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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 19:25

Pas la peine de chercher : Joe Erin n'a aucune qualité !
C'est une franche crapule, un "gringo" qui traîne ses guêtres au Mexique avec une bande d'Americanos. Vêtu de noir, comme un reflet de son âme, Erin vole les chevaux, laisse accuser des innocents à sa place, il descend ses propres hommes s'ils font obstacle, et passe son temps à citer l'homme qui l'a élevé, un certain Ace Hannah, pour reconnaître qu'il fut sa première victime.
Seul l'argent intéresse Joe Erin, et s'il se lie d'amitié avec Ben Trane, un gentleman du Sud aussi éduqué qu'il est primaire, c'est pour mieux le trahir.
Burt Lancaster, également producteur de "VERA CRUZ", compose une des fripouilles les plus inoubliables du western. Souriant de toutes ses grandes dents blanches, paradant avec ses poignets de force en cuir, il crève littéralement l'écran, par son manque de complexe et la voracité avec laquelle il tient son rôle. Tant qu'à jouer un méchant, Lancaster n'a pas fait les choses à moitié. En fait, le paradoxe est que Joe Erin est tellement infâme, si totalement abject, qu'on finit par le trouver sympathique. La séduction du Diable, en somme...

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 18:27
D'abord, on ne rit pas !
Il n'est pas toujours facile, pour des comédiens débutants de dégotter des rôles. Et quand ils les dégottent, rien ne les garantit contre le ridicule. Ainsi, ce fier guerrier indien, au regard farouche et déterminé, peut-il paraître familier. Non ?
OK... Alors imaginons-le sans sa perruque, débarbouillé de son fond de teint, et supposons que les oreilles qu'il dissimule soigneusement sous la dite-perruque, soient légèrement pointues.
Eh oui ! Le fier guerrier n'est autre que Leonard Nimoy, plus connu comme le Vulcain Mr. Spock, de la série et les films "STAR TREK" (on peut encore le revoir dans le tout dernier, signé J.J. Abrams). On le voit ici, apprenant péniblement son métier dans un épisode de la série "RAWHIDE", en 1959.
A la suite de cela, Nimoy ne s'aventura plus souvent au Far West, hormis pour jouer un chasseur de primes barbu dans "CATLOW", aux côtés de Yul Brynner et Richard Crenna.
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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 11:38

Le moins que l'on puisse dire, est que Chris Adams est un homme au visage changeant ! Quand on l'a découvert dans "LES 7 MERCENAIRES", il était chauve, tout vêtu de noir, et parlait avec un drôle d'accent. On apprenait lors de l'action, qu'il était Cajun, ce qui expliquait tout. C'est Yul Brynner qui incarnait Chris, le mercenaire taciturne cachant un coeur d'or. Il reprit le rôle sept ans plus tard, pour "LE RETOUR DES 7", toujours aussi chauve, et portant la même tenue noire.
C'est en 1969 qu'il changea brutalement ! Plus question de Cajun, le noir était passé de mode, et Chris Adams ressemblait tout à coup à George Kennedy : épais, plutôt nordique d'apparence, le cheveu blond. Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant "LES COLTS DES 7 MERCENAIRES"...
Quelques années plus tard, Chris revint, encore plus changé : il avait cette fois la tête de Lee Van Cleef, une perruque sur le crâne, il avait définitivement renoncé au noir, et était devenu shérif pour "LA CHEVAUCHEE DES 7 MERCENAIRES". Quand il déclare au début du film : "Je suis déjà allé trois fois au Mexique, en mission...", on s'y perd un peu. Lee Van Cleef est allé trois fois au Mexique ? Non : c'est de Chris que nous parlons, là ! Qu'il soit légèrement protéiforme ne change rien à l'affaire : quatre fois en moins de quinze ans, Chris a dû réunir six pistoleros, et passer le Rio Grande pour chasser des bandidos d'un village. Il est comme ça, Chris : indécis quant à son style capillaire, vestimentairement "fashion victime", facialement versatile, mais incapable de supporter l'injustice. Et puis alors qu'on le croyait calmé, 25 ans après sa dernière chevauchée, voici qu'il revient ! Cette fois très rajeuni, plus joli garçon qu'il n'a jamais été (normal, il est incarné par Michael Biehn). Il a changé de nom de famille, Larabee au lieu de Adams, mais il est par contre revenu au costume noir des origines. Et tout ceci, le temps de deux saisons des "7 MERCENAIRES", une série TV de la MGM.
Après tout, James Bond aussi, a un peu de mal à se fixer sur un visage très longtemps !


