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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 10:13

L’épisode 6 de la 2ème saison de « AU NOM DE LA LOI », intitulé « L’OTAGE », réalisé en 1959 par Don McDougall, est un des plus intéressants de toute la série, par la thématique qu'il développe d’abord, et ensuite par la présence rétrospectivement emblématique de Lee Van Cleef.

Randall livre un tueur nommé Jumbo Kane à la justice, mais celui-ci tire sur le shérif et le prend en otage. L'homme de loi blessé, Kane réclame un autre otage « plus frais », et le juge de la ville, sous la menace de son arme, oblige Randall à pénétrer dans la prison assiégée, où il s'aperçoit que le shérif est déjà mort.

Kane comprend bientôt que Randall n’est pas un otage très rassurant, puisque les habitants n’hésiteront pas à le sacrifier, pour se débarrasser du tueur.

« L’OTAGE » est passionnant, parce que sa courte durée (26 minutes) oblige le scénario à aller droit au but, et directement dans le vif du sujet. Et ce sujet, quel est-il ? Le mépris qu’ont les honnêtes gens, pour les chasseurs de primes, ces charognards qui gagnent 1000 dollars par capture, quand un shérif ne touche qu’une paie de 40 dollars, pour le même job. La fille du shérif n’hésite pas à cracher son mépris au visage de Randall, dès son arrivée en ville.

Ce qui accroche dans cet épisode, au-delà de son aspect fauché, de ses décors minimalistes, proches de la maison de poupée, c'est qu’au fond, un meurtrier comme Kane, est plus estimable que les « honnêtes gens » qu'il défie, une bande de pleutres, prêts à toutes les trahisons et coups bas, pour préserver leur sécurité. Kane lui, est courageux, plein de ressources, et prêt à défendre sa peau comme il peut. Son face à face avec Randall est d'ailleurs intéressant : deux individus semblables, opposés, mais qui ne se haïssent pas. Deux « pros » du revolver, à la merci d’une bande de « chacals » sans code d’honneur.

Le fait que Lee Van Cleef se soit fait connaître six ans plus tard, par ses rôles de chasseurs de primes en Italie, ajoute une certaine ironie au film.

La fin est amère : le juge offre l’étoile de shérif à McQueen, qu'il était pourtant prêt à laisser mourir quelques minutes plus tôt. McQueen l’arrache, et la jette parterre, comme Gary Cooper dans « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS », avant de s'éloigner, de dos, solitaire et désabusé par ses frères humains.

« L’OTAGE » est un vrai petit western à part entière, dont le sujet aurait tout à fait pu donner lieu à un long métrage.

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 07:37

Aujourd'hui, le « Rat Pack » (la bande de rats) est auréolé d’une sorte de culte rétro, d’admiration nostalgique, relancée par le triptyque de remakes de « OCEAN’S ELEVEN » signé Steven Soderbergh. Le « Rat Pack » était en fait composé d’une bande de fêtards, dirigée par Frank Sinatra, qui écumait les casinos et bars d’Hollywood et Las Vegas, jusqu'à l'aube et au-delà.
Aux côtés du roi « Frankie », on retrouvait son alter-ego Dean « Dino » Martin, plus charismatique, mais aussi plus effacé que son copain. Et puis Peter Lawford, un proche de JFK, Sammy Davis, Jr., chanteur et danseur noir, et le comique Joey Bishop. Autour de ce noyau dur, gravitaient des satellites qui allaient et venaient au gré des films ou des shows télévisés. Parmi eux, les comédiens Richard Conte, Henry Silva, Brad Dexter, Victor Buono, mais aussi Shirley MacLaine, la seule « gonzesse » (« broad ») du gang.

Cette joyeuse bande dont le taux d’alcoolémie baissait rarement au-dessous du seuil légal, acceptait d’apparaître dans des films, tous plus médiocres les uns que les autres. Sur ces produits montés uniquement pour capitaliser sur la popularité du groupe, Sinatra était connu pour ne faire qu’une prise, et s’arrangeait pour finir tôt, afin d’aller faire la fête avec ses potes. Ce qui explique l’état lamentable de ses « véhicules ».

