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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 09:44

Il y a un siècle, un peu plus maintenant, l’homme blanc volait leurs terres aux nations indiennes, ne leur laissant que quelques parcelles stériles. Aujourd'hui, il s’attaque à ces parcelles, pour son sous-sol, organisant un complot pour décimer les opposants. Même si la cavalerie est remplacée par le FBI, rien n’a changé sous le soleil.

« CŒUR DE TONNERRE » est un beau film, qui respecte intelligemment les codes traditionnels du polar, pour approfondir progressivement son discours, et se muer en parcours initiatique de son héros : un jeune agent fédéral qui a renié son sang Sioux, pour intégrer le monde moderne, mais qui, confronté à la réalité du milieu de ses aïeux, va prendre fait et cause pour ses « frères » opprimés. Le réalisateur Michael Apted distille très subtilement les images, les sons, les rêves, qui peu à peu, ramènent le flic à ses origines. L’inégal Val Kilmer est parfaitement distribué, dans ce rôle difficile, qui commence en ersatz de « marines » psychorigide, pour finir en messie de la cause indienne. Le tout en trois jours !

À ses côtés, les acteurs « Natives » sont formidables, à commencer par Sheila Tousey et surtout Graham Greene, en flic tribal matois et insolent, qui a remplacé le cheval par une moto. Les anciennes stars de « L’ÉTOFFE DES HÉROS », Sam Shepard et Fred Ward, se contentent de rôles unidimensionnels de « visages pâles » corrompus.


« CŒUR DE TONNERRE » est un film émouvant, qui transcende complètement son matériau de thriller made in U.S., et parle brillamment du peuple indien, sans tomber non plus dans l’angélisme excessif d’un Kevin Costner, par exemple.

Et le dernier plan du film, montrant Kilmer arrêté au carrefour entre la terre de ses ancêtres, et l’autoroute du monde des blancs, est une belle et simple idée, qui clôt et résume toute l’aventure.

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 16:27

« VERTES DEMEURES », réalisé par Mel Ferrer, comédien connu et époux d’Audrey Hepburn, est un des grands sommets de kitsch des années 50, et compte parmi les films les plus bizarres jamais sortis d’un grand studio.

Égaré dans la jungle amazonienne, Anthony Perkins croise une tribu d’Indiens, dirigée par l’acteur japonais Sessue Hayakawa, qui l’envoie tuer un esprit de la forêt, incarné par Hepburn. Celle-ci, sorte d’elfe écolo, parle aux animaux et aux arbres, et vit avec son (faux) grand-père Lee J. Cobb, couvert de postiches.

Il est difficile de décrire un tel film, tant il sombre souvent dans le grotesque rédhibitoire (Perkins chantant à la guitare dans la jungle, la torture de la guêpe dans la tribu, l’utilisation de la musique, etc.), et bâcle son visuel, en alternant de beaux plans de nature sauvage, avec d’affreuses reconstitutions en studio.

Si Perkins est parfaitement tête-à-claques dans son rôle, si Audrey Hepburn semble déjà un peu âgée pour camper cette femme-enfant idéalisée, Lee J. Cobb s’en donne à cœur-joie, dans un personnage de papy geignard au lourd passé. Celui qui s’en sort le mieux est encore Henry Silva, étonnamment crédible (et bien grimé) en Indien fratricide et illuminé, aux pectoraux saillants. Son sourire démoniaque, quand il met le feu à l’arbre où s’est réfugiée Rima, est ce qu'il y a de plus mémorable dans tout le film. On reconnaît des seconds rôles de l’époque comme Michael Pate ou Nehemiah Persoff, dans la première partie.


« VERTES DEMEURES » est un film unique en son genre, on ne pourra pas lui retirer ça, qui aurait pu être traité de façon terre à terre, à la Werner Herzog, ou plus hollywoodienne, façon « LA FORÊT D’ÉMERAUDE », mais la réalisation très « Walt Disney » de Ferrer, son casting absurde, et le manque criant d’authenticité des décors, le classe instantanément dans la catégorie des films « so bad they’re good », comme disent les Américains. Une vraie curiosité, à réserver au fan peu regardant de la belle Audrey.

 

À NOTER : annoncé dans la collection « WARNER ARCHIVES », le film est récemment sorti en Angleterre, dans une belle copie CinémaScope 16/9, même si elle est annoncée en 4/3 sur la jaquette. Aucun sous-titre, bien sûr.

