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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 07:27

Située entre la guerre d’indépendance et celle de Sécession, « AMERICAN HAUNTING » n’a pas grand-chose à voir avec un western, hormis l’époque et le pays où l’action se déroule. Inspirée de faits réels, cette production anglaise sans grands moyens, chasse sur les terres de « L’EXORCISTE » (tout ce qui se passe dans la chambre de Betsy), mais son scénario est lourdement influencé par le magnifique film espagnol « LES AUTRES », et surtout par « TWIN PEAKS, FEU MARCHE AVEC MOI », pour ce qui est de la thématique et – attention, spoiler ! – de sa conclusion-explication.

Il y a quelques excellents moments de trouille pure, qui donnent le frisson, comme la petite fille sur la balançoire, des images-choc réussies comme cet accident de calèche spectaculaire, mais le récit est terriblement répétitif et monotone, comme si les évènements peinaient à remplir les 90 minutes réglementaires. Le principe de faire avancer le récit, puis soudain de révéler que ce n’était qu’un cauchemar, finit par laisser la sensation d’un piétinement.

Le film est surtout le plaisir jamais démenti de retrouver Donald Sutherland, qui s’est fait une tête extraordinaire, et Sissy Spacek toujours aussi intense et impliquée, même dans les rôles peu développés comme c'est le cas ici. La jeune Rachel Hurd-Wood ne démérite pas, en digne héritière de Linda Blair.

Un petit film d’horreur, traversé de multiples influences, qui ne prend son envol que lors de brèves séquences horrifiques bien maîtrisées.

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Published by Fred Jay Walk - dans HORREUR - SF ET FANTASTIQUE
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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 18:27

« LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE », le chef-d’œuvre de 1939, réalisé par John Ford, avait déjà fait l’objet un pâle remake en ’66. Vingt ans plus tard, la TV s’empare à nouveau du sujet, pour en faire le fantasme ultime de l’amateur de musique « country ». Les rôles masculins sont tenus par les icônes de la mélodie « western » : Johnny Cash (accompagné de June Carter, pour faire bonne mesure), Waylon Jennings, Willie Nelson et le « jeunot » de la bande, Kris Kristofferson. Car pour sympathique qu'il soit, ce « STAGECOACH » a tout de même des allures de western du troisième âge, avec ses héros perclus et grisonnants, ses seconds rôles vétérans des années 60 (Tony Franciosa et Elisabeth Ashley), et son rythme pantouflard.

Le scénario est plus ou moins le même que dans le film de Ford, avec quelques variantes : le VRP en whisky qui débarque en plein trajet, Hatfield qui sauve également sa peau, et le brave « doc » transformé tout bonnement en Doc Holliday. D'ailleurs, dans ce rôle, Willie Nelson se fend d’un discours insistant sur le peuple indien, qui pour estimable qu'il soit semble très déplacé dans le contexte (« Comment en vouloir à des hommes qui combattent pour ce qui leur appartient ? »). Johnny Cash est drôle en shérif sinistre, aussi expressif et jovial que Droopy, et Kristofferson très rajeuni par les teintures et le maquillage, tente d’être un « kid » acceptable. Heureusement qu’on l’aime bien !

La réalisation de Ted Post, vieux pro des série télé, et bon faiseur de l’intéressant « PENDEZ-LES HAUT ET COURT », est ici quelconque et plutôt poussive, mais tout dans ce téléfilm incite à l’indulgence : cette réunion de vieux potes musicos venus jouer les cowboys, et même la vision peu glamour du personnage de Dallas, auquel Ashley prête sa voix de fumeuse, et ses manières de solide buveuse. On est loin des précédentes : Claire Trevor et Ann-Margret !

« STAGECOACH » est donc à réserver prioritairement aux fans de country music, et aux admirateurs de « WALK THE LINE » de James Mangold, qui auraient la curiosité de voir à quoi ressemblaient réellement Mr. et Mrs. Cash.

A NOTER : le téléfilm est disponible en zone 1, sous titré français. Tourné en format carré, le film est présenté recadré en 1.85 : 1. (16/9) sans que cela ne se ressente trop.

