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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 08:35

3 MILLIARDSPas étonnant que « 3 MILLIARDS SANS ASCENSEUR » soit une coproduction italienne, tant il ressemble à un hommage à ce classique du cinéma transalpin qu’est « LE PIGEON ». Ici aussi, une bande de ‘losers’, de tocards, de baltringues, de laissés-pour-compte, organisent un braquage bien plus gros qu’eux et échouent (quoiqu’un peu moins piteusement que leurs aînés !).

Si le scénario tire un peu à la ligne et si l’esthétique a pas mal vieilli, le film a bien passé le cap des années grâce à sa très attachante galerie de personnages. Des vieux gamins velléitaires et pas bien doués, des paresseux congénitaux, de doux rêveurs, prêts à tous 3 MILLIARDS (1)les plans foireux pour se sortir de leur tristounette réalité. La grande idée est d’avoir distribué dans ces rôles, des figures emblématiques du polar hexagonal, peu enclines à l’humour ou à l’autodérision : Marcel Bozzuffi est irrésistible en macho frimeur toujours à côté de la plaque, Michel Bouquet étonne en vieux garçon, probablement puceau, qui vit avec sa môman et dort même dans sa chambre, Serge Reggiani est un traîne-savate émouvant, sans oublier Bernard Fresson et Amidou. Cette belle brochette trimbale dans son sillage les cinémas si différents de Gavras, Chabrol, Sautet ou Melville, dans un pot-pourri qui fait plaisir à voir malgré ses nombreuses maladresses. On a également droit à la ravissante Dany Carrel, Françoise Rosay égale à elle-même et Gabriele Ferzetti très classieux, même si peu crédible, en caïd de Courbevoie.

Longuet et inégal, « 3 MILLIARDS SANS ASCENSEUR » se laisse pourtant regarder avec émotion. Le décor de ces petites maisons perdues au milieu des chantiers de démolition, ce Paris pittoresque voué à la destruction imminente, symbolisent parfaitement la fin d’un certain cinoche populaire français, au même titre que ces grands comédiens déjà mûrissants, qui allaient bientôt changer d’emploi ou disparaître des radars. Humour et mélancolie sont donc étroitement liés dans ce film plein de charme, dont le manque de rythme est compensé par la tendresse et une formidable direction d’acteurs.

À noter que le fameux vol de bijoux filmé in extenso, comme un morceau de bravoure, connaît une « chute » directement inspirée de « UN HOLD-UP EXTRAORDINAIRE ».

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 06:15

Melissa George est une attachante comédienne australienne à la filmographie éclectique et au jeu très physique.

Elle débute dans le ‘soap’ « SUMMER BAY » qu'elle tourne pendant trois ans, joue la fille de Terence Stamp dans « L’ANGLAIS », apparaît dans « MULHOLLAND DR. », incarne la mère dans le remake de « AMITYVILLE », l’ex du shérif dans l’excellent « 30 JOURS DE NUIT », une patiente dans la série « EN ANALYSE » et l’héroïne démultipliée du culte « TRIANGLE ».

Aujourd'hui, elle fête ses 36 ans. Happy birthday, Melissa.

MGEORGE

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 16:59

OMBRE (2)La fin de carrière de Yul Brynner ne fut pas très brillante et la qualité de ses films internationaux n’était pas toujours au rendez-vous. « L’OMBRE D'UN TUEUR » signé par un pape du « bis » qui toucha à tous les genres, est un polar napolitain au scénario flasque et OMBRE (1)désossé, qui offre à la star américaine en villégiature un rôle de ‘hit man’ new-yorkais d’origines italiennes (quoi ? Il n’a pas l’air italien, Yul ?) qui débarque à Naples pour tuer un mafioso responsable de l’assassinat de son jeune frère. Pendant sonOMBRE séjour, Yul tombe amoureux de la stripteaseuse Barbara Bouchet et trouve un disciple en la personne du jeune Massimo Ranieri auquel il apprend les ficelles du métier. C'est tout ? Ben, oui. Ah ! Si. Il croise aussi un commissaire local joué par son compatriote Martin Balsam, avec lequel il tisse une curieuse relation de chat et de souris.

