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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 16:46

Sam Elliott et son épouse Katharine Ross, ont tourné sept films ensemble, dont cinq westerns. La personnalité rugueuse de Monsieur, alliée à sa voix caverneuse, et sa généreuse pilosité, contrastait idéalement avec la douceur de Madame, ses traits délicats et sa silhouette gracile.

En 1978, alors que le cinéma cherchait encore à capitaliser sur le succès de « L’EXORCISTE », ils sont partis pour l’Angleterre, tourner « PSYCHOSE PHASE 3 » (fabuleux titre français, qui n’a rien à voir avec rien !), sous la direction d’un bon réalisateur, Richard Marquand, qui signera « LE RETOUR DU JEDI », et l’excellent thriller « À DOUBLE TRANCHANT ».

Hélas, le scénario ne laissait guère de chance à quiconque de briller. C'est une sorte de « DIX PETITS NÈGRES », mâtiné de démonologie, tourné en huis clos dans une magnifique demeure, dans laquelle quelques cabots brittons comme Charles Gray ou Hildegard Neil et même le chanteur Roger Daltrey, sont venus payer leurs impôts. On peut au début, se laisser prendre par la claustrophobie de l’ambiance, surtout lors du passage où le couple vole une Rolls pour s’enfuir, et que toutes les routes qu'ils empruntent, les ramènent systématiquement à la maison maudite. Une vraie logique de cauchemar, assez stressante.


Pour le reste, on suit passivement une succession de meurtres méthodiques et peu imaginatifs, en attendant la résolution finale d’une énigme qui… ne vient jamais. Le méchant disciple de Satan moribond, se devait de tuer tout le monde, sauf son héritière. Voilà tout !

Sam Elliott, qui paraît déguisé sans son stetson et ses colts, fait ce qu'il peut d’un rôle inepte de « fiancé » bougon, et le seul vrai point positif du film, c'est encore le plaisir de revoir Katharine Ross, la « Sundance woman », plus ravissante que jamais, et qui a bien du mérite d’avoir gardé son sérieux, pendant quelques séquences impossibles à jouer.

« PSYCHOSE PHASE 3 » est une série B de son époque, mais vu le talent des artistes impliqués, on eût aimé qu'ils se rencontrent en meilleure occasion.

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 10:10

Bien sûr, on sait qu’on ne doit pas penser aux deux classiques de James Cameron, bien sûr, on se dit que c'est de toute façon, supérieur à l’affligeant n°3, bien sûr, on se dit que les effets numériques sont extraordinaires… Bien sûr.

Mais on a, malgré toute notre bonne volonté, beaucoup de mal à entrer dans l’univers de « TERMINATOR RENAISSANCE ». Par la faute d’un scénario (ou faisant office de), qui enchaîne morceau de bravoure sur morceau de bravoure, fusillades, poursuites, explosions, bagarres, hurlements, sans une minute de pause. Par la faute d’un Christian Bale aux poses « viriles » lassantes, et de seconds rôles bâclés (pourquoi aller déranger la vénérable Jane Alexander, pour faire une figuration ?). On reste donc complètement extérieur à ce spectacle indéniablement bien exécuté, mais sans âme, dont les seuls moments qui surnagent, sont les clins d’œil aux premiers films, comme le vieux Polaroïd de Sarah Connor, ou l’apparition virtuelle d’un Schwarzenegger magnifiquement rajeuni, dans l’usine à cyborgs.

« TERMINATOR RENAISSANCE », n’est pas vraiment le 4ème « TERMINATOR », mais plutôt le premier film d’une nouvelle « franchise », un peu comme les « ALIEN vs. PREDATOR », par rapport à la tétralogie des « ALIEN ». L’amateur de jeux vidéo appréciera, probablement.

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 17:10

Remake d’une série B d’horreur des années 70, « TOOLBOX MURDERS » ramène Tobe Hooper au « slasher » claustrophobique et verdâtre, comme à la grande époque de son « CROCODILE DE LA MORT ». Hélas, si le point de départ est intrigant, et le décor de ce vieil immeuble hollywoodien prometteur, le scénario ne tient pas la distance, et s’essouffle beaucoup trop vite, pour s'enliser dans le gore le plus banal sur la fin.

