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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 17:22

Le film entame son long marathon de 2 H 15 par la prise de Nankin par les Japonais. Et ce début dans la ville déjà en ruines, avec ces snipers embusqués, fait immédiatement penser à « FULL METAL JACKET ». Ensuite, quand les vainqueurs prennent possession des lieux et desCITY survivants, le CinémaScope noir & blanc, la montée progressive de l’horreur et de l’émotion, la prise de conscience de certains personnages renvoient plutôt à « LA LISTE DE SCHINDLER ». Pas de mauvaises références ! Et « CITY OF LIFE AND DEATH » sans égaler ses prédécesseurs n’en est pas indigne non plus.

C'est avec pudeur que le réalisateur montre ce dont sont capables les hommes quand ils en tiennent d’autres sous leur coupe. Les séquences de bordels improvisés, où les soldats nippons se défoulent sur quelques survivantes faméliques et malades, jusqu'à la mort, sont absolument écœurantes.

Le film chamboule des certitudes : ainsi le « juste » qui tente de sauver quelques âmes n’est autre qu’un vieil Allemand. Et surtout… un nazi ! Son secrétaire chinois, un collabo obséquieux et soumis, évolue progressivement jusqu'à devenir une figure héroïque. Quant aux deux officiers japonais, le monstre froid et l’à peu près humain, nul n’est besoin de se demander lequel s’en sortira dans ce monde-là.

« CITY OF LIFE AND DEATH » est un film parfaitement maîtrisé, jamais long ou ennuyeux, parsemé de quelques piques émotionnelles très puissantes. Il faut cependant avoir le cœur bien accroché et surtout un moral d’acier pour encaisser ces deux heures âpres et sans aucune concession sentimentale. « War is hell », dit-on. Et cet enfer ressemble fort à Nankin.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 07:33

YOJIMBO (2)Si « LES 7 MERCENAIRES » est une transposition assumée des « 7 SAMOURAÏS », « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS » est bel et bien un remake inavoué de YOJIMBO (1)« YOJIMBO » (également connu en France sous le titre « LE GARDE DU CORPS »), jusque dans le moindre détail. Et on peut même déceler çà et là les germes de tout le cinéma de Sergio Leone : les duels interminables dans les bourrasques de poussière, la façon qu'a Sanjuro de porter le kimono, lui donnant l'air d'un manchot (surnom de Clint Eastwood dans « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS ») et même la branche que mâchouille le samouraï au début du film, annonçant clairement le célébrissime cigarillo. Le personnage de Tatsuya Nakadai avec son colt U.S. crée un pont supplémentaire avec le western.

Le thème de « YOJIMBO » est connu et a souvent resservi ne serait-ce que dans « MILLER’S CROSSING » ou « DERNIER RECOURS ». Mais c'est l'extrême stylisation de la mise en scène d’Akira Kurosawa, sa maîtrise du cadre et la performance de Toshirô Mifune, exceptionnel en mercenaire dépenaillé et vieillissant, à la fois spectateur et manipulateur, qui font de ce film un purYOJIMBO (3) chef-d'œuvre de cinéma. La BO est très étonnante, le ‘gore’ penche vers la farce (le chien avec une main coupée dans la gueule), et les seconds rôles sont parfois burlesques (le gros frère vantard). Un grand film baroque, qu'aucun remake n'est parvenu à supplanter.

Sorti deux ans plus tard, « SANJURO » tourné par la même équipe et avec le même protagoniste est un film très différent : moins baroque, moins stylisé, plus rapide et humoristique, il se déroule comme une longue partie d'échecs, où des camps adverses se manipulent les uns les autres sous la férule de deux samouraïs-mercenaires antagonistes mais quasi jumeaux.

Ce qui surprend avant tout, dans « SANJURO », c'est la cocasserie des seconds rôles : la femme du gouverneur YOJIMBOpacifiste et précieuse qui influence le comportement de Sanjuro, les neuf jeunes crétins exaltés toujours prêts à foncer droit dans le mur (comment ont-ils pu survivre aussi longtemps, avant l'arrivée du ronin ?), le garde « repenti » qui passe tout le film à sortir et rentrer dans son placard et se montre bien plus futé et utile que ses geôliers en perpétuelle effervescence, etc. Mifune lui-même, de plus en plus cradingue, mal embouché et désinvolte, pousse son personnage de « YOJIMBO » à l'extrême limite du pastiche. Autre revenant de ce film, mais dans un autre rôle, le grand Tatsuya Nakadai joue son nemesis constamment dupé, sans jamais perdre sa dignité.

Film sur les apparences trompeuses, la nostalgie des idéaux perdus, la fatalité de la violence, « SANJURO » n'a pas tout à fait l'aura de son prédécesseur, mais n'est en rien indigne de lui. Délectable.

