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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 20:09

Un grand thème du western est traité dans « BLACK CREEK ENCOUNTER », épisode de « ZANE GREY THEATER » réalisé par Roy Del Ruth : le pistolero paisiblement retiré, subitement rattrapé par son passé, en la personne d’un jeune tireur voulant venger son père. 

L’originalité est que, loin d’être devenu un honnête shérif, ou un commerçant, comme c'est généralement le cas au cinéma, Ernest Borgnine n’est qu’un pauvre serveur-homme à tout faire dans un saloon, perpétuellement bousculé par tout le monde, passant son temps un tablier autour de la taille, à balayer et à ramasser les ordures. Il est prêt à tout endurer, pour assurer l’éducation de son jeune fils, même les vexations et provocations du jeune homme venu pour le tuer. Quand enfin, poussé à bout, Borgnine reprend son revolver après sept longues années, il dit en substance au jeune tueur : « Regarde bien le visage de mon fils, parce que dans quelques années, c'est lui qui viendra te trouver pour me venger, et tout recommencera ! ». Saisi par la justesse de cette prédiction, le jeune laisse tomber son ceinturon et s'en va.

C'est un excellent petit western, porté par le récemment oscarisé Borgnine, remarquable d’émotion contenue, de violence rentrée. Il est très bien entouré par Jan Merlin dans le rôle de son nemesis, Norma Crane en patronne de saloon chaleureuse, et le petit Billy Chapin, dont personne n’a oublié la prestation dans « LA NUIT DU CHASSEUR ».

Réminiscent de longs-métrages comme « LA CIBLE HUMAINE », « BLACK CREEK ENCOUNTER » fait honneur à la série de Dick Powell.

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 18:52

Tournée entre 1967 et ’68, la série « CIMARRON » ne dura qu’une unique saison de 23 épisodes de 90 minutes (pubs comprises), mais marqua durablement les mémoires par la qualité de ses scénarios, la musique de Maurice Jarre, et le déluge de « guest stars », toutes plus prestigieuses les unes que les autres. Le rôle principal, le marshal Crown, était tenu par Stuart Whitman, dur à cuire sourcilieux qui s’était distingué dans « COMANCHEROS » et « RIO CONCHOS ».

Le tout premier épisode de la série,  « JOURNEY TO A HANGING », sorti récemment en Angleterre en DVD, se passe essentiellement en extérieurs, comme dans un « vrai film », et entraîne notre héros à la poursuite d’un gang de voleurs, dont le chef a assassiné un homme dans sa cellule. Accompagné d’un pisteur ivrogne et peu fiable, Crown va affronter seul toute la bande, après une longue poursuite.

Le format de 70 minutes (sans les pubs, donc) se fait un peu ressentir. Tout est étiré, on prend le temps de développer des personnages secondaires, on discute pas mal, mais le casting est formidable : John Saxon, habitué aux rôles plus héroïques, joue Screamer (« Hurleur », joli nom), le pisteur pénible et agité, qui tire à tort et à travers, mais se révèlera un précieux allié pour le marshal. Saxon fait preuve d’un talent comique qu’on ne lui soupçonnait guère. À ses côtés, l’inoxydable Henry Silva joue le méchant de service, Ace Coffin (« L’as du cercueil », encore un nom fabuleux !), un tueur cadavérique, constamment plongé dans une rêverie inquiétante. Un des hors-la-loi qui se fait descendre au début, et qu’on n’entrevoit qu’en plan large, est joué par Richard Farnsworth, qui sera l’extraordinaire interprète de David Lynch pour « UNE HISTOIRE VRAIE ».

« JOURNEY TO A HANGING » est un agréable petit western TV, bien mené, bien interprété, plus « hard boiled » que les autres séries de la même période, et qui se permet même de présenter comme héros, un « lawman » à peine sympathique.

