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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 11:10

On a tendance à croire que seuls d'obscurs vieux films muets, et autres raretés oubliées de tous, sont lentement détruits par l'érosion. Longtemps, ces vieilles pellicules ont pourri dans leurs boîtes rouillées, ont spontanément pris feu, ou se sont transformées en bouillie malodorante dans de vieux hangars, et surtout dans l'indifférence générale.
Martin Scorsese tire la sonnette d'alarme depuis pas mal d'années, et s'est lancé lui-même dans le sauvetage de certains chefs-d'oeuvre en voie de disparition. Car TOUS les négatifs sur support pellicule sont en fait menacés, à plus ou moins brève échéance.
Dernier en date : "ALAMO", l'énorme "epic" réalisé par John Wayne, en 1960, et qui est en train de se liquiéfier à toute allure. La fondation Jacob Burns a lancé un appel au public, pour réunir les fonds nécessaires à la restauration du matériau. la version qui circule en DVD est le montage "court", qui perd la moitié de son intérêt. Le "director's cut" était jadis sorti aux U.S.A. en LaserDisc.
"ALAMO" n'est pas un chef-d'oeuvre, et les grandes envolées lyriques du "Duke" sur la République n'allègent pas le propos. C'est néanmoins une page de l'Histoire d'Hollywood, et on ne peut que souhaiter bonne chance à Mr. Burns dans sa quête...

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Published by Fred Jay Walk - dans ACTU DU WEST
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 09:37

Tournée entre 1968 et '69, "LES BANNIS" ("THE OUTCASTS" en v.o.), n'a connu que 26 épisodes, mais elle a suffisamment marqué les esprits pour n'être pas totalement oubliée aujourd'hui. Pourtant les acteurs n'étaient pas des stars : Don Murray et Otis Young, mais le "pitch" inspiré du film "LA CHAÎNE" de Stanley Kramer est potentiellement si fort, qu'il était impossible de rester indifférent.
Après la guerre de sécession, un ancien artistocrate du vieux Sud, Earl Corey (Murray) doit s'associer à un ancien esclave, Jemal David (Young) pour devenir chasseur de primes. Les deux hommes se haïssent cordialement, se battent régulièrement, s'insultent, mais ne cessent de se sauver mutuellement la vie et n'ont au bout du compte, personne d'autre dans la vie !
On se souvient du générique de Hugo Montenegro et aussi de la parodie signée Goscinny & Uderzo, inspirée de celles de Mad Magazine et parue dans l'hebdomadaire Pilote. De quoi assurer une certaine immortalité à ces "BANNIS" vieux de 40 ans, mais qui mériteraient une renaissance via le DVD.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 08:25

 