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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 10:14

 Dans la ville désertifiée par les bombardements, le bandit Tuco prend un bain dans une maison à moitié détruite, quand surgit un chasseur de prime. Celui-ci a perdu un bras, lors de sa dernière rencontre avec Tuco, et commence à lui expliquer combien il s'est entraîné, pour pouvoir tirer de la main gauche. Il est d'ailleurs en plein exposé, quand Tuco le descend froidement, avec le revovler qu'il gardait planqué sous la mousse de son bain. Il achève le malchanceux, en sortant cette réplique entrée dans la légende du western : "Quand on tire, on raconte pas sa vie !" ("When you have to shoot, shoot... Don't talk !" en v.o.).
Al Mulock et
Eli Wallach ont partagé ce court moment "culte", d'un des meilleurs westerns de l'Histoire : "LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND".

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 07:04
ROBARDS suite (1)
Né en 1922, Jason Robards, Jr. (son père était déjà comédien), fut un des acteurs les plus respectés du théâtre U.S., où il créa de nombreux classiques. Lorsque Sergio Leone faisait le casting de "IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST",
Kirk Douglas l'aborda pour ROBARDS suiteobtenir le rôle de Cheyenne, mais lorsque l'Italien lui dit qu'il avait déjà choisi Robards, Douglas n'insista pas, et reconnut implicitement qu'il ne faisait pas le poids. Il n'est pourtant pas connu pour sa modestie à toute épreuve !
Avec son long visage triste, le regard las de celui qui a tout vu, une cicatrice à la lèvre supérieure, Jason Robards rappelait Bogart, par bien des côtés. Il épousa d'ailleurs sa veuve, Lauren Bacall !
Il tâta du western via la TV, en jouant un petit rôle dans "THE DEATH OF BILLY THE KID" (1955). Il n'y revint que pour camper un des joueurs de poker dans "GROS COUP A DODGE CITY", un rôle de macho déplaisant, auquel Robards donna quelque épaisseur. Il y croisait Henry Fonda. Son Doc Holiday dans "7 SECONDES EN ENFER" n'a pas marqué les mémoires, mais son rôle suivant allait l'immortaliser : Manuel Gutierrez, dit "le Cheyenne", le bandit chaleureux, amoureux transi de
Claudia Cardinale dans "IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST". Leone a parfaitement utilisé la personnalité de Jason Robards, dans ce personnage attachant de fripouille inculte mais sympathique, et son thème musical est devenu un "standard".
Sam Peckinpah utilise Robards dans un registre similaire, pour son "UN NOMME CABLE HOGUE", où l'acteur campe un prospecteur têtu, bientôt balayé par le progrès. Sa relation avec la délicieuse Stella Stevens, est un des points forts d'un film éternellement méconnu, puisqu'en réaction à sa propre "HORDE SAUVAGE", le réalisateur a signé une oeuvre quasiment dénuée de violence. Quelques années plus tard, Robards retrouve le réalisateur, le temps d'une séquence de "PAT GARRETT & BILLY THE KID", où il incarne le gouverneur Wallace, qui engage Garrett, pour éradiquer Billy Bonney et son gang.
On revoit Robards en méchant rancher dans le western moderne "LE SOUFFLE DE LA TEMPÊTE", et il prête ses traits au président Ulysses S. Grant dans "LE JUSTICIER SOLITAIRE". Robards donnera d'ailleurs sa voix à ce même Grant, pour la série TV "THE CIVIL WAR".
ROBARDS suite (2) 