Notons que si Le premier film annonçait de façon aveuglante les prémices du cinéma de Leone, la dernière giclure de sang de « SANJURO », inattendue et monstrueuse, a probablement dû marquer Sam Peckinpah.

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 09:32

HARAKIRI (3)Tout a été dit sur « HARA-KIRI », chef-d’œuvre d'une noirceur, d'un désespoir suffocants, qui présente un samouraï réduit à la misère et l'impuissance, qui voit dépérir et disparaître sa famille sans rien pouvoir faire pour la sauver. C'est quand il a passé le point de non-HARAKIRI (2)retour, l’humiliation suprême, que le vieux ‘ronin’ redevient une ultime fois ce qu'il fut jadis. Lion à la merci des chacals (pour reprendre une analogie de Jean-Pierre Melville parlant de son « DEUXIÈME SOUFFLE »). La construction en flash-backs progressifs, les cadrages au cordeau, quasi-géométriques, laHARAKIRI (1) violence qui monte lentement comme un tsunami souterrain, tout est maîtrisé avec un art consommé de la mise en scène et du montage.

Tatsuya Nakadai compose un personnage extraordinaire : épouvantail décharné, sans âge, ombre famélique de ce qu'il fut, il retrouve progressivement son honneur, assis immobile au centre d'une cour, tenant ses auditeurs captifs jusqu'à la révélation finale, magistrale.

Comme à la fin de « REBELLION », la véritable odyssée personnelle de ce héros anonyme ne sera connue de personne et l'ordre établi triomphera encore une fois de ces guerriers obsolètes et encombrants, qui n’ont qu’un ultime recours : choisir leur propre mort.

De nombreuses images indélébiles, comme ce duel entre deux hommes armés de sabres, sous un ciel d’orage, indifférents aux bourrasques de vent.

HARAKIRI

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 20:54

SABRE DU MAL (3)« LE SABRE DU MAL » fait partie de ces films finalement assez rares qui, une fois visionnés, ont du mal à disparaître tout à fait de l’inconscient du spectateur. Totalement dépaysant, hanté par une folie rampante, ce film d'une noirceur inégalée fait se croiser SABRE DU MALplusieurs destins, présente des personnages plus ou moins positifs, mais finit par tous les délaisser, pour se focaliser sur le pire d'entre eux, le samouraï fou. SABRE DU MAL (4)

Entre deux morts violentes, Tatsuya Nakadai ne fait que se traîner, boire, attendre l'occasion de sortir son sabre pour mutiler et tuer, avec une expression chavirée dans le regard. Face à Toshirô Mifune qui campe le héros traditionnel japonais avec toute sa noblesse naturelle, Nakadai semble annoncer un nouveau style de « héros » (« Les temps changent » est-il annoncé dans une réplique qu'aurait pu écrire Sam Peckinpah) : sans Dieu ni maître, sans idéal, sans âme. La fin des samouraïs en SABRE DU MAL (1)somme et l'arrivée des temps modernes. L’étrange physique de Tatsuya Nakadai, la fièvre brouillant son regard, n’ont peut-être jamais été aussi bien utilisés.

Le carnage final est stupéfiant : commençant de façon familière dans ce genre de film, il fait s'affronter dans la grande tradition du genre, un homme seul contre cent. Mais au fur et à mesure, la scène perd de ses côtés épiques et héroïques pour virer à la boucherie pure et simple. Le « héros », n'est plus qu'un pantin désarticulé à bout de fatigue, ivre de sang, qui ne semble tenir que par sa démence et son goût insatiable de la mutilation. Un grand moment de cinéma et une terrible réflexion sur le spectacle de la violence. Vous aimez les scènes d’action au cinéma ? semble dire le réalisateur. En voilà. Jusqu'au malaise, jusqu'à la nausée. Le même genre de démarche qu’aura Eastwood dans son sublime « IMPITOYABLE ».

Terrassant !

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 07:45

REBELLION (2)« REBELLION » est une œuvre magnifique, d'une sobriété, d'une dignité rares, décrivant un personnage plus profond et réaliste que de coutume dans ce genre de récit : vieux lion apprivoisé, soumis depuis trop longtemps, résigné à être constamment humilié (l'ouverture montrant le vieux samouraï affrontant un... mannequin d'osier est extrêmement parlante), l'emblématique Toshirô Mifune (qui est au Japon ce que John Wayne est aux U.S.A.) se réveille quand il voit l'amour en face pourREBELLION la première fois (son fils et son épouse, amants maudits) et l'injustice aveugle dont il a lui-même toujours été victime. Il faut attendre la fin, pour que la violence explose, mais la montée de la révolte est admirablement rendue.