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 19:31

Le héros du « CAVALIER ÉLECTRIQUE » ressemble à s’y méprendre au cowboy anachronique de « SEULS SONT LES INDOMPTÉS », le ridicule en plus. La journaliste aux dents longues, semble sortie tout droit d’un film de Frank Capra remis au goût du jour (de 1979, s'entend...), et le premier tiers du film, avec son ambiance disco et son symbolisme insistant, ne laisse rien augurer de bon. Mais soudain, quand les seconds rôles inintéressants disparaissent de l’écran, que nos deux stars se retrouvent seules dans l’Amérique des pionniers, le film devient un « road movie » pédestre tout à fait sympathique, absolument irréaliste, mais souvent drôle et gentiment passéiste.

Redford – qui s’est refait la tête de « BUTCH CASSIDY & LE KID » – et Jane Fonda, qui étaient mariés dans « LA POURSUITE IMPITOYABLE » et « PIEDS NUS DANS LE PARC », une décennie plus tôt, ont une réelle alchimie à l’écran, et se mettent en valeur l’un l’autre. Lui fissure son image de « golden boy » (pas trop, quand même !) en loser qui s’identifie tellement à un mustang maltraité par ses propriétaires, qu'il le vole et va lui rendre sa liberté, et elle, tellement à la recherche du scoop, qu'elle va coller au train du cowboy, jusqu'à tomber amoureuse de lui. Bien sûr, nous sommes dans un conte de fées, où tout le monde ressemble à Redford et Fonda, où les honnêtes citoyens préfèrent aider le fugitif, plutôt que toucher 50.000 $ de prime, et où tout finit très bien. Même pour le cheval !

Ça pourrait être mièvre et exaspérant, mais Sydney Pollack sait préserver un ton mi-figue mi-raisin, une ironie distanciée, et un ton adulte, qui font oublier l’absurdité d’un tel scénario. Autour des stars, d’excellents seconds rôles comme John Saxon, Valerie Perrine, Wilford Brimley ou Willie Nelson, qui se contentent des miettes.


« LE CAVALIER ÉLECTRIQUE » vaut d’être redécouvert aujourd'hui, et ferait un double-programme parfait avec « L'HOMME QUI MURMURAIT À L’OREILLE DES CHEVAUX », du même Redford.

 

À NOTER : Pollack, Redford et John Saxon étaient tous trois à l’affiche du film de guerre « LA GUERRE EST AUSSI UNE CHASSE », en tant que comédiens, quinze ans plus tôt.

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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 08:49

Le principe du groupe de « pros » ultra-spécialisés, réunis le temps d’une mission périlleuse, est depuis « LES 7 MERCENAIRES » et surtout « LES PROFESSIONNELS », un grand standard du western, qui a donné lieu à bon nombre de films dans les années 60 et 70.

Le sous-genre qu’est le « film de croco » (car il va bien falloir lui donner un nom !), emprunte – nous l’avons déjà vu avec « ROGUE » – aux grandes lignes du western, et « LAKE PLACID » ne déroge pas à la règle.

Ici, un shérif du Maine, s’adjoint les services d’un Ranger, d’une paléontologue new-yorkaise, d’un milliardaire excentrique fasciné par les sauriens, et se lance à la poursuite d’un croco géant, dans un lac jusqu'ici tranquille. La véritable originalité du film ne vient évidemment pas de son scénario, mais de sa tonalité. Écrit par l’auteur alors très à la mode de la série « ALLY McBEAL », « LAKE PLACID » mise sur l’humour, fait de répliques vachardes, de situations absurdes, de confrontations au ton acidulé, et c'est ce qui fait tout son charme. Avec un casting de premier ordre, mené par l’acteur-fétiche de John Boorman, Brendan Gleeson, entouré de Bridget Fonda qui n’a jamais été aussi drôle, Oliver Platt déjanté à souhait, et Bill Pullman, bien en-deçà de ses partenaires. On aperçoit également la belle Mariska Hargitay dans un tout petit rôle, au début du film.

Dans « LES PROFESSIONNELS » de Brooks, le chef demande à un de ses hommes d’abattre des chevaux, et celui-ci se rebiffe. Un de ses compagnons remarque qu'ils viennent d’abattre dix hommes sans que personne ne trouve rien à y redire, et qu’on s’insurge quand il s’agit d’animaux stupides. C'était drôle, parce que le public venait d’avoir cette même réaction. Dans « LAKE PLACID », c'est exactement la même chose avec la vache suspendue à l’hélico, pour servir d’appât : le croc vient de décapiter, avaler, couper en deux, des humains, et on se soucie de cette pauvre ruminante !

