissaire (Raymond Burr). Mais cela ne suffisant encore pas, elle entreprend de commettre un meurtre… Faut ce qu'il faut !

Le seul intérêt de ce film désuet, c'est le changement imperceptible de la protagoniste, qui passe de la ‘wonder woman’ à la ‘desperate housewife’ névrosée, sans qu’on ne perçoive réellement la métamorphose. C'est tout le talent de Stanwyck de rendre crédible ce persCRIME PASSION (3)onnage éclaté, illogique. Elle est extraordinaire dans les scènes de dîner avec les épouses de flics, où elle suffoque littéralement devant tant de bêtise et de mesquinerie. L’actrice tient le film sur les épaules, pourtant peu flattée par une photo qui n’est jamais à son avantage. À ses côtés, Hayden est très inhabituel en policier bien brave, mais pas très malin, à la mollesse exaspérante. Burr est ambigu à souhait, jouant à merveille de son œil globuleux et inquiétant. Et on aperçoit Fay Wray, jouant son épouse constamment malade, ainsi qu’un tout jeune Stuart Whitman en technicien de la balistique.

« MEURTRIÈRE AMBITION » ne vaut un coup d’œil curieux que pour la composition fiévreuse de Miss Stanwyck, pour un sous-texte nettement féministe et pour un engrenage criminel plutôt bien disséqué.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 10:00

« THE CHOICE » est un épisode de la série « THE BARBARA STANWYCK SHOW » réalisé CHOICE bs show (1)par le vieux maître Jacques Tourneur. C'est un huis clos dans lequel la maîtresse des lieux (qui présente également le prologue et l’épilogue en robe du soir !) incarne la patronne d’un bar, qui à l’heure de la fermeture se retrouve seule avec un type inquiétant qu'elle soupçonne d’être un cinglé évadé de l’asile, dont on parle à la radio. Ils sont bientôt rejoints par un second individu tout aussi bizarre qui correspond encore plus au signalement et porte une arme. Lequel est le véritable tueur ? À qui la pauvre Barbara Stanwyck peut-elle se fier ?

C'est simple, malin, efficace, l’atmosphère est tout en pénombres et on a même droit à une séquence où le fou attaque à coups de hache le placard où la dame s’est barricadée, très prémonitoire du « SHINING » de Kubrick.

Aux côtés de Stanwyck qui nage comme un poisson dans l’eau, on reconnaît l’incontournable James Best en braqueur au regard allumé et surtout Robert Horton, héros de la série western « LA GRANDE CARAVANE », en évadé d’HP étrangement calme et susceptible.

CHOICE bs show

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 17:05

« LE LOUP DES SEPT COLLINES » (il n’y en a que trois dans le film, mais quelle importance ?) est un suspense en huis clos clairement inspiré des œuvres de Daphné du Maurier, tout particulièrement « REBECCA ». On y retrouve la maison familiale, le beau mais ambigu maître des lieux, le passé qui pèse sur la famille, la gouvernante lugubre et l’héroïne qui met le nez où elle ne devrait pas.

CRY WOLF (1)L’histoire elle-même est assez différente dans ses tenants et aboutissants, mais la mécanique est similaire. Barbara Stanwyck débarque dans une demeure endeuillée, déclarant qu'elle est la veuve du défunt. Errol Flynn, le chef de famille ne la croit d’abord pas et la prend pour une aventurière. Alors qu'elle passe quelques jours sur place, le temps qu’on vérifie ses dires, Stanwyck fait connaissance de la jeune fille exaltée de la maison et CRY WOLFentend de drôles de hurlements dans la nuit, provenant du « laboratoire » de Flynn. Et si son mari était toujours en vie ? S’il était prisonnier et torturé ?

