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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 17:36

 Plus de 30 ans après sa conception, le film de Peter Bogdanovich sur les débuts de l'industrie du cinéma, trouve enfin sa forme définitive. Pour une sortie DVD en zone 1 (en double programme avec le plus connu "LA DERNIERE SEANCE"), "NICKELODEON" est enfin visible dans sa vraie longueur, et surtout... En noir & blanc !
C'est une comédie, souvent charmante, parfois longuette, mais qui reconstitue les tournages des tout premiers westerns muets tournés en plein désert, sur un scénario improvisé au jour le jour. Ces séquences-là sont les plus réussies, car on les sent bourrées d'anecdotes réelles, glanées çà et là, dans les mémoires de ces pionniers tels Ford, Raoul Walsh ou Alan Dwan. Et Bogdanovich parvient à mêler si étroitement les tournages du quotidien, qu'il filme les bagarres et poursuites comme des "slapsticks" à la Harold Lloyd. Et déjà, il laisse percer les problèmes qu'allaient rencontrer les cinéastes hollywoodiens : la main-mise des grands studios sur les films, les re-montages sauvages, la dure réalité des petits indépendants, et même l'ego des stars qui à l'époque n'étaient même pas encore conscients d'en être. Le casting est une vraie réussite : de Ryan O'Neal en naïf plein d'allant, qui apprend "sur le tas", au ravissant top model Jane Hitchcock, en passant par Burt Reynolds en vedette capricieuse, sans oublier Brian Keith en producteur haut en couleurs, Stella Stevens, M. Emmet Walsh ou le vétéran du western Harry Carey, Jr. La petite Tatum O'Neal (fille de...) compose un joli personnage de gamine dure à cuire et mal embouchée.
"NICKELODEON" n'est certes pas un classique du 7ème Art, mais il est toujours plaisant de voir des films retrouver leur intégrité, surtout du vivant de leur concepteur. Et celui-ci, avec des moments magiques comme la projection de "NAISSANCE D'UNE NATION", devant ses héros bouleversés, et ce dernier plan, montrant un plateau de tournage dont la seule vision inopinée, les hypnotise littéralement, a prouvé qu'il aimait profondément le cinéma.

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 13:41

 Il est assez peu connu en France, mais fut une institution aux U.S.A. grâce à la remarquable série TV "HAVE GUN - WILL TRAVEL", où il incarnait Paladin un mercenaire suave et élégant, vivant dans un palace à San Francisco. Tout de noir vêtu, la moustache taillée en baguette, Boone (qui était un descendant du célèbre Daniel du même nom), imposa son étonnant physique de boucanier buriné, sa voix de ténor et une sophistication contrastant violemment avec son apparence.
Richard Boone a tourné beaucoup de westerns, souvent dans des rôles de "villains" indignes de lui ("L'HOMME QUI N'A PAS D'ETOILE", "LA CORDE EST PRÊTE", "10 HOMMES A ABATTRE"), mais Budd Boetticher l'a révélé dans "L'HOMME DE L'ARIZONA" en 1957. Dans le rôle d'Usher, un hors-la-loi, Boone créait un personnage unique : un tueur capable de jeter un enfant dans un puits, mais suffisamment intelligent pour mépriser ses propres hommes et admirer son ennemi (Randolph Scott, bien sûr). Classieux et ironique, Boone mixait l'humour et la bestialité avec une maîtrise explosive.
John Wayne qui l'estimait beaucoup, demanda à Boone d'incarner le général Houston dans quelques scènes de "ALAMO". On revit Boone en officier de cavalerie dans "TONNERRE APACHE", en tueur d'Indiens dans "RIO CONCHOS". Et il trouve un de ses meilleurs rôles dans "HOMBRE", en bandit rigolard et pervers, toujours avec cette même intelligence aiguë. Certains vont jusqu'à dire qu'il volerait la vedette à Paul Newman en personne !
Boone enfile un poncho eastwoodien pour kidnapper le petit-fils de John Wayne dans "BIG JAKE", mais les héros sont clairement fatigués. Ce qui n'empêche pas les deux amis de récidiver pour "LE DERNIER DES GEANTS" où Boone est un des adversaires du "Duke". Son dernier western est... un spaghetti : "LES IMPITOYABLES", dans lequel Boone n'a qu'un petit rôle. Et pour cause : effaré par l'incompétence de l'équipe, il quitta le plateau en plein tournage !
Au début des années 70, Richard Boone, épaissi, plus ridé et balafré que jamais, tient le rôle-titre d'une série de huit films de 90 minutes : "HEC RAMSEY", dans laquelle il campe l'ancêtre des "EXPERTS" au temps du western. Le premier flic utilisant des méthodes d'investigation scientifiques.
Comédien exceptionnel, professeur d'art dramatique, qui tourna avec les plus grands, Richard Boone n'a certainement pas la place qu'il mérite dans le panthéon des grands acteurs U.S.

