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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 19:41

Qu’avait donc Sergio Leone contre les petits vieux ?

C'est une question qu’on est en droit de se poser au vu des traitements qu'il leur fait subir dans ses westerns.

Dès « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS », le serviable Silvanito est suspendu devant son saloon, après avoir été copieusement tabassé. Dans « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS », un pauvre télégraphiste âgé est traité « d’insecte » par Clint. C'est plus drôle qu’en v.o. où il était appelé « shorty », autrement dit « nabot ».

PETITS VIEUX
Dans « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND », c'est Sentenza qui s’en prend à un vieillard dans son lit, à qui il fourre son oreiller sur la figure avant de tirer dedans. Bon… Celui-là ne l’avait pas volé.

Dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », c'est l’apothéose : outre le légendaire chef de gare odieusement enfermé dans un placard à balais, on ne peut passer sous silence le nez écrasé du pauvre cacochyme, pendant la vente aux enchères.

Il y a sûrement une explication psychanalytique…
PETITS VIEUX (1)

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 14:43

CHEYENNE HARMONICADifficile d’imaginer deux parcours plus différents que ceux de Jason Robards et Charles Bronson. Deux personnalités aussi diamétralement opposées. Le premier est enfant de la balle, formé au théâtre, il a joué les plus grands auteurs modernes, s’est imposé comme un grand nom de Broadway. Il a épousé Lauren Bacall, et était connu pour son penchant pour la bouteille. Le second est fils de mineur lituanien, formé à l’école des figurations, il a galéré pendant quinze ans, il était sobre comme un chameau et a épousé une starlette anglaise.

Pourtant les deux hommes s’appréciaient beaucoup (ce qu’on peut voir dans un « making of » de « CABO BLANCO »), et ont tourné deux fois ensemble.

Dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », leur amitié naissante était à peu près le seul sentiment chaleureux de tout le film. Ils se retrouvèrent douze ans plus tard pour « CABO BLANCO », sorte de pastiche-hommage des films de Bogart, et jouaient cette fois des ennemis : Bronson était un aventurier exilé au Pérou et Robards un nazi richissime. Dans le film de Leone, Robards succombait à une blessure au ventre sous le regard de Bronson. Dans le film de J. Lee-Thompson, il avalait une capsule de cyanure, toujours en présence du même partenaire.
CHEYENNE HARMONICA (1) 

L’impassibilité minérale de l’un répondait bien à l’ironie fataliste de l’autre, et on aurait aimé qu'ils se retrouvent encore une fois, pour un résultat plus excitant que le très moyen « CABO BLANCO ».

Mais dans l’esprit du public, ils resteront tels que la dernière image de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » les a montrés : deux spectres du vieil Ouest s'éloignant à jamais, laissant place au monde moderne.

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 07:56

INDIENNE WESTQuand les trois tueurs en cache-poussière investissent la petite gare perdue au milieu de nulle part, dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », le vieux chef de gare n’est pas tout seul.

Sur les lieux se trouve aussi une Indienne, une « squaw » en tenue traditionnelle, en train de balayer parterre. Est-elle la compagne du petit INDIENNE WEST (1)vieux ? Sa femme de ménage ? Toujours est-il qu'elle analyse rapidement la situation et… décide de détaler. À pieds dans le désert.

Un des tueurs, Stony (Woody Strode) la suit des yeux pendant qu'elle s’enfuit. Va-t-il lui tirer dessus ? Après tout, elle les a vus, et pourrait les identifier facilement… Non. Il la laisse partir. Car ce qu'il faut savoir (et ce n’est pas évident, car l’Indienne n’est pas créditée au générique), c'est que la brave dame s’appelle Luana Strode, qu'elle est hawaiienne et qu'elle tient ici son seul et unique rôle à l’écran, aux côtés de son mari Woody.

Encore une parcelle de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », par le petit bout de la lorgnette…

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 08:34

Ce qu'il y a d’extraordinaire avec le scénario de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », c'est que tout semble se tenir parfaitement, comme dans un puzzle diabolique, que chaque séquence a sa logique interne, mais que chaque question posée détricote pratiquement tout l’ensemble.

Un exemple ? Le Cheyenne accusé du massacre de la famille McBain, tiens !

Quand Jill arrive à Sweetwater, elle trouve son mari Brett et ses trois enfants morts, au milieu des invités au banquet de noces. Le shérif présent et des témoins ont trouvé un morceau de tissu provenant d’un cache-poussière. Pour eux, c'est une signature : le Cheyenne ! Donc, tout le monde se lance à sa poursuite.
CHEYENNE avocat 

Seul (petit) souci : en chemin – il y a donc une heure ou deux – Jill a vu le Cheyenne dans un relais de diligences. Et celui-ci était prisonnier des forces de l’ordre. Il s’est évadé en tuant ses gardiens, avant d’être rejoint par sa bande et de prendre la fuite. Tout cela, Jill et une dizaine d'autres personnes l'ont vu en direct. Comment le bandit pouvait-il matériellement massacrer les McBain, dans ce cas ?