A NOTER : Dans la série des films que nous ne verrons jamais : il faut savoir que Sergio Leone voulut, en 1971, réunir Jason Robards et le jeune Malcolm McDowell dans "IL ETAIT UNE FOIS... LA REVOLUTION", qu'il devait seulement produire, avec Sam Peckinpah, puis Peter Bogdanovich à la réalisation. Mais les Artistes Associés imposèrent Rod Steiger à la place de Robards, et Leone modifia son projet initial, et accepta finalement de réaliser lui-même.
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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 20:05

Pour le fan absolu de "IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST", que nous sommes à peu près tous, signalons l'existence d'un "director's cut" du film, exclusivement réservé au public italien, et supervisé par les héritiers de Sergio Leone.DVD IT suite
Le film est minuté à 175 minutes (au lieu de 165, ailleurs dans le monde), et présente deux petites séquences supplémentaires : un face à face muet entre Morton et Harmonica dans le train, et une scène où le même Harmonica suit Wobbles le blanchisseur du regard, pendant qu'il se dirige vers le train. Autrement, certaines séquences sont montées très différemment, comme celle où Claudia Cardinale prend son bain, pendant que Harmonica "sauve" Frank, et l'arrivée de Cheyenne à la fin, comprend des axes de prises de vue inédits, et un plan où Charles Bronson tourne son arme, pour l'avoir à portée de main, exactement le même geste qu'il faisait lors de sa première apparition dans "LES 7 MERCENAIRES". Clin d'oeil... Forcément clin d'oeil ! Ces infimes variantes ne changent pratiquement rien au film, et demeurent assez inexplicables.
Cette version en Italien uniquement, ne connaît aucune v.f., ni version en Anglais, et ne sortira donc probablement jamais de ses frontières. En fait, ce serait le supplément rêvé, pour une future édition Blu-Ray qui se voudrait "définitive".
Seul regret : la fameuse séquence, référencée dans tous les ouvrages sur Leone, pendant laquelle Harmonica est passé à tabac par les hommes du shérif
Keenan Wynn, n'est même pas présentée en "extra". Existe-t-elle encore, d'ailleurs ?

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Published by Fred Jay Walk - dans LES SORTIES DVD
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 17:36

 Plus de 30 ans après sa conception, le film de Peter Bogdanovich sur les débuts de l'industrie du cinéma, trouve enfin sa forme définitive. Pour une sortie DVD en zone 1 (en double programme avec le plus connu "LA DERNIERE SEANCE"), "NICKELODEON" est enfin visible dans sa vraie longueur, et surtout... En noir & blanc !
C'est une comédie, souvent charmante, parfois longuette, mais qui reconstitue les tournages des tout premiers westerns muets tournés en plein désert, sur un scénario improvisé au jour le jour. Ces séquences-là sont les plus réussies, car on les sent bourrées d'anecdotes réelles, glanées çà et là, dans les mémoires de ces pionniers tels Ford, Raoul Walsh ou Alan Dwan. Et Bogdanovich parvient à mêler si étroitement les tournages du quotidien, qu'il filme les bagarres et poursuites comme des "slapsticks" à la Harold Lloyd. Et déjà, il laisse percer les problèmes qu'allaient rencontrer les cinéastes hollywoodiens : la main-mise des grands studios sur les films, les re-montages sauvages, la dure réalité des petits indépendants, et même l'ego des stars qui à l'époque n'étaient même pas encore conscients d'en être. Le casting est une vraie réussite : de Ryan O'Neal en naïf plein d'allant, qui apprend "sur le tas", au ravissant top model Jane Hitchcock, en passant par Burt Reynolds en vedette capricieuse, sans oublier Brian Keith en producteur haut en couleurs, Stella Stevens, M. Emmet Walsh ou le vétéran du western Harry Carey, Jr. La petite Tatum O'Neal (fille de...) compose un joli personnage de gamine dure à cuire et mal embouchée.
"NICKELODEON" n'est certes pas un classique du 7ème Art, mais il est toujours plaisant de voir des films retrouver leur intégrité, surtout du vivant de leur concepteur. Et celui-ci, avec des moments magiques comme la projection de "NAISSANCE D'UNE NATION", devant ses héros bouleversés, et ce dernier plan, montrant un plateau de tournage dont la seule vision inopinée, les hypnotise littéralement, a prouvé qu'il aimait profondément le cinéma.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT REYNOLDS
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 13:41

