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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 11:13

Le second western de Sergio Leone « ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » n’est peut-être pas son meilleur, mais il contient suffisamment de moments « culte » pour s’inscrire honorablement dans l’Histoire du genre. Mais il y a dans ce film, une séquence qui surpasse toutes les autres, et qui reste encore dans toutes les mémoires : trois bandits patibulaires, Luigi Pistilli, Mario Brega et Klaus Kinski, s’installent au bar du saloon. Ils doivent faire profil bas, pour ne pas éveiller les soupçons sur l’attaque de banque qu'ils fomentent. Arrive alors le chasseur de primes, Douglas Mortimer, pipe aux lèvres. S’apercevant que Kinski est bossu, il gratte une allumette sur la protubérance. L’autre se retourne, prêt à l’abattre sur place, mais ses complices l’en empêchent. Mortimer continue de provoquer silencieusement le bossu. Échanges de regards, crise de tics nerveux pour le malheureux bandit, et puis tout le monde s'en va. Et Mortimer a compris qu'il se tramait quelque chose, sinon il ne serait pas encore en vie.

Aucun dialogue, un montage hyper-efficace, des gros-plans expressifs, des sons exacerbés, et deux « gueules » invraisemblables comme Lee Van Cleef et Klaus Kinski. Il n’en faut pas plus pour s’inscrire dans les annales.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 09:25

À ses débuts, Ernest Borgnine avait pour fâcheuse habitude de se faire systématiquement casser la figure par les stars de ses films, qui le faisaient ensuite passer à travers la porte des saloons. C'est ainsi qu’en deux ans, « Ernie » subit ce funeste sort de la part de Sterling Hayden (« JOHNNY GUITARE »), Spencer Tracy (« UN HOMME EST PASSÉ ») et Gary Cooper (« VERA CRUZ ») ! L’Oscar qu'il obtint en ’55 pour son rôle de vieux garçon sensible dans « MARTY » vient heureusement améliorer le quotidien.

Borgnine est un ex-marine, arrivé tard dans le métier, avec le handicap d’un physique inhabituel de gros garçon rieur, au visage de batracien, capable de virer en une fraction de seconde à la pure menace bestiale. La sympathie naturelle de l'homme l’a souvent dirigé vers la comédie, voire le cabotinage, mais Borgnine a créé quelques personnages de western magnifiques.

« LES MASSACREURS DU KANSAS » lui fait rencontrer Lee Marvin, qui deviendra son meilleur ami. C'est un film en 3-D et Ernie passe le film à tirer sur l’objectif de la caméra. Il est shérif dans « À L’OMBRE DES POTENCES », se bat à nouveau avec Sterling Hayden dans « QUAND LE CLAIRON SONNERA », mais au couteau cette fois. Il joue un fermier jovial mais férocement jaloux d’une femme trop belle pour lui dans « L'HOMME DE NULLE PART », sorte de « Othello » du Far West.

Dans les années 60, Borgnine apparaît dans plusieurs épisodes de la série « LA GRANDE CARAVANE », dans des rôles différents. Dans « CHUKA LE REDOUTABLE » (fabuleux titre français !), il est un sergent de cavalerie dévoué à son capitaine, et il trouve peut-être le rôle de sa vie dans « LA HORDE SAUVAGE », celui de Dutch Engstrom, un des gringos de la bande de William Holden, perdus dans un monde qui a évolué sans eux. Quand à la fin, son ami lui dit « Let’s go ! », pour une dernière action-suicide, le sourire de Borgnine est tout simplement indescriptible : il accueille la mort comme un gamin, la promesse d’une friandise !

« LES 4 DESPERADOS » est un « spaghetti » sans éclat, lui offrant un rôle de riche ranchero détestable, « UN COLT POUR 3 SALOPARDS », mêle son humour débridé à une méchanceté totale, « LA POURSUITE SAUVAGE » lui fait retrouver Holden, mais hélas, pas Peckinpah.