Ça paraît évident comme ça, mais dans le film, Jill commence par le soupçonner, alors qu'elle mieux que quiconque, pourrait témoigner qu'il est innocent.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 10:46

Suite d’une étude minutieuse des personnages de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » qui à chaque nouveau numéro, soulève de nouveaux lièvres quant au scénario et à sa construction, ou à ses impasses et non-dits.

Aujourd'hui, la famille McBain. Avant tout, ils sont irlandais. Comment le sait-on ? Déjà, ils sont tous roux ! Ensuite, les enfants sont prénommés Patrick, Maureen et Timmy, difficile de faire plus « irish ». Et puis Maureen chantonne « Oh ! Danny boy », juste avant de se faire descendre. Là, plus de doute, ils sont irlandais !

MCBAIN
Le père Brett (Peter dans la v.f., allez savoir pourquoi) est veuf depuis six ans (c'est Patrick qui le dit), il a acheté un morceau de terre aride appelé « Sweetwater » et attend l’arrivée du chemin de fer qui doit traverser sa propriété. Pourquoi en est-il si sûr ? Parce qu'il possède le seul point d’eau de la région, et les trains ont besoin d’eau. Donc il attend, sachant qu’un jour il sera riche et pourra bâtir une ville. D'ailleurs, il a déjà commandé le matériel. À part que M. Morton, proprio du chemin de fer n’a aucune envie de casquer, et envoie son tueur Frank, éliminer toute la famille.

Patrick l’aîné, ne voit pas d’un bon œil l’arrivée de la nouvelle épouse de papa. Pour sa peine, il prend une baffe qui fait le même bruit que celles de Bud Spencer. Maureen est très gentille et douce, c'est une sainte qui a remplacé sa maman. Timmy le cadet, aime chasser avec son « pa » et piquer des pâtisseries.

Ils finiront tous criblés de balles, sur leurs tables de banquet.

Et ce massacre survient justement le jour de l’arrivée de Jill, la seconde Mrs. McBain. Et justement le jour où Harmonica arrive à Flagstone. Deux énormes coïncidences pour démarrer le film !

Le « pa » est incarné par l’acteur américain Frank Wolff, Timmy est campé par le petit Enzo Santianello, aperçu dans « LES 4 DE L’AVE MARIA » (photo du dessous, en train de se ronger les ongles), Maureen est jouée par sa vraie sœur Simonetta qui tenait le même rôle dans ce même film, et Patrick est – jusqu'à présent – resté anonyme.

McBAIN2
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 20:54

Poursuivant son exploration oblique de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » par le petit bout de la lorgnette, WWW s’attache aujourd'hui à un de ses personnages. Encore un anonyme, désigné au générique comme « Shérif de Flagstone ».

Keenan Wynn était un acteur de second plan reconnu depuis les années 40 mais qui restait cantonné aux emplois subalternes, aussi dut-il être tenté par la proposition de Sergio Leone, l’Italien qui avait lancé Clint Eastwood, de tenir le rôle du shérif dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ». Bien sûr, Wynn n’était pas le premier choix, puisque le rôle avait déjà été soumis à Robert Ryan et… Robert Hossein.

DEMI SHERIF
Ce n’était pas un personnage extraordinaire, mais il avait une excellente scène avec Charles Bronson (vieil ami de Wynn, avec lequel il avait déjà tourné plusieurs fois) dans une grange. Lors de sa première apparition dans le film, Keenan Wynn envoyait ses adjoints chercher Harmonica chez le blanchisseur Wobbles. Ceux-ci malmenaient sérieusement notre héros, et le jetaient aux pieds du shérif qui l’interrogeait au sujet du massacre de la famille McBain. Ils se mettaient d'accord quant à la probable implication de Frank, et aussi sur le manque de preuves.

Ensuite, on revoyait le shérif organisant la vente aux enchères des terres de Jill. Puis une rapide dernière fois dans la rue, escortant le Cheyenne jusqu'au train censé le transporter au bagne de Yuma.

Somme toute un honnête second rôle, plus présent que les autres acteurs U.S. apparaissant dans le film, comme Jack Elam, Woody Strode, Frank Wolff ou Lionel Stander.

Seulement voilà… Manque de chance : Leone décida de couper la première séquence de Keenan Wynn ! Et celui-ci se retrouve donc avec deux fugitives apparitions sans le moindre intérêt, un rôle qu'il n’aurait probablement pas accepté tel quel.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 11:07

WOBBLES (1)
Poursuivons notre exploration oblique de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » par le menu… Le personnage de Wobbles (incarné par l’Italien Marco Zuannelli), par exemple.

Un vrai mystère, celui-là ! Si on se fie au scénario, c'est un blanchisseur, employant des ouvriers-esclaves asiatiques, et qui sert de factotum au tueur Frank.

Apparemment, c'est à lui qu’Harmonica s’est adressé pour organiser une rencontre avec Frank à la gare au début du film. Quand trois tueurs (déguisés comme les hommes du Cheyenne… Pourquoi ?) viennent l’attendre pour l’abattre (pourquoi, au fait ? Il n’a encore rien fait…), Harmonica vient ensuite demander des comptes à Wobbles. Il le frappe, l’étrangle dans son essoreuse, et manifeste son mécontentement.