Le gang s’essaya au western. Tous ensemble, ils en tournèrent deux, s’offrant les services de deux « grands » du genre : John Sturges et Robert Aldrich. Hélas ! Aucun des deux ne parvint à discipliner « Old Blue Eyes », et le résultat est abyssal. « LES 3 SERGENTS » est un remake comique de « GUNGA DIN », situé dans la cavalerie U.S. Le « Rat Pack » y est amplement représenté. Vint ensuite « 4 DU TEXAS », pastiche balourd, où Sinatra-Martin s’entouraient de pin-ups européennes à la mode : Ursula Andress (« JAMES BOND 007 CONTRE DR. NO ») et Anita Ekberg (« LA DOLCE VITA »), et jouaient les frères ennemis, avec une complaisance inimaginable.

Séparément, les duettistes eurent la main plus heureuse. Surtout Dean Martin, qui apparut tout de même dans « RIO BRAVO », classique incontournable, mais aussi « LES 4 FILS DE KATIE ELDER », « BANDOLERO », « VIOLENCE À JERICHO », « 5 CARTES À ABATTRE », pas des chefs-d’œuvre certes, mais de bons produits de série.

Sinatra lui, avait trouvé un de ses bons rôles dans « JOHNNY CONCHO » en 1955, et ne revint au western que quinze ans plus tard, pour l’atroce « UN BEAU SALAUD » de Burt Kennedy, où il jouait une sorte de SDF de l'Ouest.

Le smoking, le verre de scotch, la table de roulette, le chapeau mou sur l’œil, c'était l’univers du « Rat Pack », et celui qui a fait naître ce culte teinté de kitsch autour de ce petit groupe. Il paraît tout à fait clair qu'ils n’avaient rien à faire au Far West, dans lequel seul « Dino » parvint à se faire une jolie place au soleil. Mais tout seul !

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 17:05

Depuis sa sortie en 1968, « SHALAKO » n’a reçu qu’une avalanche de mauvaises critiques, de sarcasmes et de mépris de la critique dite « sérieuse », mais également des autres. Aussi, la sortie DVD du film, 40 ans après, donne-t-elle envie de découvrir quelque chose que nul n’y aurait décelé avant, une réhabilitation inespérée… Hélas ! Tout était mérité. Il y a quelque chose dans « SHALAKO » d’irrémédiablement « bidon », de mal emmanché, de forcé, qui fait que le scénario s’enlise au bout d’une demi-heure, les personnages ne développent aucune psychologie au-delà de leur archétype, et le dialogue est parfaitement grotesque.

À l’origine, Edward Dmytryk voulait tourner son film aux U.S.A., avec en têtes d’affiche Henry Fonda et Senta Berger. Au final, « SHALAKO » fut entièrement filmé à Almeria, en Espagne, dans le triste désert si peu cinégénique des westerns italiens, avec un casting européen, composé de Sean Connery et Brigitte Bardot (jouant une Russe !), pour le box-office, et l’Irlandais Stephen Boyd, l’Allemand Peter Van Eyck. Les seuls Américains du casting sont absurdement distribués : le Noir Woody Strode en guerrier Apache et Valerie French en « latina » ! C'est un tel salmigondis, un tel festival d’accents, que pour une fois, peut-être vaut-il mieux voir « SHALAKO » en v.f. !

Il est arrivé à Connery d’être extraordinaire (« LA ROSE ET LA FLÈCHE »), d’être mauvais comme un cochon (« HIGHLANDER 2 »), mais il n’y a rien de pire, que lorsqu’il ne fait rien. Dans « SHALAKO », c'est un peu comme s’il n’était pas là. Il traverse le film en voisin, l’air distrait, ne salit jamais son joli costume en daim, et roucoule avec BB. Celle-ci est totalement déplacée, son accent est si hallucinant, qu'elle finit par valoir le coup d’œil, au quinzième degré. Le seul à être à peu près crédible est Boyd, rugueux à souhait dans un rôle de voleur opportuniste.