A NOTER : La carrière de Boone fit l'objet d'un livre aux U.S.A. "A KNIGHT WITHOUT AN ARMOR IN A SAVAGE LAND", de David Rothel, aux éditions Empire Publishing.

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 11:03
En 1956, Clint Eastwood est apparu dans un western oublié de tous, "LA CORDE EST PRÊTE", de Charles Haas, aux côtés de John Agar, Mamie Van Doren et du grand Richard Boone.
"Apparaître" est bien le mot juste, puisque le jeune et longiligne Clint, joue un employé de ranch nommé Tom, qui au début du film, échange une ou deux répliques avec le shérif Agar.
C'était trois ans avant "RAWHIDE", les temps étaient durs pour l'apprenti comédien, que les castings directors jugeaient alors "trop grand, avec les yeux pas en face des trous, et la pomme d'Adam trop proéminente".
Il fallait être vraiment devin, pour discerner dans la fugitive silhouette du gentil "Tom", les promesses de Josey Wales ou Will Munny !
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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 09:47

  Il est curieux de constater, à chaque fois qu'on ouvre un livre sur le western, qu'on parle à un cinéphile "sérieux", ou qu'on tombe sur une liste des meilleurs films du genre, que John Sturges est systématiquement méprisé, considéré au mieux, comme un "honnête faiseur", au pire comme un tâcheron besogneux.
Pourtant son chef-d'oeuvre "UN HOMME EST PASSE", western moderne situé à la fin de la seconde guerre mondiale, est unaniment considéré comme un grand film, et s'il s'est parfois "planté" sérieusement, il a toujours été un artisan sérieux et ultra-professionnel, directeur d'acteurs hors pair, et filmant l'espace avec une précision jamais prise en défaut.
"FORT BRAVO" est un bon western militaire, au casting un peu pâle, dont des images, comme cette pluie de flèches mortelles, sont indélébiles. "UN HOMME EST PASSE" déjà cité, est un exemple inégalé d'utilisation du format CinémaScope, Spencer Tracy y est magnifique en manchot obstiné, face à une ville de lyncheurs perdue en plein désert. Un film allégorique, sobre et puissant, qui n'a pas pris une ride en plus de 50 ans. En utilisant Ernest Borgnine, Lee Marvin, Walter Brennan, Sturges y faisait preuve de son flair pour les seconds rôles.
"COUP DE FOUET EN RETOUR" est un western plus traditionnel, teinté de psychanalyse. Sturges tâte au star system en orchestrant la confrontation Burt Lancaster-Kirk Douglas dans "REGLEMENT DE COMPTES A O.K. CORRAL", un western un peu trop solennel, mais extrêmement bien réalisé.
"LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL", mélange de suspense et de western, majoritairement filmé en intérieurs confinés, est une de ses plus flagrantes réussites. Kirk Douglas y affronte cette fois son ancien ami Anthony Quinn, pour une vengeance cruelle et sans échappatoire. Nouveau duel entre deux hommes pour "LE TRESOR DU PENDU", teinté cette fois d'homosexualité latente, le méchant Richard Widmark agissant envers Robert Taylor, comme un amant "séduit et abandonné". "LES 7 MERCENAIRES" est le film le plus connu de Sturges, un remake réussi des "7 SAMOURAÏS" de Kurosawa, porté par une photo glorieuse, une musique légendaire d'Elmer Bernstein, et surtout un cast d'inconnus hors du commun. Est-il besoin de les citer ?
"LES 3 SERGENTS" est un désastre, tourné au service du "Rat Pack" de Frank Sinatra. Le comique troupier n'est pas le fort de John Sturges, et tant mieux pour lui ! N'ayant pas compris la leçon, il rempile avec le cataclysmique "SUR LA PISTE DE LA GRANDE CARAVANE", où il gaspille éhontément Lancaster, Lee Remick, Martin Landau, etc. dans un navet qui dure quasiment trois heures ! Une épreuve...
"7 SECONDES EN ENFER" est une nouvelle lecture de la fusillade d'O.K. Corral, à part que le film commence par le gunfight. Jon Voight débute, mais s'il est intéressant, le film manque de stars charismatiques, James Garner et Jason Robards n'ayant aucunement la dimension mythologique de leurs rôles.
"JOE KIDD" marque le début de la fin pour Sturges. Evincé du plateau par sa star Clint Eastwood, le réalisateur reniera le film (on le comprend, au vu du résultat !). "CHINO" est un joli western européen, pour lequel Charles Bronson avait réclamé Sturges. Hélas ! Cette réussite ne doit pas grand-chose à celui-ci, puisque tombé malade au début du tournage, Sturges fut remplacé par le producteur Diulio Coletti.
L'homme n'a jamais eu la dimension d'un Hawks ou d'un Walsh, cependant, un rapide coup d'oeil à sa filmo, suffit à prouver qu'il est honteusement sous-estimé. Il suffit de revoir "UN HOMME EST PASSE" et "LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL", pour se persuader qu'il est passé tout à côté d'une grande carrière.

