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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 17:35

"Vos cheveux étaient plus foncés, alors", fait remarquer Ralph Bellamy à Rico, en voyant une vieille photo de lui, prise pendant la révolution mexicaine. "Mon coeur était plus léger, alors", répond Rico dans un souffle.
Cet idéaliste, qui a tout sacrifié, jusqu'à sa femme, à la révolution, est devenu marchand d'armes, démonstrateur zélé de mitrailleuses. Retiré des voitures. Mais quand un riche propriétaire lui demande de retrouver sa jeune épouse kidnappée, Rico replonge, et s'apprête à repasser la frontière, avec trois hommes, dont son vieux compagnon d'armes Bill Dolworth.
Leader des "PROFESSIONNELS", Rico Fardan est un tueur méthodique, sans état d'âme apparent, prêt à tout supporter, sauf être pris pour un imbécile. Quand il comprend que son employeur lui a menti, que sa femme n'a jamais été enlevée, Rico refuse de la lui rendre. "Espèce de bâtard !", lui lance le vieux. "Dans mon cas, un accident de naissance", rétorque Rico. "Mais vous, monsieur, vous êtes un self made man". Et il part, ayant tout perdu, son argent, son temps, quelques illusions encore, mais pas son honneur.
Juste après son numéro de cabotinage éhonté dans "CAT BALLOU" (qui lui valut pourtant l'Oscar) Lee Marvin trouve en Rico Fardan un de ses meilleurs rôles, lui insufflant une humanité meurtrie, une tristesse, absentes de ses autres personnages de "pros", comme ceux des "12 SALOPARDS" ou "LE POINT DE NON-RETOUR".
On raconte que Lee Marvin apprécia particulièrement ce tournage, parce qu'après des années de seconds couteaux, il tenait enfin le rôle du chef, et pouvait donner des ordres à Burt Lancaster...

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 16:37

Un drôle de film hybride, à la fois série B américaine par son réalisateur (l'acteur Vic Morrow, qui fut remercié après une semaine de tournage) et sa vedette, et spaghetti western, par son producteur Dino de Laurentiis, ses décors (on retrouve le village de "POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS") et ses acteurs de second plan.
"UN NOMME SLEDGE", souffre d'un scénario maladroitement bâti en trois actes distincts, presque indépendants les uns des autres, d'un dialogue d'une platitude inouïe ("Avant de te rencontrer, je croyais que quelque chose clochait chez moi", roucoule Ria la prostituée frigide, "Et puis tu es venu..."), et de séquences de fusillade évoquant les spectacles pour touristes, dans les villages western d'Arizona.
James Garner, acteur si à l'aise dans la comédie et l'autodérision (la série, puis le film "MAVERICK"), est beaucoup moins convaincant, quand il joue les durs, comme ici, où sa grosse moustache, sa démarche chaloupée et son air chafouin, desservent un héros déjà bien quelconque. A ses côtés, des seconds couteaux connus comme Claude Akins, Dennis Weaver ("DUEL") ou John Marley(insupportable !) grimacent à loisir, tandis que débute discrètement le futur sex symbol transalpin Laura "MALICIA" Antonelli.
Peu de choses à mettre à l'actif de ce film bâtard donc, surtout pas l'horrible musique. A côté, l'autre chasse au coffre plein d'or, "LA CARAVANE DE FEU" passerait presque pour un classique !

