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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 09:00

RECOURSUn quart de siècle plus tôt, « RECOURS EN GRÂCE » aurait sans doute été dialogué par Prévert, interprété par Gabin (les rôles de déserteurs, il en avait déjà joué quelques-uns), Morgan et Arletty, et ce serait certainement un classique du cinéma français à l’heure qu'il est.

Mais réalisé en 1960 par le versatile Laslo Benedek, qui signait six ans auparavant « L’ÉQUIPÉE SAUVAGE » à Hollywood, le film est un objet bizarroïde, inclassable et pour tout dire… pas très réussi. Le cast hétéroclite n’est pas pour rien dans la sensation deRECOURS (1) confusion et d’irréalité laissée par le film. Emmanuelle Riva semble s’être trompée de scénario, Raf Vallone a un drôle de look avec son pantalon de cuir. Ils se débattent tous les deux avec des rôles impossibles, pas faits pour eux, aussi stupides et illogiques l’un que l’autre. Comment croire une seconde que la cérébrale et hypersensible Riva vienne d’un milieu sordide que n’aurait pas renié Zola ? Comment croire qu'elle puisse avoir ce bellâtre italien pas très futé « dans la peau » ?

Benedek accentue ce décalage par un tournage exclusivement en studio qui permet certes, une photo en noir & blanc somptueuse et très « américaine », mais laisse aussi à penser que toute l’action se déroule dans deux ou trois rues identiques, jusqu'au pavé humide.

Alors, pourquoi s'infliger ce « RECOURS EN GRÂCE » ? Pour Annie Girardot, qui est la seule à apporter de la vie et de la réalité au film, en incarnant l’ex-petite amie de Vallone, qui ne s’est jamais remise de leur séparation, mais l’aide à se cacher après son évasion. Écorchée, endurcie, étonnamment concrète et moderne dans ce contexte poussiéreux, elle justifie qu’on aille jusqu'au mot « FIN ».

Le mélange de « réalisme poétique » à la Carné et de ‘film noir’ made-in-America n’a pas pris. Est-ce si étonnant ?

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 17:47

Si des lecteurs fanatiques de « STARFIX » avaient fait un gros héritage et avaient décidé de produire eux-mêmes leur « film ultime », il y a fort à parier qu'il aurait ressemblé à « EXPENDABLES 2 ». Le premier était déjà un drôle d’engin, mais celui-ci complètement XP2décomplexé, passe à la vitesse supérieure et fait fi de toute vraisemblance, de toute logique, de tout semblant de bon goût. C'est parfois goûteux (la réplique « Rest in pieces », qu’on a envie de se repasser en boucle), parfois ridicule et raté (l’arrivée de Chuck Norris sur la musique du « BON, LA BRUTE, LE TRUAND »), mais toujours infiniment sympathique.

Mais plus ne signifie pas forcément mieux. Et il manque à cet opus réalisé par le compétent Simon West, l’aspect bordélique et cracra qu’avait su donner Stallone au précédent. La violence est plus « tous publics », la photo plus jolie. Et il manque un élément essentiel : Mickey Rourke, pour que le bonheur soit parfait.

Le scénario tient vraiment sur un coin de nappe, cela ressemble parfois aux vieux navets des années 70 comme « L’OURAGAN VIENT DE NAVARONE » et on ne risque pas d’attraper la migraine à suivre le scénario. Mais les polymusclés font toujours merveille et leur énergie fait plaisir à voir. ‘Sly’ est en pleine forme et son duo semi-comique avec Jason Statham est fort plaisant, ‘Schwarzie’ apparaît peu, mais se moque de lui-même avec un humour non exempt de lourdeur, quant à Jean-Claude Van Damme, puisqu’il joue le méchant, autant l’appeler « Vilain » !

Ce n°2 est donc un digne successeur du premier, même s’il est plus lisse et policé. Il faut le voir pour ce qu'il est : une grosse déconnade entre vieux copains qui n’en reviennent pas d’avoir droit à ce dernier tour de piste au box-office. En cela, il ne peut qu’attendrir les fans qui ont connu leur heure de gloire, avant les liftings, les teintures, les navets et le semi-oubli.

They are back ! Comme dirait l’autre… Et on attend la suite.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FRANCHISES
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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 09:14

Comparé au « JUSTICIER DE NEW YORK », maître-étalon du nanar-culte truffé de répliques inoubliables et de scènes anthologiques, le n°4 de la ‘franchise’ : « LE JUSTICIER BRAQUE LES DEALERS » est plutôt d’une affligeante banalité. Mais il est sauvé aux yeux des fans pour un plan de deux secondes : alors que Bronson vient de balancer son verre à la figure de Danny Trejo et se carapate, la bouteille piégée qu'il a laissée sur la table explose, tuant les méchants dealers.

DW4 EXPLODE

Mais à la place de ‘Machete’ et ses copains, on voit soudain deux mannequins en mousse affublés de postiches monstrueux, aussi affreux qu’avachis (alors qu'ils sont censés poursuivre Kersey !) qui explosent dans un misérable feu d’artifice orange.