 Il est assez peu connu en France, mais fut une institution aux U.S.A. grâce à la remarquable série TV "HAVE GUN - WILL TRAVEL", où il incarnait Paladin un mercenaire suave et élégant, vivant dans un palace à San Francisco. Tout de noir vêtu, la moustache taillée en baguette, Boone (qui était un descendant du célèbre Daniel du même nom), imposa son étonnant physique de boucanier buriné, sa voix de ténor et une sophistication contrastant violemment avec son apparence.
Richard Boone a tourné beaucoup de westerns, souvent dans des rôles de "villains" indignes de lui ("L'HOMME QUI N'A PAS D'ETOILE", "LA CORDE EST PRÊTE", "10 HOMMES A ABATTRE"), mais Budd Boetticher l'a révélé dans "L'HOMME DE L'ARIZONA" en 1957. Dans le rôle d'Usher, un hors-la-loi, Boone créait un personnage unique : un tueur capable de jeter un enfant dans un puits, mais suffisamment intelligent pour mépriser ses propres hommes et admirer son ennemi (Randolph Scott, bien sûr). Classieux et ironique, Boone mixait l'humour et la bestialité avec une maîtrise explosive.
John Wayne qui l'estimait beaucoup, demanda à Boone d'incarner le général Houston dans quelques scènes de "ALAMO". On revit Boone en officier de cavalerie dans "TONNERRE APACHE", en tueur d'Indiens dans "RIO CONCHOS". Et il trouve un de ses meilleurs rôles dans "HOMBRE", en bandit rigolard et pervers, toujours avec cette même intelligence aiguë. Certains vont jusqu'à dire qu'il volerait la vedette à Paul Newman en personne !
Boone enfile un poncho eastwoodien pour kidnapper le petit-fils de John Wayne dans "BIG JAKE", mais les héros sont clairement fatigués. Ce qui n'empêche pas les deux amis de récidiver pour "LE DERNIER DES GEANTS" où Boone est un des adversaires du "Duke". Son dernier western est... un spaghetti : "LES IMPITOYABLES", dans lequel Boone n'a qu'un petit rôle. Et pour cause : effaré par l'incompétence de l'équipe, il quitta le plateau en plein tournage !
Au début des années 70, Richard Boone, épaissi, plus ridé et balafré que jamais, tient le rôle-titre d'une série de huit films de 90 minutes : "HEC RAMSEY", dans laquelle il campe l'ancêtre des "EXPERTS" au temps du western. Le premier flic utilisant des méthodes d'investigation scientifiques.
Comédien exceptionnel, professeur d'art dramatique, qui tourna avec les plus grands, Richard Boone n'a certainement pas la place qu'il mérite dans le panthéon des grands acteurs U.S.

A NOTER : La carrière de Boone fit l'objet d'un livre aux U.S.A. "A KNIGHT WITHOUT AN ARMOR IN A SAVAGE LAND", de David Rothel, aux éditions Empire Publishing.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 11:03
En 1956, Clint Eastwood est apparu dans un western oublié de tous, "LA CORDE EST PRÊTE", de Charles Haas, aux côtés de John Agar, Mamie Van Doren et du grand Richard Boone.
"Apparaître" est bien le mot juste, puisque le jeune et longiligne Clint, joue un employé de ranch nommé Tom, qui au début du film, échange une ou deux répliques avec le shérif Agar.
C'était trois ans avant "RAWHIDE", les temps étaient durs pour l'apprenti comédien, que les castings directors jugeaient alors "trop grand, avec les yeux pas en face des trous, et la pomme d'Adam trop proéminente".
Il fallait être vraiment devin, pour discerner dans la fugitive silhouette du gentil "Tom", les promesses de Josey Wales ou Will Munny !
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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 09:47

