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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 18:29

N’ayons pas peur des superlatifs et affirmons d’emblée que « L’HOMME DE L’OUEST » est un des meilleurs westerns jamais sorti des usines hollywoodiennes, que c'est un film en avance sur son temps qui brasse tant de thèmes qu'il faudrait un livre entier pour les décortiquer.

Anthony Mann ouvre son film sur un ton de semi-comédie, avec un Gary Cooper légèrement « plouc » sur les bords, terrorisé par l’arrivée du train dans lequel il monte apparemment pour la première fois. L’acteur joue de sa gamme de mimiques timides et empruntées déjà vue et revue dans tant de films depuis trente ans et cela dure jusqu'à son arrivée dans la cabane de son père de substitution Dock Tobin, qu'il n’a pas vu depuis des années. Car Cooper qui fut un horrible tueur comme son mentor, est rangé des voitures, et a fondé une gentille famille.

Quand mû par la fatalité, il pousse la porte de la cabane, « L’HOMME DE L’OUEST » bascule brutalement dans un film de fantômes. On dirait que le temps s’est arrêté à son départ et que Dock n’est plus qu’un spectre shakespearien ruminant le passé, à la fois terrifiant et pitoyable, poussiéreux et constamment gelé jusqu'aux os, comme une âme damnée perdue dans les limbes. Quand il décide l’attaque d’une banque, c'est pour tomber dans une ville qui lui ressemble : une ville-fantôme !

« L’HOMME DE L’OUEST » est un film confiné, angoissant, d’une violence terriblement concrète. Ainsi, la bagarre entre Cooper et Jack Lord est-elle une des plus réalistes qu’on ait vue dans le genre. Le format Scope est magnifiquement utilisé par Mann, dont le style se rapproche ici du dépouillement d’un Boetticher. Dans le rôle de Dock, Lee J. Cobb n’a pas peur d’en faire des tonnes, des mégatonnes même, braillant chaque réplique, hurlant d'un rire paillard, enterré sous des postiches qui le rendent pratiquement méconnaissable, comme le spectre du père d’Hamlet devenu fou à lier. Julie London un peu fânée, est formidable en chanteuse désenchantée et Lord est un des méchants les plus bestiaux et irrécupérables qu'il soit donné de croiser dans un western. Est-ce vraiment lui qui deviendra le flic incorruptible de « HAWAII, POLICE D’ÉTAT » ?

À vrai dire, seul Cooper pose problème. Manifestement fatigué et malade, l’acteur a bien vingt-cinq ans de plus que son personnage, qui en toute logique n’aurait pas dû avoir plus de 30 ans. Cela déséquilibre sa relation avec Cobb (qui était plus jeune que lui !), et rend le personnage un peu flottant. D'autant qu'on a beaucoup de mal à s'imaginer que ce gentil monsieur ait pu être un assassin sanguinaire dans sa jeunesse. Cela ne correspond ni à l'image qu'en donne Cooper au début du film, ni au passé cinématographique de l'acteur, qu'il traîne qu'on le veuille ou non, derrière lui.

Mais cela ne suffit pas à gâcher le plaisir qu’on a à revoir « L’HOMME DE L’OUEST », ce western flirtant avec le fantastique et le baroque. Et qui laisse sur un drôle de malaise, comme cet ultime hurlement d’un muet en train de mourir dans la grand-rue de Lassoo, la ville abandonnée, ou ce duel à mort entre Link et son cousin Claude, deux hommes blessés, couchés parterre, pour une confrontation sans gloire.

Pur chef-d’œuvre !

A NOTER :  Le film a connu deux éditions françaises en DVD, à un an d'intervalle : l'un chez Carlotta, avec des suppléments passionnants, mais... en 4/3, l'autre chez MGM tout simple, mais en 16/9. Cornélien !

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 14:37

BRONSON SUITE2
Aujourd'hui assimilé au personnage de Paul Kersey, dans « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » et de ses navrantes sequels,
Charles Bronson laisse une image étonnamment vivace des années après sa mort, mais injustement réductrice. Car cet étrange comédien n’a pas toujours été un monsieur âgé à petite moustache fusillant les loubards au lance-roquettes. Ancien mineur, vétéran de la WW2, il a même été une des figures les plus marquantes du western des années 60, laissant une empreinte si profonde que les sites sur lui continuent de se multiplier et que sa fiche IMDB est aussi active que celle d’une jeune star à la mode.