 

À NOTER : quelques épisodes de « CIMARRON » viennent donc d’être édités en UK. La qualité est celle d’une vieille VHS, mais c'est la seule façon de revoir la chose, à moins qu’un éditeur U.S. ne se décide un jour à sortir l’intégrale.

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 15:49

Authentique cowboy, champion du monde de rodéo, cascadeur, Ben Johnson est « l’article authentique », le vrai garçon-vacher tel qu'il fut réellement, et auquel tant d’élégants acteurs hollywoodiens tentèrent de ressembler.

Trapu, rugueux, le visage raviné, le verbe rare, l’œil clair, Ben Johnson n’a pratiquement tourné que des westerns, dans lesquels il semblait appartenir au paysage lui-même. En 1969, il reçut un Oscar pour sa prestation dans « LA DERNIÈRE SÉANCE » où il jouait le directeur d’un cinéma. De toute façon, même quand il tournait autre chose, il semblait traîner l’Histoire du genre dans son sillage comme dans « SUGARLAND EXPRESS » ou « LE CHASSEUR ».

On l’aperçoit en figurant dans « LE BANNI », en membre de la milice dans « LE FILS DU DÉSERT », en sergent dans « LA CHARGE HÉROÏQUE », en simple soldat dans « RIO GRANDE », puis John Ford lui offre la vedette dans « LE CONVOI DES BRAVES », où Johnson dirige un convoi de colons. Mais l'homme n’avait pas l’étoffe d’une star, et retourna modestement aux seconds rôles, dans lesquels il pouvait rester lui-même. Dans « L'HOMME DES VALLÉES PERDUES », il est l'homme de main avec un bon fond et a une belle bagarre avec Alan Ladd, il est impressionnant dans « LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES », en hors-la-loi vicieux et sournois. Il apparaît non-mentionné au générique, en soldat dans « LES CHEYENNES », passe sergent dans « MAJOR DUNDEE », apparaît dans 26 épisodes de la série TV « LES MONROE » dans le rôle de Sleeve.

Johnson est contremaître dans « WILL PENNY, LE SOLITAIRE », joue le marshal qui sauve Eastwood au début de « PENDEZ-LES HAUT ET COURT », puis il trouve un de ses meilleurs rôles, en tandem avec Warren Oates dans « LA HORDE SAUVAGE », où il est un hors-la-loi cruel et impavide. Il joue ensuite les faire-valoirs effacés de John Wayne dans quelques films comme « CHISUM », « LES GÉANTS DE L’OUEST » ou « LES VOLEURS DE TRAINS », il se montre extraordinaire en vieux cowboy cardiaque dans « LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE », joue un shérif ripou dans « LE SOLITAIRE DE FORT HUMBOLDT », et apparaît à la télé dans des miniséries comme « SHADOW RIDERS » ou « THE SACKETTS », vieilli mais toujours égal à lui-même.

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 09:33

« APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA » n’est peut-être pas le meilleur film de Sam Peckinpah, mais c'est en tout cas celui qui ressemble le plus à ce qu'il avait au fond de l’inconscient, en tournant tous les autres. Ce n’est pas par hasard si Warren Oates s’est fait la tête et le look général de son réalisateur, pour incarner Benny, sorte de jumeau décavé de « Bloody Sam », englué dans ses chimères mexicaines.

Pianiste de bar, Benny est un « gringo » fauché, qui sort avec une prostituée locale, partage avec elle de bons moments et quelques morpions, ainsi qu’un alcoolisme galopant. Quand il apprend qu’un riche ranchero offre une fortune, pour ramener la tête de l'homme qui a engrossé sa fille, Benny se met en chasse, en même temps qu’une armée de mercenaires et chasseurs de primes.

Ce qui démarrait comme une balade morbide mais plutôt ludique, va peu à peu se transformer en descente aux enfers, et Benny ne va bientôt plus avoir comme compagnon que cette tête coupée, pourrissant au fond d’un sac de toile dégoûtant, autour duquel vrombissent les mouches vertes. Benny devra tuer, pour garder ce trophée, il devra renoncer à ce qu'il était, devenir un assassin, sacrifier la femme qu'il aime. Tout ça pour une poignée de dollars. D'aucuns pourraient y voir un commentaire sur les déboires de Peckinpah avec les grands studios...