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 14:04

"THE DEPUTY", série western datant de la fin des années 50, est surtout connue pour la sympathique escroquerie de son concept. C'était censé être la première série avec Henry Fonda en vedette, dans le rôle du sherif Simon Fry. Jusque là, formidable ! Seulement, si on regarde attentivement, le titre signifie "L'ADJOINT"... Et à la grande surprise du public, l'excellent Fonda n'apparaît qu'au début d'un épisode, pour donner sa mission à son jeune collègue (l'inconnu Allen Case), ou à la fin, pour le féliciter. Et des fois, pas du tout ! Grosso-modo, trois minutes par film.
L'idée était drôle : se payer une star de cinéma, et la rentabiliser au maximum, en lui faisant tourner toutes ses apparitions en quelques jours.
"THE DEPUTY", invisible depuis des décennies, a récemment été exhumée par les éditions TMG, qui ont édité 12 épisodes triés dans les trois saisons. Le matériel est en piteux état, mais on peut reconnaître des "guests" connues comme les jeunes James Coburn, Lee Van Cleef, la très belle Karen Steele ("LA CHEVAUCHEE DE LA VENGEANCE"), et même un blondinet nommé Robert Redford (sur la photo, avec l'air méchant), dont c'est la première apparition devant une caméra, et qui joue un fou de la gâchette.
Honnêtement, la série n'a rien d'exceptionnel, hormis le fait d'être une série AVEC Henry Fonda, presque SANS Henry Fonda. Il fallait un certain culot, pour faire gober ça au public, tout de même...

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 13:25

L'avantage de ces rééditions de vieilles séries venues des U.S.A., est qu'on tombe parfois sur de véritables perles, des raretés absolues. La série "GUNSMOKE" qui dura vingt ans, mais demeure pratiquement inconnue en France, accueillit bon nombre de "guests" au fil des années, mais l'épisode "THE JAILER" réalisé par Vincent McEveety en 1966, offre la vedette à rien moins que Bette Davis. MISS  Bette Davis comme l'indique fièrement le générique.
JAILER suite
L'actrice qui venait de retrouver son statut grâce à deux films de Robert Aldrich, apparaît ici dans le rôle d'Etta Stone, une matriarche inflexible qui kidnappe le shérif James Arness pour venger son mari. Comme celui-ci qui mourut sur la potence, elle pendra haut et court notre héros à l'aube ! Son fameux regard de faucon fixe comme jamais, rehaussé par la couleur criarde du NTSC balbutiant, Bette Davis crève l'écran dans ce rôle pathétique et monstrueux : elle n'hésite pas à abattre froidement un de ses fils qui voulait laisser tomber ! Quand on sait que les rejetons sont incarnés par Bruce Dern, Tom Skerritt et le futur producteur de films érotiques Zalman King, on sait qu'on a affaire à un épisode d'exception.
Si Miss Bette était parfois capable de se laisser aller au plus débridé des cabotinages, elle est ici tout à fait sobre (enfin... Autant qu'elle peut l'être !) et compose une sorte de Ma Dalton terrifiante dans sa folie tranquille. Un vrai "collector", cet épisode...

Et puis, on n'a pas eu si souvent l'occasion de voir la vraie couleur des fameux "Bette Davis eyes" célébrés par Kim Carnes...

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 11:03

Encore un personnage sans nom de famille. Frank est un tueur, un assassin sadique et insensible, qui a loué ses services au propriétaire d'une ligne de chemins de fer. Pendant des années, il a "nettoyé les petits obstacles sur la voie", pour son boss. Mais arrivé à un certain âge, Frank rêve de devenir un homme d'affaires, et pourquoi pas, prendre la place de Mr. Morton, dont la santé ne s'arrange pas. C'est compter sans un joueur d'harmonica, qui colle aux basques de Frank,  et compte bien régler un vieux compte. Bien sûr, Frank a tué tellement d'innocents, qu'il ne garde aucun souvenir particulier de ce type-là, mais il aurait dû.
Campé par n'importe quel autre comédien, accoutumé à jouer les "bad guys", Frank aurait été un salopard flamboyant de plus, un homme à abattre comme on en voit dans tous les westerns. Mais pour son "IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST", Sergio Leone a engagé l'idole de sa jeunesse cinéphile : Henry Fonda en personne, l'homme qui incarna Abraham Lincoln, Tom Joad et Wyatt Earp pour John Ford. Fonda, avec ses yeux clairs, sa voix cultivée, sa démarche coulée.
Dans ses mémoires, l'acteur raconte que lorqu'il tourna son premier plan, son face à face avec le garçonnet dont il vient de massacrer la famille, et que la caméra tourne autour de lui, pour révéler son visage, il comprit enfin pourquoi Leone l'avait choisi pour un contremploi aussi radical. Il voulait qu'en le reconnaissant soudain, le public se mette à crier : "Mon Dieu ! Mais c'est Henry Fonda !!!". Mission accomplie, car incarné de cette façon, Frank est le plus troublant, le plus odieux, le plus haïssable des méchants de l'Histoire du western. Juste avant d'abattre l'enfant de sang froid, Fonda lui adresse un sourire complice, et actionne le percuteur de son revolver. Difficile de faire pire !
Ah si... La façon dont il pendit jadis le frère d'Harmonica. Pas mal aussi.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 10:31