A priori, on ne penserait jamais à Jack Nicholson, comme figure emblématique du western. Enfant de la "flower generation", apprenti dans la série B made in Roger Corman, révélé par le succès de "EASY RIDER", ce comédien au charme ravageur, au culot jamais pris en défaut, ce grand adepte des "grands numéros d'acteur", a su imposer son style débridé, dans la sobriété introspective (Antonioni) ou la pitrerie déjantée (chez Tim Burton).
Mais pourtant... Pourtant, Jack Nicholson a bel et bien marqué le western de son empreinte singulière. A ses débuts, il apparaît dans des séries TV comme "BRONCO" ou "TALES OF WELLS FARGO", puis tient le rôle de Will Brocious dans "THE BROKEN LAND", petit western d'une heure à peine.
Il faut attendre sa rencontre avec le réalisateur Monte Hellman, pour que Nicholson écrive et interprète deux westerns très spéciaux, au milieu des sixties : "L'OURAGAN DE LA VENGEANCE", où il joue un cowboy benêt, acolyte de Cameron Mitchell, injustement poursuivi par des lyncheurs. Il est bien plus marquant dans l'existentiel et quasi beckettien "LA MORT TRAGIQUE DE LELAND DRUM", en chasseur de prime vêtu en dandy, un rôle de tueur sadique et charognard, visiblement inspiré du
Jack Palance de "SHANE". Sa façon de parler d'une voix nasillarde, de toiser ses compagnons de route, avec une expression dégoûtée et amusée, n'appartiennent vraiment qu'à lui.
Il faut attendre une bonne décennie, avant que Jack ne revienne arpenter les grandes plaines. Ce fut d'abord pour "MISSOURI BREAKS" d'Arthur Penn, "grand film malade" s'il en fut, où dans un rôle de voleur de chevaux précurseur des hippies, il se laisse bouffer tout cru par un
Marlon Brando obèse et déchaîné, hors de tout contrôle. Un grand face à face potentiel, en grande partie gaspillé. Tout de suite après, et gardant le même look barbu et débraillé, Nicholson réalise lui-même "GOIN' SOUTH !", une comédie, située à l'époque des pionniers. Il y incarne un hors-la-loi sauvé de la potence par une jeune veuve, dont il devient l'esclave. Un bon point de départ, mais un film inerte, interminable, surjoué, partant en tous sens, et qui sembla dégoûter ce brave Jack du Far West, une bonne fois pour toutes.
Pour réussis que furent ses deux films avec Hellman, force est d'admettre que Jack Nicholson, homme du 20ème siècle par excellence, ne fut jamais réellement à sa place dans l'univers du western. Mais la tentative valait la peine...
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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 21:00

 

Réalisé en 2000, par le chanteur country Dwight Yoakam, ce très étrange néo-western est tiraillé entre de si nombreuses influences, souvent contradictoires, qu'il finit par ne plus ressembler à grand-chose. Par certains aspects, il annonce le "APPALOOSA" d'Ed Harris, mais la réalisation est trop chichiteuse, le scénario trop décousu, et les personnages tous bien trop excentriques, pour accrocher l'intérêt.
Yoakam s'est réservé le beau rôle, celui du shérif taciturne, parti en croisade vengeresse. Il n'a certes pas le physique de l'emploi, même si les vrais shérifs devaient probablement plus ressembler à cela qu'à John Wayne. Il s'est entouré de vétérans des seventies, comme Peter Fonda, Bud Cort (qui reconnaîtrait l'ado de "HAROLD ET MAUDE" ?) ou Bo Hopkins et l'excellent Luke Askew, a offert un petit rôle à Billy Bob Thornton, qui l'avait dirigé dans son grandiose "SLING BLADE", et permis à des comédiens qu'on voit peu comme Bridget Fonda ou Pee-Wee Herman, de refaire un tour de piste. Vince Vaughn est peu convaincant en tueur sadique. L'adjoint du shérif portant une robe par-dessus son pantalon, laisse plus que perplexe, et évoque les inutiles délires de Brando dans "MISSOURI BREAKS".
"SOUTH OF HEAVEN, WEST OF HELL" contient une ou deux fusillades bien réglées, de bons moments (lorsque Bridget Fonda tue l'homme qui s'en prenait à sa fillette, et lui dit froidement "Tiens, touche plutôt ça", avant de le descendre), mais ne réussit pas "L'HOMME SANS FRONTIERE" qui veut, et le film de Dwight Yoakam s'efface de la mémoire, dès que commence le générique de fin.
Dommage, car les westerns ne sont pas si courants, dans les années 90 !
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Published by Fred Jay Walk - dans WESTERNS U.S. ET ITALIENS
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 20:09
A force, année après année, bouquin après bouquin, "AMBUSH AT CIMARRON PASS" a fini par devenir un film quasi mythique. Première raison : il est totalement introuvable, jamais sorti sur aucun support vidéo, ne passant jamais à la télé, et en plus le seul comédien connu du générique a déclaré à plusieurs reprises que c'était "le plus mauvais western jamais réalisé". Alléchant, non ? Surtout quand le comédien en question n'est autre que Clint Eastwood.
C'est en fait le dernier film de cinéma qu'il tourna avant la longue interruption de six années que fut le tournage de la série TV "RAWHIDE", et son film suivant ne devait être que "POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS". Ce film est donc une sorte de chaînon manquant, le lien entre les rôles de têtes brûlées juvéniles, et les "hommes sans nom" à cigarillo...
Alors qu'est-ce que "AMBUSH AT CIMARRON PASS" ? C'est une série B réalisée par un certain Jodie Copelan (?), dont les vedettes sont Scott Brady le Dancing Kid de "JOHNNY GUITARE", et Margia Dean (??). Eastwood y joue Keith Williams, jeune soldat sudiste, haïssant violemment les "blue bellies", à tel quel point que la seule mention de leur nom, le fait sortir de ses gonds. Clint a beaucoup de qualités, mais l'impulsivité et la nervosité à fleur de peau n'en ont jamais fait partie. On peut donc supputer qu'il ne tient pas là son meilleur rôle...
Le film n'est jamais sorti en France, et la seule trace qu'on en trouve - en chinant un peu - c'est ce "photoroman" paru en 1966, et sorti en kiosque pour "1 franc", sous le titre "LE CRI DE GUERRE DES APACHES" ! Tout frais de ses succès avec Leone, Clint se retrouvait naturellement en tête de générique.
Un vrai collector, ce film...
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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 18:28