Situé dans le Mexique des années 70 « APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA » n’en demeure pas moins un pur western, d’une violence glauque et dérangeante, qui démarre en film d’action, pour se finir en traversée du Styx passablement atroce et dérisoire.

Autour de Benny gravitent des personnages de tueurs homosexuels (extraordinaires Gig Young et Robert Webber !), de « chicanos » à machete, de motards violeurs, qui composent un bestiaire effrayant traduisant la vision de l’Humanité de son auteur.

Warren Oates trouve le rôle de sa vie, un parfait antihéros sombrant dans la pire des folies, une sorte de fièvre mortifère, qui l’entraîne dans un horrible « voyage au bout de la nuit ». Son sursaut final, face au « Jefe », rappelle bien sûr l’ultime combat de « LA HORDE SAUVAGE », dont Oates faisait d'ailleurs déjà partie. À ses cotés, Emilio Fernández est l’incarnation du Mal et de la toute-puissance de l’argent, et Kris Kristofferson apparaît le temps de déshabiller Isela Vega, et de se faire flinguer par Benny, sans autre forme de procès. 

Film-culte qui n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction-répulsion, en plus de trente ans, « APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA » dans les limites de son thème, est la quintessence de l’œuvre de Sam Peckinpah, qui a littéralement vomi tout ce qu'il avait dans le ventre, sans la moindre retenue. Pas un film plaisant, non, mais qu’on ne peut s’empêcher de regarder, comme un accident au bord d’une route.

Le film fut un gros échec commercial (comment aurait-il pu en être autrement ?), mais s’est imposé avec les années comme un cult-movie de tout premier ordre. Le réalisateur ne fera plus jamais mieux…

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 07:51

Claude Akins fait partie de ces acteurs de second plan, dont personne ne se souvient jamais du nom, mais qui ont hanté les plateaux de cinéma et de TV pendant des décennies, et affichent plus de 200 films au compteur.

Grand, costaud mais sujet à de franches variations de poids, volontiers rigolard, Akins a surtout joué les brutes épaisses, les boxeurs, les lyncheurs, les hommes de main menaçants, voire sadiques, avec une verve et un entrain jamais pris en défaut.

Parmi ses apparitions dans le western : un lieutenant dans « THE RAID », un tueur dans « L'HOMME AU FUSIL » et « JOHNNY CONCHO », le contremaître de « COLLINES BRÛLANTES », un des ennemis de « JICOP LE PROSCRIT ». Il se fait remarquer dans le rôle de Joe Burdette, l'homme qui humilie Dean Martin, en jetant un dollar dans un crachoir dans « RIO BRAVO », joue un sergent dans « YELLOWSTONE KELLY », et trouve le rôle de sa vie dans « COMANCHE STATION », où d’égal à égal avec Randolph Scott, il joue Ben Lane, le hors-la-loi sympathique, perdu par son avidité.

Claude Akins apparaît dans énormément de séries comme « CHEYENNE » ou « AU NOM DE LA LOI », il tourne trois épisodes de « L'HOMME À LA CARABINE », quatre de « ZANE GREY THEATER », « BONANZA » et « LA GRANDE CARAVANE », sept de « RAWHIDE » et carrément dix de « GUNSMOKE ». 

Au cinéma, il vend des armes aux Indiens dans « LA CHARGE DE LA HUITIÈME BRIGADE », torture Chuck Connors dans « MARQUÉ AU FER ROUGE », joue le mercenaire suicidaire dans « LE RETOUR DES 7 », le sergent dans « L’OR DES PISTOLEROS », un des braqueurs de « UN NOMMÉ SLEDGE ». En 1979, Akins a enfin la vedette de sa propre série TV « THE MISADVENTURES OF SHERIFF LOBO », en shérif indien.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 20:37

« COURAGE IS A GUN » est un épisode de la série « ZANE GREY THEATER », un petit western de 26 minutes, un condensé réussi de suspense, de psychologie, jouant des grands thèmes du genre, avec flair.