LEE

De lui, on ne sait pas grand chose. Pas même son nom de famille. Il est devenu, par la force des choses, un des "7 MERCENAIRES", qui accepte d'affronter une quarantaine de bandidos, pour défendre un pauvre village mexicain. Lee n'est pas au mieux de sa forme, il fut sans doute un tireur d'élite sans pitié, il aime bien frimer devant les copains ("Pas d'ennemi... Vivant"), mais aujourd'hui il a peur. Il pète de trouille, se réveille la nuit en hurlant, et pendant les combats, se planque derrière un mur, en suant d'angoisse. C'est un des villageois qui, sans le vouloir, offrira à Lee une voie de sortie, en lui disant "Seuls les morts n'ont pas peur", ce qui mènera le chasseur de primes à un baroud d'honneur suicidaire.
Incarné par un jeune
Robert Vaughn, Lee est un des "magnifiques" les plus fascinants du classique de John Sturges, s'il n'est pas le plus sympathique. Froid, cassant, d'une élégance déplacée, Lee est un homme au bout de son rouleau, et la scène où il tente d'attraper plusieurs mouches à la main, est entrée dans la mythologie westernienne. Vaughn, aujourd'hui encore, ne peut se promener dans la rue, sans que quelqu'un ne lui refasse ce geste ! Le rôle le marqua par ailleurs tellement, qu'il apparut dans un remake US du film "LES MERCENAIRES DE L'ESPACE", et joua un juge dans quelques épisodes de la série TV "LES 7 MERCENAIRES", avec Michael Biehn.
Qu'un personnage aussi trouble, ambigu et négatif soit traité en héros, démontre à quel point "LES 7 MERCENAIRES" ouvrait la voie au western moderne, qu'il soit U.S. ou européen...

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 10:03

Deux bonnes décennies après sa mort, voici que paraît une biographie d'un des comédiens les plus singuliers du cinéma américain. Avec sa stature chétive, sa dentition anarchique, son allure perpétuellement débraillée, Warren Oates n'a connu que quelques courtes années de vedettariat (tout relatif), mais a marqué toute une génération de comédiens, et sert encore de modèle et de référence à bon nombre d'entre eux, comme Harry Dean Stanton ou le plus jeune Benicio Del Toro.
L'auteur Susan Compo écrit que faire ce livre était "le job le plus cool du monde". Et il est vrai que parcourir la carrière de Oates, depuis ses petits rôles, jusqu'à son beau parcours aux côtés de Sam Peckinpah, permet d'explorer un cinéma moins "officiel", que celui qu'on rencontre dans les habituelles bios d'acteurs américains. Révélé par son rôle de gringo abruti dans "LA HORDE SAUVAGE", Oates trouva le rôle de sa vie dans "APPORTEZ-MOI LA TÊTE D'ALFREDO GARCIA", où il réinvente le sens du mot "destroy".
Il jouera le mercenaire taiseux dans "LA MORT TRAGIQUE DE LELAND DRUM" de Monte Hellman, le vagabond dans le très beau "L'HOMME SANS FRONTIERE" de son copain Peter Fonda, en gardant son jeu naturaliste, son allure d'homme de la rue, et son goût de l'authenticité. La bio de Susan Compo est au diapason du bonhomme.
Comme il est peu vraisemblable que le livre soit un jour traduit en Français, il ne touchera hélas, que les lecteurs doués pour les langues... Et c'est bien dommage, car c'est un travail exemplaire.