À la TV, il joue un raciste s’associant à Sammy Davis, Jr. le temps d’une poursuite dans « THE TRACKERS », puis apparaît en gentil montagnard dans « LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE ». Il apparaît même en shérif paralysé dans le western français « BLUEBERRY – L’EXPÉRIENCE SECRÈTE », à l’âge respectable de 87 ans.

En 2009, Ernie qui a toujours bon pied, bon œil, publie ses mémoires intitulées « Je ne voulais pas mettre le monde à feu et à sang, juste garder mes burnes au chaud ». Sage philosophie, qui l’a mené jusque là.
BORGNINE suite 

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 19:09

Si « DIX HOMMES À ABATTRE » nous apprend quelque chose, c'est que tout western des années 50 avec Randolph Scott à l’affiche, et comportant les mots « Hommes à abattre » dans son titre français, n’est pas obligatoirement un chef-d’œuvre ! Cette série B signée d’un vétéran des petits budgets et de la télé, n’a rien à voir avec « 7 HOMMES À ABATTRE » sorti l’année suivante, même si les titres et la star peuvent prêter à confusion.

Médiocrement réalisé dans une succession de plans larges sans impact dramatique, pâtissant d’un format 1.33 :1 forcément réducteur dans les extérieurs, « DIX HOMMES À ABATTRE » met longtemps à démarrer pour se retrouver dans une situation de maison assiégée déjà beaucoup vue dans le western. Dont certains films avec Scott, d'ailleurs. Celui-ci a du mal à s’imposer comme véritable héros du film tant son personnage de rancher est inconsistant et finalement peu sympathique. Son neveu impulsif ne vaut guère mieux et on finit par s’intéresser davantage au méchant Richard Boone, qui agit au moins par passion et jalousie. Là encore, le réalisateur ne tire pas tout le potentiel de cet exceptionnel comédien qui se contente de regards haineux et de dents qui grincent, ainsi que d’un face à face final avec une pose très Actors Studio (la photo).

On pourra donc passer le temps à dénombrer les nombreux « usual suspects » du western de cette période : Leo Gordon, en homme de main vicieux, Denver Pyle, Dennis Weaver en shérif inepte et bien sûr Lee Van Cleef qui apparaît le temps de quelques ricanements d’usage avant de se manger sa dose de plomb lors d’un duel expédié avec notre héros, auquel il a préalablement et comme il se doit, bien expliqué les plans de son chef.

Typiquement le genre de western qu’on aimerait aimer, mais qui manque tout simplement de style, de personnages forts et d’enjeux suffisants.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE RANDOLPH SCOTT
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 10:45

« LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » semble avoir aujourd'hui trouvé sa forme définitive grâce au concours tardif de Clint Eastwood et Eli Wallach, qui ont post-synchronisé plusieurs décennies après le tournage, quelques séquences demeurées inédites en dehors de l’Italie. Lee Van Cleef, décédé entretemps, fut doublé par un comédien à la voix plus ou moins ressemblante.

Le film fait partie de ces œuvres en perpétuelle évolution, comme « PAT GARRETT & BILLY THE KID », ou « BLADE RUNNER » dans le domaine de la SF. On ne saura jamais exactement ce que voulait le réalisateur, ni même si des ajouts, des re-mixages, des « ultimate director’s cuts » ne risquent pas de ressurgir un jour ou l’autre au gré des rééditions et des découvertes de matériau dans les voûtes de quelque obscur distributeur du fin-fond de l’Amérique du Sud.

C'est pourquoi cette séquence jamais montée, jamais vue, jamais intégrée, même dans la version longue de « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND », même dans des suppléments DVD, a des chances de remonter un jour à la surface. Elle se situe pendant la fuite de Blondin, poursuivi par un Tuco vindicatif. Le chasseur de primes s’octroie un repos du guerrier avec une prostituée mexicaine (Silvana Bacci également péripatéticienne dans "DJANGO"), qui sera inopinément interrompu.