Si le film vaut le coup d’œil, ce sera pour la présence d’Angela Bettis, découverte à la télé dans un autre remake, celui de « CARRIE » où elle parvenait vraiment à faire oublier Sissy Spacek, et surtout dans le rôle-titre du traumatisant « MAY ». Si dans ces deux films, c'est elle qui suscitait la peur, dans « TOOLBOX MURDERS », elle se retrouve coincée dans un personnage de « scream queen » peu intéressant, auquel on a collé un background inutile et pas convaincant. Sa présence physique et son naturel, parviennent tout de même à donner au film un certain poids de véracité, lui évitant de sombrer complètement dans la série Z. À ses côtés, l’étrange Juliet Landau (fille de Martin, et Barbara Bain) joue une ex-obèse passée à la perceuse électrique par le tueur.

Correctement réalisé, malgré son maigre budget, « TOOLBOX MURDERS » jongle avec tellement de clichés du genre, qu'il faut vraiment y mettre du sien, pour ressentir le moindre frisson. Pour Angela Bettis, donc…

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 09:40

Sam Raimi, ancien « nerd », cinéphile érudit, a signé des films-culte (la trilogie des « EVIL DEAD »), des blockbusters pour ados soignés mais impersonnels (les trois « SPIDER-MAN »), un western baroque (« MORT OU VIF »), une BD « live » tout à fait réussie (« DARKMAN ») et même de vraiment bons films comme « PRÉMONITIONS » et « UN PLAN SIMPLE », dans un parcours éclectique, toujours original.

C'est pourquoi « JUSQU'EN ENFER » peut décevoir. Ce n’est pas un mauvais film certes, mais on est frappé par sa simplicité, sa naïveté parfois (qui n’a pas vu venir la chute finale ?), et l’infantilité des scènes « gore », lourdement insistantes, en tout cas dans la version « unrated » éditée en DVD aux U.S.A.

On ne retrouve le vrai Raimi que dans l’humour pince-sans-rire de certaines situations (c'est tellement dégueu, que ça devient drôle, comme l’agression dans le parking), mais le film ne suscite pas le moindre frisson, ne génère pas le plus petit début de suspense. C'est un exercice de style bien léché, mais sans âme, comme un "film d'horreur pour les nuls", réservé au public adolescent. Le casting, très faible, n’aide pas à se sentir concerné. Seule Lorna Raver, dans le rôle de la vieille Gitane borgne, qui semble sortie tout droit d’un vieux Dario Argento, parvient à composer une silhouette frappante. Les deux jeunes comédiens sont tout bonnement inexistants.

« JUSQU'EN ENFER » apparaît donc comme une petite régression dans la carrière de Sam Raimi, ou peut-être simplement une récréation. À voir…

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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 17:22

« WOLVERINE » n’a rien d’un western, mais il commence à l’époque du western, ce qui n’est pas un hasard, pour un (super)héros qui se présente depuis le premier « X-MEN » comme la version remaniée du Clint Eastwood des premiers films de Leone, impression confirmée par la ressemblance physique évidente entre Hugh Jackman et le grand Clint.

Les premières minutes du film sont absolument étonnantes : le jeune Logan traverse toutes les guerres, depuis celle de Sécession jusqu'au Vietnam, et par-là même, semble aller de « GLORY » à « APOCALYPSE NOW », en passant par « IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN ». Le clin d’œil est aussi drôle que vertigineux, et donne immédiatement le ton.

« WOLVERINE » a été très mal accueilli par la critique, et même les fans de la série « X-MEN », dont il est une prequel. À voir le film, on peut se demander pourquoi. Il est déjà infiniment supérieur au désastreux 3ème film de la franchise, et en tant que spectacle pyrotechnique pour ados, il se situe nettement dans le haut du panier.

L’enchaînement ininterrompu de bastons, de murs arrachés, d’explosions, peut irriter au début, mais à partir de l’arrivée sur l’île, le film prend une bonne vitesse de croisière, et trouve son style. Le scénario utilise toutes les mythologies populaires qui lui passent sous la main, jusqu'à la balle capable de tuer « la bête », sortie tout droit des films de loup-garou, le vieux couple de fermiers, sosies des parents adoptifs de Superman, et la rivalité entre frères, qui vient de beaucoup plus loin : de la Rome antique.