L’histoire de cette « hunting party » pour riches Européens qui tourne à la chasse à l'homme, inspirée d’un roman de Louis L’Amour, aurait pu être intéressante, mais Dmytryk n’est plus tout à fait celui qui signa « L'HOMME AUX COLTS D’OR », et « SHALAKO » ressemble finalement à ce safari absurde, dont on est censé se gausser : de pauvres comédiens hors de leur élément, singeant de façon embarrassante les clichés du western.

Probablement pour coller à la nouvelle mode du « spaghetti », le film contient des plans gore et des détails sadiques aussi inutiles que maladroits.

Fort heureusement, Sean Connery tourna ensuite suffisamment de grands films, pour faire oublier ce faux-pas manifeste.

 

À NOTER : le film vient de sortir en France, dans une copie 16/9, mais assez abimée et peu nette. Qui vaut mieux de toute façon, que le zone 1 sorti plusieurs fois aux U.S.A., mais en 4/3, ce qui est vraiment rédhibitoire, pour un film en format Scope.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 12:38

Il est parfois des moments, des images, des répliques qui subsistent alors que les films dont ils proviennent sont oubliés. « QUARANTE TUEURS » de Samuel Fuller, sorti en 1957 n’est certes pas oublié, mais c'est sa dernière séquence qui est entrée dans la légende.

Sorte de relecture des aventures de Wyatt Earp (ici renommé autrement) à Tombstone, « QUARANTE TUEURS » confronte une riche propriétaire terrienne à un homme de loi. À la fin, Barbara Stanwyck est tenue en otage par son propre frère qui s’en sert comme bouclier et menace de la tuer. Impassible, le shérif ouvre d’abord le feu sur Stanwyck – dont il est tout de même censé être amoureux ! – pour ensuite abattre le frérot comme un chien, de plusieurs balles. Puis sans même un coup d’œil pour ses victimes, il s'adresse à un villageois en s’en allant : « Appelez un docteur. Elle vivra ». Dans le scénario, elle était morte. Fuller regretta toute sa vie cette intervention de la censure…

De mémoire de cinéphile, on n’avait jamais vu chose pareille ! C'est ce genre d’idée folle, d’un machisme totalement décomplexé, qui a fait la réputation de Fuller qui réalisa des westerns sans grand moyen, sans grande star, mais qui sut imposer sa « griffe » par ce genre de scène ahurissante.

 

À NOTER : quelques vingt ans plus tard, le dessinateur Gotlib proposa un pastiche de la séquence dans une de ses « RUBRIQUES À BRAC » publiées dans PILOTE, et en citant ses sources.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 11:13

Le second western de Sergio Leone « ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » n’est peut-être pas son meilleur, mais il contient suffisamment de moments « culte » pour s’inscrire honorablement dans l’Histoire du genre. Mais il y a dans ce film, une séquence qui surpasse toutes les autres, et qui reste encore dans toutes les mémoires : trois bandits patibulaires, Luigi Pistilli, Mario Brega et Klaus Kinski, s’installent au bar du saloon. Ils doivent faire profil bas, pour ne pas éveiller les soupçons sur l’attaque de banque qu'ils fomentent. Arrive alors le chasseur de primes, Douglas Mortimer, pipe aux lèvres. S’apercevant que Kinski est bossu, il gratte une allumette sur la protubérance. L’autre se retourne, prêt à l’abattre sur place, mais ses complices l’en empêchent. Mortimer continue de provoquer silencieusement le bossu. Échanges de regards, crise de tics nerveux pour le malheureux bandit, et puis tout le monde s'en va. Et Mortimer a compris qu'il se tramait quelque chose, sinon il ne serait pas encore en vie.