Nul ne sait si la scène fut coupée parce qu'elle était ratée, ou parce que Leone considérait que son « homme sans nom » devait garder son pantalon en toutes circonstances. Le fait est que, ce bref moment éliminé, la vie sexuelle de Clint Eastwood dans la « trilogie des dollars » est des plus restreintes. Nulle, serait le terme approprié.

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Published by Fred Jay Walk - dans A PROPOS DE SERGIO LEONE
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 09:45

Ancien acrobate de cirque, Burt Lancaster a touché à tout ce qui concerne le show business de près ou de loin. Homme d’affaires accompli, acteur instinctif, dictatorial, parfois incontrôlable, adoré des uns, haï des autres, Lancaster a joué les cowboys, il fut un prince sicilien pour Visconti, Moïse pour la télé et a régné en maître pendant deux décennies sur le box-office avant d’accepter des rôles plus secondaires, l’âge mûr venu.

Malgré la diversité de ses emplois, c'est dans le western que Burt Lancaster a laissé le plus de traces. Avec sa silhouette athlétique, son sourire carnassier, ses manières franches et abruptes, il a créé quelques héros inoubliables, qui ont su évoluer avec son âge.

« LA VALLÉE DE LA VENGEANCE » lui offre un rôle de cowboy héroïque sans relief, mais sa rencontre avec Robert Aldrich change aussitôt la donne. S’il est physiquement peu crédible en guerrier aux yeux bleus dans « BRONCO APACHE », Lancaster emporte tout de même le morceau, par son énergie forcenée, proche de l’hyperactivité. Il incarne ce Masaï avec une telle rage, qu'il balaie toute réticence. Même chose avec « VERA CRUZ », où l’acteur accepte un personnage infâme de tueur sans scrupule au charme dévastateur et parvient à éclipser Gary Cooper. Il réalise lui-même un très moyen « L'HOMME DU KENTUCKY » dans lequel surnage une étonnante séquence, où il se fait fouetter par Walter Matthau.
  Lancaster offre le minimum syndical dans « RÈGLEMENT DE COMPTES À O.K.-CORRAL », où son austère Wyatt Earp se fait complètement éclipser par un Kirk Douglas en pleine forme. Burt se rattrape en jouant le jeune patriarche de « LE VENT DE LA PLAINE », western onirique et bancal, mutilé par ses producteurs mais traversé de moments sublimes. L'acteur est par contre englouti par l'extrême nullité de "SUR LA PISTE DE LA GRANDE CARAVANE", pensum de trois heures, dans lequel il campe un capitaine de cavalerie pour rire. Enfin... En principe !

« LES PROFESSIONNELS » lui permet de jouer plus décontracté, un dynamiteur désabusé mais bon-vivant. Sa relation avec la passionaria Marie Gómez, est ce qu'il y a de plus touchant dans ce chef-d’œuvre indémodable. Même style de personnage, pour « LES CHASSEURS DE SCALPS », où Lancaster est un trappeur inculte et obstiné, formant un tandem irrésistible avec un ancien esclave noir manipulateur.

Entre 1971 et ’72, Lancaster enchaîne trois westerns aussi passionnants les uns que les autres, qui forment par sa présence, une trilogie curieusement homogène. « VALDEZ » lui fait incarner un shérif mexicain, qui tue un homme par erreur, et se lance dans une croisade contre un puissant rancher, qui ira jusqu'à le crucifier. Dans « L'HOMME DE LA LOI », il est Jered Maddox, un marshal implacable, fermé à double tour sur son sens du devoir, qui vire progressivement à l’obsession homicide. Un des meilleurs rôles de la carrière du comédien, qui parvient à suggérer les failles de cet homme dur et inébranlable, par la seule force de son regard, et pratiquement sans changer d’expression de tout le film. Une vraie prouesse ! « FUREUR APACHE » enfin, lui permet de retrouver Robert Aldrich, et de jouer un scout fatigué, lancé dans une ultime mission contre des Indiens qu'il a appris à respecter. Magnifique performance, pour un Lancaster au sommet de son art.