Petit de taille, un physique de gymnaste, un visage exceptionnel aux rides profondes, aux petits yeux clairs, Bronson a tout du félin et ses origines slaves lui ont permis d’être crédible dans toutes sortes d’ethnies. Important dans l'Ouest !

Son premier western, « LE CAVALIER TRAQUÉ » lui offre un rôle de hors-la-loi haineux, qui veut la peau de Randolph Scott. « VERA CRUZ » et « BRONCO APACHE », ne lui proposent que des quasi-figurations, même si dans le premier et par un sympathique clin d’œil du destin, Bronson joue de l’harmonica. C'est cette même année ’54, qu'il trouve son premier grand rôle dans « L’AIGLE SOLITAIRE ». Dans le rôle du chef Modoc Captain Jack, Bronson crève littéralement l’écran et éclipse Alan Ladd. Guerrier fourbe et rusé, Jack se comporte comme un véritable sociopathe du Far West. Tous muscles dehors, l’acteur impressionne la critique, surtout dans sa dernière scène, face au prêtre venu l’assister avant sa pendaison : « Si c'est si merveilleux, là-haut, allez-y à ma place. Je ne suis pas pressé ».

Curieusement, il faudra des années à Bronson pour retrouver un rôle de cette qualité. Il n’a qu’un second rôle dans « L'HOMME DE NULLE PART » du même réalisateur, apparaît fugitivement en chef Sioux chaleureux dans « LE JUGEMENT DES FLÈCHES ».

Charles Bronson utilise sa petite taille et sa personnalité taciturne, pour jouer le chasseur de primes complexé de « SHOWDOWN AT BOOTHILL ». Il est ensuite Bernardo O’Reilly, un des « 7 MERCENAIRES », un rôle secondaire mais qui l’installe définitivement dans la mémoire du grand public. Sa rugosité naturelle y fait merveille, surtout quand l'homme s’adoucit auprès de muchachos collants. À la TV, Bronson incarne Linc Murdock, aventurier mystérieux devenu guide de caravane dans la série « LES VOYAGES DE JAMIE McPHEETERS », un rôle qui préfigure l’archétype qu'il développera lors de son vedettariat. On le revoit en tueur pour rire dans « 4 DU TEXAS », en homme de main de « PANCHO VILLA », puis il part pour l’Europe persuadé qu'il ne trouvera jamais le succès aux U.S.A.

« IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » consacre Bronson qui y trouve le rôle de sa vie, celui du vengeur sans nom, mi-homme mi-spectre qui poussera Henry Fonda dans la tombe. Laconique, un sourire menaçant plaqué sur un faciès taillé au burin, Charles Bronson s’immortalise en même temps que l’air d’Ennio Morricone qu'il joue à l’harmonica. La quintessence du comédien et quelque part du héros de western en général. À la fois cowboy et Indien, héros et menace. 

« SOLEIL ROUGE » semi-échec attachant, le laisse en retrait derrière l’inattendu Toshirô Mifune, mais Bronson s’y essaie à l’humour et l’exubérance avec succès. Il apparaît peu dans l’excellent « LES COLLINES DE LA TERREUR », mais marque le film de sa présence musculeuse dans un rôle de métis massacrant la horde lancée à ses trousses : rarement un acteur aura été plus frappant avec si peu de dialogue !


« CHINO » lui offre un personnage touchant d’éleveur de mustangs solitaire, un contremploi étonnant, puisque Bronson finira le film sans parvenir à punir les méchants.

Son triomphe américain dans « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » sera teinté de western, puisque c'est lors d’un voyage en Arizona et en voyant un spectacle de cascadeurs de l'Ouest que Paul Kersey aura l’idée de régler ses problèmes « à l’ancienne ». Au flic qui lui ordonne de quitter New York, Bronson répond : « Avant le coucher du soleil ? », comme dans tous les vieux westerns.

Si « LE SOLITAIRE DE FORT HUMBOLDT » n’a rien de très remarquable, « C'EST ARRIVÉ ENTRE MIDI ET TROIS HEURES » est un petit bijou de western satirique au vitriol, une charge contre les médias et Charles Bronson y joue un bandit couard et menteur, dépassé par sa propre légende. Délectable !