Aucun dialogue, un montage hyper-efficace, des gros-plans expressifs, des sons exacerbés, et deux « gueules » invraisemblables comme Lee Van Cleef et Klaus Kinski. Il n’en faut pas plus pour s’inscrire dans les annales.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 09:25

À ses débuts, Ernest Borgnine avait pour fâcheuse habitude de se faire systématiquement casser la figure par les stars de ses films, qui le faisaient ensuite passer à travers la porte des saloons. C'est ainsi qu’en deux ans, « Ernie » subit ce funeste sort de la part de Sterling Hayden (« JOHNNY GUITARE »), Spencer Tracy (« UN HOMME EST PASSÉ ») et Gary Cooper (« VERA CRUZ ») ! L’Oscar qu'il obtint en ’55 pour son rôle de vieux garçon sensible dans « MARTY » vient heureusement améliorer le quotidien.

Borgnine est un ex-marine, arrivé tard dans le métier, avec le handicap d’un physique inhabituel de gros garçon rieur, au visage de batracien, capable de virer en une fraction de seconde à la pure menace bestiale. La sympathie naturelle de l'homme l’a souvent dirigé vers la comédie, voire le cabotinage, mais Borgnine a créé quelques personnages de western magnifiques.

« LES MASSACREURS DU KANSAS » lui fait rencontrer Lee Marvin, qui deviendra son meilleur ami. C'est un film en 3-D et Ernie passe le film à tirer sur l’objectif de la caméra. Il est shérif dans « À L’OMBRE DES POTENCES », se bat à nouveau avec Sterling Hayden dans « QUAND LE CLAIRON SONNERA », mais au couteau cette fois. Il joue un fermier jovial mais férocement jaloux d’une femme trop belle pour lui dans « L'HOMME DE NULLE PART », sorte de « Othello » du Far West.

Dans les années 60, Borgnine apparaît dans plusieurs épisodes de la série « LA GRANDE CARAVANE », dans des rôles différents. Dans « CHUKA LE REDOUTABLE » (fabuleux titre français !), il est un sergent de cavalerie dévoué à son capitaine, et il trouve peut-être le rôle de sa vie dans « LA HORDE SAUVAGE », celui de Dutch Engstrom, un des gringos de la bande de William Holden, perdus dans un monde qui a évolué sans eux. Quand à la fin, son ami lui dit « Let’s go ! », pour une dernière action-suicide, le sourire de Borgnine est tout simplement indescriptible : il accueille la mort comme un gamin, la promesse d’une friandise !

« LES 4 DESPERADOS » est un « spaghetti » sans éclat, lui offrant un rôle de riche ranchero détestable, « UN COLT POUR 3 SALOPARDS », mêle son humour débridé à une méchanceté totale, « LA POURSUITE SAUVAGE » lui fait retrouver Holden, mais hélas, pas Peckinpah.

À la TV, il joue un raciste s’associant à Sammy Davis, Jr. le temps d’une poursuite dans « THE TRACKERS », puis apparaît en gentil montagnard dans « LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE ». Il apparaît même en shérif paralysé dans le western français « BLUEBERRY – L’EXPÉRIENCE SECRÈTE », à l’âge respectable de 87 ans.

En 2009, Ernie qui a toujours bon pied, bon œil, publie ses mémoires intitulées « Je ne voulais pas mettre le monde à feu et à sang, juste garder mes burnes au chaud ». Sage philosophie, qui l’a mené jusque là.
BORGNINE suite 

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 19:09

Si « DIX HOMMES À ABATTRE » nous apprend quelque chose, c'est que tout western des années 50 avec Randolph Scott à l’affiche, et comportant les mots « Hommes à abattre » dans son titre français, n’est pas obligatoirement un chef-d’œuvre ! Cette série B signée d’un vétéran des petits budgets et de la télé, n’a rien à voir avec « 7 HOMMES À ABATTRE » sorti l’année suivante, même si les titres et la star peuvent prêter à confusion.