WOBBLES
Ensuite, c'est Jill qui vient voir Wobbles, pour demander un rendez-vous avec Frank. Là, Wobbles en a marre et dit : « Pourquoi les gens viennent-ils toujours me voir, quand ils veulent rencontrer ce Frank ? ». On peut également se poser la question, en effet !

Bon garçon malgré tout, Wobbles va jusqu'au train, informer Frank, et il est suivi par Harmonica (pourquoi ? Il n’était pas capable de trouver le train tout seul ?). Voyant que Wobbles a été suivi, Frank le balance hors du train et le descend, en lui faisant sauter à coups de revolver ses bretelles et sa ceinture, qu'il lui reprochait de porter. On se demande vraiment comment il a pu s'associer à un incapable pareil, et quel intérêt Frank ou Morton (qui semble connaître Wobbles) pouvaient trouver à une telle collaboration... 

Voilà le parcours de Wobbles, un personnage périphérique de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », dont le rôle flottant dans l’histoire pose plus de questions sans réponse, qu'il n'aide à en résoudre.

 

À NOTER : dans l’extrait du roman-photo ci-dessus, que Wobbles devient « Mr. Peters », et Jill McBain « Mrs. McBay ».

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 13:31

Poursuivant notre exploration ludique et légèrement oblique des coulisses du classique des classiques, « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », penchons-nous sur un aspect de l'homme à l’harmonica, que nul n’a abordé avant.

FRANK HARMONICA
« Qui es-tu ? »
demande constamment Frank à ce mystérieux joueur d’harmonica qui le suit partout. Bonne question… Car ce fameux harmonica justement, à qui appartient-il, au fond ? À Frank ! C'est lui qui l’a sorti de sa poche, il y a vingt ans, pour l’enfoncer entre les dents du jeune métis portant son frère sur les épaules. Donc, si on réfléchit bien, l'homme à l’harmonica… C'est Frank !
Et l’instrument de musique mettra deux bonnes décennies à revenir à son propriétaire, qui agonisera en soufflant dedans, et en se souvenant enfin que cet harmonica lui appartient. La boucle est bouclée : Frank en mourant, redevient l'homme à l’harmonica, et celui qui avait endossé cette fonction jusqu'ici n’a plus d’identité, et disparaît dans le paysage.

Décidément, ce film est beaucoup complexe qu'il ne paraît…

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 13:08

OUEST scène coupée
On le sait, dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », l'homme à l’harmonica n’a plus de nom, parce qu'il en a trop. Il porte ceux de toutes les victimes de Frank, comme s’il traînait une cohorte de fantômes derrière lui, avides de OUEST scène coupée (1)vengeance. Il a dû avoir un nom, quand il n’était encore qu’un jeune métis de chair et d’os. Devenu l’ange exterminateur qu'il est maintenant, « Harmonica » lui suffit amplement.

Par contre, il est un autre personnage du film dont on ignore le nom, mais qui pourtant en a bel et bien un : c'est le « Cheyenne ».

Lors d’une séquence coupée de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » (citée par Christopher Frayling), située pendant la vente aux enchères, Frank se rendait chez le barbier se faire une beauté. À l’entrée, il avisait une affiche « wanted » à l’effigie de Jason Robards, où était inscrit « Manuel ‘Cheyenne’ Gutierrez, meurtre et vol à main armée. $ 10.000 ».

Cela nous indique plusieurs choses : Frank prend soin de sa personne, Cheyenne est mexicain, et Harmonica n’offrant que 5000 dollars lors des enchères, il en a probablement mis 5000 de côté !

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 17:24

BANDE DE FRANK
Il y a des personnages dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » qui sont systématiquement ignorés, oubliés, méprisés, et qui pourtant tiennent un rôle essentiel dans le film : les hommes de Frank.

« Hier trois, aujourd'hui deux… Tes amis ont un taux de mortalité très élevé », ironise Harmonica, devant un Frank agacé.

BANDE DE FRANK (2)
Il faut dire qu'elle est bien garnie, la bande de Frank : s’il a débuté avec trois sbires crasseux et édentés (voir le flash-back), il a aujourd'hui à ses ordres Jack Elam, Woody Strode, Al Mulock, Benito Stefanelli, Michael Harvey, Fabio Testi, Spartaco Conversi, Aldo Berti,  Frank Braña, etc. La liste semble inépuisable. Le job doit être bien rémunéré !

Mais il est vrai que la profession comporte ses risques. Ainsi, on dénombre pas moins de 17 tués tout au long du film : Harmonica en tue six, Cheyenne s’occupe de trois dans le train (peut-être plus lors de son évasion hors du champ de la caméra), et Frank lui-même en descend trois autres qui l’avaient trahi pour une poignée de dollars. Le reste est décimé par la bande du Cheyenne, lors de l'évasion.
Vu le nombre, il doit bien en rester quelques uns en bonne santé, qui vont aller pointer au chômage, à la suite du décès inopiné de leurs employeurs...
BANDE DE FRANK (1)

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