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 11:38

Difficile de donner une vraie date de sortie pour « LE CALIFORNIEN », un western tourné en 1964 dans une inhabituelle économie de production et sorti en Europe six ans plus tard, lors de la vogue de Charles Bronson au box-office.

À la base, il y avait le dernier épisode de la série « LES VOYAGES DE JAMIE McPHEETERS », un film de 45 minutes dont Bronson était le protagoniste principal, auprès du héros de la série, un jeune Kurt Russell de 12 ans. Parallèlement à cet épisode, le réalisateur Boris Sagal tourna un prologue (dans lequel Jamie voit son père changer d’interprète !), et surtout un flash-back d’une demi-heure. Ce « film » sortit aux U.S.A. sous le titre « GUNS OF DIABLO » en ’64, probablement pour exploiter la récente popularité de Bronson dans « LES 7 MERCENAIRES » où il avait également des enfants comme partenaires.

Le film raconte l’arrivée dans une petite ville quasi fantôme, de Linc Murdock un guide de caravanes accompagné du fils du chef de convoi, venus s’approvisionner. Là, Linc tombe sur la femme qu'il aimait jadis et qu'il croyait avoir accidentellement tuée dans une fusillade avec son méchant fiancé. Blessé lors de l’altercation, celui-ci a épousé Maria, mais devenu manchot, rêve de se venger de Linc. Pendant la nuit, Linc se remémore sa rencontre avec Maria et les frères Carlin.

« LE CALIFORNIEN » en l’état, constitue un honnête petit western « en chambre » et permet à Charles Bronson de vivre une passion amoureuse, chose qu'il n’a pas eu souvent l’occasion de faire à l’écran. Le spectateur curieux pourra surtout se régaler du spectacle de Kurt Russell, futur Wyatt Earp dans « TOMBSTONE », alors pré-ado légèrement hyperactif. Également dans le film, la belle Susan Oliver, qui a une séquence assez osée : une pause post-coïtale nue au bord d’une rivière, dans les bras de Linc. Celui-ci l’a d'ailleurs séduite en lui serrant les poignets, et en grognant « Ne m’oblige pas à te faire mal ». Une méthode comme une autre…

Contrairement à d’autres « faux westerns » tirés de séries télé, « LE CALIFORNIEN » peut se targuer d’être un vrai film, puisque une bonne moitié de son métrage a été tourné dans le but d’une sortie en salles. Cela demeure évidemment, un produit bâtard.
 

 À NOTER : de nombreuses éditions DVD existent dans la zone 1, mais aucune ne dépasse le stade d’une vilaine VHS à moitié floue, et aux couleurs délavées. « LE CALIFORNIEN », fut satirisé par le caricaturiste Morchoisne, dans le magazine de BD « PILOTE », en 1970.

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 10:13

L’épisode 6 de la 2ème saison de « AU NOM DE LA LOI », intitulé « L’OTAGE », réalisé en 1959 par Don McDougall, est un des plus intéressants de toute la série, par la thématique qu'il développe d’abord, et ensuite par la présence rétrospectivement emblématique de Lee Van Cleef.

Randall livre un tueur nommé Jumbo Kane à la justice, mais celui-ci tire sur le shérif et le prend en otage. L'homme de loi blessé, Kane réclame un autre otage « plus frais », et le juge de la ville, sous la menace de son arme, oblige Randall à pénétrer dans la prison assiégée, où il s'aperçoit que le shérif est déjà mort.

Kane comprend bientôt que Randall n’est pas un otage très rassurant, puisque les habitants n’hésiteront pas à le sacrifier, pour se débarrasser du tueur.

« L’OTAGE » est passionnant, parce que sa courte durée (26 minutes) oblige le scénario à aller droit au but, et directement dans le vif du sujet. Et ce sujet, quel est-il ? Le mépris qu’ont les honnêtes gens, pour les chasseurs de primes, ces charognards qui gagnent 1000 dollars par capture, quand un shérif ne touche qu’une paie de 40 dollars, pour le même job. La fille du shérif n’hésite pas à cracher son mépris au visage de Randall, dès son arrivée en ville.