A NOTER: La littérature sur Sturges est rarissime. Aussi faut-il mentionner le petit ouvrage "JOHN STURGES : HISTOIRES D'UN FILM MAKER", d'Emmanuel Laborie, paru en 2003 chez Dreamland.

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 18:11

Lee Van Cleef débute au cinéma dans un classique du western, "LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS". Et même s'il n'y prononce aucune réplique, il porte déjà en lui tous les prémices du "spaghetti western" qui fera sa gloire : il joue de l'harmonica en attendant un train, sur le quai d'une gare déserte ! Difficile de faire plus prémonitoire...
Pourtant, le jeune comédien attendra de longues années, avant de sortir de l'ornière. L'atout n°1 de Van Cleef, est bien sûr son visage anguleux, au nez aquilin, aux yeux en fente, une expression à la fois cruelle et intelligente, qui l'ont toujours fait sortir du lot. Il a tourné des dizaines de westerns dans les années 50, au cinéma et à la télé, et l'amateur a noté, çà et là, sa silhouette athlétique, sa démarche ankylosée, son jeu abrupt, et la phalange manquant à son majeur.
Lee Van Cleef apparaît dans une tempête de sable, le temps de se faire abattre par Rock Hudson, dans le plus beau plan de "VICTIME DU DESTIN", il porte une curieuse vareuse dans "10 HOMMES A ABATTRE", se fait ridiculiser par Jerry Lewis dans "LE TROUILLARD DU FAR WEST", joue un tueur tout de noir vêtu dans "JICOP LE PROSCRIT", un métis traqué dans "DU SANG DANS LE DESERT". Il est un des quatre "BRAVADOS", l'excellent film de Henry King. La scène où il supplie Gregory Peck de l'épargner est la meilleure du film. Chose étonnante : Peck brandit une montre avec le portrait de sa femme, ce que fera également Van Cleef, quelques années plus tard, dans son premier film avec
Sergio Leone.
Van Cleef n'est présent qu'au début de "REGLEMENT DE COMPTES A O.K. CORRAL", mais son expression sidérée, quand il prend le cran d'arrêt de Kirk Douglas en plein coeur, est restée dans toutes les mémoires.
Il n'a que deux scènes dans "LA CHEVAUCHEE DE LA VENGEANCE", mais il s'y montre inoubliable, dans le rôle de Frank, l'homme poursuivi par Randolph Scott. Van Cleef campe un bandit intelligent et résigné. "Je vous ai déjà fait assez de mal comme ça", dit-il à Scott, "Ne m'obligez pas à vous tuer, en plus !". Plutôt inhabituel...
Dans "L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE", il reste sagement à l'ombre de
Lee Marvin, et dans "LA CONQUÊTE DE L'OUEST", il apparaît le temps de prendre un couteau dans la LEE VAN CLEEF suite2poitrine. Une vieille habitude...
A la télé, Lee Van Cleef est apparu dans à peu près toutes les séries western répertoriées, de "THE RANGE RIDER" à "BONANZA", en passant par "L'HOMME A LA CARABINE" ou "LES VOYAGES DE JAMIE McPHEETERS".
Sa longue course au cachet s'arrêtera en 1965, quand Lee Marvin, engagé pour tourner en Espagne "...ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS", se désista au dernier moment, pour "CAT BALLOU". Sergio Leone se souvint alors de ce second rôle, remarqué dans "LES BRAVADOS".
The rest is History...
LVANCLEEF suite

A NOTER  Le livre de référence "LEE VAN CLEEF : A BIOGRAPHICAL FILM AND TELEVISION REFERENCE", de Mike Malloy, paru chez McFarland, en 1998.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 11:10