L’image est magnifique, les plans des eaux noires du lac fascinants, et les F/X sont plutôt bluffants. Mais c'est surtout pour son humour qu’on se souviendra de ce « LAKE PLACID » fort attachant.

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 14:49

Un territoire dangereux, propriété d’un peuple ancré dans ses croyances ancestrales, un groupe de voyageurs disparate réunis dans un véhicule chargé de les faire traverser, un étranger solitaire, un ennemi invisible prêt à frapper à n'importe quel moment, des drames humains qui se nouent, des amitiés qui se forgent dans l’épreuve, et puis… l’affrontement final. « LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE » de John Ford ? Non. « SOLITAIRE », un film australien dont le protagoniste est un crocodile.

Le réalisateur Greg Mclean dont on avait apprécié le traumatisant « WOLF CREEK », remet le couvert, en utilisant des recettes éculées, en particulier dans le western et le film-castastrophe, mais en les remettant à neuf, avec une finesse rare dans ce genre de produit. Ici, nulle place au cliché, l'homme joue même avec : la femme cancéreuse voulant se sacrifier pour sa fille s’en sort indemne, et le chien-chien si adorable est bouffé dans un bruit d’os broyés ! Presqu’un sacrilège.

La tension est admirablement maîtrisée, et les paysages vierges d’Australie, sont filmés dans de majestueux mouvements d’hélicoptère, ajoutant au côté sacré de l’aventure. Car ce « croc » n’est pas un vulgaire saurien, c'est un géant surgi du passé, un dinosaure venu défendre sa terre contre les touristes bruyants et laids. Mclean sait garder ses atouts jusqu'à la fin, et ne montre réellement le monstre que dans son antre, et là heureusement, les effets numériques sont à la hauteur, et le climax est époustouflant. Mené par les excellents Radha Mitchell et Michael Vartan, le casting est impeccable, chacun jouant sa partition sans jamais céder à la facilité des lieux-communs à la « AIRPORT », ce sont des êtres humains normaux, avec des réactions normales.

« SOLITAIRE » est un beau film, sobre et dépouillé, qui malgré la minceur de son sujet, n’a jamais l’air d’une série B.

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 08:49

Dans « WHEN STRANGERS APPEAR », il y a un « diner » (saloon) au milieu de nulle part, une héroïne solitaire, un shérif pourri, un étranger mystérieux qui débarque en ville, un trio d’hommes armés… Tous les éléments d’un bon western semblent réunis, à part que le réalisateur a choisi de faire un thriller à suspense, situé dans l’Oregon contemporain, même s’il a très visiblement tourné en Australie.

C'est un petit film très visuel, extrêmement efficace, qui va droit à l’essentiel : l’action se partage en quelques décors, tous plus déserts les uns que les autres. Il n’y a jamais personne sur les routes, sur la plage, aucun client au « diner » ou au motel, à part les protagonistes du film. Cela ajoute au côté irréel de ce qui se passe, et quand se révèle l’enjeu véritable de ce jeu de chat et de souris (un CD de données), on comprend qu'il s’agit d’un simple « McGuffin », un prétexte sans aucune importance en soi. On ne saura d'ailleurs jamais rien du contenu du disque, encore moins de l’identité de tous les intrus.

Radha Mitchell, découverte dans « PICH BLACK » et « MELINDA & MELINDA » de Woody Allen, est excellente en femme seule, meurtrie, au caractère bien trempé, ballottée entre un jeune type blessé et probablement mytho, et un séduisant « méchant » au comportement ambivalent. Elle porte le film sur les épaules, aidée de l’excellent Josh Lucas, qui ressemble énormément au Paul Newman de « HUD », et sait faire peur, sans céder à la caricature. Le poupin Kevin Anderson est parfait en shérif minable.

On pense par moments à des films comme « HITCHER », par les décors et le scénario tellement dépouillé qu'il en devient presque abstrait, mais « WHEN STRANGERS APPEAR » a une forte identité, et parvient à créer des images marquantes, comme cette grande baie vitrée du « diner », fragile ligne de démarcation entre le quotidien et la violence de l’extérieur. La fin, totalement nihiliste, se permet même un clin d’œil drolatique. À découvrir…

 

À NOTER : le film – comme l’indique IMDB – possède deux titres français : « POURSUITE FATALE » et « ROUTE SANS ISSUE », provenant sans doute de diffusions télé, ou de sorties DVD.