Son dernier western, « CATTLE ANNIE AND LITTLE BRITCHES » resté inédit en France, le montre en vieux chef de bande, dans un film sympathique, mais sans substance. Il ne fait que passer fugitivement dans « BUFFALO BILL ET LES INDIENS », dans le rôle de Ned Buntline, l’écrivain qui a « inventé » le personnage-titre. Une brève apparition, face à Paul Newman.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 19:48
Farrah Fawcett-Majors (comme elle se fit jadis appeler) vient de mourir, à la suite d'un long combat médiatisé contre le cancer.
Bon, d'accord... Cela n'a pas grand rapport avec le western. Pour être tout à fait franc, elle n'en a même jamais tourné. Pas un seul. Mais en cherchant bien, il y a bien un épisode de "DRÔLES DE DAMES" qui se déroulait dans l'Ouest, non ? Et puis elle fut la compagne de Lee Majors et Ryan O'Neal qui eux, ont tourné des westerns !
Mais bon. Pas vraiment besoin d'excuse, pour rendre hommage à la plus célèbre "pin-up" des seventies, dont la chevelure est entrée dans la légende.
Farrah Fawcett s'est même révélée bonne comédienne sur le tard, comme dans "DR. T ET LES FEMMES", de Robert Altman, où elle surprit les plus sceptiques.
La plus belle des Charlie's Angels, est donc allée rejoindre ses collègues les anges.
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Published by Fred Jay Walk - dans LE CARNET NOIR
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 18:29

N’ayons pas peur des superlatifs et affirmons d’emblée que « L’HOMME DE L’OUEST » est un des meilleurs westerns jamais sorti des usines hollywoodiennes, que c'est un film en avance sur son temps qui brasse tant de thèmes qu'il faudrait un livre entier pour les décortiquer.

Anthony Mann ouvre son film sur un ton de semi-comédie, avec un Gary Cooper légèrement « plouc » sur les bords, terrorisé par l’arrivée du train dans lequel il monte apparemment pour la première fois. L’acteur joue de sa gamme de mimiques timides et empruntées déjà vue et revue dans tant de films depuis trente ans et cela dure jusqu'à son arrivée dans la cabane de son père de substitution Dock Tobin, qu'il n’a pas vu depuis des années. Car Cooper qui fut un horrible tueur comme son mentor, est rangé des voitures, et a fondé une gentille famille.

Quand mû par la fatalité, il pousse la porte de la cabane, « L’HOMME DE L’OUEST » bascule brutalement dans un film de fantômes. On dirait que le temps s’est arrêté à son départ et que Dock n’est plus qu’un spectre shakespearien ruminant le passé, à la fois terrifiant et pitoyable, poussiéreux et constamment gelé jusqu'aux os, comme une âme damnée perdue dans les limbes. Quand il décide l’attaque d’une banque, c'est pour tomber dans une ville qui lui ressemble : une ville-fantôme !

« L’HOMME DE L’OUEST » est un film confiné, angoissant, d’une violence terriblement concrète. Ainsi, la bagarre entre Cooper et Jack Lord est-elle une des plus réalistes qu’on ait vue dans le genre. Le format Scope est magnifiquement utilisé par Mann, dont le style se rapproche ici du dépouillement d’un Boetticher. Dans le rôle de Dock, Lee J. Cobb n’a pas peur d’en faire des tonnes, des mégatonnes même, braillant chaque réplique, hurlant d'un rire paillard, enterré sous des postiches qui le rendent pratiquement méconnaissable, comme le spectre du père d’Hamlet devenu fou à lier. Julie London un peu fânée, est formidable en chanteuse désenchantée et Lord est un des méchants les plus bestiaux et irrécupérables qu'il soit donné de croiser dans un western. Est-ce vraiment lui qui deviendra le flic incorruptible de « HAWAII, POLICE D’ÉTAT » ?