  Il est curieux de constater, à chaque fois qu'on ouvre un livre sur le western, qu'on parle à un cinéphile "sérieux", ou qu'on tombe sur une liste des meilleurs films du genre, que John Sturges est systématiquement méprisé, considéré au mieux, comme un "honnête faiseur", au pire comme un tâcheron besogneux.
Pourtant son chef-d'oeuvre "UN HOMME EST PASSE", western moderne situé à la fin de la seconde guerre mondiale, est unaniment considéré comme un grand film, et s'il s'est parfois "planté" sérieusement, il a toujours été un artisan sérieux et ultra-professionnel, directeur d'acteurs hors pair, et filmant l'espace avec une précision jamais prise en défaut.
"FORT BRAVO" est un bon western militaire, au casting un peu pâle, dont des images, comme cette pluie de flèches mortelles, sont indélébiles. "UN HOMME EST PASSE" déjà cité, est un exemple inégalé d'utilisation du format CinémaScope, Spencer Tracy y est magnifique en manchot obstiné, face à une ville de lyncheurs perdue en plein désert. Un film allégorique, sobre et puissant, qui n'a pas pris une ride en plus de 50 ans. En utilisant Ernest Borgnine, Lee Marvin, Walter Brennan, Sturges y faisait preuve de son flair pour les seconds rôles.
"COUP DE FOUET EN RETOUR" est un western plus traditionnel, teinté de psychanalyse. Sturges tâte au star system en orchestrant la confrontation Burt Lancaster-Kirk Douglas dans "REGLEMENT DE COMPTES A O.K. CORRAL", un western un peu trop solennel, mais extrêmement bien réalisé.
"LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL", mélange de suspense et de western, majoritairement filmé en intérieurs confinés, est une de ses plus flagrantes réussites. Kirk Douglas y affronte cette fois son ancien ami Anthony Quinn, pour une vengeance cruelle et sans échappatoire. Nouveau duel entre deux hommes pour "LE TRESOR DU PENDU", teinté cette fois d'homosexualité latente, le méchant Richard Widmark agissant envers Robert Taylor, comme un amant "séduit et abandonné". "LES 7 MERCENAIRES" est le film le plus connu de Sturges, un remake réussi des "7 SAMOURAÏS" de Kurosawa, porté par une photo glorieuse, une musique légendaire d'Elmer Bernstein, et surtout un cast d'inconnus hors du commun. Est-il besoin de les citer ?
"LES 3 SERGENTS" est un désastre, tourné au service du "Rat Pack" de Frank Sinatra. Le comique troupier n'est pas le fort de John Sturges, et tant mieux pour lui ! N'ayant pas compris la leçon, il rempile avec le cataclysmique "SUR LA PISTE DE LA GRANDE CARAVANE", où il gaspille éhontément Lancaster, Lee Remick, Martin Landau, etc. dans un navet qui dure quasiment trois heures ! Une épreuve...
"7 SECONDES EN ENFER" est une nouvelle lecture de la fusillade d'O.K. Corral, à part que le film commence par le gunfight. Jon Voight débute, mais s'il est intéressant, le film manque de stars charismatiques, James Garner et Jason Robards n'ayant aucunement la dimension mythologique de leurs rôles.
"JOE KIDD" marque le début de la fin pour Sturges. Evincé du plateau par sa star Clint Eastwood, le réalisateur reniera le film (on le comprend, au vu du résultat !). "CHINO" est un joli western européen, pour lequel Charles Bronson avait réclamé Sturges. Hélas ! Cette réussite ne doit pas grand-chose à celui-ci, puisque tombé malade au début du tournage, Sturges fut remplacé par le producteur Diulio Coletti.
L'homme n'a jamais eu la dimension d'un Hawks ou d'un Walsh, cependant, un rapide coup d'oeil à sa filmo, suffit à prouver qu'il est honteusement sous-estimé. Il suffit de revoir "UN HOMME EST PASSE" et "LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL", pour se persuader qu'il est passé tout à côté d'une grande carrière.

A NOTER: La littérature sur Sturges est rarissime. Aussi faut-il mentionner le petit ouvrage "JOHN STURGES : HISTOIRES D'UN FILM MAKER", d'Emmanuel Laborie, paru en 2003 chez Dreamland.

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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