Le mystère tient plutôt bien le coup, même s’il n’est jamais palpitant, on ne peut s’empêcher de vouloir connaître la fin et l’explication est sympathique. Mais un peu datée ! La « démence » est décrite comme une maladie héréditaire, une sorte de malédiction du loup-garou. On s’attend d'ailleurs à ce que le pauvre Richard Basehart se couvre subitement de poils et se mette à hurler à la lune ! Dommage…

Stanwyck est comme toujours énergique et volontaire, elle balance des baffes comme personne et effectue elle-même quelques cascades et chutes. Flynn n’est plus tout à fait le fringant jeune premier dont tout le monde se souvient et l’ambiguïté n’est pas son fort. Le couple ne génère pas une folle alchimie, mais on a toujours plaisir à les retrouver.

Un curieux petit film désuet et distrayant, rehaussé par les décors et la belle photo typiques des studios Warner.

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 12:52

BIG VALLEY jones (1)« AMBUSH » est un épisode de la 3ème saison de « LA GRANDE VALLÉE » qui a pour principal intérêt d’offrir le rôle central à Barbara Stanwyck, elle qui ne faisait souvent que passer en touriste dans la série.

Ici, notre héroïne se rend dans une mission pour retrouver un ami prêtre. Elle est accueillie par un ex-ivrogne (le truculent James Gregory) plus ou moins amoureux d'elle, qui lui apprend que des Indiennes yaqui se trouvent là, à l’abri des chasseurs de scalps. Trois d’entre eux surviennent et veulent les femmes. Abandonnée par Gregory, Stanwyck va devoir affronter seule les fripouilles. Il est d'ailleurs étonnant de voir la vénérable comédienne effectuer elle-même toutes ses cascades, qu'il s’agisse des fusillades ou d’un passage à tabac brutal que lui inflige L.Q. Jones.

BIG VALLEY jones

Crasseux, balafré, torse-nu sous un poncho déchiré, une dent en moins, celui-ci compose une silhouette incroyable. Avec ses deux complices, on les croirait tout droit sortis d’un ‘spaghetti western’ ou d’un album de « BLUEBERRY » !

Mais l’épisode est surtout un face à face entre Stanwyck qui porte une tenue de cuir noire étonnante et lâche quelques gros rires de soudard dont elle a le secret et Gregory très amusant dans un rôle à la Victor McLaglen. Entre ces deux-là et L.Q. Jones, c'est vraiment la fête !

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 05:59

« SUDDEN SILENCE » est un épisode de 30 minutes de la série « THE FORD TELEVISION THEATRE », réalisé par Lewis Allen. C'est également le premier téléfilm qu’ait tourné Barbara Stanwyck, qui allait devenir une familière du média dans les années à venir.

Le scénario est très original, puisqu’il s’agit d’un western vu du côté de l’épouse d’un shérif. Pendant que celui-ci part travailler en ville, sa femme reste seule avec son jeune fils très malade et la menace d’un vieillard ivre de vengeance qui risque de surgir d’un moment à l’autre. Mais les femmes ne règlent pas les problèmes de la même façon que les ‘gunfighters’ : quand l'homme arrive enfin, les colts au poing, prêt à venger son fils pendu à cause du shérif, Stanwyck le convainc de l’aider à soigner le sien. Et tout rentre ainsi dans l’ordre, le plus pacifiquement du monde.

SUDDEN SILENCE

Ce petit western en chambre est tendu, bien écrit, imprévisible. Stanwyck est parfaite dans ce qui ressemble beaucoup à un ‘one woman show’. Solitaire et méprisante envers ses voisins au début du film, elle sera à la fin une véritable femme de l'Ouest.

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 08:02

OBSESSIONS (2)Julien Duvivier fut et reste un des grands réalisateurs de l’Histoire du cinéma français. Il avait marqué les esprits avec l’inoubliable « UN CARNET DE BAL » (récemment édité par Gaumont à la Demande), exemple rare de réussite dans le domaine du film à sketches. C'est aux U.S.A. qu'il récidive avec « OBSESSIONS » qui s’avère être un drôle d’objet.