C'est beau… Mais beau !

DW4 EXPLODE (1)

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 06:04

Harry Andrews est un de ces grands ‘character actors’ anglais qui a hanté une bonne centaine de films de son faciès inoubliable, le plus souvent dans des rôles de militaires bornés.

On s’en souvient surtout en officier dans « LA COLLINE DES HOMMES PERDUS », mais il a également brillé dans « TROP TARD POUR LES HÉROS », « LE CORRUPTEUR », « EQUUS » ou « LA GRANDE MENACE ».

Aujourd'hui, il aurait fêté ses 101 ans. Happy birthday, Harry.

ANDREWS

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:32

DRACULAInspiré d’une pièce de théâtre elle-même adaptée du roman de Bram Stoker, classique parmi les classiques du cinéma d’horreur Universal des années 30, « DRACULA » estDRACULA (1) incontestablement une date dans l’Histoire du genre. Il fallait que cela soit dit ! Car, sans vouloir adopter une posture iconoclaste à tout prix, il faut bien admettre que le revoir 70 ans après sa réalisation tient de l’exploit. Même restauré en HD par le Blu-ray.

Le scénario est immuable depuis toujours et a déjà été bien exploré par l’immortel « NOSFERATU » de Murnau. Ici, l’histoire est condensée, les personnages télescopés les uns dans les autres, tout le monde joue comme s’il ignorait le passage au Parlant et on a souvent du mal à garder son sérieux. Ah ! L’inénarrable Dwight Frye dans le rôle d’un Renfield mâtiné de Jonathan Harker, qui cabotine tellement qu'il en ferait passer Klaus Kinski pour un acteur bressonien.

Mais le pire est encore Bela Lugosi, dans ce qui demeure pourtant le rôle de sa vie, pour lequel il sera toujours cité en référence. Son Dracula est une sorte de Luis Mariano au sourire figé, dont le regard de braise est rendu « hypnotique » par des petites lampes de poches braquées sur ses yeux dans les gros-plans. Il bouge avec la grâce d’un automate grippé et si lentement qu'il casse littéralement le rythme du film tout entier.

Car malgré ses petites 74 minutes, « DRACULA » paraît interminable et quand DRACULA (2)arrive la fin, elle est « torchée » en quelques secondes : Lugosi lui-même est tué hors-champ par le pieu fatal de ce gâteux de Van Helsing, ses râles de douleur dans le lointain, provoquant un ultime éclat de rire involontaire.

Le temps ne fait pourtant rien à l’affaire comme disait Brassens… Les contemporains « FRANKENSTEIN » de la même firme sont des œuvres achevées et encore émouvantes aujourd'hui.

Si vous aimez les chauve-souris en tissu gigotant au bout d’un fil, si vous êtes sensibles aux bellâtres gominés roulant des « r », si vous n’avez jamais vu aucune autre version du roman original, alors peut-être que ce « DRACULA » est pour vous… Ce n'est évidemment qu'un avis et il n'est pas majoritaire !

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Published by Fred Jay Walk - dans HORREUR - SF ET FANTASTIQUE
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 10:38

Aujourd'hui, un nouveau dossier brûlant de « WWW » : après avoir exploré l’addiction avérée de Charley Bronson pour les ice creams (ou glaces, en v.f. pour certains puristes !), il nous faut élargir la recherche à son rapport à la nourriture en général.

Dans ses mémoires, le réalisateur Don Siegel raconte qu’arrivant dans une nouvelle ville pour tourner des scènes de « UN ESPION DE TROP », il vanta à Bronson les excellents restaurants du coin. Bronson se contenta de frapper son estomac et dit simplement : « Je ne mange pas ». Convivialité moyenne, donc.

EAT CB (1)

Par la suite, invité à dîner par sa nouvelle petite amie dans « LE JUSTICIER DE NEW YORK », un Bronson nettement plus ventru s’exclamera une réplique devenue culte : « Chicken’s good ! I like chicken ». Des progrès, en quelque sorte.

On le voit manger de la soupe dans « LE PEUPLE ACCUSE O’HARA », bâfrer salement du poulet justement, dans « CHASSE AU GANG », « VERA CRUZ » et « TWILIGHT ZONE ». Il dévore des sandwiches dans « 4 DU TEXAS » et « ADIEU L’AMI » et s’essaie à la cuisine japonaise dans « SOLEIL ROUGE ». Oublions qu'il déjeune de serpent à sonnette dans « LES COLLINES DE LA TERREUR ».

Sa gourmandise ira même jusqu'à lui coûter la vie dans un épisode de « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE » !

EAT CB (2)

EAT CB

EAT CB2 

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Published by Fred Jay Walk - dans BRONSON & MARVIN ARCHIVES
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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 05:54

Robert Strauss est un acteur des années 50, spécialisé dans les rôles de grandes gueules à la voix éraillée. Il pouvait être envahissant et vampiriser un film (il est franchement pénible dans « STALAG 17 ») ou rester à sa juste place et enrichir l’arrière-plan (« ATTAQUE ! »).