Que dire ? C'est long, pas très bien filmé, la photo est très laide, on s’ennuie fréquemment. Margheriti met un point d’honneur à nous faire visiter Napoli-by-day, à l’occasion de trois ou quatre poursuites en voiture bien étirées et mollassonnes.

Tout vêtu de noir, histoire de changer un peu, Brynner s’efforce de se montrer plus animé OMBRE (3)que d’habitude, d’exprimer des sentiments à peu près humains. Il y parvient de temps en temps, mais son rôle est sous-écrit et il n’est pas aidé par une idée scénaristique grotesque : le stress provoqué par la mort de son frère lui provoque des flash-backs hideux ! Des arrêts sur image noir & blanc submergés par un dégueulis rouge-sang, qui provoquent une cécité provisoire. Comment peut-on jouer ça ? Eh bien… Mal, en l’occurrence.

« L’OMBRE D'UN TUEUR » est à réserver aux cinéphiles de l’extrême, de ceux qui fréquentent « WWW » et sont prêts à expérimenter des OVNI sur pellicule, attirés qu'ils sont par l’affiche, comme des papillons de nuit vers la flamme. Pour les autres, passez votre chemin car il n’y a pas grand-chose à voir.

À noter qu’au début, on voit Brynner – excellent photographe dans le civil – s’amuser avec ses appareils-photo. Espérons que la production lui en a fait cadeau à la fin du tournage, histoire de justifier le voyage.

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 09:19

« LA MAISON DES OMBRES » est un film de fantômes anglais dans la grande tradition, dont la principale qualité est de réussir à intégrer et à mixer harmonieusement toutes les AWAKENINGinfluences récentes du genre, qu'il s’agisse d’un visuel espagnolisant ou d’une thématique nippone.

Les choix esthétiques peuvent paraître un peu rébarbatifs, avec cette image désaturée, ces extérieurs sinistres, cette musique envahissante, mais une fois entrés dans le vif du sujet, l’angoisse s’installe, savamment distillée et le film ne cède à aucune facilité, que ce soit dans le traitement des séquences « de trouille » ou dans la gestion des ‘twists’ et coups de théâtre. À peine sent-on dans le dernier quart, que les auteurs peinent à boucler leur récit, puisqu’on a le sentiment d’assister à plusieurs fins consécutives.

La grande force de « LA MAISON DES OMBRES », c'est son casting solide et parfaitement dirigé. Rebecca Hall est d’une intelligence sans faille, passant de l’incrédulité la plus fervente à la vulnérabilité avec maestria. Le toujours très intense Dominic West est également parfait en professeur hanté par les tranchées, à moitié fantôme lui-même et on a la joie de revoir l’exceptionnelle Imelda Staunton dans un rôle de gouvernante tellement humaine et douce qu'elle en devient inquiétante.

Le film ne révolutionne en rien le genre dans lequel il évolue, mais le sérieux avec lequel il a été abordé lui donne une belle aura. Ce n’est sans doute pas un chef-d’œuvre, mais quelques frissons dans l’épine dorsale et des cheveux dressés sur la tête sont absolument garantis.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 06:03

Mickey Shaughnessy est un second rôle irlandais au physique trapu et au jeu volontiers « hénaurme ». On s’en souvient en caporal dans « TANT QU'IL Y AURA DES HOMMES », en mentor d’Elvis dans « LE ROCK DU BAGNE », en sherif-adjoint dans « LE SALAIRE DE LA VIOLENCE » et « LA CONQUÊTE DE L’OUEST ».

Aujourd'hui, il aurait fêté ses 92 ans. Happy birthday, Mickey.