Divisé en trois parties, trois courts-métrages indépendants en fait, trèsOBSESSIONS (1) vaguement reliés par des allers-retours dans un club où deux gentlemen dissertent sur les rêves et les superstitions, le film n’a aucune cohésion, ni même de fil rouge. Le premier sketch est une jolie fable onirique et naïve sur la « beauté intérieure », dans une ambiance de carnaval baroque évoquant parfois le réalisme poétique cher à Prévert. Le second film – le plus lisible et efficace – est une sorte de précurseur à la série « TWILIGHT ZONE » : le cartomancien Thomas Mitchell prédit à OBSESSIONSl’avocat Edward G. Robinson qu'il va bientôt assassiner quelqu’un. D’abord incrédule, celui-ci va bientôt devenir obsédé par la prédiction et n’aura de cesse d’avoir effectivement tué n'importe qui, pour retrouver la sérénité. Intéressante variation sur le destin et ses méandres, à la chute prévisible mais bienvenue.

Pour ce qui est du dernier segment, il faut déjà accepter Charles Boyer en funambule de cirque (sic !) et vouloir décrypter cette histoire de cauchemar prémonitoire dont la finalité est à peu près incompréhensible. Heureusement, Barbara Stanwyck illumine tout cela dans un rôle de voleuse en cavale, dont la love story sur un paquebot n’est pas sans évoquer son personnage dans « UN CŒUR PRIS AU PIÈGE ».

Bien cadré et magnifiquement photographié, « OBSESSIONS » est un film-prétexte, une sorte d’exercice de style sans réelle raison d’être, qui ne vaut aujourd'hui que pour le « complétiste » de l’immense Duvivier dont on attend toujours les chefs-d’œuvre « LA BELLE ÉQUIPE » et « LA FIN DU JOUR » en DVD. Pour patienter…

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 16:34

« L'HOMME AU MANTEAU NOIR » est un drôle de petit film situé en 1848 à New York et confiné dans un ou deux décors de studio. Une jeune française débarque chez un MAN CLOAKcompatriote, un ancien compagnon de Napoléon exilé (Louis Calhern). Le vieil homme est entouré de sa maîtresse (Barbara Stanwyck) et de domestiques qui n’en veulent qu’à son argent et font tout pour le pousser vers le tombeau. Mais Leslie Caron veut aussi son argent pour le donner au petit-fils du vieillard, afin de financer la République en France. Elle sera aidée par un mystérieux personnage, portant une cape noire et buvant plus que de raison (Joseph Cotten). L’essentiel du rôle de Cotten consiste d'ailleurs à se servir à boire et à vider bouteille après bouteille…

Tout cela est bien filandreux et le suspense est quasi-inexistant. On sent par moments une volonté de recréer une atmosphère à la Jack l’Éventreur, mais aucune piste du scénario ne va jusqu'à son terme. Ce n’est qu’après l’épilogue, quand on apprend l’identité de Cotten (ATTENTION : SPOILER !) qu’on comprend que l’histoire n’était en fait qu’un jeu de piste. L'homme n’est en effet autre qu’Edgar Allan Poe ! Et ce nom d’emprunt qu'il utilise (Dupin), ce corbeau appelé ‘Villon’, ce vieil homme paralysé, ce poison mortel, lui serviront de source d’inspiration pour ses récits horrifiques. Une conclusion sympathique et intelligente, qui remet un peu le film en perspective, mais ne suffit pas à le rendre passionnant.

Cotten, excellent acteur, n’a pas vraiment l’étoffe d’un premier rôle, Caron surjoue l’innocence et la candeur et Stanwyck, malgré sa place au générique, n’a au fond qu’un second rôle de garce mûrissante et âpre au gain. À retenir tout de même, l’éclat de rire incroyablement vulgaire qu'elle lâche quand le majordome veut l’embrasser de force. Inoubliable !

MAN CLOAK (1)

 

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