Souvent tué par Mifune dans les films de d’Akira Kurosawa, le génial Tatsuya Nakadai joue un rôle secondaire mais passionnant. Présenté comme une sorte de « Jiminy Cricket » de Mifune, à la fois son ami et sa mauvaise conscience, il fait tout pour éviter l'affrontement entre eux, mais finit par y céder par sens du devoir (et de la compétition ?). Beau duel, rappelant ceux du western italien, entre deux hommes qui ne se haïssent pas. Bien au contraire. Il n'en reste pas moins que par sa ruse, son ambivalence (ne fait-il pas tout, au début, pour manipuler son ami, pour le faire sortir de ses gonds ?), sa connaissance parfaite de l'âme humaine (la scène où il se joue de sa hiérarchie), Nakadai crée un personnage qui aurait pu être largement plus développé.

REBELLION (1)

« REBELLION » est un grand et beau film, sur un homme presque vieux qui à deux doigts de la mort « se sent vivre pour la première fois ». Parce qu'il a su se dresser. In extremis…

 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 16:39

2 SOEURSFortement ancré dans un courant du cinéma fantastique qui va de « L’AUTRE » de Robert Mulligan au plus récent film espagnol « LES AUTRES », « 2 SŒURS » déroule très lentement sa thématique, mêlant de façon de plus en plus perturbante temps réel, flash-backs, imaginaire et cauchemars, jusqu'à créer un univers clos étouffant et sans2 SOEURS (1) échappatoire.

Nous l’avons dit, le rythme est lent, très lent, et il faut s’accrocher un peu pour profiter de l’évidente intelligence de ce film élégant qui se joue de nos attentes. Ainsi la chute que l’on soupçonne depuis un moment, survient-elle… 40 minutes avant la fin, laissant place à des développements encore plus atroces. D'ailleurs, c'est un des charmes de ce film que de ne pas tout dévoiler. À la fin, la réalité des choses ne saute pas automatiquement aux yeux et il faut y réfléchir à deux fois pour tout comprendre, pour saisir tous les tenants et aboutissants, démêler le vrai du faux. Sans y parvenir obligatoirement. Ou alors en en créant sa propre version. Tout l’inverse de Shyamalan, en somme.

La photo est d’une grande finesse, la musique parfaitement choisie et les fulgurances « fantastiques » renvoient au cinéma d’horreur japonais à la « RING ». Mais « 2 SŒURS » est coréen et ne se laisse jamais entraîner vers la série B. Un film exigeant donc, pas facile d’accès, auquel on repensera. Forcément.

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 18:31

NINJA (1)Tiens… Un film intitulé « NINJA ASSASSIN » produit par les frères Wachowski et réalisé par l'homme qui signa l’intéressant « V POUR VENDETTA ». Voilà qui titille – modérément, mais quand même – la curiosité.

« NINJA ASSASSIN », c'est en fait un détournement de la vieille série télé « KUNG FU ». Ici, maître Pô est devenu fou et au lieu de former de gentils moinillons à attraper des galets, il les entraîne à la dure, à devenir desNINJA assassins redoutables en survêt noir à capuche. Heureusement, le ‘Petit Scarabée’ va se révolter et aider la CIA à démanteler l’organisation de Pô. C'est tout ? C'est tout. Pour le reste, c'est une succession ininterrompue de bastons fort bien réglées, mais rendues quasi inintelligibles par la pénombre et un montage hystérique, et de plans gore dont l’extrême violence est atténuée par l’utilisation de F/X numériques qui laisse une sensation de jeu vidéo.

N’oublions pas l’héroïne, une enquêtrice trop curieuse qui endosse le vieux rôle de Rae Dawn Chong dans « COMMANDO » et sert de faire-valoir/chauffeur/infirmière à notre Ninja. À ce sujet, il est heureux que celui-ci se régénère par la seule force de sa concentration, parce qu’avec tout le sang qu'il perd pendant le film, il y a de quoi fournir un centre de transfusion pour un bon trimestre.

Débile mais bien fichu, « NINJA ASSASSIN » ressemble davantage au « pilote » d’une série TV (de luxe) qu’à un long-métrage, mais il peut faire passer un moment agréable, sans aucun risque de céphalée.

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 12:14

HUANG SHI (1)Quand on pense au réalisateur Roger Spottiswoode et à un film relatant l’aventure d’un journaliste dans un pays en proie à la guerre civile, on pense aussitôt au superbe « UNDER FIRE ». C'est pourquoi en découvrant le sujet de « LES ORPHELINS DE HUANG SHI », on se dit qu'il y a de fortes chances qu’on voie un beau film.HUANG SHI

Hélas, presque trente ans ont passé depuis « UNDER FIRE », et le présent film ressemble à une minisérie télé condensée en deux heures : la narration est heurtée, elliptique comme un « best of », les personnages sont à peine esquissés. Le « climax » du film, la longue marche de trois mois dans les montagnes enneigées, semble ne durer qu’une petite semaine, tant la réalisation « tous publics » aseptise les horreurs de la guerre et la souffrance des enfants pris dans la tourmente.