« LE BISON BLANC » achève tristement son parcours western. Dans ce navet insauvable, Bronson incarne un 'Wild' Bill Hicock syphillitique, obsédé par un bison géant.

À la TV, Bronson a tourné énormément de westerns : plusieurs bons rôles dans « HAVE GUN, WILL TRAVEL » et « GUNSMOKE », et même Butch Cassidy dans « THE TALES OF WELLS-FARGO ».

Des « 7 magnifiques », il ne fut pas le moindre…
BRONSON CHARLES upgrade

 

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 11:38

Il y a les bonnes idées, les mauvaises idées, et les fausses bonnes idées. « CACTUS JACK » en est manifestement une. Le projet du cascadeur Hal Needham, était de réaliser un western parodique, sur le modèle des dessins animés de Will Coyote : un méchant imbécile et tenace, à la poursuite de héros insaisissables, qui échoue dans tous ses pièges minables, et embuscades foireuses, qui lui retombent systématiquement sur la figure.

Hélas, ce qui tient la distance sur quatre minutes, a du mal à survivre sur une durée de long-métrage.

C'est Kirk Douglas alors dans la soixantaine, qui joue le villain du titre original : un bandit vêtu de noir, parlant à son cheval, et utilisant un fascicule intitulé « Bad men of the West », comme bible au quotidien. L’acteur se délecte à jouer les crétins vindicatifs, et s’accapare aisément la vedette, d’autant que le héros (qui s’appelle Handsome Stranger !) est joué par Arnold Schwarzenegger, vêtu d’une sorte de survêtement bleu-ciel, et affichant un air benêt de puceau naïf. La preuve ? Il ne comprend rien aux avances pourtant flagrantes que lui fait Ann-Margret, tout décolleté déployé. Celle-ci, fatiguée de la bêtise de son héros, finira d'ailleurs dans les bras du méchant !

Needham a réuni des seconds rôles pittoresques comme Strother Martin, Jack Elam ou Robert Tessier, et les lâche, bride sur le cou. Mais rien n’y fait : « CACTUS JACK » demeure au stade des bonnes intentions, et la farce tourne rapidement court. Un Mel Brooks peut-être, aurait pu en tirer quelque chose…

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE KIRK DOUGLAS
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 08:09

Robert Aldrich a marqué le cinéma américain d’une empreinte qui se fait encore sentir aujourd'hui. Il a transformé tous les genres auxquels il s’est frotté, du film noir au film de guerre, en passant par le mélodrame au vitriol. Sa patte est instantanément reconnaissable : montage hyper-serré, angles de prises de vue biscornus, agressifs, comédiens aux visages typés, protagonistes aux confins de la monstruosité, ambiance hystérique. Inclassable, inimitable.

Aldrich n’a pas tourné énormément de westerns, mais tous ou presque, ont influencé le genre. « BRONCO APACHE », film résolument pro-Indiens, chose rare en 1954, suit le baroud d’honneur d’un guerrier indomptable refusant la honte de la reddition. Le film doit beaucoup à l’énergie de Burt Lancaster, mais la fin – imposée par les distributeurs – est décevante et illogique. Suit l’immortel « VERA CRUZ », western mexicain entièrement improvisé au jour le jour, pendant le tournage, qui confronte le même Lancaster à son aîné Gary Cooper, sur un scénario picaresque et amoral, annonçant de façon aveuglante le western italien, par une multitude de détails. Souvent imité, « VERA CRUZ » ne sera jamais égalé.

« EL PERDIDO » fut mutilé par ses producteurs, mais contient de beaux restes, malgré l’interprétation fade de Rock Hudson. Kirk Douglas y est extraordinaire, et l’inceste abordé de façon quasiment frontale. On devine le chef-d’œuvre que ce « film malade » a failli être. « 4 DU TEXAS », pantalonnade commandée par le clan Sinatra, est un des pires films d’Aldrich, qui va jusqu'à enrôler les pitres de télévision, les Trois Stooges, pour un sketch absurde, en plein milieu du film. Seul Victor Buono est amusant, en gros banquier efféminé.