"CENTENNIAL", connue en France sous le titre "COLORADO", la célébrissime minisérie tirée de l'oeuvre de James A. Michener, et qui fit les beaux jours de la télé française, à la fin des années 70, est enfin disponible en DVD, après les supplications de hordes de fans, sur tous les forums de cinéma de l'univers...
Nous reviendrons plus tard sur le film lui-même, car aujourd'hui, c'est le dilemme qui nous préoccupe : faut-il voir "COLORADO" dans sa version zone 2, récemment éditée, et qui ne comprend que la v.f. ? Ou faut-il prendre des cours pour devenir parfaitement bilingue, puis une fois cette formalité accomplie, commander le magnifique coffret zone 1, qui - car rien n'est simple ! - ne comporte lui, que la v.o. et aucun sous-titre ?
Comme nous avons la preuve que cette v.o. existe, et qu'elle est tout à fait exploitable, nous pourrions nous demander pourquoi elle ne figure pas sur le zone 2. Histoire de laisser le choix au client.

Hein ? Pourquoi ? ("Why ?" en v.o.)

A NOTER : Cette absence est d'autant plus dommageable, qu'elle prive le public francophone d'une merveille linguistique : l'accent français que prend le trappeur Pasquinel (Robert Conrad !), et ses chansons braillées pendant qu'il pagaie, et qui atteignent le pur surréalisme, tant elles sont incompréhensibles. Dans la v.f. Conrad parle bêtement... Français.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES SORTIES DVD
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 14:46