Après des rôles de gangsters dans « DOMPTEUR DE FEMMES » ou « I, MOBSTER », Strauss tournera essentiellement pour la TV.

Aujourd'hui, il aurait fêté ses 99 ans. Happy birthday, Bob.

STRAUSS

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 04:30

THERESE D (1)On se souvient surtout de Georges Franju pour ses films flirtant avec le fantastique, dont le culte « LES YEUX SANS VISAGE ». Mais il a également adapté des œuvres de Cocteau ou Zola. « THÉRÈSE DESQUEYROUX » est un roman de François Mauriac.

C'est un film glacial, austère, suffocant, à l’image de cette province étriquée et confite dansTHERESE D sa bourgeoise hypocrisie, dans laquelle l’héroïne s’étiole peu à peu. Le sujet a tout du faits-divers : l’épouse d’un notable empoisonne celui-ci pour échapper à la monotonie désespérante de son existence. Mais la voix ‘off’ très littéraire, l’interprétation totalement maîtrisée d’Emmanuelle Riva et le noir & blanc « bergmanien » donnent à l’histoire des accents universels de tragédie intime. C'est très lent, cela progresse par touches infimes, la construction en flash-back est adroitement conçue et l’écriture des personnages est d’une belle précision. Ainsi Philippe Noiret est-il à la fois ridicule, haïssable, humain et désespérant de médiocrité autosatisfaite, dans ce rôle de mari insensible. Edith Scob – actrice-fétiche du réalisateur – a également un joli rôle de séduisante sauvageonne romantique, que son milieu écrase jusqu'à lui faire perdre son éclat et sa fantaisie.

« THÉRÈSE DESQUEYROUX » n’est pas un spectacle facile ou agréable, mais par son extrême rigueur, par l’admirable intensité d’Emmanuelle Riva et par quelques symboles parlants (la palombe affolée, clouée au sol par un filet de chasse), il imprime durablement la mémoire. Sans oublier les belles envolées de la BO de Maurice Jarre…

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 16:04

BLACK LAGOON (1)Les amoureux du premier « KING KONG » et des aventures de Tarzan et leur exotisme de BLACK LAGOONstudio aiment forcément « L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR », qui suit une expédition scientifique sur l’Amazone à la recherche d’un humanoïde amphibie hantant un lagon depuis des millénaires.

Le scénario est réduit à sa plus simple expression : après un laborieux début de mise en train, le film se concentre sur le lagon et la façon de capturer le monstre, puis accessoirement de lui échapper. On essaie toutes les techniques de pêche, on s’engueule entre savants, on se fait déchiqueter de temps en temps. Comme il y a une jeune première, celle-ci consacre une bonne partie de ses scènes à pousser des hurlements stridents en se protégeant avec son avant-bras. La belle Julie Adams méritait tout de même un peu mieux ! Le héros, Richard Carlson passe tout le film en slip de bain noir peu seyant et BLACK LAGOON (2)ne risquait pas d’obtenir l’Oscar pour sa prestation.

Malgré tout, le film se laisse regarder et il est même plutôt sympathique dans son ensemble. Bien sûr, les effets « 3D » sont un peu redondants à force, mais les décors de carton-pâte ont acquis une certaine poésie avec le temps et le monstre lui-même est une réussite esthétique. L’étrange ballet lors de sa rencontre sous-marine avec Julie Adams est encore très beau à voir. À la fin du film, on ne peut qu’en vouloir à cette bande d’imbéciles armés jusqu'aux dents, d’être venus embêter ce pauvre homme-poisson qui ne demandait rien à personne.

Le film passe aujourd'hui pour un classique au même titre que les œuvres mythiques du cinéma d’horreur Universal des années 30. C'est peut-être lui faire beaucoup d’honneur, mais il demeure un aimable spectacle au kitsch émouvant.

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Published by Fred Jay Walk - dans HORREUR - SF ET FANTASTIQUE
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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 11:40

S’il ne reste pas aujourd'hui grand souvenir de « MEURTRES EN DIRECT » la satire politique de Richard Brooks, il est un moment, à peine trois secondes, qui sont restées gravées pour toujours dans la mémoire du cinéphile.

En effet, c'est dans ce film qu’une star de première grandeur, en l’occurrence Sean Connery, ôte sa moumoute en ‘live’ !

L’évènement se passe lors de l’ultime séquence du film, alors que le présentateur de news Connery s'apprête à sauter en parachute avec le général Robert Conrad. Juste avant de mettre son casque, l’Écossais arrache son postiche (pas censé en être un, pendant le reste du film) d’un geste négligent.

MOMENT SEAN

Grand « Sean Moment », qui synthétise bien l’assurance et le sens de l’autodérision de ce superbe comédien.

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