Aldrich retrouve Burt Lancaster, presque vingt ans après leur dernière collaboration, pour « FUREUR APACHE », sorte de remake réaliste de « BRONCO APACHE », où l’acteur joue cette fois le scout poursuivant l’Indien. C'est un film d’une extrême violence, d’une noirceur totale, mais imposant un fort message de tolérance. Un grand film, qu’on n’a jamais fini de redécouvrir. Des images comme ce soldat encerclé par les Indiens, et tuant la femme qu'il est censé protéger, et se tirant une balle dans la bouche, pour échapper à la torture, sont indélébiles.

« UN RABBIN AU FAR WEST » aurait peut-être pu être drôle, si John Wayne initialement prévu, avait tenu le rôle du cowboy, avant d’être remplacé par le jeune Harrison Ford. Pas tout à fait la même chose ! Et pas sûr de toute façon, que la comédie ait vraiment été le fort de Mr. Aldrich…

De Robert Aldrich, on se souviendra essentiellement de « EN QUATRIÈME VITESSE » ou « ATTAQUE » et « QU’EST-IL ARRIVÉ À BABY JANE ? » et « 12 SALOPARDS », mais son passage dans l'Ouest est loin d’être négligeable.

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 19:57

Lee Van Cleef a seulement 40 ans quand il arrive au bout de sa route d’acteur. Un accident de voiture l’a mis au chômage, il tente de gagner sa vie comme peintre mais ses toiles se vendent mal et les seuls rôles qu'il décroche sont minuscules, bien plus petits que ceux qu'il tenait la décennie précédente.

Quand Sergio Leone débarque à L.A. en 1965, c'est la panique : Lee Marvin vient de quitter son projet, Charles Bronson l’a refusé, tous les autres sont trop chers. Alors Leone, grand cinéphile, se souvient de ce second rôle, entrevu dans tant de classiques : Lee Van Cleef. Celui-ci accepte évidemment « ...ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS », sans même lire le scénario, persuadé qu'il n’y tiendra qu’un petit rôle. Quelle n’est pas sa stupeur de réaliser qu'il a le rôle principal, plus important encore que celui de Clint Eastwood !

Le colonel Douglas Mortimer sera d'ailleurs le rôle de sa vie. Vengeur élégant tout de noir vêtu, ce chasseur de primes bien plus âgé que son interprète (Eastwood l’appelle « le vieux » !) marquera le genre grâce au visage d’aigle de Van Cleef, filmé en extrêmes gros-plans par Leone. En voyant le film, Burt Lancaster sera interloqué : comment un vague figurant qui lui apportait le café sur ses films a-t-il pu tenir ainsi un rôle principal et probablement mieux qu'il ne l’aurait fait lui-même !

Lee Van Cleef était une star et il ne le savait même pas ! Il rentre aux U.S.A. pour tourner des séries TV et revient en Italie quand Leone le rappelle pour « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND ». Cette fois, Van Cleef joue Sentenza un des pires villains de l’Histoire du western, un tueur cynique et intelligent prêt à tout, même la torture, pour mettre ses griffes sur le butin.

À partir de là, sa carrière décolle. Mais seulement en Europe. Van Cleef se spécialise dans les rôles de « mentors » plus ou moins bienveillants, face à de jeunes acteurs en vogue : dans « COLORADO », il est un marshal manipulé par ses employeurs et lancé aux trousses de « l’innocent » Tomás Milian. Dans « LE DERNIER JOUR DE LA COLÈRE », il forme un naïf à devenir un pistolero, jusqu'à ce que l’élève dépasse le maître. Dans « LA MORT ÉTAIT AU RENDEZ-VOUS », il aide un jeune homme à se venger, jusqu'à ce que celui-ci comprenne que Van Cleef n’est pas totalement innocent. Enfin, dans « PAS DE PITIÉ POUR LES SALOPARDS », il est un traîne-savate qui se découvre une vocation d’homme de loi, quitte à trahir ses amis. Que des rôles intéressants, dans des films ambitieux, qui comptent parmi les vraies réussites du « spaghetti western », dont Lee Van Cleef devient la figure de proue.