C'est avec plaisir qu’on retrouve les vétérans Chow Yun-Fat et Michelle Yeoh, mais ils n’ont que des rôles périphériques, les vedettes étant le fatigant Jonathan Rhys Meyers, systématiquement survolté et Radha Mitchell qui traverse le film en touriste.

« LES ORPHELINS DE HUANG SHI » aurait eu besoin d’un David Lean ou à l’extrême opposé d’un Werner Herzog, pour tonifier cette épopée humaine, qui se résume ici à une succession d’images d’Épinal pasteurisées, ne laissant jamais filtrer la moindre étincelle de vie ou d’émotion.

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 08:21

EXILE
Le scénario de « EXILÉ », visiblement improvisé au jour le jour, semble n’exister que pour rendre hommage aux maîtres de Johnnie To.

Sergio Leone tout d’abord : le film s’ouvre comme « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », EXILE (1)tablant sur l’attente et la dilatation du temps, un des personnages joue de l’harmonica. « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » de façon plus anecdotique (l’arme giclée dans la rivière à coups de revolver), « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » (les lingots d’or) et « IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE » à travers ces tueurs amis d’enfance.

L’autre influence, tout aussi puissante est « LA HORDE SAUVAGE » de Sam Peckinpah. Et particulièrement cette phrase prononcée par un vieux Mexicain : « Nous rêvons tous de redevenir des enfants. Surtout les pires d’entre nous ». En effet, la bande des cinq, même s’ils sont devenus des assassins professionnels, gagnant leur vie en flinguant des gens pour le compte de mafieux épouvantables, retombent en enfance dès qu'ils se retrouvent en pleine nature, chahutent comme desEXILE (2) collégiens. Ils rêvent comme des ados immatures, se font des farces idiotes, et passent leur temps à rire. Le final est rigoureusement calqué sur celui de « LA HORDE SAUVAGE » : le sauvetage suicidaire de l’ami laissé derrière, le sourire avant l’apocalypse…

C'est cette dimension ludique presque onirique par moments, qui fait le prix de « EXILÉ », et aide à supporter les « gunfights » de rigueur, quelque peu répétitifs et lassants depuis la grande époque de John Woo, et qui ont du mal à se renouveler.

Johnnie To a un univers, qu'il maîtrise parfaitement, il dirige ses comédiens avec fermeté, tout particulièrement Anthony Wong, excellent en tueur triste et renfermé qui a perdu le goût de tuer, avec son visage à la Paul Meurisse.

Le relâchement du scénario, son manque d’ossature solide, entraînent parfois des chutes de rythme, des lenteurs inutiles, mais « EXILÉ » dégage une poésie inattendue, une sorte de joie de vivre désespérée qui le différencient des polars de Hongkong habituels, et le rattachent au western crépusculaire des années 70.

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 17:12

ELECTION 2 (1)
Le tout n’est pas d’arriver au pouvoir, c'est de savoir y renoncer le moment opportun. Et ce n’est pas donné à tout le monde. C'est ce que nous apprennent tous les jours le monde de ELECTION 2la politique, ainsi que « ÉLECTION 2 », rare exemple de sequel très supérieure à l’original. Le film reprend l’histoire deux ans après, au moment où Lok va devoir restituer le sceptre, et que les vieux mafieux s'apprêtent à élire un nouveau délégué.

Leur choix se porte sur Jimmy, un homme d’affaires qui ne rêve que de respectabilité, et qui pour l’obtenir est prêt à vendre son âme au diable, à se parjurer, à trahir, à commettre des actes de barbarie à mains nues, à devenir un véritable monstre. La longueELECTION 2 (2) séquence de torture s’achevant dans un hachoir à viande, va très loin…

Johnnie To signe là une œuvre tout à fait fascinante sur les ravages du pouvoir, nous plonge dans ce nid de tarentules avec perversion, nous obligeant à prendre parti pour l’une d’elles, pour mieux nous révéler la noirceur de son cœur. Et donc… du nôtre. Celui qui nous semblait monstrueux dans le premier film, apparaît à présent comme un amateur, comparé à ceux qui trépignent pour prendre sa place. Et celui-là même qui l’obtiendra enfin, réalisera qu'il a été le jouet d’encore pire que lui. C'est une spirale sans fin, qui donne le vertige.

ELECTION 2 (3)
Dans le rôle de Jimmy, Louis Koo est fabuleux, calquant son jeu sur le Pacino du « PARRAIN – DEUXIÈME PARTIE » (le scénario empruntant d'ailleurs abondamment dans la 3ème), et les seconds rôles sont bien typés, particulièrement « Motard », l'homme de main reptilien.

Un très beau diptyque qui laisse – une fois n’est pas coutume ! – espérer une nouvelle suite.

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