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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 10:03

Deux bonnes décennies après sa mort, voici que paraît une biographie d'un des comédiens les plus singuliers du cinéma américain. Avec sa stature chétive, sa dentition anarchique, son allure perpétuellement débraillée, Warren Oates n'a connu que quelques courtes années de vedettariat (tout relatif), mais a marqué toute une génération de comédiens, et sert encore de modèle et de référence à bon nombre d'entre eux, comme Harry Dean Stanton ou le plus jeune Benicio Del Toro.
L'auteur Susan Compo écrit que faire ce livre était "le job le plus cool du monde". Et il est vrai que parcourir la carrière de Oates, depuis ses petits rôles, jusqu'à son beau parcours aux côtés de Sam Peckinpah, permet d'explorer un cinéma moins "officiel", que celui qu'on rencontre dans les habituelles bios d'acteurs américains. Révélé par son rôle de gringo abruti dans "LA HORDE SAUVAGE", Oates trouva le rôle de sa vie dans "APPORTEZ-MOI LA TÊTE D'ALFREDO GARCIA", où il réinvente le sens du mot "destroy".
Il jouera le mercenaire taiseux dans "LA MORT TRAGIQUE DE LELAND DRUM" de Monte Hellman, le vagabond dans le très beau "L'HOMME SANS FRONTIERE" de son copain Peter Fonda, en gardant son jeu naturaliste, son allure d'homme de la rue, et son goût de l'authenticité. La bio de Susan Compo est au diapason du bonhomme.
Comme il est peu vraisemblable que le livre soit un jour traduit en Français, il ne touchera hélas, que les lecteurs doués pour les langues... Et c'est bien dommage, car c'est un travail exemplaire.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 09:28
Signalons la ressortie, avec une nouvelle couverture (l'affiche française de "LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND", signée Jean Mascii), de l'ouvrage-somme de Jean-François Giré, "IL ETAIT UNE FOIS... LE WESTERN EUROPEEN" le livre exhaustif sur le genre, qui renvoie aux oubliettes tous ceux du même genre parus avant lui.

De la très belle ouvrage, d'une précision maniaque, magnifiquement illustrée qui plus est.
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 09:02

De son vrai nom Charles Pendleton, ce culturiste qui fit partie des shows de Mae West à Las Vegas, fit quelques figurations à Hollywood (qui l'a repéré dans "RIO BRAVO" ?), avant de s'exiler à Rome, où les gros bras venus des U.S.A. faisaient les beaux jours du Péplum.
Après quelques Maciste et Hercule de rigueur, qu'il tourna sous le pseudonyme de Gordon Mitchell, le costaud resta en Italie, où il devint un régulier du western et du film fantastique.
Avec son visage raviné, ses petits yeux bleus enfoncés dans les orbites, ses cheveux blonds, il proposait aux producteurs une alternative moins coûteuse à Jack Palance, qui sévissait également à Cinecittà, à la même époque.
Sans être un grand comédien, Gordon Mitchell savait se montrer réjouissant dans le cabotinage en roue libre et la grimace satanique, mais il ne trouva jamais LE rôle qui l'aurait fixé à jamais dans la mémoire du public.
Parmi ses très nombreux westerns, seuls quelques films surnagent dans un océan de ringardise, comme "PAS DE PITIE POUR LES SALOPARDS", où Mitchell est irremplaçable en bandit vêtu de noir, qui apparaît comme un grand vautour, ou "SHANGHAÏ JOE" où il ne fait que passer en chasseur de primes, "LE FOSSOYEUR" en méchant de répertoire.
Dans un cinéma plus grand public, Mitchell apparut dans "SATYRICON" de Fellini, et "LE COUP DU PARAPLUIE" de Gérard Oury.
MITCHELL suite
Il fait partie de cette espèce rare de comédien, qui ne furent jamais vraiment des têtes d'affiche, dont la plupart des amateurs seraient bien en peine de citer un seul film, et dont le talent n'avait rien de shakespearien, mais dont l'image imprécise resurgit de temps à autres, à la vision d'un vieux western international, où apparaît la haute silhouette de Gordon Mitchell, un des rares "musclés" à avoir réussi le transfert de la Rome Antique au Far West. Pour le meilleur (rarement) et pour le pire (fréquemment).