« SABATA », un personnage calqué sur le colonel Mortimer, est un triomphe, et il en tourne une sequel, mais les films sont médiocres, et l’acteur commence à se pasticher lui-même, ce qui n’est jamais bon signe. « CAPITAINE APACHE » (où il apparaît glabre et moumouté) et « LES 4 MERCENAIRES D’EL PASO » et « LE GRAND DUEL » sont des navets qu'il n’arrive pas à sauver.

Un rapide retour en Amérique lui offre le rôle de Chris, dans l’étonnamment bon « LA CHEVAUCHÉE DES 7 MERCENAIRES », où Van Cleef se montre excellent, sans se départir de son inséparable pipe. D’autres navets se suivent en Europe, comme « LA BRUTE, LE COLT ET LE KARATÉ » (chapeau pour le titre français !) ou le navrant « LES IMPITOYABLES », où Van Cleef joue deux frères jumeaux. On le voit même dans diverses pubs pour des marques de bière ou de pots d’échappement où il caricature son image.
 Sa trajectoire de westerner s’achève donc sans gloire, mais Lee Van Cleef a néanmoins laissé une empreinte indélébile, par sa galerie de personnages cruels, sarcastiques, brutaux, mais toujours fascinants.


A NOTER : Comme Jack Palance qui était devenu, sous le pinceau du dessinateur Morris, le tueur Phil Defer, Lee Van Cleef eut l'insigne honneur d'être choisi comme adversaire de Lucky Luke, dans l'album "CHASSEUR DE PRIMES", scénarisé par René Goscinny. Pipe et cache-poussière inclus !

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 16:04

 

A quoi reconnaît-on un western de Raoul Walsh ? Facile : on entre directement dans le vif du sujet, sans parlotte inutile, ou présentation fastidieuse des protagonistes. Ici on lynche un homme dont on ne sait rien, il est sauvé par un marshal qu'on ne connaît pas... Les explications viendront plus tard. "UNE CORDE POUR TE PENDRE" est un petit western dynamique et malin, qui mêle le western psychologique (le passé de Len, qui le hante jusqu'à le rendre fou) et le "whodunit". Le vieux est-il coupable ? Le marshal a beau dire qu'il s'en moque, et que son job et de l'emmener jusqu'au tribunal, qu'il soit coupable ou innocent, sa route va être semée d'embûches, dont la moindre ne sera pas la fille de l'accusé.
C'est le premier western de Kirk Douglas, qui deviendra une figure majeure du genre, pendant deux décennies. Egal à lui-même, l'acteur est une boule de tension permanente, un obsédé pas toujours très sympathique, qui se laisse guider par ses névroses, sans se soucier des dommages collatéraux. A ses côtés, la très belle Virginia Mayo joue une sauvageonne sexy à souhait, et ce vieux briscard de Walter Brennan s'en donne à coeur-joie, dans un rôle ambigu, oscillant entre faux gâtisme et vraie menace, jusqu'au dénouement.
"UNE CORDE POUR TE PENDRE" n'est pas exempt de défauts. Les décors de studio par exemple, sont mal assortis aux magnifiques extérieurs de désert, et les fautes de raccord sont légion. On pense à ces deux scènes que Kirk Douglas commence sans chapeau, et finit avec, sans qu'on l'ait vu le remettre. Un détail, mais qui laisse deviner une rapidité de tournage que Douglas reprocha d'ailleurs vertement à Raoul Walsh dans ses mémoires.
A noter que le DVD sorti en zone 2, bénéficie d'une copie d'une incroyable pureté, exempte du moindre scratch, ou même de grain. Pour un film datant de plus de 50 ans, c'est tout à fait impressionnant.

 

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE KIRK DOUGLAS
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 12:38

