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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 08:50

ELECTION
Puisant sans complexe dans l’imagerie collective héritée des « PARRAIN » et des « AFFRANCHIS », Johnnie To plonge au cœur des Triades, pour en dévoiler progressivement les us et coutumes. La plus surprenante étant cette élection quasi-démocratique du parrain en chef, à la tête des familles pendant deux ans. « ÉLECTION »ELECTION (1) est étrangement construit, alternant les séquences statiques et bavardes entre vieux mafieux négociant autour d’une table, et celles centrées sur des hommes de main courant de façon tout à fait anecdotique, après un sceptre ancestral, symbolisant le pouvoir suprême.

Le film en ressort un peu arythmé, parfois confus, et il faut s’accrocher pour identifier les protagonistes, comprendre leurs motivations, leurs alliances, saisir les enjeux.

« ÉLECTION » est heureusement porté par l’énergie maniaque de Tony Leung Ka Fai, survolté dans le rôle du challenger sans foi ni loi, sorte de Joe Pesci hongkongais. Et quand arrive la conclusion de cette longue course-poursuite, la fin de ces voltefaces continuelles, c'est d’une telle férocité, qu’on en reste coi. Jouant avec les grands mythes, Johnnie To fait tuer Caïn par Abel sous les yeux d’un enfant, et avec une violence inouïe, remettant en une seule scène, tout ce qu’on vient de voir en perspective.

Le pouvoir appartient-il aux plus corrompus, ou corrompt-il ceux qui l’obtiennent ? That, folks, is the question…

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 16:35

Il faut bien avouer que les polars de Hongkong, avec leurs fusillades au ralenti, leursVENGEANCE « gunfighters » tirant à deux revolvers, leurs sempiternelles histoires de tueurs à gages au cœur d’or, ont été tellement pillés par Hollywood, que l’idée d’en voir un autre, qui plus est avec Johnny Hallyday, n’avait rien d’excitant.

On le sait, « VENGEANCE » était écrit, conçu même pour Alain Delon, et le protagoniste se nomme Costello comme dans « LE SAMOURAÏ ». En imaginant l’acteur melvillien dans le rôle, tout prend son sens, sa raison d’être. Car en fait, « VENGEANCE » est davantage un film sans Alain Delon, qu’avec Johnny Hallyday. Là, où le premier aurait pu trouver son chant du cygne, le second passe comme un fantôme, tout en creux et en absence, se faisant même voler la vedette par ses trois partenaires jouant les tueurs à sa solde.

Malgré tout, le film vaut mieux qu'il ne paraît. Si on passe sur la pauvreté du dialogue, quelques séquences comme la bataille dans la décharge, ou Costello sur la plage avec les enfants, sont très belles. Johnnie To puise son imagerie dans « MEMENTO », « LOST IN TRANSLATION », Melville (même si c'est moins flagrant qu’on a VENGEANCE (1)bien voulu le dire), Peckinpah, et traite du thème de la vengeance avec un œil neuf. Qu'est-ce que la vengeance, si on ne sait plus qui on venge, ni pourquoi et qu’on a oublié le sens même du mot ? Pourtant, Costello ira au bout de la sienne, le colt chargé et le cerveau vide.

« VENGEANCE » a été plutôt assassiné par la presse. C'est injuste, car il contient quelques pépites, et Johnny, le visage abîmé à la façon d’un Mickey Rourke compose une touchante silhouette de presque vieillard, un pied dans la tombe. Reste qu’on ne peut s’empêcher pendant tout le film, d’imaginer ce qu'il aurait pu être avec le vrai Costello à l’image…

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 17:01

Le scénario, et la personnalité des protagonistes font penser à du Abel Ferrara et tout particulièrement à « NEW YORK, 2 HEURES DU MATIN », mais nous sommes à Séoul, et ce n’est pas du tout la même chose que Big Apple.
Le film démarre lentement, et il faut s’accrocher un peu, pour ne pas se décourager. Mais peu à peu, l’action se resserre sur des enjeux extrêmement basiques, et à notre grande surprise, ce n’est pas l’enchaînement de péripéties, qui maintient l’intérêt, mais l’évolution à vue du « héros », qui de petit proxo vaguement répugnant, devient progressivement un être humain à part entière, au cours sa quête nocturne, saisi par la compassion, le dégoût, et la révolte.

