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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 12:29

Bien qu'il soit régulièrement réédité en DVD et à présent en Blu-Ray, qu'il ait même récemment été remonté par son réalisateur Tony Scott, « REVENGE » demeure une sorte de curiosité, un film étrange, un quasi "cult movie" pour happy few, oscillant entre chef-d’œuvre et nanar sans que jamais on ne parvienne à se décider complètement.

Tiré d’un roman de Jim Harrison, le film utilise à peu près tous les codes du western traditionnel, emprunte l’imagerie d’un Sam Peckinpah dans la violence ou la représentation du Mexique, les mixe avec quelques éléments de « TOP GUN » (du même Scott), ne recule devant aucune manifestation de mauvais goût (le personnage aberrant de la vieille rockeuse) et intègre même un clin d’œil au « spaghetti western » avec la présence discrète de Tomás Milian.

Curieusement, les protagonistes du film, très « hot » à sa sortie, sont aujourd'hui pratiquement oubliés : qu'il s’agisse de Kevin Costner ou Madeleine Stowe. Pourtant ils trouvent là leurs rôles les plus intenses. Lui subit un passage à tabac traumatisant digne de ceux qu’affectionnaient Marlon Brando, Clint Eastwood ou plus récemment Mel Gibson. Une vraie destruction, une sorte de mort physique qui fait ressembler le rétablissement à une seconde naissance. Elle, qui n’a jamais été aussi sexy, dosant savamment l’innocence et la perversité, pour subir ensuite un terrifiant chemin de croix. Mais les deux ex-stars sont éclipsées par Anthony Quinn qui après des années de mauvais films, de rôles ineptes, revenait en force pour une des plus belles interprétations de sa carrière. En « parrain » mexicain appelé Tiburon (« Requin » !) Mendez, marié à une femme trop jeune, il crève l’écran tel un vieux dinosaure usé mais toujours dangereux. La scène où il fait exécuter un jeune rival dans son salon, est exceptionnelle de tension. Tout comme la punition de l'homme de main dans l’écurie, absente du premier montage. À tort !

Dans sa version initiale, « REVENGE » pâtit des tics visuels de l’époque : les filtres rougeoyants pendant les extérieurs, la photo trop « pub » marque de fabrique des frères Scott et un rythme légèrement languissant. Le re-montage de 2007 gomme radicalement tous ces défauts, et s’avère plus efficace, même si on peut regretter çà et là, des petits instants marquants.

« REVENGE » ne fera jamais partie des chefs-d’œuvre du 7ème Art, parce que trop roublard et flirtant trop ostensiblement avec le kitsch, mais il plane dans ce film le fantôme de Sam Peckinpah et de tous ses personnages de losers suicidaires, venus mourir à Mexico, de Pike Bishop et son gang à Benny le chasseur de tête de « APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA ». Rien que pour cela « REVENGE » mérite toute l’attention de l’amateur.

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Published by Fred Jay Walk - dans A LA FRONTIERE DE L'OUEST
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 18:02

L’action de « COP LAND » se déroule en 1997 dans le New Jersey, le cast se compose des habituels mafieux de Martin Scorsese jouant ici des flics, ainsi que de plusieurs comédiens des « SOPRANO », et d’autres de l’écurie Abel Ferrara. Et pourtant malgré tout, nous avons indéniablement affaire à un western.

Le réalisateur est un fanatique du genre et cela se sent à chaque séquence. Plus le film avance, plus les masques tombent et on délaisse les déguisements du polar pour revenir progressivement aux standards du western : la cellule dans le sherif’s office, l'homme de loi seul contre tous, le « showdown » final où la vie se joue à qui dégainera le plus vite. Au-dessus de « COP LAND » planent les fantômes de « RIO BRAVO », « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » et surtout « 3 :10 POUR YUMA », dont James Mangold devait signer le remake quelques années plus tard. D'ailleurs, Stallone se nomme Heflin, qui est le nom du comédien principal du classique de Delmer Daves. Explicite, le clin d’œil !

Magnifiquement écrit, « COP LAND » propose un entrelacs de relations d’une grande complexité entre ses protagonistes, pose des questions sur l’engagement, le courage et la corruption. À la sortie du film, on avait surtout parlé des kilos pris par Sylvester Stallone pour incarner ce pauvre shérif solitaire à demi sourd, méprisé par les flics habitant sa petite ville. Pour gommer son passé d’action hero, la star n’avait guère le choix et le résultat est plus que probant. Heflin n’a rien d’un Rambo, il n’est qu’un gros balourd hyper-sensible amoureux transi d’une femme idéalisée et qui est resté figé dans le passé. Un beau personnage dont la rédemption, pour violente qu'elle soit, fait plaisir à voir.

Autour de Stallone, la fine-fleur des acteurs des années 90 : Harvey Keitel dans un emploi de « ripou » qu'il a beaucoup joué, Robert De Niro en « bœuf-carotte » manipulateur, la très belle Annabella Sciorra et Ray Liotta exceptionnel en flic junkie des plus ambigus. Sans parler de Robert Patrick, plus vrai que nature. Une vraie fête !

Le plus drôle, est que en fin de compte, « COP LAND » est un bien plus bel hommage au western, dont il retrouve le rythme et les enjeux, que le remake de « 3 :10 POUR YUMA » qui ne révolutionnait rien, tout en étant plutôt réussi.

 

À NOTER : considéré à sa sortie comme une modeste réussite à la réalisation un peu terne, « COP LAND » est ressorti sept ans plus tard, en « director’s cut », non seulement plus long, mais monté de façon complètement différente. Et là, on est monté de plusieurs crans. Il faut parfois laisser les faire les « directors », apparemment…

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Published by Fred Jay Walk - dans A LA FRONTIERE DE L'OUEST
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