Ici, un shérif (Dick Powell, également producteur du show) affronte un jeune tueur à gages (Robert Vaughn) payé pour l’abattre par le patron du saloon. Mais l’index droit du jeune homme, celui qui presse la gâchette, est gangréné , et la doctoresse locale (Beverly Garland) doit l’amputer d'urgence. Étant donné qu'elle doit épouser le shérif le jour même, tout le monde se demande si elle n’a pas opéré pour protéger son fiancé… Même ce dernier se pose la question !

L’histoire est simple, nette et précise, comme le « climax » d’un long métrage aux dilemmes particulièrement rudes. Les villageois ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux du « TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » : versatiles, influençables, pas bien courageux. D'ailleurs, Powell fait allusion à Gary Cooper et à son étoile dans l’introduction de l’épisode.

Ce petit film vaut le coup d’œil pour Vaughn, trois ans avant « LES 7 MERCENAIRES », qui campe un pistolero arrogant, hanté par sa jeunesse misérable, un « rebelle sans cause » pas si méchant que ça, qui se retrouve amputé de son gagne-pain. Face à lui, le très urbain Powell n’est pas un shérif très impressionnant, mais Claude Akins, inévitable second couteau des fifties, apparaît en tireur traquant Vaughn, pour venger son frère.

Nous poursuivrons bien sûr l’exploration de ce surprenant « ZANE GREY THEATER » inédit en France, mais l’idée de cette « anthologie » de court-métrages, sans héros récurrent, est de toute évidence une belle réussite.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 19:11

Réclamé par Charles Bronson qui n’arrivait pas à se décider pour un réalisateur italien, John Sturges commença « CHINO » à Almeria en 1973 avant de déclarer forfait pour cause de maladie. Il fut remplacé par le producteur Diulio Coletti qui assura l’essentiel de la mise en scène, même si Sturges est souvent crédité seul au générique. Celui-ci ne fut d'ailleurs pas le seul à déserter, puisque Lino Ventura qui devait jouer Maral, partit également, jugeant son rôle trop en retrait.

« CHINO » fait partie de ces projets mal emmanchés qui ne donnent souvent que des résultats désastreux. C'est pourtant loin d’être un mauvais film et même s’il fut négligé à sa sortie et qu'il est rarement mentionné par les amateurs de westerns, c'est un film tout à fait estimable, d’une douceur surprenante, d’une maturité inattendue dans un film italo-français avec Bronson et madame en vedettes.

Éleveur de mustangs, le métis Chino Valdez est un des personnages les plus subtils incarnés par l’acteur américain. Solitaire et taiseux, couturé de cicatrices, Chino vit éloigné de la ville et préfère manifestement les animaux aux humains. Quand le jeune fugueur débarque chez lui, il accepte pourtant de l’héberger, et une belle amitié va se développer entre l’ado sensible et le bourru. Les choses se gâteront avec l’arrivée du rancher Maral et surtout de sa sœur Catherine, dont Chino va tomber amoureux.

Alors qu’on s’attend à un final en revanche explosive de la part de notre héros humilié par l'homme blanc, « CHINO » propose une conclusion totalement inédite : submergé par le nombre, Chino brûle sa maison, rend sa liberté à ses chevaux et s'en va, vaincu mais indompté vers le soleil couchant, sous l’œil embué du gamin.

C'est le français Marcel Bozzuffi, excellent comédien révélé par « FRENCH CONNECTION » (et qui doubla souvent Bronson dans les v.f. de ses films !), qui joue Maral, avec toute la dureté dont il était capable. Jill Ireland fait ce qu'elle peut, mais a du mal à exister dans un rôle bêtement décoratif. La scène où Bronson la séduit après avoir vu la saillie d’un étalon, fut citée dans toutes les critiques de l’époque pour son audace.