À vrai dire, seul Cooper pose problème. Manifestement fatigué et malade, l’acteur a bien vingt-cinq ans de plus que son personnage, qui en toute logique n’aurait pas dû avoir plus de 30 ans. Cela déséquilibre sa relation avec Cobb (qui était plus jeune que lui !), et rend le personnage un peu flottant. D'autant qu'on a beaucoup de mal à s'imaginer que ce gentil monsieur ait pu être un assassin sanguinaire dans sa jeunesse. Cela ne correspond ni à l'image qu'en donne Cooper au début du film, ni au passé cinématographique de l'acteur, qu'il traîne qu'on le veuille ou non, derrière lui.

Mais cela ne suffit pas à gâcher le plaisir qu’on a à revoir « L’HOMME DE L’OUEST », ce western flirtant avec le fantastique et le baroque. Et qui laisse sur un drôle de malaise, comme cet ultime hurlement d’un muet en train de mourir dans la grand-rue de Lassoo, la ville abandonnée, ou ce duel à mort entre Link et son cousin Claude, deux hommes blessés, couchés parterre, pour une confrontation sans gloire.

Pur chef-d’œuvre !

A NOTER :  Le film a connu deux éditions françaises en DVD, à un an d'intervalle : l'un chez Carlotta, avec des suppléments passionnants, mais... en 4/3, l'autre chez MGM tout simple, mais en 16/9. Cornélien !

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 14:37

BRONSON SUITE2
Aujourd'hui assimilé au personnage de Paul Kersey, dans « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » et de ses navrantes sequels,
Charles Bronson laisse une image étonnamment vivace des années après sa mort, mais injustement réductrice. Car cet étrange comédien n’a pas toujours été un monsieur âgé à petite moustache fusillant les loubards au lance-roquettes. Ancien mineur, vétéran de la WW2, il a même été une des figures les plus marquantes du western des années 60, laissant une empreinte si profonde que les sites sur lui continuent de se multiplier et que sa fiche IMDB est aussi active que celle d’une jeune star à la mode.

Petit de taille, un physique de gymnaste, un visage exceptionnel aux rides profondes, aux petits yeux clairs, Bronson a tout du félin et ses origines slaves lui ont permis d’être crédible dans toutes sortes d’ethnies. Important dans l'Ouest !

Son premier western, « LE CAVALIER TRAQUÉ » lui offre un rôle de hors-la-loi haineux, qui veut la peau de Randolph Scott. « VERA CRUZ » et « BRONCO APACHE », ne lui proposent que des quasi-figurations, même si dans le premier et par un sympathique clin d’œil du destin, Bronson joue de l’harmonica. C'est cette même année ’54, qu'il trouve son premier grand rôle dans « L’AIGLE SOLITAIRE ». Dans le rôle du chef Modoc Captain Jack, Bronson crève littéralement l’écran et éclipse Alan Ladd. Guerrier fourbe et rusé, Jack se comporte comme un véritable sociopathe du Far West. Tous muscles dehors, l’acteur impressionne la critique, surtout dans sa dernière scène, face au prêtre venu l’assister avant sa pendaison : « Si c'est si merveilleux, là-haut, allez-y à ma place. Je ne suis pas pressé ».

Curieusement, il faudra des années à Bronson pour retrouver un rôle de cette qualité. Il n’a qu’un second rôle dans « L'HOMME DE NULLE PART » du même réalisateur, apparaît fugitivement en chef Sioux chaleureux dans « LE JUGEMENT DES FLÈCHES ».