A noter que le fanzine "CINE ZINE ZONE" lui consacra un numéro spécial, le 102 pour être précis.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 07:30

"THE GRAVE", western d'une vingtaine de minutes tourné en 1961, est un épisode de la légendaire série de Rod Serling, "THE TWILIGHT ZONE".
Réalisé et écrit par Montgomery Pittman, c'est un quasi huis clos réunissant un magnifique casting de grandes gueules : Lee Marvin, Lee Van Cleef, James Best et Strother Martin.
Marvin, portant un cache-poussière prémonitoire, campe un "lawman" arrivant dans une petite ville-fantôme, pour apprendre que l'homme qu'il traquait est déjà mort. Van Cleef, joueur cynique (et glabre, c'est assez rare pour le noter !), lui lance un défi : oser visiter la tombe du défunt par cette nuit de tempête et y planter son couteau. Du gâteau, s'il n'y avait pas cette tempête, si on ne croyait pas aux fantômes et si la malchance ne s'en mêlait pas...
C'est simple et rudimentaire, mais le trio Marvin-Van Cleef-Martin (bientôt reformé pour "L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE") vaut largement le coup d'oeil et le mélange western-horreur est suffisamment rare pour qu'on se prive de ce plaisir.

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 17:56

"AU NOM DE LA LOI", série datant de 1958 et qui dura trois ans, serait très certainement oubliée depuis des lustres si elle n'avait révélé la personnalité unique de son interprète Steve McQueen.
Le personnage du chasseur de primes Josh Randall qui était apparu dans un épisode de la série "TRACKDOWN", était très novateur pour l'époque et McQueen renforça ses traits de MCQUEENSTEVEsuite.jpgcaractère peu orthodoxes : Randall est un pragmatique, un besogneux courageux mais pas téméraire, toujours hésitant à se mouiller et n'oubliant jamais pourquoi il fait ce job. L'argent.
Avec son jeu faussement hésitant, plein de demi sourires, de tics, de regards obliques, sa façon d'avoir mal aux jointures après avoir donné un coup de poing, cette volonté forcenée de composer un personnage à plusieurs dimensions, McQueen laissait apparaître sa formation Actors Studio, très en vogue au cinéma à l'époque mais peu usitée en TV. C'est par cette accumulation de détails que Randall est encore aujourd'hui une référence du genre et un des meilleurs rôles du comédien, alors âgé seulement de 28 ans.
Une édition DVD extrêmement soignée, est sortie il y a quelques années, ainsi que plusieurs ouvrages, dont "AU NOM DE LA LOI : UNE MYTHOLOGIE DE L'OUEST", de Didier Liardet, qui est d'une précision quasi clinique et finit par donner l'impression que la série est plus épique qu'elle n'est réellement.
Car pour distrayants qu'ils soient, ces épisodes ne sont que des fables rudimentaires, plutôt bien écrites, situées dans des décors fauchés (toutes les villes que traverse Randall sont RIGOUREUSEMENT identiques les unes aux autres !). Parmi les guest stars, McQueen croisait deux des "7 MERCENAIRES", Brad Dexter et James Coburn (dans ses bras, sur la photo), ainsi que Warren Oates (plusieurs fois), Lee Van Cleef (dans un des meilleurs épisodes), Martin Landau, Dyan Cannon ou John Carradine.
Sans doute fan de la série, Sergio Leone lui adressera un clin d'oeil au début de "IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST", en donnant comme arme à
Woody Strode, le fusil à canon scié de Josh Randall.