« CHINO » manque visiblement de moyens, les seconds rôles locaux ou italiens sont faibles, les décors tristounets, mais la musique des inégaux frères De Angelis est une de leurs plus réussies et quelques séquences ne manquent pas d’humour, comme celle où Catherine surprend Chino dans son bain, se grattant contre un mur tel un mustang. Mais la tonalité est triste, nostalgique même et c'est tout à l’honneur de Charles Bronson d’avoir pris le contre-pied de son emploi habituel, pour composer un personnage faillible, sentimental et vulnérable.
 

 

À NOTER : jamais édité en DVD en France, « CHINO » est sorti d’innombrables fois aux U.S.A. dans des copies infâmes, floues et inaudibles. La copie à se procurer est l’Anglaise, en tous points satisfaisante.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 12:32

Aux U.S.A. vient de sortir en DVD, la première saison de la série « ZANE GREY THEATER », inspirée des romans et nouvelles du romancier spécialisé dans le western. Présentée par Dick Powell – à la façon de Rod Serling dans « TWILIGHT ZONE », cette série présente des petits films de 26 minutes en noir & blanc, sans rapport les uns avec les autres, tournés dans quelques décors minimalistes, mais présentant des mini drames humains souvent intéressants, et des castings de premier choix, comme ici Robert Ryan, Ernest Borgnine, Julie London, Lee J.Cobb, le débutant James Garner, Ralph Bellamy, Sterling Hayden, Jack Elam, etc. Nous y reviendrons…

L’épisode « LARIAT », qui nous intéresse ici, est écrit par le futur producteur Aaron Spelling d'après une nouvelle de Zane Grey, met en vedette Jack Palance. Obsédé du lasso qu'il manie comme une arme fatale (le « lariat » du titre), Palance tue accidentellement un homme, et après cinq ans de bagne, revient se venger du juge qui l’a condamné. Mais plutôt que le tuer, il décide de séduire sa fille, et la lui enlever. Évidemment, rien n’est si simple, et Palance finira par être troublé par la jeune femme.

Un rôle de psychopathe exalté et cruel, comme l’acteur aimait tant les jouer, dans lequel Jack Palance évolue comme un poisson dans l’eau, parvenant malgré la brièveté du film, à insuffler un peu d’ambiguïté et de complexité, sous le cliché. À l’époque, Palance venait de tourner ses meilleurs films avec Robert Aldrich, et n’allait pas tarder à partir pour l’Europe, où sa carrière allait s’enliser dans la série B. Dans « LARIAT », son histoire avec Constance Ford, qui n’a rien d’un pin-up, est touchante, et l’acteur est même filmé torse nu, sous l’œil admiratif de la jeune femme, pour qui il a tout d’un sex symbol.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 10:34

Qui est Joe Don Baker ? Un texan à la bedaine de buveur de bière, qui s’il n’a pas tourné énormément de westerns, a su recréer le héros du Far West, le shérif seul contre tous dans l’Amérique moderne de « JUSTICE SAUVAGE », son plus gros succès dans lequel Baker jouait Buford Pusser, un ex-catcheur nommé shérif de sa ville natale et luttant jusqu'à la mort contre les caïds locaux. Tout seul, avec sa trogne renfrognée de « redneck », sa batte de baseball et ses épaules de déménageur, Joe Don Baker a inventé une sorte de John Wayne du quotidien, certes peu subtil mais diablement efficace. Le succès inattendu de cette série B installa définitivement le comédien comme acteur-culte.