 Si Walter Hill a débuté comme scénariste pour John Huston ou Sam Peckinpah, il est surtout connu pour ses polars comme "48 HEURES", ou l'excellent survival "SANS RETOUR". Il a pourtant la particularité de n'avoir jamais pu surpasser son premier film, le magnifique "LE BAGARREUR", oeuvre sombre sur la Grande Dépression, où il avait réuni deux des "7 MERCENAIRES" : James Coburn et Charles Bronson. Pas un hasard !
Car c'est dans le western qu'en tant que réalisateur, Hill aurait pu devenir un "grand". Vingt ans plus tôt ! Car lorsqu'il réalisa "LONG RIDERS", le genre était déjà quasi mort, et malgré sa bonne idée de faire jouer les membres du gang de Jesse James par de vrais frères (Carradine, Quaid, Keach), le film ne relança pas le western aux U.S.A. Trop austère, sans aucun personnage sympathique auquel se raccrocher, ni grande star charismatique à admirer. L'Ouest, le vrai, en somme...
Pourtant Walter Hill ne renonça pas, et signa bon an mal an, un nombre respectable de westerns : "GERONIMO", qui relate les derniers mois de la vie du chef, n'est pas un grand film, malgré la présence du superbe Wes Studi dans le rôle-titre, et de seconds rôles nommés Robert Duvall ou
Gene Hackman et le débutant Matt Damon. Esthétiquement très beau, mais manquant curieusement de vie. Autre biopic tout aussi moyennement réussi, "WILD BILL" s'intéressait à "Wild" Bill Hickcock, le tueur aux cheveux longs, campé par Jeff Bridges. La seule grande trouvaille du film, fut de distribuer Ellen Barkin dans le rôle de Calamity Jane.
"DERNIER RECOURS" n'est pas un western, mais Hill signait là un remake de "POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS" (lui-même remake de "YOJIMBO"), revenant aux sources littéraires du récit.
Enfin, Walter Hill dut attendre les années 2000, pour signer deux vrais beaux westerns, à la réussite indiscutable. Mais... pour la télé !
"BROKEN TRAIL" est une belle aventure, dans laquelle
Robert Duvall, dans un rôle proche de celui qu'il tenait dans "LONESOME DOVE", protège un convoi de prostituées asiatiques. Un joli film violent et tendre, maîtrisé de bout en bout, malgré sa longue durée. Puis vint la production de la série HBO "DEADWOOD", dont Hill réalisa également le pilote. Fidèle à sa volonté de réalisme stylisé, Hill signe un des westerns les plus brutaux, sordides, poisseux qu'il soit donné de voir. Difficile après vision de ces trois magnifiques saisons, de revoir un western avec les mêmes yeux. Même la crasse des "spaghetti westerns" semble sortie de Disney World, après cela !
Né au mauvais moment, Walter Hill aurait probablement pu devenir l'équivalent des plus grands auteurs de westerns, dans les années 50 et 60. Il a su maintenir le genre en respiration assistée à lui seul, ou presque, pendant des années. Et pour cela, il lui sera beaucoup pardonné.

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 09:35
On l'avait aperçu en barman malin dans "...ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS", revu en sergent sudiste dans la version longue de "LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND". Il était le premier à apparaître dans "IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST", dans le rôle hilarant du petit chef de gare terrorisé par les trois tueurs.
Et puis, on le revit dans un rôle assez important, dans "MON NOM EST PERSONNE", jouant un ancien complice enrhumé de Jack Beauregard. Ses expressions incroyables, ses gémissements et commentaires, quand il écoute Terence Hill raconter sa fable de l'oisillon tombé dans la bouse, sont un délice toujours renouvelé. Et ce total inconnu est tout de même arrivé à piquer la vedette à Henry Fonda dans cette séquence, car le vétéran américain se contente de l'écouter sans broncher !
De cet acteur édenté et jovial, qui aurait été l'interprète rêvé d'Agecanonix dans une bonne adaptation de "ASTERIX", on ne sait rigoureusement rien... Ni sa nationalité (Italien ? Allemand ? Espagnol ?), ni son nom ! Aucun livre sur le western italien ou sur Leone ne mentionne son patronyme. On l'imagine mort et enterré depuis des lustres, vu l'âge (canonique, donc) qu'il affichait dans les années 60. Mais il est très injuste que nul ne sache encore comment il peut bien s'appeler, le petit chef de gare !

Si quelqu'un a une piste...
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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 08:16

 Sergio Leone n'est plus là pour nous donner la réponse. Alors qui pourra expliquer un jour, ce plan totalement incompréhensible de "...ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS" ?
Alors qu'il s'apprête à dérober le contenu du coffre, en pleine nuit, Monco (Eastwood) entend un bruit suspect. Gros-plan de son visage à l'affût. Jusque là, rien que de très normal.
Mais alors... Si tout est si normal, pourquoi ce pauvre Clint a-t-il été enduit, et pour ce plan uniquement, d'une espèce de cirage noir de camouflage (voir ci-dessus) ? Le plan d'après, quand la lumière s'allume, il a retrouvé son apparence habituelle, et son teint de pêche si seyant. Entretemps, que s'est-il donc passé dans la tête du réalisateur et du maquilleur ? Un des grands mystères de l'Histoire du western...