SHAUGHNESSY

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 17:45

McQuade est un ‘Texas Ranger’, comme le sera ‘Walker’ après lui. Il est grand et légendaire comme John Wayne, taciturne et barbu comme Eastwood, baraqué comme Bronson, poilu comme Burt Reynolds et charismatique comme les quatre réunis. Seul tout petit problème, c'est Chuck Norris qui l’incarne !

« ŒIL POUR ŒIL » est un festival de ringardise pompière comme on en voit rarement dans une vie de cinéphile. Affublé d’un scénario qui aurait déjà du mal à remplir un pauvre 52 minutes télévisé, le film tâche d’iconiser le champion de karaté par tous les moyens possibles et imaginables. On filme un prologue à la Sergio Leone, la BO morriconise sans OEILaucun complexe, on l’entoure de partenaires en adoration devant lui, qu'ils soient femmes ou hommes. Quand Norris s’entraîne à tirer au Magnum, c'est torse-nu et en sueur, quand il fait l’amour à Barbara Carrera, c'est au ralenti sous un jet d’eau suggestif. Même sa voiture est dotée de superpouvoirs, au point de s’extirper du trou où on l’avait ensevelie d’un simple coup d’accélérateur. Son co-équipier (L.Q. Jones) et son supérieur (R.G. Armstrong) viennent de l’écurie Sam Peckinpah et ils lui servent docilement la soupe. Bref, McQuade n’est pas seulement un loup solitaire, c'est pas n'importe qui !

On peut ressentir – entre deux fous-rires incrédules – un fugace plaisir coupable pendant une petite demi-heure, mais le cirque dure trop longtemps et le brave Chuck n’a vraiment pas l’étoffe des héros. Avec son brushing, sa barbe bien taillée, son œil inexpressif, il traverse les scènes comme un zombie qui irait pointer à l’usine. Comme son Némésis est incarné par David Carradine, à peu près aussi dynamique que lui, la torpeur gagne peu à peu le spectateur le plus patient et c'est comme anesthésié qu’on ressort de la projection. Le ‘showdown’ final vaut son pesant de cacahuètes, avec Carradine refaisant ses mouvements désopilants de la série « KUNG FU » et Carrera se sacrifiant pour le Chuck avec une admirable abnégation. Le problème, c'est qu'il faut tenir jusque-là !

Ici s’achève donc l’exploration de la carrière de Mr Norris sur « WWW ». Merci de votre attention.

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 10:12

Acteur singulier, à la longue silhouette efflanquée, au visage grêlé, à la personnalité paranoïaque, Richard Belzer a tenu des petits rôles au cinéma : on l’entrevoit dans « SCARFACE » et plusieurs autres DePalma ou en médecin dans « FREEWAY », avant de trouver le rôle de sa vie, l’inspecteur Munch, un personnage qui a pour particularité d’apparaître dans plusieurs séries différentes.

Ainsi, on le voit dans la série « HOMICIDE », puis dans quelques « NEW YORK – POLICE JUDICIAIRE », et finalement pendant une décennie dans « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE ». Sans compter qu'il fait également des ‘guests’ dans le même rôle dans « X-FILES », « THE BEAT » ou « SUR ÉCOUTE ». Un cas unique !

Aujourd'hui, il fête ses 68 ans. Happy birthday, Munch.

BELZER

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 08:09

CLASSETrès atypique dans la courte mais magnifique filmographie de Claude Sautet, « CLASSE TOUS RISQUES » transcende le genre où il évolue, le ‘film noir’, pour atteindre à la tragédie antique. Car ici, point question de polar, de scènes d’action – même s’il y en a quelques-unes – ni de voyous héroïques, le scénario de José Giovanni est ancré dans le réel et la vision qu'il donne d’Abel Davos, braqueur en cavale, n’a vraiment rien de glorieux ou d’admirable. Le film est bâti en goulot d’étranglement : au début, Davos est en groupe, femme, enfants, meilleur pote, il évolue dans les grandes artères de Milan, fuit dans l’immensité de la Méditerranée. À la fin, il est seul, acculé dans une minuscule chambre de bonne, où sa grande carcasse semble étouffer à petit feu.