Médiocrement réalisé dans une succession de plans larges sans impact dramatique, pâtissant d’un format 1.33 :1 forcément réducteur dans les extérieurs, « DIX HOMMES À ABATTRE » met longtemps à démarrer pour se retrouver dans une situation de maison assiégée déjà beaucoup vue dans le western. Dont certains films avec Scott, d'ailleurs. Celui-ci a du mal à s’imposer comme véritable héros du film tant son personnage de rancher est inconsistant et finalement peu sympathique. Son neveu impulsif ne vaut guère mieux et on finit par s’intéresser davantage au méchant Richard Boone, qui agit au moins par passion et jalousie. Là encore, le réalisateur ne tire pas tout le potentiel de cet exceptionnel comédien qui se contente de regards haineux et de dents qui grincent, ainsi que d’un face à face final avec une pose très Actors Studio (la photo).

On pourra donc passer le temps à dénombrer les nombreux « usual suspects » du western de cette période : Leo Gordon, en homme de main vicieux, Denver Pyle, Dennis Weaver en shérif inepte et bien sûr Lee Van Cleef qui apparaît le temps de quelques ricanements d’usage avant de se manger sa dose de plomb lors d’un duel expédié avec notre héros, auquel il a préalablement et comme il se doit, bien expliqué les plans de son chef.

Typiquement le genre de western qu’on aimerait aimer, mais qui manque tout simplement de style, de personnages forts et d’enjeux suffisants.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE RANDOLPH SCOTT
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 10:45

« LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » semble avoir aujourd'hui trouvé sa forme définitive grâce au concours tardif de Clint Eastwood et Eli Wallach, qui ont post-synchronisé plusieurs décennies après le tournage, quelques séquences demeurées inédites en dehors de l’Italie. Lee Van Cleef, décédé entretemps, fut doublé par un comédien à la voix plus ou moins ressemblante.

Le film fait partie de ces œuvres en perpétuelle évolution, comme « PAT GARRETT & BILLY THE KID », ou « BLADE RUNNER » dans le domaine de la SF. On ne saura jamais exactement ce que voulait le réalisateur, ni même si des ajouts, des re-mixages, des « ultimate director’s cuts » ne risquent pas de ressurgir un jour ou l’autre au gré des rééditions et des découvertes de matériau dans les voûtes de quelque obscur distributeur du fin-fond de l’Amérique du Sud.

C'est pourquoi cette séquence jamais montée, jamais vue, jamais intégrée, même dans la version longue de « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND », même dans des suppléments DVD, a des chances de remonter un jour à la surface. Elle se situe pendant la fuite de Blondin, poursuivi par un Tuco vindicatif. Le chasseur de primes s’octroie un repos du guerrier avec une prostituée mexicaine (Silvana Bacci également péripatéticienne dans "DJANGO"), qui sera inopinément interrompu.

Nul ne sait si la scène fut coupée parce qu'elle était ratée, ou parce que Leone considérait que son « homme sans nom » devait garder son pantalon en toutes circonstances. Le fait est que, ce bref moment éliminé, la vie sexuelle de Clint Eastwood dans la « trilogie des dollars » est des plus restreintes. Nulle, serait le terme approprié.

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Published by Fred Jay Walk - dans A PROPOS DE SERGIO LEONE
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 09:45

Ancien acrobate de cirque, Burt Lancaster a touché à tout ce qui concerne le show business de près ou de loin. Homme d’affaires accompli, acteur instinctif, dictatorial, parfois incontrôlable, adoré des uns, haï des autres, Lancaster a joué les cowboys, il fut un prince sicilien pour Visconti, Moïse pour la télé et a régné en maître pendant deux décennies sur le box-office avant d’accepter des rôles plus secondaires, l’âge mûr venu.

Malgré la diversité de ses emplois, c'est dans le western que Burt Lancaster a laissé le plus de traces. Avec sa silhouette athlétique, son sourire carnassier, ses manières franches et abruptes, il a créé quelques héros inoubliables, qui ont su évoluer avec son âge.