Ce qui accroche dans cet épisode, au-delà de son aspect fauché, de ses décors minimalistes, proches de la maison de poupée, c'est qu’au fond, un meurtrier comme Kane, est plus estimable que les « honnêtes gens » qu'il défie, une bande de pleutres, prêts à toutes les trahisons et coups bas, pour préserver leur sécurité. Kane lui, est courageux, plein de ressources, et prêt à défendre sa peau comme il peut. Son face à face avec Randall est d'ailleurs intéressant : deux individus semblables, opposés, mais qui ne se haïssent pas. Deux « pros » du revolver, à la merci d’une bande de « chacals » sans code d’honneur.

Le fait que Lee Van Cleef se soit fait connaître six ans plus tard, par ses rôles de chasseurs de primes en Italie, ajoute une certaine ironie au film.

La fin est amère : le juge offre l’étoile de shérif à McQueen, qu'il était pourtant prêt à laisser mourir quelques minutes plus tôt. McQueen l’arrache, et la jette parterre, comme Gary Cooper dans « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS », avant de s'éloigner, de dos, solitaire et désabusé par ses frères humains.

« L’OTAGE » est un vrai petit western à part entière, dont le sujet aurait tout à fait pu donner lieu à un long métrage.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE LEE VAN CLEEF
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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 07:37

Aujourd'hui, le « Rat Pack » (la bande de rats) est auréolé d’une sorte de culte rétro, d’admiration nostalgique, relancée par le triptyque de remakes de « OCEAN’S ELEVEN » signé Steven Soderbergh. Le « Rat Pack » était en fait composé d’une bande de fêtards, dirigée par Frank Sinatra, qui écumait les casinos et bars d’Hollywood et Las Vegas, jusqu'à l'aube et au-delà.
Aux côtés du roi « Frankie », on retrouvait son alter-ego Dean « Dino » Martin, plus charismatique, mais aussi plus effacé que son copain. Et puis Peter Lawford, un proche de JFK, Sammy Davis, Jr., chanteur et danseur noir, et le comique Joey Bishop. Autour de ce noyau dur, gravitaient des satellites qui allaient et venaient au gré des films ou des shows télévisés. Parmi eux, les comédiens Richard Conte, Henry Silva, Brad Dexter, Victor Buono, mais aussi Shirley MacLaine, la seule « gonzesse » (« broad ») du gang.

Cette joyeuse bande dont le taux d’alcoolémie baissait rarement au-dessous du seuil légal, acceptait d’apparaître dans des films, tous plus médiocres les uns que les autres. Sur ces produits montés uniquement pour capitaliser sur la popularité du groupe, Sinatra était connu pour ne faire qu’une prise, et s’arrangeait pour finir tôt, afin d’aller faire la fête avec ses potes. Ce qui explique l’état lamentable de ses « véhicules ».

Le gang s’essaya au western. Tous ensemble, ils en tournèrent deux, s’offrant les services de deux « grands » du genre : John Sturges et Robert Aldrich. Hélas ! Aucun des deux ne parvint à discipliner « Old Blue Eyes », et le résultat est abyssal. « LES 3 SERGENTS » est un remake comique de « GUNGA DIN », situé dans la cavalerie U.S. Le « Rat Pack » y est amplement représenté. Vint ensuite « 4 DU TEXAS », pastiche balourd, où Sinatra-Martin s’entouraient de pin-ups européennes à la mode : Ursula Andress (« JAMES BOND 007 CONTRE DR. NO ») et Anita Ekberg (« LA DOLCE VITA »), et jouaient les frères ennemis, avec une complaisance inimaginable.

Séparément, les duettistes eurent la main plus heureuse. Surtout Dean Martin, qui apparut tout de même dans « RIO BRAVO », classique incontournable, mais aussi « LES 4 FILS DE KATIE ELDER », « BANDOLERO », « VIOLENCE À JERICHO », « 5 CARTES À ABATTRE », pas des chefs-d’œuvre certes, mais de bons produits de série.