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 09:07

« LONE STAR » est un film d’une folle ambition, une sorte de fresque intimiste brassant une multitude de thèmes et de destinées sans jamais céder à l’emphase ou au mélodrame. Enquête policière, investigation intime d’un homme sur ses propres racines, panorama d’un pays – le Texas – et de ses contradictions, histoire d’amour incroyablement osée, « LONE STAR » ratisse large et ne perd jamais le fil de sa vision romanesque.

L’excellent Chris Cooper, comédien « réaliste » dans la droite lignée d’un Frederic Forrest, campe un « fils de », le rejeton d’un shérif digne du Far West, une légende qui a marqué son temps et son pays, et son attitude lors de son enquête est constamment ambiguë. Comme si le fait de prouver que son père était un « ripou » allait pouvoir lui donner le droit d’exister pleinement. Ambiguë aussi est sa relation avec son ancien amour de jeunesse Elisabeth Peña, dont il comprendra progressivement pourquoi son père l’a jadis éloigné d'elle, complexe également le comportement de cette femme d’affaires « hispano » (Miriam Colón) cherchant si désespérément à s’intégrer et oblige ses employés à parler anglais.

Par contre nulle ambiguïté dans le personnage du shérif Wade, incarné par Kris Kristofferson dans les flash-backs, un despote corrompu jusqu'à l’os n’hésitant pas à flinguer à bout-portant tous ceux qui refusent de payer ses pots-de-vin. Ce sont ses ossements qu’on découvre par hasard au début du film et qui vont déterminer tout le reste de l’histoire.

John Sayles assume ses digressions. Certes sa narration tranquille se perd parfois dans de rares séquences inutiles (celle avec Frances McDormand par exemple, très réussie, mais peu nécessaire) et mène son film à son propre rythme de gros roman à la Dos Passos.

Il a réussi d’autres films comme « LIMBO » ou « CASA DE LOS BABYS », mais n’a jamais retrouvé cette assurance dans la mise en scène, cette fluidité dans le montage entre passé et présent. « LONE STAR » est un petit chef-d’œuvre modeste.

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 16:41

« DOWN IN THE VALLEY » commence tout doucement, comme un bon petit film d’auteur pour Sundance, et suit l’histoire d’amour entre une ado rebelle et un drôle de paumé, vêtu en cowboy. Puis insidieusement, par touches infimes, on se rend compte que ce sympathique benêt n’est pas aussi inoffensif qu'il en a l’air, et qu’en fait, il aurait même de faux airs du Travis Bickle de « TAXI DRIVER » (monologue armé devant le miroir inclus) ! L’habileté a été de raconter l’histoire à travers les yeux d’un psychopathe, et de basculer complètement le point de vue objectif : le shérif passe pour un père-fouettard empêcheur de tourner en rond, alors qu'il ne fait que protéger sa famille, par exemple.

Le personnage de Harlan est très proche de celui que jouait Kirk Douglas dans « SEULS SONT LES INDOMPTÉS ». En fait, c’en est la version « réaliste » : un schizophrène réfugié dans le passé, vivant selon des codes obsolètes, et qui ne se soucie guère des dommages collatéraux. Autant Douglas était montré comme un fier rebelle, un héros dérisoire, mais héros tout de même, autant Edward Norton opte pour la folie qui de douce, devient rapidement furieuse. Sa force de conviction est telle, qu'il se réveille un matin dans une ville western, au milieu des habitants, jouant une scène de « LA POURSUITE INFERNALE » ! Non, Harlan n’a pas réussi à réduire l’univers à ses obsessions, il est tombé au milieu d’un tournage. Ce raccourci poétique assez touchant, dégénère aussitôt en « showdown » dans la grand-rue mais à balles réelles.

« DOWN IN THE VALLEY » met trop longtemps à dérouler sa thématique, au risque de décourager le spectateur pressé. Mais une fois les masques tombés et le drame consommé, c'est une jolie réussite montrant parfaitement le télescopage de deux époques : le Far West, où tout était simple, et le bonheur se résumait à un colt .45 chargé et un beau cheval blanc et le monde d’aujourd'hui, où un brave cowboy n’est plus rien. Rien qu’un SDF à moitié fou.

Outre Norton, excellent dans un rôle complexe, on retrouve le toujours parfait David Morse en shérif, lui aussi relié au passé, à sa manière et deux « tronches » du western des années 70 : Bruce Dern et Geoffrey Lewis.

Pas un western, mais presque.