Jackman, tétanisé, les muscles prêts à craquer, remplit sa difficile fonction de héros-martyr avec plus d’intensité que dans le triptyque précédent, l’excellent Liev Schreiber est un formidable nemesis. On a même droit à une apparition clin d’œil (non-mentionnée au générique) de Patrick Stewart aux rides gommées numériquement, dans son rôle du professeur Xavier.

« WOLVERINE » remplit parfaitement son contrat, sans prendre le public (même adolescent) pour des abrutis, et les F/X atteignent un stade de perfection stupéfiant.

Un héros solitaire et mal rasé contre des méchants qui veulent sa peau, une traîtresse séduisante au bon cœur, un duel final… On n’est pas si loin du western, finalement…
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 18:22

« LE SOUFFLE DU DÉMON » est-il un western ? Oui. Enfin, entre autres…

C'est surtout un film-culte brassant des thèmes de satanisme, de démonologie, de shamanisme, en y mêlant une figure de serial killer habillé comme dans un film de Sergio Leone, chapeau et cache-poussière inclus. Dire que tout cela est bizarre, est un doux euphémisme, mais les paysages sud-africains sont franchement sublimes, la photo est magnifique, et la musique, mi-religieuse, mi-morriconienne, donne du souffle à l’ensemble.

Reste que c'est globalement ennuyeux, que le scénario n’avance pas, les dialogues sont pauvrets, et l’acteur Robert Burke n’a aucunement le charisme nécessaire à ce personnage de diable westernien et équarisseur de dames. Le réalisateur aurait peut-être pu éviter ses transformations physiques, qui renvoient de façon presque comique, à la série « BUFFY CONTRE LES VAMPIRES », tournée quelques années plus tard.

Heureusement, la très belle Chelsea Field a une forte présence, et le vétéran Zakes Mokae joue un vieux flic confronté au racisme rampant de ses collègues.

« LE SOUFFLE DU DÉMON » rappelle souvent d’autres films contemporains, que ce soit thématiquement (« MISTER FROST », avec ses polaroïds, et surtout sa conclusion) ou visuellement (« HITCHER »), mais par la qualité de l’image, et quelques plans aériens lyriques, parvient à trouver son identité.

 

À noter que le film a connu plusieurs montages successifs, et que le définitif est à présent disponible en zone 1, sous le titre « DEVIL DUST – FINAL CUT ».

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 07:27

Située entre la guerre d’indépendance et celle de Sécession, « AMERICAN HAUNTING » n’a pas grand-chose à voir avec un western, hormis l’époque et le pays où l’action se déroule. Inspirée de faits réels, cette production anglaise sans grands moyens, chasse sur les terres de « L’EXORCISTE » (tout ce qui se passe dans la chambre de Betsy), mais son scénario est lourdement influencé par le magnifique film espagnol « LES AUTRES », et surtout par « TWIN PEAKS, FEU MARCHE AVEC MOI », pour ce qui est de la thématique et – attention, spoiler ! – de sa conclusion-explication.

Il y a quelques excellents moments de trouille pure, qui donnent le frisson, comme la petite fille sur la balançoire, des images-choc réussies comme cet accident de calèche spectaculaire, mais le récit est terriblement répétitif et monotone, comme si les évènements peinaient à remplir les 90 minutes réglementaires. Le principe de faire avancer le récit, puis soudain de révéler que ce n’était qu’un cauchemar, finit par laisser la sensation d’un piétinement.

Le film est surtout le plaisir jamais démenti de retrouver Donald Sutherland, qui s’est fait une tête extraordinaire, et Sissy Spacek toujours aussi intense et impliquée, même dans les rôles peu développés comme c'est le cas ici. La jeune Rachel Hurd-Wood ne démérite pas, en digne héritière de Linda Blair.

Un petit film d’horreur, traversé de multiples influences, qui ne prend son envol que lors de brèves séquences horrifiques bien maîtrisées.

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