Sinatra lui, avait trouvé un de ses bons rôles dans « JOHNNY CONCHO » en 1955, et ne revint au western que quinze ans plus tard, pour l’atroce « UN BEAU SALAUD » de Burt Kennedy, où il jouait une sorte de SDF de l'Ouest.

Le smoking, le verre de scotch, la table de roulette, le chapeau mou sur l’œil, c'était l’univers du « Rat Pack », et celui qui a fait naître ce culte teinté de kitsch autour de ce petit groupe. Il paraît tout à fait clair qu'ils n’avaient rien à faire au Far West, dans lequel seul « Dino » parvint à se faire une jolie place au soleil. Mais tout seul !

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 17:05

Depuis sa sortie en 1968, « SHALAKO » n’a reçu qu’une avalanche de mauvaises critiques, de sarcasmes et de mépris de la critique dite « sérieuse », mais également des autres. Aussi, la sortie DVD du film, 40 ans après, donne-t-elle envie de découvrir quelque chose que nul n’y aurait décelé avant, une réhabilitation inespérée… Hélas ! Tout était mérité. Il y a quelque chose dans « SHALAKO » d’irrémédiablement « bidon », de mal emmanché, de forcé, qui fait que le scénario s’enlise au bout d’une demi-heure, les personnages ne développent aucune psychologie au-delà de leur archétype, et le dialogue est parfaitement grotesque.

À l’origine, Edward Dmytryk voulait tourner son film aux U.S.A., avec en têtes d’affiche Henry Fonda et Senta Berger. Au final, « SHALAKO » fut entièrement filmé à Almeria, en Espagne, dans le triste désert si peu cinégénique des westerns italiens, avec un casting européen, composé de Sean Connery et Brigitte Bardot (jouant une Russe !), pour le box-office, et l’Irlandais Stephen Boyd, l’Allemand Peter Van Eyck. Les seuls Américains du casting sont absurdement distribués : le Noir Woody Strode en guerrier Apache et Valerie French en « latina » ! C'est un tel salmigondis, un tel festival d’accents, que pour une fois, peut-être vaut-il mieux voir « SHALAKO » en v.f. !

Il est arrivé à Connery d’être extraordinaire (« LA ROSE ET LA FLÈCHE »), d’être mauvais comme un cochon (« HIGHLANDER 2 »), mais il n’y a rien de pire, que lorsqu’il ne fait rien. Dans « SHALAKO », c'est un peu comme s’il n’était pas là. Il traverse le film en voisin, l’air distrait, ne salit jamais son joli costume en daim, et roucoule avec BB. Celle-ci est totalement déplacée, son accent est si hallucinant, qu'elle finit par valoir le coup d’œil, au quinzième degré. Le seul à être à peu près crédible est Boyd, rugueux à souhait dans un rôle de voleur opportuniste.

L’histoire de cette « hunting party » pour riches Européens qui tourne à la chasse à l'homme, inspirée d’un roman de Louis L’Amour, aurait pu être intéressante, mais Dmytryk n’est plus tout à fait celui qui signa « L'HOMME AUX COLTS D’OR », et « SHALAKO » ressemble finalement à ce safari absurde, dont on est censé se gausser : de pauvres comédiens hors de leur élément, singeant de façon embarrassante les clichés du western.

Probablement pour coller à la nouvelle mode du « spaghetti », le film contient des plans gore et des détails sadiques aussi inutiles que maladroits.

Fort heureusement, Sean Connery tourna ensuite suffisamment de grands films, pour faire oublier ce faux-pas manifeste.

 

À NOTER : le film vient de sortir en France, dans une copie 16/9, mais assez abimée et peu nette. Qui vaut mieux de toute façon, que le zone 1 sorti plusieurs fois aux U.S.A., mais en 4/3, ce qui est vraiment rédhibitoire, pour un film en format Scope.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 12:38

Il est parfois des moments, des images, des répliques qui subsistent alors que les films dont ils proviennent sont oubliés. « QUARANTE TUEURS » de Samuel Fuller, sorti en 1957 n’est certes pas oublié, mais c'est sa dernière séquence qui est entrée dans la légende.