La force et la maturité de ce film, outre une technique d’une modernité inouïe, est de montrer Davos tel qu'il est, de ne pas en donner une vision romanesque ou pathétique. Par quelques phrases, on comprend vite qu'il n’est pas victime du destin, mais qu'il a forgé son propre malheur. C'est une bête fauve, un tueur dans l’âme, entraînant dans sa chute sa propre famille. Le choix de Lino Ventura pour ce personnage est des plus intelligents : par sa carrure, sa densité humaine, il crée un paradoxe avec les actes de Davos, mais par sa rudesse et son expression revêche, exclut toute possibilité d’empathie. Davos est un vestige du passé, un anachronisme sur pattes. À l’heure où ses anciens complices parisiens sont devenus de bons bourgeois rangés des voitures, il continue sa course folle et espère être accueilli à bras ouverts quand il revient. Il pourrait reprendre à son compte les célèbres répliques peckinpiennes : « Les temps ont changé », « Pas moi ».

La réalisation adopte un style de semi-reportage extrêmement efficace, la voix ‘off’ n’estCLASSE (1) jamais gênante et préfigure l’utilisation qu’en fera Sautet dans ses œuvres suivantes. Tout bien sûr, n’est pas exempt de défauts : la sous-intrigue de Jean-Paul Belmondo avec l’apprenti-comédienne Sandra Milo ne sert strictement à rien et n’est manifestement là que pour satisfaire la coproduction. Mais cela ne gêne pas vraiment et ne pollue jamais le récit. Disons qu’on s’en serait volontiers passé, voilà tout.

Dans cet univers sombre, dépressif, loin de toute mythologie à la Melville, évoluent des personnages inoubliables : Belmondo d’abord, en jeune voyou énigmatique, aux motivations floues, mais fidèle jusqu'à la mort. Claude Cerval, visqueux à souhait en ex-ami plus que prudent et Dalio, délectable en « fourgue » immonde comme lui seul savait l’être.

« CLASSE TOUS RISQUES » est – ne craignons pas les superlatifs – une pierre blanche du cinéma policier hexagonal, un film à la fois adulte et populaire, qui ne cherche jamais à capitaliser sur le folklore habituel du film de gangsters, ni sur le pittoresque d’un langage à la Audiard. Il montre le hors-la-loi tel qu'il est, sa triste existence sans enjolivure.

Quand à la fin, Abel Davos disparaît dans la foule, silhouette anonyme et grise, on a compris qu'il est déjà mort. Et c'est presque un soulagement… Grand polar, oui. Mais pas seulement : grand film tout court !

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 18:18

ASSASSINATION (1)Il y a des titres comme ça, qui s’avèrent irrésistibles pour l’amateur – un peu tordu, c'est vrai – de choses étranges venues d'ailleurs. Ainsi « WWW » ne pouvait pas esquiver un thriller italien dont le titre français est « LA PEUR AUX TRIPES » !

Évidemment, si le titre est rigolo et si la présence au générique d’une de nos mascottes, le ASSASSINATIONriant Henry Silva incitent à l’indulgence, le reste de l’œuvre est une accablante déconvenue. On voit bien ce qu’ont voulu faire les auteurs : capitaliser sur la mode des 007 en y ajoutant une pincée de suspense politique façon « UN CRIME DANS LA TÊTE » (où Silva avait d'ailleurs un rôle). Au final, ça ressemble davantage à une aventure du Fantômas avec De Funès, sans les gags.