Il joue le cadet d’une famille de ploucs dans un « BONANZA », un Indien dans « LA GRANDE VALLÉE », apparaît dans deux « GUNSMOKE » et se montre excellent en tireur d’élite manchot et raciste dans « LES COLTS DES 7 MERCENAIRES », où sa camaraderie naissante avec un Noir, est un des centres d’intérêt du film. Il joue le fils sympathique du brutal Karl Malden dans « DEUX HOMMES DANS L’OUEST », le frère arriviste et tête à claques, dans « JUNIOR BONNER, LE DERNIER BAGARREUR », où il entretint paraît-il des rapports plus que tendus avec son réalisateur Sam Peckinpah.

Dans « L’OMBRE DE CHIKARA », il est l’ex-officier sudiste Wishbone Cutter, dans « FINAL JUSTICE », il triballe sa lourde carcasse de shérif du Far West pour arrêter un mafioso à Malte.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 09:13

Pour faire court, « LES PROFESSIONNELS », c'est une sorte de remake des « 7 MERCENAIRES » pour adultes. Non pas que le film de John Sturges soit infantile, mais il ne traite au fond que de problèmes inhérents au western : la solitude du pistolero, la fin d’une ère, etc., alors que le film de Richard Brooks parle tout simplement des guerres modernes, et de ceux qui les font : instigateurs et soldats, bourreaux et victimes.

Ici, quatre mercenaires, les meilleurs dans leur partie, sont engagés par un vieux et riche rancher, dont la jeune épouse mexicaine a été kidnappée. Il demande au quatuor de la lui ramener : « Une mission de pitié », dit-il. Émus malgré eux, nos « pros » passent la frontière, et arrivés là-bas, comprennent qu'ils ont été manipulés, utilisés : la femme n’a jamais été enlevée, elle a fui pour vivre avec son amour de jeunesse, un révolutionnaire. À l’époque, la critique avait fait le parallèle avec l’intervention au Vietnam. Aujourd'hui, il suffit de remplacer l’épouse par des « armes de destruction massive », et la comparaison se fait tout de suite lumineuse. Au-delà du western mouvementé et haut-en-couleurs, nous avons ici un grand film de guerre contemporain.

« LES PROFESSIONNELS » va vite, très vite, Brooks enchaîne les séquences à un rythme effréné, monte « cut », écrit des répliques cinglantes, pour un des plus beaux castings des sixties. Ce qui épate dans le film, au premier abord, c'est qu'il n’a pas pris une ride. Vraiment pas une. Il aurait pu être tourné l’année dernière, sans grand changement notable. Du moins du point de vue technique, car bon courage à celui qui oserait un remake, pour trouver des comédiens d’une telle trempe. Dans son premier grand rôle post-Oscar, Lee Marvin est un magnifique Rico, désabusé, amer, mais prêt à repartir au quart de tour : idéaliste un jour, idéaliste toujours. Dans un rôle inhabituel de « sidekick » quasi comique, Burt Lancaster s’amuse visiblement, Woody Strode est un archer inoubliable, et Robert Ryan, en ami des chevaux, campe le moins fascinant des quatre, mais aussi le plus humain, le plus « normal ». À leurs côtés, Claudia Cardinale, deux ans avant « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », en passionaria indomptable, et Jack Palance un peu âgé pour son rôle (il est censé avoir été élevé avec sa maîtresse !), plus sobre que de coutume.

La photo de Conrad Hall est une pure merveille, la musique de Maurice Jarre compte parmi ses meilleures, et le spectacle est total. Mais ce qui séduit le plus dans « LES PROFESSIONNELS », est que sous le cynisme, la dureté, l’avidité, subsiste comme une braise encore ardente, le besoin de pureté et de rédemption de ces « guns for hire », véritable microcosme américain. Le revirement final, pour peu plausible qu'il soit, fait évidemment chaud au cœur.

Dans « LES PROFESSIONNELS », les montagnes explosent, les femmes-soldats fument le cigare, les bâtons de dynamite transpirent, et les bonnes répliques fusent comme des flèches enflammées. C'est le meilleur film de Brooks, et il fait partie de cette élite de long-métrage qui supporte sans le moindre problème les re-visions multiples. Qui en profite, même.
PROS suite 

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