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Published by Fred Jay Walk - dans A PROPOS DE SERGIO LEONE
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 06:47

Si on se souvient encore aujourd'hui, de façon si vivace, de ce singulier comédien allemand né en 1926 en Pologne, c'est peut-être grâce à Internet qui regorge d'extraits d'interviews dégénérant en colères homériques, ou du documentaire "ENNEMIS INTIMES" de Werner Herzog, montrant Kinski dans tous ses états. Grâce - ou à cause - de ses moments de pur délire, Klaus Kinski est devenu post-mortem, un "acteur-culte".
Formé au théâtre, au one man show, Kinski tourna deux westerns en Allemagne ("LE TRESOR DES MONTAGNES BLEUES" et "LA CHEVAUCHEE VERS SANTA CRUZ"), avant que Sergio Leone ne remarque ses traits tourmentés, son regard illuminé, et sa courte silhouette noueuse, et ne l'engage pour son second western "...ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS", où en deux brèves séquences Kinski entrait directement dans les annales, en jouant un bossu impulsif, bourré de tics. "Le monde est petit", lui disait le Colonel Mortimer. "Oui", répondait Kinski, "Et très méchant". La preuve ? Quelques secondes plus tard, il se prenait une balle de Derringer, qui mettait fin à sa présence dans la bande de Gian Maria Volontè.
Ce succès permit à Kinski de s'installer à Rome, et d'enchaîner les séries B et Z, et parmi elles, pas mal de westerns. "EL CHUNCHO", toujours aux côtés de Volontè, lui offrait un rôle de moine dynamiteur digne de son style flamboyant, et "LE GRAND SILENCE" le chef-d'oeuvre enneigé de Sergio Corbucci, l'installa définitivement comme une figure incontournable du genre. Il y jouait avec une déroutante retenue Tigrego (ou "Loco" en v.o.), un chasseur de primes mielleux et sadique, qui réussissait le prodige de jouer le "méchant" du film, et... de gagner à la fin ! Il abattait le héros dans la rue, comme un chien, et lui piquait même son arme ! De quoi, effectivement, entrer dans la légende... Personne n'a oublié son sourire compassé, quand il abattait un jeune homme sous les yeux de sa maman, et se justifiait en disant "Il faut nous comprendre... C'est notre pain quotidien".
Par la suite, les westerns où apparut Kinski ne furent pas toujours de la même qualité, mais plusieurs perles surnagent. Souvent grâce à sa seule présence : "ET LE VENT APPORTA LA VIOLENCE" lui donne son unique rôle de héros positif, un vengeur spectral sorti du bagne, "DEUX FOIS TRAÎTRE", le montre en métis diabolique (surnommé Dingus, allez savoir pourquoi), mais le plus souvent, Kinksi ne fait que de brèves participations, le cheveu au vent, la moue méprisante, la démarche biaisée. On repense avec nostalgie à son chasseur de primes aimant à parler à sa collection de scalps dans le piteux  "SHANGHAÏ JOE".
Il achèvera sa carrière de westerner, dans une assez lamentable parodie de lui-même : "UN GENIE, DEUX ASSOCIES, UNE CLOCHE", où il se fait humilier par Terence Hill, dans un duel comique, et quitte le film à cheval, en hurlant "Mes couilles !!!" d'une voix de fausset. Pas terrible, la sortie !
KINSKI suite suite
Son nemesis Werner Herzog le qualifia de génie, ses détracteurs de cabot insupportable, il traîna une réputation impossible d'Attila des plateaux de tournage, et ses mémoires plusieurs fois remaniées, ne firent rien pour arranger les choses... Mais Kinski apporta dans le western européen, un vent de démence shakespearienne unique, qui firent pardonner bien des nanars. Pas tous... Non, non. Pas tous !

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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