Charles Bronson utilise sa petite taille et sa personnalité taciturne, pour jouer le chasseur de primes complexé de « SHOWDOWN AT BOOTHILL ». Il est ensuite Bernardo O’Reilly, un des « 7 MERCENAIRES », un rôle secondaire mais qui l’installe définitivement dans la mémoire du grand public. Sa rugosité naturelle y fait merveille, surtout quand l'homme s’adoucit auprès de muchachos collants. À la TV, Bronson incarne Linc Murdock, aventurier mystérieux devenu guide de caravane dans la série « LES VOYAGES DE JAMIE McPHEETERS », un rôle qui préfigure l’archétype qu'il développera lors de son vedettariat. On le revoit en tueur pour rire dans « 4 DU TEXAS », en homme de main de « PANCHO VILLA », puis il part pour l’Europe persuadé qu'il ne trouvera jamais le succès aux U.S.A.

« IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » consacre Bronson qui y trouve le rôle de sa vie, celui du vengeur sans nom, mi-homme mi-spectre qui poussera Henry Fonda dans la tombe. Laconique, un sourire menaçant plaqué sur un faciès taillé au burin, Charles Bronson s’immortalise en même temps que l’air d’Ennio Morricone qu'il joue à l’harmonica. La quintessence du comédien et quelque part du héros de western en général. À la fois cowboy et Indien, héros et menace. 

« SOLEIL ROUGE » semi-échec attachant, le laisse en retrait derrière l’inattendu Toshirô Mifune, mais Bronson s’y essaie à l’humour et l’exubérance avec succès. Il apparaît peu dans l’excellent « LES COLLINES DE LA TERREUR », mais marque le film de sa présence musculeuse dans un rôle de métis massacrant la horde lancée à ses trousses : rarement un acteur aura été plus frappant avec si peu de dialogue !


« CHINO » lui offre un personnage touchant d’éleveur de mustangs solitaire, un contremploi étonnant, puisque Bronson finira le film sans parvenir à punir les méchants.

Son triomphe américain dans « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » sera teinté de western, puisque c'est lors d’un voyage en Arizona et en voyant un spectacle de cascadeurs de l'Ouest que Paul Kersey aura l’idée de régler ses problèmes « à l’ancienne ». Au flic qui lui ordonne de quitter New York, Bronson répond : « Avant le coucher du soleil ? », comme dans tous les vieux westerns.

Si « LE SOLITAIRE DE FORT HUMBOLDT » n’a rien de très remarquable, « C'EST ARRIVÉ ENTRE MIDI ET TROIS HEURES » est un petit bijou de western satirique au vitriol, une charge contre les médias et Charles Bronson y joue un bandit couard et menteur, dépassé par sa propre légende. Délectable !

« LE BISON BLANC » achève tristement son parcours western. Dans ce navet insauvable, Bronson incarne un 'Wild' Bill Hicock syphillitique, obsédé par un bison géant.

À la TV, Bronson a tourné énormément de westerns : plusieurs bons rôles dans « HAVE GUN, WILL TRAVEL » et « GUNSMOKE », et même Butch Cassidy dans « THE TALES OF WELLS-FARGO ».

Des « 7 magnifiques », il ne fut pas le moindre…
BRONSON CHARLES upgrade

 

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 11:38

Il y a les bonnes idées, les mauvaises idées, et les fausses bonnes idées. « CACTUS JACK » en est manifestement une. Le projet du cascadeur Hal Needham, était de réaliser un western parodique, sur le modèle des dessins animés de Will Coyote : un méchant imbécile et tenace, à la poursuite de héros insaisissables, qui échoue dans tous ses pièges minables, et embuscades foireuses, qui lui retombent systématiquement sur la figure.

Hélas, ce qui tient la distance sur quatre minutes, a du mal à survivre sur une durée de long-métrage.