 A première vue, on pourrait confondre avec "LA HORDE SAUVAGE" : William Holden et Ernest Borgnine, dans un western violent, avec le mot "sauvage" dans le titre français... Mais la comparaison s'arrête là. Et bien là !
Etrange co-production où on retrouve des comédiens Allemands, Français, Américains et Espagnols, "THE REVENGERS" est une resucée des "12 SALOPARDS" remis à la sauce western, une vague histoire de vengeance très tirée par les cheveux dont l'unique originalité est sa conclusion : au moment d'accomplir ENFIN sa vengeance sur celui qui a massacré horriblement sa famille... Mais évitons le "spoiler" ! Pour peu vraisemblable qu'elle soit, cette fin a au moins le mérite d'être inattendue.
Si Holden paraît bien fatigué, Borgnine s'amuse comme un petit fou en détrousseur de cadavres, Woody Strode arbore une chevelure très inhabituelle chez lui et bien sûr le bonus du film - surtout pour nous, public hexagonal - c'est la présence de Roger Hanin en ex-forçat nommé rien moins que Quiberon !
"LA POURSUITE SAUVAGE" vient de sortir en zone 2, dans une copie 16/9 et deux versions, l'une française, l'autre internationale un peu plus violente. Pour l'amateur de curiosité exclusivement !

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Published by Fred Jay Walk - dans LES SORTIES DVD
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 09:32

  Jack Palance a été, et est toujours resté le maître-étalon du "méchant" de western, celui auquel on compare les autres, celui auquel on se réfère systématiquement depuis son apparition terrifiante dans "L'HOMME DES VALLEES PERDUES". Le rôle de Jack Wilson, tueur à gages à tête de serpent, qui enfilait ses gants noirs avant d'assassiner un quidam, a tellement marqué les esprits que le dessinateur belge Morris l'a repris dans un album de "LUCKY LUKE", dans lequel un Palance génialement caricaturé, devenait Phil Defer.
Acteur formé au théâtre, où il collabora avec Elia Kazan, Palance s'est trouvé limité par un visage singulier, bosselé, couturé de cicatrices, aux petits yeux cruels, qui dans le Hollywood conventionnel des années 50 le condamnait aux rôles de méchants. Son style de jeu exalté, son essoufflement permanent et son rire dément n'aidaient certes pas à le fondre dans la masse. Il joua "l'Indien le plus effrayant que j'aie vu dans un film" (pour reprendre les termes de son partenaire Charlton Heston) dans "LE SORCIER DU RIO GRANDE". Le plan où, revenu du collège, Palance ôte son chapeau dans un geste théâtral,  pour révéler sa longue chevelure de guerrier, vaut à lui seul qu'on voie le film. Dans "JICOP LE PROSCRIT", Palance joue un ex-pistolero menacé par la cécité qui a maille à partir avec son fils. Un bon western psychologique dans lequel Palance joue un personnage à peu près positif et doit pour l'occasion porter un nez postiche, censé le "normaliser" un tant soit peu. Guère convaincant !
Un caractère réputé "difficile", pousse Palance à s'exiler en Europe dans les années 60, où il enchaîne toutes sortes de films de guerre et d'aventures barbares, et même... un Godard.
Il ne revient au western qu'en 1966 pour incarner le révolutionnaire Jesus Raza dans le splendide "LES PROFESSIONNELS" au sein d'un casting d'anthologie. Il joue un pistolero dans "LA HAINE DES DESPERADOS", un raciste manchot dans "LE CLAN DES McMASTERS" et un gentil cowboy fatigué dans l'excellent "MONTE WALSH", en tandem avec son ami Lee Marvin. Dans ce film, fatigué de sa vie de nomade, Palance finit employé d'épicerie. On aura tout vu !
Mais c'est en Europe, qu'il va tourner la plupart de ses westerns : dans "EL MERCENARIO", il est un tueur bouclé et homosexuel tout à fait réjouissant, dans "COMPANEROS" du même Sergio Corbucci, il est un autre tueur drogué, portant une main de bois, et amoureux de son faucon ! "LES COLLINES DE LA TERREUR" lui offre un personnage plus fouillé d'ancien officier nostalgique, lancé dans une chasse à l'homme sans espoir. Il revient aux "bad guys", en jouant l'horrible capitaliste en chapeau melon de "L'OR NOIR DE L'OKLAHOMA".
Les navets s'enchaînent en Italie et ailleurs. Dans "AMIGO... MON COLT A DEUX MOTS A TE DIRE", Palance joue le frère de... Dany Saval, et passe le film à se prendre des baffes de Bud Spencer. "BLU GANG" et "TE DEUM" ne valent guère mieux, et dans "LES IMPITOYABLES", les critiques jugent qu'il a l'air ivre-mort dans la plupart des scènes où il apparaît ! Il joue une sorte de shérif-robot dans "WELCOME TO BLOOD CITY", et à la TV un patriarche barbichu dans "THE HATFIELDS AND THE McCOYS", et il reprend le rôle créé par John Wayne dans "LE FILS DU DESERT", dans un remake, aux côtés d'Ed Lauter et Keith Carradine.
Après un surprenant comeback dans les années 80, grâce à son rôle dans le film allemand "BAGDAD CAFE", Jack Palance revient au western pour jouer le très méchant rancher de "YOUNG GUNS", et surtout avec "LA VIE, L'AMOUR... LES VACHES", où il dirige un stage pour cadres stressés, dans le Far West préservé. L'acteur vieilli, ankylosé, perclus, n'a pourtant rien perdu de sa