SMCQUEEN suite

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 17:00

Impossible de parler Western, sans recommander toutes affaires cessantes, l'indispensable coffret "BUDD BOETTICHER"  (prononcer "Botiker"), récemment paru en zone 1, mais avec v.f. (à éviter) et sous-titres français (merci).
Là sont regroupés les meilleurs westerns du réalisateur, ceux qu'il tourna avec Randolph Scott pendant les années 50 : "THE TALL T", "DECISION AT SUNDOWN", "BUCHANAN RIDES ALONE", "RIDE LONESOME" et "COMANCHE STATION".
Tous ne sont pas d'égale valeur, mais au moins trois sont de pures merveilles, ma préférence allant à "RIDE LONESOME / LA CHEVAUCHEE DE LA VENGEANCE" et "THE TALL T / L'HOMME DE L'ARIZONA".
Dans le premier, Boetticher fait une utilisation du format Scope époustouflante, on dirait qu'il fut inventé rien que pour lui, et utiilise des débutants comme James Coburn et Lee Van Cleef (remarquable, dans un rôle de méchant subtil), dans le second, Richard Boone compose un des "bad guys" les plus marquants de l'histoire du genre, une crapule élégante et cultivée, absolument sociopathe, qui admire son adversaire et méprise ses propres hommes. Grand personnage, grand acteur, et surtout très très grand western. En voyant les cinq films, on réalise l'énorme influence que Boetticher a pu avoir sur le western italien, et sur l'oeuvre de Clint Eastwood réalisateur. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard, si celui-ci apparaît dans les suppléments, même si comme à son habitude, il est très laconique, et ne dit rien de passionnant.

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 16:43

Pour régler une bonne fois pour toutes une question grave (je pèse mes mots), qui taraude le cinéphile depuis près de 40 ans, soyons clairs : la trilogie des "SABATA" est maintenant disponible en DVD partout dans le monde. C'est une bonne chose. Mais cette trilogie n'en est pas une, c'est un dyptique auquel on a accolé un parasite fallacieux, un imposteur.
Si "SABATA" et "LE RETOUR DE SABATA", interprétés par Lee Van Cleef (d'abord sans, puis avec moumoute) méritent l'appellation contrôlée, "ADIOS SABATA" est un intrus.
Le titre original en est "INDIO BLACK", qui est en fait le nom du personnage principal joué par Yul Brynner dans sa tenue des "7 MERCENAIRES" avec quelques franges en plus.

Constatant probablement que Sabata était lui aussi vêtu de noir, les distributeurs U.S. et européens ont fait doubler tous les dialogues et remplacer "Indio Black" par "Sabata" ! Aussi simple que ça et "ADIOS SABATA" était né. Ce qui n'en fait pas un meilleur film, soit dit en passant. Mais pour être tout à fait honnête, les deux autres ne sont pas bien exaltants non plus ! Et même s'il porte la même tenue, manie des armes aussi sophistiquées que pour son rôle du colonel Mortimer dans "...ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS", il manquait à Van Cleef l'essentiel : Sergio Leone à la caméra.

A NOTER : Si Brynner ne reprit donc pas réellement un rôle créé par Van Cleef, celui-ci reprit bel et bien un rôle créé par Brynner, dans l'ultime avatar des "7 MERCENAIRES" : "LA CHEVAUCHEE DES 7 MERCENAIRES", où il campait un Chris Adams devenu shérif, et bientôt veuf.

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 16:31

L'excellente revue anglaise de cinéma "EMPIRE", a recensé dans son numéro de novembre 2008, les 500 meilleurs films de l'Histoire du 7ème Art. "LA PRISONNIERE DU DESERT" faisait heureusement partie du lot (en 164ème position), et un article était consacré à l'occasion à John Wayne.
L'auteur de l'article en question posait là une question, ma foi, très pertinente, en écrivant :
"Pour certains, il était une icône. Pour d'autre, un vieux con belliqueux avec une moumoute".
Alors, l'un ou l'autre, le "Duke" ? Ou les deux à la fois ?
That is the question...