« LA VALLÉE DE LA VENGEANCE » lui offre un rôle de cowboy héroïque sans relief, mais sa rencontre avec Robert Aldrich change aussitôt la donne. S’il est physiquement peu crédible en guerrier aux yeux bleus dans « BRONCO APACHE », Lancaster emporte tout de même le morceau, par son énergie forcenée, proche de l’hyperactivité. Il incarne ce Masaï avec une telle rage, qu'il balaie toute réticence. Même chose avec « VERA CRUZ », où l’acteur accepte un personnage infâme de tueur sans scrupule au charme dévastateur et parvient à éclipser Gary Cooper. Il réalise lui-même un très moyen « L'HOMME DU KENTUCKY » dans lequel surnage une étonnante séquence, où il se fait fouetter par Walter Matthau.
  Lancaster offre le minimum syndical dans « RÈGLEMENT DE COMPTES À O.K.-CORRAL », où son austère Wyatt Earp se fait complètement éclipser par un Kirk Douglas en pleine forme. Burt se rattrape en jouant le jeune patriarche de « LE VENT DE LA PLAINE », western onirique et bancal, mutilé par ses producteurs mais traversé de moments sublimes. L'acteur est par contre englouti par l'extrême nullité de "SUR LA PISTE DE LA GRANDE CARAVANE", pensum de trois heures, dans lequel il campe un capitaine de cavalerie pour rire. Enfin... En principe !

« LES PROFESSIONNELS » lui permet de jouer plus décontracté, un dynamiteur désabusé mais bon-vivant. Sa relation avec la passionaria Marie Gómez, est ce qu'il y a de plus touchant dans ce chef-d’œuvre indémodable. Même style de personnage, pour « LES CHASSEURS DE SCALPS », où Lancaster est un trappeur inculte et obstiné, formant un tandem irrésistible avec un ancien esclave noir manipulateur.

Entre 1971 et ’72, Lancaster enchaîne trois westerns aussi passionnants les uns que les autres, qui forment par sa présence, une trilogie curieusement homogène. « VALDEZ » lui fait incarner un shérif mexicain, qui tue un homme par erreur, et se lance dans une croisade contre un puissant rancher, qui ira jusqu'à le crucifier. Dans « L'HOMME DE LA LOI », il est Jered Maddox, un marshal implacable, fermé à double tour sur son sens du devoir, qui vire progressivement à l’obsession homicide. Un des meilleurs rôles de la carrière du comédien, qui parvient à suggérer les failles de cet homme dur et inébranlable, par la seule force de son regard, et pratiquement sans changer d’expression de tout le film. Une vraie prouesse ! « FUREUR APACHE » enfin, lui permet de retrouver Robert Aldrich, et de jouer un scout fatigué, lancé dans une ultime mission contre des Indiens qu'il a appris à respecter. Magnifique performance, pour un Lancaster au sommet de son art.

Son dernier western, « CATTLE ANNIE AND LITTLE BRITCHES » resté inédit en France, le montre en vieux chef de bande, dans un film sympathique, mais sans substance. Il ne fait que passer fugitivement dans « BUFFALO BILL ET LES INDIENS », dans le rôle de Ned Buntline, l’écrivain qui a « inventé » le personnage-titre. Une brève apparition, face à Paul Newman.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 19:48
Farrah Fawcett-Majors (comme elle se fit jadis appeler) vient de mourir, à la suite d'un long combat médiatisé contre le cancer.
Bon, d'accord... Cela n'a pas grand rapport avec le western. Pour être tout à fait franc, elle n'en a même jamais tourné. Pas un seul. Mais en cherchant bien, il y a bien un épisode de "DRÔLES DE DAMES" qui se déroulait dans l'Ouest, non ? Et puis elle fut la compagne de Lee Majors et Ryan O'Neal qui eux, ont tourné des westerns !
Mais bon. Pas vraiment besoin d'excuse, pour rendre hommage à la plus célèbre "pin-up" des seventies, dont la chevelure est entrée dans la légende.
Farrah Fawcett s'est même révélée bonne comédienne sur le tard, comme dans "DR. T ET LES FEMMES", de Robert Altman, où elle surprit les plus sceptiques.
La plus belle des Charlie's Angels, est donc allée rejoindre ses collègues les anges.
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Published by Fred Jay Walk - dans LE CARNET NOIR
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