puissance, et s'il a le souffle court, il semble symboliser le genre à lui tout seul, et obtiendra d'ailleurs un Oscar bien mérité. Nul n'a oublié son élégante réplique à Billy Crystal : "I crap bigger than you" ("Ce que je chie est plus gros que toi", en v.f.)
Oublions la sequel ("L'OR DE CURLY") où Palance incarne... son propre frère jumeau.
Une des immenses figures du western.
Parallèlement à ses tournages, Jack Palance écrivait des poèmes, et a sorti un CD de chansons d'inspiration "country". Comme quoi...

PALANCE JACK suite

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 07:52

 

"YOUNG GUNS II", réalisé en 1990 par le néo-zélandais Geoff Murphy, est un des rarissimes exemples de sequel qui se révèle bien supérieure au film original. Cette nouvelle lecture du mythe Pat Garrett-Billy the Kid parvient à faire oublier "LE GAUCHER" ou le chef-d'oeuvre de Sam Peckinpah, pour détricoter la légende, et en donner une vision nouvelle, ironique et étrangement crédible.
Mais ce n'est pas la seule spécificité de ce film largement sous-estimé, sur lequel nous reviendrons : c'est son casting, qui fait tout le prix de "YOUNG GUNS II". Surtout rétrospectivement. Car si ses stars en titre, Emilio Estevez, Lou Diamond Phillips et Christian Slater sont aujourd'hui à peu près oubliées, ce sont les seconds rôles qui sont devenus des vedettes importantes de la TV : Kiefer Sutherland ("24 HEURES CHRONO"), William L. Petersen ("LES EXPERTS"), Richard Schiff ("A LA MAISON BLANCHE") ou Balthazar Getty ("BROTHERS & SISTERS"), sans oublier Viggo Mortensen, qui a sauté la case télé, pour devenir un nom incontournable du grand écran, et qui joue ici l'odieux Poe. Il reviendra au western en conquérant avec l'amusant "HIDALGO" et surtout "APPALOOSA", où il créait un grand personnage, digne des meilleures heures d'un Henry Fonda.
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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 20:30

 

En 1958, Charles Bronson faillit devenir vedette. Âgé de 36 ans, il tourna quatre films en tête d'affiche ainsi qu'une série TV. Hélas, les films étaient des séries B à petite diffusion qui ne lui apportèrent aucune renommée et la série ("MAN WITH A CAMERA") ne connut qu'un succès confidentiel. Aussi retourna-t-il aux seconds rôles, pendant encore une bonne décennie.
De ces quatre films, outre le plus connu, "MITRAILLETTE KELLY", le plus intéressant est un western : "SHOWDOWN AT BOOTHILL", inédit en France, mais sorti en Belgique sous le titre "CONFESSIONS D'UN TUEUR". Réalisé par l'ex-monteur Gene Fowler, Jr., le film étonnamment bien écrit, brosse le portrait d'un chasseur de primes, Luke Welsh, complexé par sa petite taille, qui se retrouve coincé dans une ville, dont il a tué un citoyen. Il y tombera amoureux d'une jeune serveuse aussi névrosée que lui.
C'est le seul film qui utilise la petite stature de Bronson (généralement escamotée) comme élément dramatique, et malgré son manque de moyens flagrant, "SHOWDOWN AT BOOTHILL" ne manque pas de qualités. Dans un cast d'inconnus, le vétéran John Carradine est le seul nom familier.
Encore un "introuvable" qui mériterait une petite sortie DVD...

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