C'est Kirk Douglas alors dans la soixantaine, qui joue le villain du titre original : un bandit vêtu de noir, parlant à son cheval, et utilisant un fascicule intitulé « Bad men of the West », comme bible au quotidien. L’acteur se délecte à jouer les crétins vindicatifs, et s’accapare aisément la vedette, d’autant que le héros (qui s’appelle Handsome Stranger !) est joué par Arnold Schwarzenegger, vêtu d’une sorte de survêtement bleu-ciel, et affichant un air benêt de puceau naïf. La preuve ? Il ne comprend rien aux avances pourtant flagrantes que lui fait Ann-Margret, tout décolleté déployé. Celle-ci, fatiguée de la bêtise de son héros, finira d'ailleurs dans les bras du méchant !

Needham a réuni des seconds rôles pittoresques comme Strother Martin, Jack Elam ou Robert Tessier, et les lâche, bride sur le cou. Mais rien n’y fait : « CACTUS JACK » demeure au stade des bonnes intentions, et la farce tourne rapidement court. Un Mel Brooks peut-être, aurait pu en tirer quelque chose…

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE KIRK DOUGLAS
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 08:09

Robert Aldrich a marqué le cinéma américain d’une empreinte qui se fait encore sentir aujourd'hui. Il a transformé tous les genres auxquels il s’est frotté, du film noir au film de guerre, en passant par le mélodrame au vitriol. Sa patte est instantanément reconnaissable : montage hyper-serré, angles de prises de vue biscornus, agressifs, comédiens aux visages typés, protagonistes aux confins de la monstruosité, ambiance hystérique. Inclassable, inimitable.

Aldrich n’a pas tourné énormément de westerns, mais tous ou presque, ont influencé le genre. « BRONCO APACHE », film résolument pro-Indiens, chose rare en 1954, suit le baroud d’honneur d’un guerrier indomptable refusant la honte de la reddition. Le film doit beaucoup à l’énergie de Burt Lancaster, mais la fin – imposée par les distributeurs – est décevante et illogique. Suit l’immortel « VERA CRUZ », western mexicain entièrement improvisé au jour le jour, pendant le tournage, qui confronte le même Lancaster à son aîné Gary Cooper, sur un scénario picaresque et amoral, annonçant de façon aveuglante le western italien, par une multitude de détails. Souvent imité, « VERA CRUZ » ne sera jamais égalé.

« EL PERDIDO » fut mutilé par ses producteurs, mais contient de beaux restes, malgré l’interprétation fade de Rock Hudson. Kirk Douglas y est extraordinaire, et l’inceste abordé de façon quasiment frontale. On devine le chef-d’œuvre que ce « film malade » a failli être. « 4 DU TEXAS », pantalonnade commandée par le clan Sinatra, est un des pires films d’Aldrich, qui va jusqu'à enrôler les pitres de télévision, les Trois Stooges, pour un sketch absurde, en plein milieu du film. Seul Victor Buono est amusant, en gros banquier efféminé.

Aldrich retrouve Burt Lancaster, presque vingt ans après leur dernière collaboration, pour « FUREUR APACHE », sorte de remake réaliste de « BRONCO APACHE », où l’acteur joue cette fois le scout poursuivant l’Indien. C'est un film d’une extrême violence, d’une noirceur totale, mais imposant un fort message de tolérance. Un grand film, qu’on n’a jamais fini de redécouvrir. Des images comme ce soldat encerclé par les Indiens, et tuant la femme qu'il est censé protéger, et se tirant une balle dans la bouche, pour échapper à la torture, sont indélébiles.

« UN RABBIN AU FAR WEST » aurait peut-être pu être drôle, si John Wayne initialement prévu, avait tenu le rôle du cowboy, avant d’être remplacé par le jeune Harrison Ford. Pas tout à fait la même chose ! Et pas sûr de toute façon, que la comédie ait vraiment été le fort de Mr. Aldrich…

De Robert Aldrich, on se souviendra essentiellement de « EN QUATRIÈME VITESSE » ou « ATTAQUE » et « QU’EST-IL ARRIVÉ À BABY JANE ? » et « 12 SALOPARDS », mais son passage dans l'Ouest est loin d’être négligeable.

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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