On a tendance à croire que seuls d'obscurs vieux films muets, et autres raretés oubliées de tous, sont lentement détruits par l'érosion. Longtemps, ces vieilles pellicules ont pourri dans leurs boîtes rouillées, ont spontanément pris feu, ou se sont transformées en bouillie malodorante dans de vieux hangars, et surtout dans l'indifférence générale.
Martin Scorsese tire la sonnette d'alarme depuis pas mal d'années, et s'est lancé lui-même dans le sauvetage de certains chefs-d'oeuvre en voie de disparition. Car TOUS les négatifs sur support pellicule sont en fait menacés, à plus ou moins brève échéance.
Dernier en date : "ALAMO", l'énorme "epic" réalisé par John Wayne, en 1960, et qui est en train de se liquiéfier à toute allure. La fondation Jacob Burns a lancé un appel au public, pour réunir les fonds nécessaires à la restauration du matériau. la version qui circule en DVD est le montage "court", qui perd la moitié de son intérêt. Le "director's cut" était jadis sorti aux U.S.A. en LaserDisc.
"ALAMO" n'est pas un chef-d'oeuvre, et les grandes envolées lyriques du "Duke" sur la République n'allègent pas le propos. C'est néanmoins une page de l'Histoire d'Hollywood, et on ne peut que souhaiter bonne chance à Mr. Burns dans sa quête...

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 09:37

Tournée entre 1968 et '69, "LES BANNIS" ("THE OUTCASTS" en v.o.), n'a connu que 26 épisodes, mais elle a suffisamment marqué les esprits pour n'être pas totalement oubliée aujourd'hui. Pourtant les acteurs n'étaient pas des stars : Don Murray et Otis Young, mais le "pitch" inspiré du film "LA CHAÎNE" de Stanley Kramer est potentiellement si fort, qu'il était impossible de rester indifférent.
Après la guerre de sécession, un ancien artistocrate du vieux Sud, Earl Corey (Murray) doit s'associer à un ancien esclave, Jemal David (Young) pour devenir chasseur de primes. Les deux hommes se haïssent cordialement, se battent régulièrement, s'insultent, mais ne cessent de se sauver mutuellement la vie et n'ont au bout du compte, personne d'autre dans la vie !
On se souvient du générique de Hugo Montenegro et aussi de la parodie signée Goscinny & Uderzo, inspirée de celles de Mad Magazine et parue dans l'hebdomadaire Pilote. De quoi assurer une certaine immortalité à ces "BANNIS" vieux de 40 ans, mais qui mériteraient une renaissance via le DVD.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 08:25

 

A priori, on ne penserait jamais à Jack Nicholson, comme figure emblématique du western. Enfant de la "flower generation", apprenti dans la série B made in Roger Corman, révélé par le succès de "EASY RIDER", ce comédien au charme ravageur, au culot jamais pris en défaut, ce grand adepte des "grands numéros d'acteur", a su imposer son style débridé, dans la sobriété introspective (Antonioni) ou la pitrerie déjantée (chez Tim Burton).
Mais pourtant... Pourtant, Jack Nicholson a bel et bien marqué le western de son empreinte singulière. A ses débuts, il apparaît dans des séries TV comme "BRONCO" ou "TALES OF WELLS FARGO", puis tient le rôle de Will Brocious dans "THE BROKEN LAND", petit western d'une heure à peine.
Il faut attendre sa rencontre avec le réalisateur Monte Hellman, pour que Nicholson écrive et interprète deux westerns très spéciaux, au milieu des sixties : "L'OURAGAN DE LA VENGEANCE", où il joue un cowboy benêt, acolyte de Cameron Mitchell, injustement poursuivi par des lyncheurs. Il est bien plus marquant dans l'existentiel et quasi beckettien "LA MORT TRAGIQUE DE LELAND DRUM", en chasseur de prime vêtu en dandy, un rôle de tueur sadique et charognard, visiblement inspiré du
Jack Palance de "SHANE". Sa façon de parler d'une voix nasillarde, de toiser ses compagnons de route, avec une expression dégoûtée et amusée, n'appartiennent vraiment qu'à lui.
Il faut attendre une bonne décennie, avant que Jack ne revienne arpenter les grandes plaines. Ce fut d'abord pour "MISSOURI BREAKS" d'Arthur Penn, "grand film malade" s'il en fut, où dans un rôle de voleur de chevaux précurseur des hippies, il se laisse bouffer tout cru par un
Marlon Brando obèse et déchaîné, hors de tout contrôle. Un grand face à face potentiel, en grande partie gaspillé. Tout de suite après, et gardant le même look barbu et débraillé, Nicholson réalise lui-même "GOIN' SOUTH !", une comédie, située à l'époque des pionniers. Il y incarne un hors-la-loi sauvé de la potence par une jeune veuve, dont il devient l'esclave. Un bon point de départ, mais un film inerte, interminable, surjoué, partant en tous sens, et qui sembla dégoûter ce brave Jack du Far West, une bonne fois pour toutes.
Pour réussis que furent ses deux films avec Hellman, force est d'admettre que Jack Nicholson, homme du 20ème siècle par excellence, ne fut jamais réellement à sa place dans l'univers du western. Mais la tentative valait la peine...
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 21:00