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Published by Fred Jay - dans LIVRES ET MAGAZINES
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 09:28
Signalons la ressortie, avec une nouvelle couverture (l'affiche française de "LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND", signée Jean Mascii), de l'ouvrage-somme de Jean-François Giré, "IL ETAIT UNE FOIS... LE WESTERN EUROPEEN" le livre exhaustif sur le genre, qui renvoie aux oubliettes tous ceux du même genre parus avant lui.

De la très belle ouvrage, d'une précision maniaque, magnifiquement illustrée qui plus est.
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Published by Fred Jay - dans LIVRES ET MAGAZINES
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 09:02

De son vrai nom Charles Pendleton, ce culturiste qui fit partie des shows de Mae West à Las Vegas, fit quelques figurations à Hollywood (qui l'a repéré dans "RIO BRAVO" ?), avant de s'exiler à Rome, où les gros bras venus des U.S.A. faisaient les beaux jours du Péplum.
Après quelques Maciste et Hercule de rigueur, qu'il tourna sous le pseudonyme de Gordon Mitchell, le costaud resta en Italie, où il devint un régulier du western et du film fantastique.
Avec son visage raviné, ses petits yeux bleus enfoncés dans les orbites, ses cheveux blonds, il proposait aux producteurs une alternative moins coûteuse à Jack Palance, qui sévissait également à Cinecittà, à la même époque.
Sans être un grand comédien, Gordon Mitchell savait se montrer réjouissant dans le cabotinage en roue libre et la grimace satanique, mais il ne trouva jamais LE rôle qui l'aurait fixé à jamais dans la mémoire du public.
Parmi ses très nombreux westerns, seuls quelques films surnagent dans un océan de ringardise, comme "PAS DE PITIE POUR LES SALOPARDS", où Mitchell est irremplaçable en bandit vêtu de noir, qui apparaît comme un grand vautour, ou "SHANGHAÏ JOE" où il ne fait que passer en chasseur de primes, "LE FOSSOYEUR" en méchant de répertoire.
Dans un cinéma plus grand public, Mitchell apparut dans "SATYRICON" de Fellini, et "LE COUP DU PARAPLUIE" de Gérard Oury.
MITCHELL suite
Il fait partie de cette espèce rare de comédien, qui ne furent jamais vraiment des têtes d'affiche, dont la plupart des amateurs seraient bien en peine de citer un seul film, et dont le talent n'avait rien de shakespearien, mais dont l'image imprécise resurgit de temps à autres, à la vision d'un vieux western international, où apparaît la haute silhouette de Gordon Mitchell, un des rares "musclés" à avoir réussi le transfert de la Rome Antique au Far West. Pour le meilleur (rarement) et pour le pire (fréquemment).

A noter que le fanzine "CINE ZINE ZONE" lui consacra un numéro spécial, le 102 pour être précis.

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Published by Fred Jay - dans LES ACTEURS WESTERN
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 07:30

"THE GRAVE", western d'une vingtaine de minutes tourné en 1961, est un épisode de la légendaire série de Rod Serling, "THE TWILIGHT ZONE".
Réalisé et écrit par Montgomery Pittman, c'est un quasi huis clos réunissant un magnifique casting de grandes gueules : Lee Marvin, Lee Van Cleef, James Best et Strother Martin.
Marvin, portant un cache-poussière prémonitoire, campe un "lawman" arrivant dans une petite ville-fantôme, pour apprendre que l'homme qu'il traquait est déjà mort. Van Cleef, joueur cynique (et glabre, c'est assez rare pour le noter !), lui lance un défi : oser visiter la tombe du défunt par cette nuit de tempête et y planter son couteau. Du gâteau, s'il n'y avait pas cette tempête, si on ne croyait pas aux fantômes et si la malchance ne s'en mêlait pas...
C'est simple et rudimentaire, mais le trio Marvin-Van Cleef-Martin (bientôt reformé pour "L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE") vaut largement le coup d'oeil et le mélange western-horreur est suffisamment rare pour qu'on se prive de ce plaisir.

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