Sorte de relecture des aventures de Wyatt Earp (ici renommé autrement) à Tombstone, « QUARANTE TUEURS » confronte une riche propriétaire terrienne à un homme de loi. À la fin, Barbara Stanwyck est tenue en otage par son propre frère qui s’en sert comme bouclier et menace de la tuer. Impassible, le shérif ouvre d’abord le feu sur Stanwyck – dont il est tout de même censé être amoureux ! – pour ensuite abattre le frérot comme un chien, de plusieurs balles. Puis sans même un coup d’œil pour ses victimes, il s'adresse à un villageois en s’en allant : « Appelez un docteur. Elle vivra ». Dans le scénario, elle était morte. Fuller regretta toute sa vie cette intervention de la censure…

De mémoire de cinéphile, on n’avait jamais vu chose pareille ! C'est ce genre d’idée folle, d’un machisme totalement décomplexé, qui a fait la réputation de Fuller qui réalisa des westerns sans grand moyen, sans grande star, mais qui sut imposer sa « griffe » par ce genre de scène ahurissante.

 

À NOTER : quelques vingt ans plus tard, le dessinateur Gotlib proposa un pastiche de la séquence dans une de ses « RUBRIQUES À BRAC » publiées dans PILOTE, et en citant ses sources.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 11:13

Le second western de Sergio Leone « ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » n’est peut-être pas son meilleur, mais il contient suffisamment de moments « culte » pour s’inscrire honorablement dans l’Histoire du genre. Mais il y a dans ce film, une séquence qui surpasse toutes les autres, et qui reste encore dans toutes les mémoires : trois bandits patibulaires, Luigi Pistilli, Mario Brega et Klaus Kinski, s’installent au bar du saloon. Ils doivent faire profil bas, pour ne pas éveiller les soupçons sur l’attaque de banque qu'ils fomentent. Arrive alors le chasseur de primes, Douglas Mortimer, pipe aux lèvres. S’apercevant que Kinski est bossu, il gratte une allumette sur la protubérance. L’autre se retourne, prêt à l’abattre sur place, mais ses complices l’en empêchent. Mortimer continue de provoquer silencieusement le bossu. Échanges de regards, crise de tics nerveux pour le malheureux bandit, et puis tout le monde s'en va. Et Mortimer a compris qu'il se tramait quelque chose, sinon il ne serait pas encore en vie.

Aucun dialogue, un montage hyper-efficace, des gros-plans expressifs, des sons exacerbés, et deux « gueules » invraisemblables comme Lee Van Cleef et Klaus Kinski. Il n’en faut pas plus pour s’inscrire dans les annales.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 09:25

À ses débuts, Ernest Borgnine avait pour fâcheuse habitude de se faire systématiquement casser la figure par les stars de ses films, qui le faisaient ensuite passer à travers la porte des saloons. C'est ainsi qu’en deux ans, « Ernie » subit ce funeste sort de la part de Sterling Hayden (« JOHNNY GUITARE »), Spencer Tracy (« UN HOMME EST PASSÉ ») et Gary Cooper (« VERA CRUZ ») ! L’Oscar qu'il obtint en ’55 pour son rôle de vieux garçon sensible dans « MARTY » vient heureusement améliorer le quotidien.

Borgnine est un ex-marine, arrivé tard dans le métier, avec le handicap d’un physique inhabituel de gros garçon rieur, au visage de batracien, capable de virer en une fraction de seconde à la pure menace bestiale. La sympathie naturelle de l'homme l’a souvent dirigé vers la comédie, voire le cabotinage, mais Borgnine a créé quelques personnages de western magnifiques.