Le scénario est totalement impénétrable, la BO affreusement sixties, les seconds rôles italo-allemands sont abominables et le rythme est soporifique. Rien ne tient debout dans cette histoire : ce type condamné à la chaise électrique, sauvé in extremis par une mystérieuse organisation qui l’utilise pour assassiner un émissaire de paix ! Comme si ça ne suffisait pas, Silva se fait passer pour son frère jumeau (qui n’a jamais existé) et harcèle sa propre veuve déjà maquée à un autre homme. Quand on s’aperçoit que ce complot compliqué n’aboutit en fin de compte qu’à un simple coup de fusil, on se demande pourquoi les méchants se sont donné un mal pareil ! N’y a-t-il pas des snipers plus faciles à enrôler ?

Malgré toute l’affection qu’on peut porter à l’inimitable ‘Johnny Cool’, force est de ASSASSINATION (2)reconnaître qu'il n’était pas le choix idéal pour un tel rôle. Le visage figé, l’œil fixe, la démarche raide, il n’exprime rien, à part une espèce de rage contenue et n’est jamais attachant ou même vaguement intéressant. Heureusement, il s’avère remarquable dans la première séquence dans sa cellule, jusqu'à son exécution.

On aurait aimé aimer un film intitulé « LA PEUR AUX TRIPES » avec Henry Silva en vedette. Mais malgré toute la mauvaise foi du monde, malgré notre snobisme (un peu particulier, c'est vrai !), cela s’avère vraiment mission impossible.

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 07:59

JUST CAUSE (2)« JUSTE CAUSE » présente pas mal de points communs avec le remake de « LES NERFS À VIF » sorti quatre ans plus tôt : le décor du vieux Sud, le jeu de chat et souris entre un avocat et son client, le final dans les Everglades, etc. Mais on se prend à regretter que Martin Scorsese n’ait pas plutôt tourné ce scénario-là ! Autant son thriller était visuellement JUST CAUSE (1)somptueux, stylistiquement extraordinaire, autant son scénario était inconsistant, voire prétentieux. Alors que si celui de « JUSTE CAUSE » est en béton armé, la mise enJUST CAUSE scène est au mieux anonyme, au pire insuffisante.

Écrit au cordeau donc, ce suspense tire sa force de ses personnages, tous inattendus, présentant diverses facettes et jamais figés dans un stéréotype. Sean Connery par exemple, incarne pour la première – et seule ? – fois de sa carrière, un homme « normal », incertain et physiquement vulnérable, faisant oublier sa carrure et son passé de star, par quelques touches subtiles : un regard moins malicieux que d’habitude, des chapeaux peu seyants, une émotivité qu’on ne lui connaissait pas.

« JUSTE CAUSE » joue de façon machiavélique sur nos préjugés, nos opinions toutes faites, sur les apparences, pour mieux ménager des coups de théâtre très bien amenés, sans paraître trop tirés par les cheveux. Le travail sur les personnages de Blair Underwood, serial killer abject ou martyr innocent et de Larry Fishburne, bon flic ou brute vicieuse, est remarquable et oblige à se poser de bonnes questions sur le système judiciaire et sur la complexité de l’âme humaine de façon plus générale.

Mais s’il faut absolument voir ce film, ce sera pour l’hallucinant numéro d’acteur d’Ed Harris. En tueur en série bestial et fou à lier, il fait froid dans le dos. Ses face à faces avec Connery JUST CAUSE (3)sont véritablement de grands moments, la tension est réellement palpable. Sur le fil très mince entre la pure démence et le cabotinage contrôlé, Harris n’a peut-être jamais été aussi impressionnant.

On fermera les yeux sur quelques facilités dans le traitement des seconds rôles (la documentaliste mexicaine obèse et nympho, le personnage à peine esquissé de Chris Sarandon), sur des invraisemblances difficiles à avaler (pourquoi le tueur se contente-t-il de bâillonner gentiment ses otages à la fin, au lieu de les massacrer ?) et sur une conclusion sanglante qui ne règle rien et déçoit un peu, pour rester sur la bonne impression d’un thriller psychologique moite et ambigu, offrant à des comédiens aguerris des rôles à leur mesure.

À noter que la fillette de Connery n’est autre que la toute jeune Scarlett Johannsson !

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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