 

Réalisé en 2000, par le chanteur country Dwight Yoakam, ce très étrange néo-western est tiraillé entre de si nombreuses influences, souvent contradictoires, qu'il finit par ne plus ressembler à grand-chose. Par certains aspects, il annonce le "APPALOOSA" d'Ed Harris, mais la réalisation est trop chichiteuse, le scénario trop décousu, et les personnages tous bien trop excentriques, pour accrocher l'intérêt.
Yoakam s'est réservé le beau rôle, celui du shérif taciturne, parti en croisade vengeresse. Il n'a certes pas le physique de l'emploi, même si les vrais shérifs devaient probablement plus ressembler à cela qu'à John Wayne. Il s'est entouré de vétérans des seventies, comme Peter Fonda, Bud Cort (qui reconnaîtrait l'ado de "HAROLD ET MAUDE" ?) ou Bo Hopkins et l'excellent Luke Askew, a offert un petit rôle à Billy Bob Thornton, qui l'avait dirigé dans son grandiose "SLING BLADE", et permis à des comédiens qu'on voit peu comme Bridget Fonda ou Pee-Wee Herman, de refaire un tour de piste. Vince Vaughn est peu convaincant en tueur sadique. L'adjoint du shérif portant une robe par-dessus son pantalon, laisse plus que perplexe, et évoque les inutiles délires de Brando dans "MISSOURI BREAKS".
"SOUTH OF HEAVEN, WEST OF HELL" contient une ou deux fusillades bien réglées, de bons moments (lorsque Bridget Fonda tue l'homme qui s'en prenait à sa fillette, et lui dit froidement "Tiens, touche plutôt ça", avant de le descendre), mais ne réussit pas "L'HOMME SANS FRONTIERE" qui veut, et le film de Dwight Yoakam s'efface de la mémoire, dès que commence le générique de fin.
Dommage, car les westerns ne sont pas si courants, dans les années 90 !
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Published by Fred Jay Walk - dans WESTERNS U.S. ET ITALIENS
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 20:09
A force, année après année, bouquin après bouquin, "AMBUSH AT CIMARRON PASS" a fini par devenir un film quasi mythique. Première raison : il est totalement introuvable, jamais sorti sur aucun support vidéo, ne passant jamais à la télé, et en plus le seul comédien connu du générique a déclaré à plusieurs reprises que c'était "le plus mauvais western jamais réalisé". Alléchant, non ? Surtout quand le comédien en question n'est autre que Clint Eastwood.
C'est en fait le dernier film de cinéma qu'il tourna avant la longue interruption de six années que fut le tournage de la série TV "RAWHIDE", et son film suivant ne devait être que "POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS". Ce film est donc une sorte de chaînon manquant, le lien entre les rôles de têtes brûlées juvéniles, et les "hommes sans nom" à cigarillo...
Alors qu'est-ce que "AMBUSH AT CIMARRON PASS" ? C'est une série B réalisée par un certain Jodie Copelan (?), dont les vedettes sont Scott Brady le Dancing Kid de "JOHNNY GUITARE", et Margia Dean (??). Eastwood y joue Keith Williams, jeune soldat sudiste, haïssant violemment les "blue bellies", à tel quel point que la seule mention de leur nom, le fait sortir de ses gonds. Clint a beaucoup de qualités, mais l'impulsivité et la nervosité à fleur de peau n'en ont jamais fait partie. On peut donc supputer qu'il ne tient pas là son meilleur rôle...
Le film n'est jamais sorti en France, et la seule trace qu'on en trouve - en chinant un peu - c'est ce "photoroman" paru en 1966, et sorti en kiosque pour "1 franc", sous le titre "LE CRI DE GUERRE DES APACHES" ! Tout frais de ses succès avec Leone, Clint se retrouvait naturellement en tête de générique.
Un vrai collector, ce film...
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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE CLINT EASTWOOD
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