« LES MASSACREURS DU KANSAS » lui fait rencontrer Lee Marvin, qui deviendra son meilleur ami. C'est un film en 3-D et Ernie passe le film à tirer sur l’objectif de la caméra. Il est shérif dans « À L’OMBRE DES POTENCES », se bat à nouveau avec Sterling Hayden dans « QUAND LE CLAIRON SONNERA », mais au couteau cette fois. Il joue un fermier jovial mais férocement jaloux d’une femme trop belle pour lui dans « L'HOMME DE NULLE PART », sorte de « Othello » du Far West.

Dans les années 60, Borgnine apparaît dans plusieurs épisodes de la série « LA GRANDE CARAVANE », dans des rôles différents. Dans « CHUKA LE REDOUTABLE » (fabuleux titre français !), il est un sergent de cavalerie dévoué à son capitaine, et il trouve peut-être le rôle de sa vie dans « LA HORDE SAUVAGE », celui de Dutch Engstrom, un des gringos de la bande de William Holden, perdus dans un monde qui a évolué sans eux. Quand à la fin, son ami lui dit « Let’s go ! », pour une dernière action-suicide, le sourire de Borgnine est tout simplement indescriptible : il accueille la mort comme un gamin, la promesse d’une friandise !

« LES 4 DESPERADOS » est un « spaghetti » sans éclat, lui offrant un rôle de riche ranchero détestable, « UN COLT POUR 3 SALOPARDS », mêle son humour débridé à une méchanceté totale, « LA POURSUITE SAUVAGE » lui fait retrouver Holden, mais hélas, pas Peckinpah.

À la TV, il joue un raciste s’associant à Sammy Davis, Jr. le temps d’une poursuite dans « THE TRACKERS », puis apparaît en gentil montagnard dans « LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE ». Il apparaît même en shérif paralysé dans le western français « BLUEBERRY – L’EXPÉRIENCE SECRÈTE », à l’âge respectable de 87 ans.

En 2009, Ernie qui a toujours bon pied, bon œil, publie ses mémoires intitulées « Je ne voulais pas mettre le monde à feu et à sang, juste garder mes burnes au chaud ». Sage philosophie, qui l’a mené jusque là.
BORGNINE suite 

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 19:09

Si « DIX HOMMES À ABATTRE » nous apprend quelque chose, c'est que tout western des années 50 avec Randolph Scott à l’affiche, et comportant les mots « Hommes à abattre » dans son titre français, n’est pas obligatoirement un chef-d’œuvre ! Cette série B signée d’un vétéran des petits budgets et de la télé, n’a rien à voir avec « 7 HOMMES À ABATTRE » sorti l’année suivante, même si les titres et la star peuvent prêter à confusion.

Médiocrement réalisé dans une succession de plans larges sans impact dramatique, pâtissant d’un format 1.33 :1 forcément réducteur dans les extérieurs, « DIX HOMMES À ABATTRE » met longtemps à démarrer pour se retrouver dans une situation de maison assiégée déjà beaucoup vue dans le western. Dont certains films avec Scott, d'ailleurs. Celui-ci a du mal à s’imposer comme véritable héros du film tant son personnage de rancher est inconsistant et finalement peu sympathique. Son neveu impulsif ne vaut guère mieux et on finit par s’intéresser davantage au méchant Richard Boone, qui agit au moins par passion et jalousie. Là encore, le réalisateur ne tire pas tout le potentiel de cet exceptionnel comédien qui se contente de regards haineux et de dents qui grincent, ainsi que d’un face à face final avec une pose très Actors Studio (la photo).

On pourra donc passer le temps à dénombrer les nombreux « usual suspects » du western de cette période : Leo Gordon, en homme de main vicieux, Denver Pyle, Dennis Weaver en shérif inepte et bien sûr Lee Van Cleef qui apparaît le temps de quelques ricanements d’usage avant de se manger sa dose de plomb lors d’un duel expédié avec notre héros, auquel il a préalablement et comme il se doit, bien expliqué les plans de son chef.

Typiquement le genre de western qu’on aimerait aimer, mais qui manque tout simplement de style, de personnages forts et d’enjeux suffisants.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE RANDOLPH SCOTT
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