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Published by Fred Jay - dans LES ACTEURS WESTERN
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 15:50
La mort de David Carradine, dans un hôtel de Bangkok, et dans des circonstances plus ou moins claires, nous rappelle qu'avant son comeback (éphémère) dans le surestimé "KILL BILL", il fut une figure décalée et atypique de l'Ouest. D'abord en campant quelques bad guys sans grande personnalité dans "UN HOMME FAIT LA LOI" ou "LA VENGEANCE DU SHERIF", un Indien spolié dans "LE CLAN DES McMASTERS", et surtout lors de sa période de vedettariat en "liste A", un Cole Younger assez impressionnant dans "LONG RIDERS" de Walter Hill, aux côtés de ses frères Keith et Robert.
Mais son style de jeu léthargique, mollement ironique, la lenteur de ses réactions, en firent l'interprète rêvé du personnage de Kwai Chang Caine, le "petit scarabée" (Grasshopper, en v.o., ce qui signifie "sauterelle" !) dans la série "KUNG FU", où il remplaça au pied levé Bruce Lee, jugé "trop chinois" par les producteurs. Au bon endroit au bon moment, Carradine avait introduit un peu de la génération hippie dans l'univers du Far West, et créé une icône indéboulonnable de la TV. Son père, le légendaire John ("LA CHEVAUCHEE FANTASTIQUE"), fut plusieurs fois invité dans la série, qui dura trois saisons.
L'acteur tenta de capitaliser sur ce succès, en apparaissant dans des films d'arts martiaux (alors qu'il maîtrisait manifestement assez mal la chose !), et en reprenant le rôle de Caine, dans une série contemporaine, vingt ans plus tard. Il écrivit un livre de souvenirs "ENDLESS HIGHWAY" plutôt décevant, qui ne connut guère d'écho.
"Petit Scarabée" s'en est allé rejoindre son Maître Pô... Via Bangkok. Parviendra-t-il encore à attraper le galet ?
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Published by Fred Jay - dans LE CARNET NOIR
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 15:29

Ancien sportif olympique, à la musculature statuesque, Woody Strode a débuté dans de tout petits rôles dans "LES DIX COMMANDEMENTS" et divers "TARZAN", avant d'être repéré par John Ford. Curieusement, celui-ci lui donna des rôles de chefs Indiens ("LES DEUX CAVALIERS") voire de bandits chinois ("FRONTIERE CHINOISE"), mais lui offrit surtout le rôle de sa vie, avec "LE SERGENT NOIR", dans lequel Strode campe un "buffalo soldier", soldat noir de la Cavalerie U.S., injustement soupçonné de viol et jugé. Généralement utilisé pour son physique, Strode y révélait lors du procès, un talent et une émotion insoupçonnés. Il retrouvera d'ailleurs un personnage très similaire dans un remarquable épisode de "RAWHIDE".
Ford le ré-utilise dans le rôle plus secondaire de Pompey, le garde du corps dévoué de John Wayne dans "L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE", et Woody Strode connaîtra son rôle sinon le plus important, du moins le plus mémorable, en incarnant Sharp, un des quatre "PROFESSIONNELS", où il fait jeu égal avec Lee Marvin, Burt Lancaster et Robert Ryan. Sa première apparition dans le film, en chasseur de primes musculeux traînant un prisonnier au bout d'une chaîne, est encore gravé dans toutes les mémoires.
A la suite d'une courte apparition au début de "IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST", où il attend Harmonica à la gare en compagnie de Jack Elam et Al Mulock, Strode reste en Italie, et devient une figure familière du "spaghetti western". On le voit ainsi en acrobate dans "LA COLLINE DES BOTTES", puis dans quelques films valables comme "KEOMA". Il reparaît en Indien dans "SHALAKO", dans le rôle d'un des prisonniers envoyés en mission dans "LES DYNAMITEROS" ou "LA POURSUITE SAUVAGE".
On reverra Woody Strode, vieilli et chenu dans de très courtes apparitions-hommages dans des post-westerns comme "MORT OU VIF" ou "POSSE".
Acteur monolithique, quasiment inexpressif,  Woody Strode fut un des premiers acteurs de couleur à pénétrer l'univers du western, dans des rôles valorisants, qui ne devaient rien à l'imagerie "Oncle Tom" en vigueur jusque dans les années 70.
WOODY STRODE suite 

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Published by Fred Jay - dans LES ACTEURS WESTERN
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