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 17:50

« ELECTRA GLIDE IN BLUE » est l’unique film d’un producteur de musique obsédé par l’œuvre de John Ford et qui définit son film comme « un western ». C'est peut-être aller un peu vite en besogne, mais le fait est que le héros, un nabot hyperactif, portant une rutilante tenue de motard, évolue dans les paysages d’Arizona si souvent filmés par « papy » Ford, et se prend pour John Wayne, alors que de son propre aveu, il n’est pas plus grand qu’Alan Ladd.

Le petit flic rêverait de devenir détective, et pense que l’enquête minable qu'il mène, sur le meurtre d’un vieil ermite dans sa cabane paumée dans le désert, va lui faire gagner son étoile de shérif. Mais les temps ont changé, Peckinpah n’arrêtait pas de le dire à cette époque-là, et à la place d’Indiens, ce sont des hippies qui hantent ces routes interminables et dépeuplées.

Visuellement magnifique, photographié par le grand Conrad Hall, « ELECTRA GLIDE IN BLUE » est un pur « film d’auteur », et il faut s’accrocher un peu, car le rythme est extrêmement lent, limite contemplatif, et l’action semble même se ralentir à mesure que l’enquête progresse. James William Guercio semble refuser toute concession au « commercial », et laisse son film s’enliser dans d’inexplicables digressions (la confession de la barmaid, qui tombe comme un cheveu sur la soupe), laissant parfois ses comédiens faire à peu près n'importe quoi, comme Elisha Cook, Jr. en SDF gâteux et Billy « Green » Bush, dont le jeu à la fin, est ahurissant.

Heureusement, Robert Blake tient le film sur ses épaules. Ancien acteur-enfant, révélation récente de « DE SANG-FROID » et « WILLIE BOY », il crée un personnage crédible, touchant et ridicule à la fois, et concentre l’intérêt sur sa personne. Le spectateur très assidu, pourra reconnaître un tout jeune Nick Nolte, dans le campement hippie, faisant de la figuration.

« ELECTRA GLIDE IN BLUE » a su capturer l’atmosphère et les mentalités de son temps, et même si on s’ennuie poliment parfois, force est de reconnaître qu'il possède suffisamment d’atouts pour mériter d’être devenu un cult-movie.

A NOTER : Le film sortit en France sous le titre "DERAPAGE CONTROLE", qui n'est pas mentionné sur le DVD.

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 11:42

Paul Kersey, architecte quinqua de New York, dont la femme fut récemment tuée par des voyous, se promène avec son gendre dont l’épouse est restée dans un état catatonique à la suite de la même agression.

KERSEY : « Que fais-tu de la vieille coutume américaine de justice individuelle ? Si la police ne nous défend pas, il faut le faire nous-mêmes ».

LE GENDRE : « On n’est plus des pionniers, papa »

KERSEY : « Que sommes-nous, Jack ? Si nous ne sommes plus des pionniers, que sommes-nous devenus ? Comment appeler des gens, qui confrontés à la peur, ne savent que fuir et se cacher ? »

LE GENDRE : « Civilisés ? »

KERSEY : « Non ».

Cet échange de répliques est le plus éclairant sur le « message » de « UN JUSTICIER DANS LA VILLE », de Michael Winner, un film qui fit couler beaucoup d’encre en 1974 et suscita de nombreuses sequels et imitations. Le romancier Brian Garfield qui signa le best seller dont fut tiré le scénario, se plaignit du manque de finesse de l’adaptation et du message fascisant qu'il véhiculait.

Pourtant, ce premier film, malgré la réalisation racoleuse de Winner, demeure intéressant par ses racines plantées dans l’univers du western. C'est en visitant un client en Arizona, que Kersey assiste à un spectacle de cowboys-cascadeurs. Si tout le monde rit aux bagarres et fusillades, lui prend cela très au sérieux, et en tire visiblement des leçons. Et si la seule façon de punir les meurtriers de sa femme était celle-là : à l’ancienne ? À coups de revolver. Le client offre à Kersey une arme d’époque qu'il découvre en arrivant à New York. À présent, plus rien ne le retient pour devenir un « vigilante » ! Et le bon peuple new-yorkais applaudit des deux mains...

Si le choix de Charles Bronson pour jouer Kersey est discutable, l’acteur étant trop marqué par son passé de cowboy au cinéma, force est de reconnaître qu'il donne une forte identité au personnage. Et l’index qu'il pointe, à l’ultime seconde du film, en guise de revolver, a influencé jusqu'à Clint Eastwood pour son « GRAN TORINO ».

« UN JUSTICIER DANS LA VILLE » est bel et bien un descendant direct du bon vieux western, où on réglait ses comptes dans Main Street à grand renfort de six-coups. Les temps ont changé ? Pas Paul Kersey…

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