On est tellement accoutumé (formaté ?) aux codes hollywoodiens, que lorsqu’une héroïne meurt de façon horrible, à quelques minutes d’être sauvée, lorsqu’on ne prend pas la peine d’expliquer pourquoi une fillette est retrouvée évanouie dans une ruelle, qu’on massacre un chien à coups de masse, et que les flics se révèlent de bout en bout d’une splendide incompétence, on est tout dérouté.

C'est ce dépaysement, géographique et narratif, qui fait tout le prix de « THE CHASER », film évidemment trop long, parfois trop lent, qui se joue des clichés, et propose – outre l’ex-flic devenu mac – un personnage de serial killer incroyablement crédible, loin de toute flamboyance complaisante. L’acteur Jung-woo Ha passe d’un masque de benêt apathique, à celui de prédateur sanguinaire, avec une époustouflante maîtrise.

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 11:19

Une étrange relation existe entre le western et le cinéma japonais, qui dure depuis les années 50. Ainsi, quand on l’interrogeait sur le style de ses films « de sabre », Akira Kurosawa revendiquait haut et fort l’influence de… John Ford.

Le premier remake officiel fut « LES 7 MERCENAIRES », dont la trame était calquée des « 7 SAMOURAÏS » de Kurosawa, justement.

Ce maître du cinéma nippon inspira également « L’OUTRAGE », remake complètement raté de son magnifique « RASHOMON », et surtout « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS », calqué – officieusement, par contre ! – sur « YOJIMBO ».


En règle générale, les personnages de chasseurs de primes solitaires du western italien, doivent beaucoup aux samouraïs des classiques japonais, mais le cinéma du pays du Soleil Levant rendit la politesse au western, avec le très beau « GÔYOKIN », fresque enneigée et sanglante, directement inspirée par l’univers du « GRAND SILENCE ».

Un très curieux mariage d’intérêt entre l’Est et l'Ouest, qui ouvertement, ou de façon plus souterraine, n’a cessé d’influencer l’un et l’autre. Les deux univers n’ont dialogué face à face qu’une seule fois : au bord d’une rivière, dans « SOLEIL ROUGE », où un samouraï et un hors-la-loi réalisaient à quel point ils étaient jumeaux. Le fait que les rôles étaient tenus par un des « 7 SAMOURAÏS » et un des « 7 MERCENAIRES » ne gâchait évidemment rien !

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 13:21

L’Est est à l’opposé de l'Ouest, c'est de notoriété publique, et rien a priori, ne laisserait supposer que les deux mondes pourraient se mêler. Du moins au cinéma. Bien sûr, tout le monde sait que la plupart des ouvriers du chemin de fer étaient chinois, et traités en semi-esclaves, tandis que les albums de « LUCKY LUKE » nous apprenaient que les plus chanceux devenaient blanchisseurs, et s’appelaient généralement Ming-Li-Foo. Mais quelques westerns ont tout de même exploré plus avant, ces difficiles relations Est-West, pour des résultats parfois intrigants.


Ainsi, le premier acteur japonais à faire un tour au Far West fut le légendaire Tatsuya Nakadai, dans « 5 GÂCHETTES D’OR », même si l’évènement est quelque peu faussé par le fait qu'il joue un… Mexicain. Son compatriote et fréquent partenaire à l'écran, Toshirô Mifune marquera plus de points, en jouant le samouraï Kuroda dans « SOLEIL ROUGE », où il vola la vedette à Charles Bronson, westerner pourtant aguerri.

Le western italien créa un personnage de Chinois adepte d’arts martiaux, et incarné par Chen Lee, dans « MON NOM EST SHANGHAÏ JOE » et sa sequel « CHE BOTTE, RAGAZZI ! ». La même année apparaissait à la TV U.S. la série « KUNG FU », bâtie sur un concept similaire, et dans laquelle David Carradine incarnait un moine chinois, errant dans l'Ouest, où il tentait d’appliquer la sagesse enseignée par ses maîtres.
Toujours à la même époque, et pour profiter du filon, Lo Lieh fut associé à l’emblématique Lee Van Cleef dans le désolant « LA BRUTE, LE COLT, LE KARATÉ ». Quelques années plus tard, Alice Carter est la maîtresse chinoise soumise de Jack Palance dans « YOUNG GUNS ».

Au début des années 2000, ce sous-genre renaît brièvement de ses cendres avec « SHANGHAÏ KID », dans lequel Jackie Chan vient sauver une princesse (Lucy Liu) dans l'Ouest sauvage.

Sept ans plus tard, « SUKIYAKI WESTERN DJANGO », un film japonais est à peu près aussi bizarre que son titre, et deux ans après, le film coréen « LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ » est un hommage déjanté à Sergio Leone.

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